Northanger Abbey

Northanger Abbey
Jane Austen

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Catherine Morland est fille de clergyman et a neuf frères et sœurs.
Elle est une petite personne qui présente un visage ennuyeux, « insipide », et n’a aucun goût pour les études ou les devoirs qui font la qualité d’une demoiselle de son époque.
A l’âge de quinze ans, son physique et son caractère s’améliorent. Elle s’est découverte aussi une passion qui la transporte entre des pages… elle lit des romans gothiques et aspire à être une de ces héroïnes.
Jeune fille en fleur, douce, charmante, curieuse de découvrir d’autres paysages, elle a l’opportunité, pour ses dix-sept ans, d’accompagner ses voisins Mr. et Mrs. Allen, à Bath, une ville thermale où il est bon de se montrer.

A Bath, il y a les boutiques, les thermes, les buvettes où toute la bonne société se croise, les réceptions et les bals ; peaux moites, odeurs de bougies, pieds écrasés, accrocs aux robes, bouclettes défrisées, effervescence frivole, rêves d’hyménées…

Petite provinciale candide, Catherine s’aperçoit que ce monde lui est inconnu. Il faudra qu’elle s’initie aux jeux des mondanités, tout un art ! Animation des sourcils pour susciter l’intérêt ou l’étonnement, moues séductrices ou naïves, mouvements de l’éventail, regard voilé, regard de biais… politesses et badinages, minauderies et préciosités… codes, us et coutumes, vernis de la société. Le langage est orné comme un chapeau peut l’être avec ses dentelles, ses fioritures, et Mr. Tilney le fait remarquer, aussi léger qu’une mousseline de soie.

C’est dans un Pump-room qu’elle fait la connaissance de Mr. Tilney, un clergyman du Gloucestershire. Il l’aborde avec simplicité, politesse et toute la grâce des civilités. D’une manière assez soudaine, Catherine se sent proche de lui. Tout en restant dans la décence, il est taquin, cultivé, charmeur et a la faculté de parler chiffons, boutiques et autres plaisirs féminins. Si elle avait la possibilité de le revoir, elle serait plus que ravie.
Elle rencontre aussi Mrs. Thorpe, une ancienne camarade d’école de Mrs. Allen, et ses filles. L’aînée des deux se nomme Isabelle et Catherine trouve en cette jeune fille accomplie, plus âgée qu’elle de quatre ans, une amie de cœur. Toutes les deux se rejoignent dans des confidences, leurs espérances et les romans de Maria Edgeworth, Fanny Burney et Ann Radcliffe.

Catherine se plaît à Bath. Autour d’elle, gravitent des personnes qu’elle apprécie et la pesanteur qui l’habitait dans son presbytère n’est plus. Elle découvre qu’Isabelle a aussi un frère, John, qui est un ami à son frère aîné James. Ces deux jeunes gens arrivent à Bath, fringants, enjoués et entreprenants. Il y a aussi la sœur d’Henry Tilney, Eleanor, une jeune fille adorable, mais mesurée dans son amitié et sans familiarité, puis son frère, le capitaine Frederick Tilney, un être fier et imposant qui n’a pas la douceur de son cadet.
Les journées et les nuits sont bien occupées entre les balades, les sollicitations, les bals et les chassés-croisés amoureux, mais le comble du plaisir se synthétise en une invitation à Northanger Abbey.

Avec la bienveillance de son père, le général Tilney, Henri demande à Catherine de les suivre dans leur maison familiale, une vieille abbaye de pierres, de lichen, de poussière et de courants d’air.
Catherine trouvera dans ces lieux toute la magie et les mystères qu’elle recherche dans ses livres et son imagination fertile brodera les trames de son histoire… pensez à des ombres, des bruits sourds, du souffle dans les tentures, des horloges qui égrainent les heures, la tempête qui exhale des râles, des jardins à l’abandon et une mort, celle « brève et soudaine » de l’épouse du général.

« – Vous vous faites une idée bien flatteuse de l’abbaye…
– Oh ! oui. N’est-ce pas un vieux monument très beau, exactement comme on en voit dans les livres ?
– Êtes-vous prête à affronter toutes les horreurs que peut renfermer une demeure comme « celles qu’on voit dans les livres » ? Avez-vous un cœur intrépide ?  Des nerfs prêts à supporter des panneaux et des tapisseries mobiles ? »

Après la superficialité toute festive de Bath, Catherine rentre dans un monde bien plus sombre que l’atmosphère d’une vieille demeure. Jalousie, hypocrisie, cupidité, sont des caractères, des sentiments, qui la confronteront à un monde bien plus réel.

Théâtre, illusions, tourments amoureux, parodies, dérisions et satires, Jane Austen a voulu traduire avec finesse, la vision d’une ville à la mode, Bath, et les histoires romanesques des livres gothiques.
J’ai beaucoup aimé ce livre, mais ce que j’ai apprécié le plus, c’est tout ce que dénonce l’auteur ; la frivolité, le décorum de Bath dans la première partie et le lugubre des vieilles pierres dans la seconde. J’aurais pu jouer le rôle de Catherine (l’angélisme en moins) !
J’ai pensé à notre club des « Correspondances d’autrefois » et aux lettres que mes amies écrivent avec talent, en interprétant des personnages austeniens. Cela va m’encourager à répondre à mes missives…

 

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Image du film – Catherine

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Le secret de la Ferme Grise

Lecture conseillée par George, aussitôt commandée, reçue et lue…

...Le secret de la Ferme-Grise
Mary Elizabeth Braddon
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« Seigneur, Monsieur Dudley, je ne vous quitterai jamais ». C’est ce que prononce Ralph, intendant du domaine de la Ferme-Grise, à Dudley, son maître.

Ces quelques paroles portent le poids d’une oppression. Une promesse, un vœu, et ce serment deviendra un tourment.

En préambule, nous sommes dans le comté de Lincoln en Angleterre ; le petit village d’Olney-Sur-Trent. Il pleut, tout est gris, les âmes aussi. Le jeune propriétaire de la Ferme-Grise vient d’être mis en terre. Le deuil accable son frère, héritier de l’exploitation. Il va, courbé, le regard lointain et perdu, entre un vieil oncle et le pasteur. Pauvre cadet ! il ne faudrait pas que sa tristesse l’amène vers une dépression.
Les jours passent, ils sont monotones, routiniers. Dudley est toujours accablé par une langueur, mâtinée de désespoir. Cependant, son intendant-factotum veille ; il est si serviable ! La gestion du patrimoine est bien administrée. En serviteur attentif et dévoué, il s’empresse avec diligence à l’assister, devançant ses pas et ses souhaits. Où, est Monsieur Dudley, est Ralph.
Une intrigue se construit. Le mystère se confine dans une atmosphère lourde de silence, entre les murs d’une vieille bâtisse et les sinuosités de la rivière. Il pleut, tout est sombre, noir… L’eau charrie les cadavres des cœurs en peine.

Ce livre, de l’épaisseur d’une nouvelle, bien trop vite lu, est un petit plaisir. Il est à l’image des romans gothiques que lisait Miss Catherine Morland de Northanger Abbey (Jane Austen). Nous sommes les témoins d’un jeu, d’une emprise, d’un chantage.
A lire un jour de pluie…
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