Les orphelins Baudelaire, Tome X

Tome 1 – Tout commence mal – Tome 2 – Le laboratoire aux serpents
Tome 3 – Ouragan sur le lac – Tome 4 – Cauchemar à la scierie
Tome 5 – Piège au collège – Tome 6 – Ascenseur pour la peur
Tome 7 – L’arbre aux corbeaux – Tome 8 –  Tome 9 – La fête féroce

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Orphelins10La pente glissante, Tome X
Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire
Lemony Snicket

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Passage relevé dans mon deuxième billet :
Après le tragique incendie de leur maison qui a fait mourir le couple Baudelaire, leurs trois enfants, Violette, quatorze ans, Klaus, douze ans et bébé Prunille ont été placés chez le comte Olaf, un cousin éloigné. La fortune des parents étant gérée par le banquier Monsieur Poe, il revenait à un membre de la famille de s’occuper de la tutelle des malheureux enfants. Cependant, la cohabitation fut très malheureuse car le détestable comte Olaf, un être vil, n’avait qu’un but… s’emparer de la fortune des Baudelaire.

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Dans le dernier épisode, nous avions laissé les enfants Baudelaire dans une triste situation !… tous les trois prisonniers du comte Olaf qui n’en demandait pas tant et qui sélectionne la plus petite de la fratrie pour ses sombres affaires. Pour la première fois de leurs désastreuses aventures, les enfant se retrouvent séparés. D’un côté, Prunille aux prises des intrigants (Olaf et sa fiancée tante Esmée), et de l’autre, au bout d’une corde, Klaus et Violette. Les desseins criminels de l’usurpateur sont comblés lorsque les aînés enfermés dans une roulotte tombent dans un ravin.

Triste… triste… Des Baudelaire, il ne reste donc que Prunille qui va servir de bonne à tout faire dans les quartiers généraux du Val des Douze Courants d’air. Comment un bébé pourrait s’en sortir, me direz-vous… et je vous répondrai qu’un Baudelaire ne baisse jamais les bras !
Preuve… Klaus et Violette, doués d’une ingéniosité incroyable, parviennent en s’en sortir ! Perdus quelque part dans les monts de Mainmorte, attaqués par des moucherons voraces, recueillis par une bande d’adolescents, les Scouts des Neiges, frère et sœur vont tout faire pour récupérer Prunille. Dans leur équipée de fortune, ils ont la surprise de retrouver Carmélita la pimbêche qu’ils avaient rencontrée lors de leur séjour dans le pensionnat, et vont faire la connaissance du troisième triplé Beauxdraps, celui qu’on pensait avoir péri dans un incendie. Quigley est lui aussi sur les traces des mystérieuses abréviations, V.D.C., et essaie de découvrir où sont passés Duncan et Isadora. Grâce à lui, on va en savoir un peu plus sur la machiavélique conspiration et comprendre que les parents Baudelaire appartenaient à une société secrète…

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Dans ce dixième tome, on voit une nette progression de l’histoire.
Certaines réponses sont données, le scénario final commence à s’ébaucher et des personnages tombent les masques. Certes, c’est un peu brouillon et les Baudelaire sont toujours livrés à leur triste destin, mais nous allons enfin vers un épilogue ! du moins, je l’espère…
PS. : Prunille commence à parler !

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Prunille

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Enola Holmes, Métro Baker Street – Tome VI

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Le mois anglais avec Titine, Lou, Cryssilda – 13ème billet
La Communauté Sherlock, « God save the livre » d’Antoni, « XIXème siècle » de Fanny, « British mysteries » de Lou et Hilde, et « Thrillers-Polars » de Liliba
Une lecture commune avec Shelbylee et Manu

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La double disparition, tome IL’affaire Lady Alistair, tome II
Le mystère des pavots blancs, tome IIILe secret de l’éventail, tome IV
L’énigme du message perdu, Tome V

 

enola6Les enquêtes d’Enola Holmes
Métro Baker Street, Tome VI
Nancy Springer

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Juillet 1889,

Dans le manoir familial de Ferndell, Sherlock Holmes se fait remettre par la gouvernante Mrs Lane, un colis bien étrange dans lequel se trouve une lettre destinée à Enola. A n’en pas douter, l’enveloppe énigmatique, décorée d’arabesques au fusain, est l’œuvre de sa mère, Lady Eudoria Vernet Holmes, disparue depuis un an. Dans la famille, sa mère n’est pas la seule à s’être évaporée dans la nature… sa jeune sœur Enola se cache dans les rues de Londres pour fuir le pensionnat pour jeunes filles que ses frères lui destinaient…
Il est temps pour Sherlock de retrouver Enola ! et Reginald est celui qui l’aidera… A cela, le colley est bien d’accord, il est prêt à mettre sa truffe au service du célèbre détective.

A Londres, Enola s’est reconstituée une autre identité. Elle n’est plus Miss Meshle la secrétaire du Dr Ragostin, mais son assistante, Mrs Jacobson. Plus digne, plus affirmée, elle ne doute plus de ce qu’elle veut faire. Retrouver les personnes ou les objets qui disparaissent, est sa vocation. En ce mois de juillet, un jeune homme tourmenté arrive au bureau du Dr Ragostin en pestant après ces incapables de Scotland Yard. Sherlock Holmes étant absent, le duc Luis Orlando del Campo veut que le Dr Ragostin retrouve sa femme, la délicate et sublime Blanchefleur qui a disparu dans la bouche du métro de Baker Street. Enlèvement, fugue, aucune trace, aucune piste, rien ne peut supposer l’un ou l’autre. C’est en interrogeant les dames d’honneur de la duchesse et en se rendant sur place, dans les profondeurs de la station de métro, qu’Enola va débuter son enquête. Elle devra faire attention car son frère Sherlock qui est également mandaté pour retrouver la disparue, la suit de près… et quand on parle de Sherlock, on sait que Mycroft n’est pas loin…

Cette lettre envoyée par Lady Eudoria pour sa fille Enola, que veut-elle raconter ? Où est passée la douce Blanchefleur, aussi fragile qu’une porcelaine ? Sur la route de ses investigations, Enola croisera ses deux aînés, Sherlock et Mycroft, et curieusement, elle sera bien heureuse de les retrouver car l’entreprise est particulièrement dangereuse, la vie de Blanchefleur est menacée.
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Dernier tome de la série (à ce jour) et certainement mon préféré, nous retrouvons Enola et ses frères dans une enquête qui va les réunir. Le secret de leur mère sera aussi dévoilé dans un ultime message codé. Cet épisode est touchant car l’émotion va toucher les trois enfants Holmes.
Enola va fêter ses quinze ans, elle est déjà indépendante et très déterminée. Dans ce roman, nous la suivons dans le quartier de Baker Street et cette ligne de métro qui est ouverte depuis une vingtaine d’années déjà. On découvre un monde souterrain peuplé de « Toshers », des fouilleurs d’égouts, qui se partagent les lieux et qui revendent leurs affaires dans l’East End. J’avais déjà lu que tout se vendait dans ce quartier et que l’âme n’avait que peu de poids.
Au delà de l’intrigue, c’est toute une époque victorienne qui est abordée. Dans ce dernier livre, l’auteur fait une pirouette en revenant sur l’histoire du premier tome. Enola refusait de porter un corset, ou alors quelque chose de très relâché. Dans ce tome, Blanchefleur, comme toutes les femmes de ce temps, esclaves des dictats la mode et de la bienséance, a le corps atrophié par un corset « cuillère » (ce n’est pas sans rappeler les pieds bandés et réduits des Chinoises.). La femme est un objet, propriété de son mari, de ses parents, jamais libre de ses mouvements.
« L’une des pires cuirasses : le plus long des corsets en tout cas, enserrant sa victime du dessous des bras jusqu’au bas-ventre, avec cette « cuillère » d’acier destinées à interdire toute avancée du corps au-dessous de la poitrine, hormis une infime rondeur abdominale. Et depuis l’enfance ! »
Nous avons plaisir à voir Enola mener son enquête, se travestir et jouer à cache-cache avec ses frères. L’auteur l’affuble d’un humour bougon et moqueur qui est un de ses principaux charmes. Son intelligence n’a rien à envier à Sherlock, quant à sa soif de justice, elle est avant tout une générosité et une bienveillance envers son prochain.

Je vous recommande cette série qui est un plaisir de lecture ! Et je demande à l’auteur de nous permettre de retrouver Enola dans d’autres aventures, maintenant qu’elle à la permission des ses tuteurs…

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Des lectures faites en compagnie de deux copines, Manu et Shelbylee.

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L’étang aux libellules

logo mois anglais 3logo Challenge-anglaisLogo-Sharon« God save the livre » d’Antoni
« Animaux du monde » de Sharon

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Le mois anglais avec Titine, Lou, Cryssilda – 9ème billet

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L'étang aux libellulesL’étang aux libellules
Eva Ibbotson

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Londres, 1939,

Tally Hamilton est une petite fille « de presque 12 ans » qui habite avec ses deux tantes et son père médecin, dans une maison modeste d’un quartier populaire de Londres. Toujours gaie comme un pinson, curieuse de tout, intelligente, attentionnée pour sa famille et les gens qui les côtoient, elle est pour eux un rayon de soleil.
En 1939, les informations parlent de la guerre et des risques de bombardements sur Londres. Malgré le chagrin que cela occasionnera, le Dr Hamilton décide d’envoyer Tally à la campagne et de saisir une opportunité qu’on lui propose. Elle pourrait bénéficier d’une bourse d’étude pour un pensionnat dans le sud du Devon, à Delderton. Déterminé à lui offrir cette éducation bien supérieure à celle qu’elle reçoit, et surtout, à la mettre à l’abri, il fait fi des larmes de Tally et demande le soutien des deux vieilles filles dans les préparatifs de ce départ. Bien vite, la peine est surmontée par l’excitation de cette nouvelle aventure !

Dès les premiers instants du voyage sur le quai de la gare, Tally est surprise par l’ambiance si peu conformiste qui différencie son groupe des autres. La fantaisie des élèves n’a rien en commun avec ceux qui partent pour d’autres écoles. Il y a celle qui ne veut pas mettre ses chaussures préférant aller pieds nus, celui qui veut faire disparaître sa cravate dans le trou des W.C., un autre qui se balade avec une salamandre dans un bocal, et une enseignante complètement farfelue et dépassée qui court dans tous les sens… Dans le train, elle fait la connaissance de Julia qui la renseigne sur Delderton, une école atypique défiant les normes de l’enseignement. Déjà, Tally trouve ses nouveaux compagnons, bien que bizarres, dignes de sa sympathie et de sa loyauté…

Une vallée pleine de fleurs, une rivière, un superbe château un peu défraîchi sis dans un parc, un cèdre vieux de trois siècles, gardien des lieux, un directeur et des professeurs soucieux du bonheur de leurs élèves, une éducation progressiste, sans châtiment, libre ; on apprend sans contrainte…
A son arrivée,Tally admire le cadre d’exception et bien vite, adhère sans retenue à la pédagogie de Delderton, où la pratique et la théorie fusionnent. Elle s’immerge et prend part à la vie des uns et des autres, en étant la première à réconforter et à recevoir les confidences. Magda, la prof de philo, pleure la nuit lorsqu’elle pense à son pays, l’Autriche. Armelle, la prof de théâtre, a perdu son fils en Espagne. Le mystérieux prof de biologie, Matteo, a un regard mélancolique quand il joue de la saquebute. Kit veut aller dans une école « normale ». Julia est obnubilée par Gloria Grantly, une célèbre actrice. Augusta zozote et souffre d’allergies… Tout un monde singulier et fragile qu’elle materne avec dévouement.

Un jour, lors d’une séance cinéma, Tally voit un reportage sur la Berganie, un  petit pays d’Europe qui fait parler de lui.  Leur roi s’oppose à Hitler en lui refusant une alliance ainsi que le passage de son armée sur ses terres. Figure de héros dans une actualité inquiétante, Tally éprouve une grande admiration pour ce monarque courageux et se plaît à penser à lui souvent, en se remémorant les images d’une silhouette en habit d’apparat, digne et imposante.
Comme parfois le destin fait bien les choses… le directeur de Delderton reçoit peu de temps après, un courrier du ministère de la Culture au sujet d’un festival de danses folkloriques organisé par la Berganie : « Les autorités berganiennes ont très à cœur de renforcer leurs liens avec les démocraties européennes et de favoriser l’amitié entre les enfants des différentes nations, qui est l’un des moyens les plus efficaces d’assurer la paix dans le monde… ». C’est une chance incroyable pour Tally et ses amis… surtout que leur groupe sera encadré par Matteo.

En ces temps noirs de 1939, la joyeuse équipée ne se doute pas encore que leur voyage s’avérera bien dangereux. Les sbires d’Hitler préparent un coup d’état dont le dénouement sera radical.
Derrière les fenêtres du palais, le jeune prince Karil, prisonnier d’un protocole rigide, rêve de l’étang aux libellules et de liberté. Des camps se dressent pour la prochaine fête, plein de jeunesse et de vie. Il a déjà remarqué cette fille si remuante, si expressive, qui semble détenir tout ce qu’il veut. Mais cousine Frederica, comtesse d’Aveling, branche maternelle et anglaise de son arbre généalogique, est pire qu’un cerbère. Le devoir doit primer… mais pour combien de temps encore ?

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Eva Ibbotson est un auteur britannique, née à Vienne en 1925, qui a écrit de nombreux romans pour la jeunesse mais aussi pour adultes. J’ai lu il y a très longtemps « Une comtesse à l’office » et « Les matins d’émeraude ». J’inscris ce dernier dans mes livres préférés et doudous. Avec « L’étang aux libellules », je la découvre dans le registre « jeunesse » et, ayant aimé cette lecture, je continuerai à la lire avec d’autres titres.
Dans les notes qu’elle laisse à la fin du livre, elle raconte qu’elle a été une petite fille timide, bien éduquée par des religieuses en Autriche. Lorsque ses parents d’origine juive ont fui l’Autriche et les nazis, elle s’est retrouvé dans un univers inconnu et peu rassurant. On comprend alors que certaines de ses histoires racontent une grande part de sa vie. Comme Tally, elle s’est retrouvée un jour dans une école extraordinaire… La première partie du livre parle de ce qu’elle a vécu… « De formidables cours de biologie qui commençaient parfois à quatre heures du matin, une cuisinière qui avait posé pour des peintres, une cabane aux animaux remplie de créatures bizarres… Comme Tally, je trouvais difficile d’être « libre » et « progressiste ». Pourtant, je me suis vite attachée à cette endroit, qui a remplacé le foyer que j’avais perdu en quittant Vienne. »
Dans la deuxième partie, le roman prend une tournure plus épique. L’aventure est palpitante car il est question de trahison, d’assassinat et de fuite. Hitler n’est plus une lointaine menace et Tally prend conscience de certaines réalités. Elle n’hésite pas alors à prendre des risques et à combattre tout abus et toute cruauté.

Ce roman plaira aux jeunes car il apporte du rêve, de l’aventure, des intrigues, parle d’amitié, de vaillance, d’intégrité, de solidarité, de belles valeurs, raconte un pan de l’Histoire, et fait voir de beaux paysages.
Une lecture que je vous recommande…
« L’étang aux libellules était hors du temps, à l’abri de la guerre, protégé, intime, magnifique… »

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Eva Ibbotson - Dutton-Penguin Young Readers GroupEva Ibbotson

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Waterloo Necropolis

logomoisanglais5Le mois anglais  avec Titine, Lou, Cryssilda – 8ème billet
« A tous prix » d’Asphodèle, « XIXème siècle » de Fanny, « British mysteries » de Lou et Hilde, « En tout genre » de Miss Léo et « God save the livre » d’Antoni

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waterloo necropolisWaterloo Necropolis
Mary Hooper

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« Londres, 1861, Grace, presque 16 ans, embarque à bord de l’express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour y dire adieu à un être cher.
Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr. et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d’enterrement. D’abord réticente, la jeune fille finit par accepter leur offre, après qu’elle et sa sœur Lily se retrouvent à la rue. Toutes deux ignorent encore qu’elles vont devoir faire face aux manigances de cette famille peu scrupuleuse, prête à tout pour s’emparer d’un mystérieux héritage… »

J’ai cherché partout les notes que j’avais prises lors de ma lecture en octobre de l’année dernière… ça m’a permis de faire du rangement, mais je ne les ai pas retrouvées !
Pour ce roman jeunesse, je ne vous livrerai que le souvenir qu’il m’en reste, une trame encore distincte car j’avais beaucoup aimé ce livre…

Une belle écriture, simple, sobre, intelligente, très documentée, sans mièvrerie, avec juste de quoi émouvoir le lecteur…
L’auteur situe son histoire en 1861, dans le Londres victorien, le quartier miséreux de Sevan Dials, paroisse de Saint-Giles dans le West End (« On disait  que presque trois mille personnes s’y entassaient dans à peine plus d’une centaine de logements… »), et l’immense cimetière de Brockwood. Le Waterloo Necropolis est un train qui relie la ville à la nécropole. Le décor est dans les premières pages gothique, traversé de brumes, revêtu de crêpe noir, mystérieux et angoissant. Les vivants, riches et pauvres, accompagnent leurs morts vers une ultime destination.

Grace est une jeune fille courageuse, honnête et attachante qui doit s’occuper seule de sa sœur Lily, simple d’esprit. Toutes deux ont subi un traumatisme et ont dû fuir le pensionnat qui les hébergeait. La vie est très difficile et pour survivre, Grace doit effectuer plusieurs petits boulots, comme acheter du cresson et façonner des petits bouquets pour les vendre. On découvre alors le microcosme des échoppes, des marchés, et tous les négoces qui s’y attachent. Dans ce monde, les loques ont un prix, tout est monnayable, même l’âme. L’histoire raconte aussi la restructuration des quartiers pour les assainir et les pauvres gens qui se retrouvent à la rue, obligés d’abandonner leurs maigres possessions. C’est ce qui se passe pour Grace…

Lorsqu’on lui propose un rôle de pleureuse (par sa beauté, sa jeunesse, son innocence, Grace suscite de l’attendrissement), elle hésite beaucoup car cet univers lui semble grotesque et indécent. Comédiennes dans la peine, les pleureuses professionnelles devaient accompagner les familles et manifester leur tristesse, alors, que contradictoirement, la bonne société réprouvait tout étalage d’émotions. L’atmosphère vue de l’extérieur est complètement différente, feutrée et fantastique avec tout son décorum, et vue de l’intérieur, c’est une entreprise très lucrative qui exploite et escroque ; les bois vernis et précieux, les étoffes de satins, de velours, de crêpe, les sculptures en plâtre, les couronnes… les rites funéraires sont très anciens, mais en ce siècle, ils sont affaires de commerce.

En dehors du contexte historique de la toile de fond, l’auteur agrémente l’histoire d’une intrigue en mettant en scène un couple de mécréants qui arnaque les familles en deuil et qui menace Grace et Lily. Le scénario a de quoi captiver le jeune lecteur, le faire frémir… car les méchants sont très méchants ! Il est question d’une spoliation d’héritage et d’un mystère très personnel que Grace voudrait élucider. Dès le début et dans des circonstances particulières que je ne dévoilerai pas, elle fait la connaissance d’un jeune homme de bonne famille, James Solent, futur avocat, qui va lui apporter une aide précieuse. Une touche romantique à l’histoire n’est pas pour déplaire…

En fin de roman, l’auteur laisse quelques précisions qui relatent l’épidémie de choléra qui eut lieu en 1840 et qui fut à l’origine de la conception de cet immense cimetière à l’extérieur de la ville. Elle parle également du culte de la mort qui fut instauré par la reine Victoria après le décès de son mari le prince Albert (en 1861, Victoria perdit sa mère et son mari). Elle cite Charles Dickens et explique que ses histoires ont été une source d’inspiration.

Un roman jeunesse et un auteur que je vous conseille vivement. Ce titre a reçu le prix Escapages 2012-2013.

D’autres billets chez Titine, Lili, Bianca, Alice, Noveleen, Anne,

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L’assassin est au collège


« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I

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Marie-Aude Murail

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L’inspecteur Berthier vient chercher le professeur Nils Hazard pour une investigation discrète au collège Saint-Prix à Queutilly-sous-Doué. Depuis ses dernières énigmes élucidées avec succès, Nils peut être considéré comme un enquêteur perspicace. Il a la faculté de pénétrer les histoires et de les disséquer avec finesse et clairvoyance. Cette aptitude, il la partage de façon plus active avec la belle Catherine Roque, son élève, qui désormais, reste à ses côtés en tant que secrétaire et… douce amie ! Dans ce duo, on peut dire qu’il y a « la tête » et « les jambes »…

Au collège, des mystères inquiétants perturbent l’ambiance et annoncent des incidents alarmants. On a retrouvé dans le casier du professeur d’histoire un paquet de copies corrigées avec du sang humain, le directeur Mr Agnelle reçoit des menaces, il en devient fou, et la petite Claire Delmas rédige des rédactions très étranges, où elle met en scène des meurtres à répétition.

Chargé de clarifier et de trouver l’origine de cette atmosphère morbide, Nils prend la place du professeur d’histoire en arrêt de travail pour dépression. Mais à peine arrivé, alors qu’il lit les messages anonymes reçus par Mr Agnelle, voilà qu’on annonce une défenestration ! C’est Claire, la petite sixième, qui a sauté par la fenêtre. Heureusement, elle n’a qu’une entorse, mais que s’est-il passé ? Les explications sont incohérentes, elle raconte une présence qui lui voulait du mal. Quelle est la part imaginaire et celle bien réelle qui inquiètent Nils ? Sans perdre de temps, il est propulsé au devant d’une classe de jeunes enfants perturbés, fantasques, indisciplinés, trop habitués à chicaner leurs professeurs. Face à eux, Nils a bien du mal à garder son calme, mais le soleil lui vient en aide… un rayon, et le cours commence, captant l’attention des jeunes zouaves… « Du temps qu’il vivait sur la Terre, dans son château d’Héliopolis, le Seigneur Râ, chaque matin, ouvrait les yeux et c’était l’aube… ».

Du côté des professeurs, toutes les personnalités sont réunies pour lui faire un bon accueil – la walkyrie, le névrosé, le maladroit, le sympa – mais Nils reste vigilant car le « perturbateur » est peut-être dans la salle des profs !
Faire connaissance avec tout ce monde, repérer les lieux, entrées-sorties, des salles de classe au réfectoire, en passant par les chambres des pensionnaires au deuxième étage, s’imprégner de l’environnement mais aussi de l’ambiance et des petits secrets des uns et des autres, Nils s’implique totalement dans l’enquête. Un assassin rôde et de sombres pressentiments se concrétisent lorsqu’il découvre une petite bouteille portant une étiquette « curare » ; poison ou simulacre ?

Sur les lieux, arrive Catherine Roque, charmante cantinière au service des ventres affamés et de son mentor Nils Hazard…

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Dans ce deuxième tome, je retrouve les héros de Marie-Aude Murail avec plus de plaisir que je ne l’aurais cru. L’histoire conductrice du premier volume était surprenante dans sa construction et ses personnages, je ne m’attendais pas à cela et je me suis montrée critique. Pour cette suite, je le suis beaucoup moins car j’ai aimé. Le style, sans parler de l’écriture intelligente de l’auteur, est très accrocheur ; angoisse, fébrilité, émotion, humour, action. Il a également un petit air vintage des romans de la bibliothèque verte qui se combine à une intrigue qui n’a rien de puérile.
Nils Hazard, professeur en étruscologie, a un charme particulier. Dans les situations périlleuses et dans les moments de tendresse, c’est là qu’il est le plus comique et le plus attendrissant. Catherine Roque, bien qu’amoureuse, ne le ménage pas. Il en sort des scènes cocasses et enflammées… ils ont la répartie mordante.
Conclusion… je recommande ce début de série. Le premier est indispensable pour comprendre la double personnalité de Nils dont l’indifférence et l’ironie affichées ne sont que façades et ce second tome qui donne le ton des épisodes à venir, ni enfantins, ni trop tragiques.

Je compte poursuivre avec mon amie de lectures communes Nahe, avec « La dame qui tue ».
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Des billets chez Nahe, Sharon,

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râAtum Râ

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A comme Association, Le regard brûlant des étoiles – Tome VIII

« Les mondes imaginaires » d’Aymeline
Une lecture commune avec Nahe
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Tome 1 – La pâle lumière des ténèbresTome 2 – Les limites obscures de la magie
Tome 3 – L’étoffe fragile du mondeTome 4 – Le subtile parfum de soufre
Tome 5 – Là où les mots n’existent pasTome 6 – Ce qui dort dans la nuit
Tome 7 – Car nos coeurs sont hantés

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AAssociation8A comme Association
Le regard brûlant des étoiles
Erik L’Homme

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L’Association recrute des jeunes qui ont des capacités paranormales. Au 13, rue du Horla, Mademoiselle Rose s’occupe de l’accueil, le Sphinx de l’armurerie et au sommet de cette organisation, Walter en est le directeur. Le but de l’Association est de gendarmer les mondes des Anormaux, des Paranormaux avec celui des Normaux, le tout en une secrète autorité. DISCRETION est le mot clé car 99,9 % des humains ne savent pas qu’un monde parallèle les côtoie.

Jasper et Ombe ont commencé par être stagiaires, et, au fil de leur formation, ils deviennent de plus en plus indépendants…

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Un des personnages les plus importants de l’Association est mort. Le jour de l’enterrement, Jasper détaille les personnes présentes et comprend que la guerre est proche. Le monde des « Anormaux » est en ébullition, la surveillance est renforcée, tous sortent armés. Même Ombe la frondeuse reste sur ses gardes.
Fulgence, le maître de l’Association, veut s’impliquer dans le chaos et s’entoure d’agents dangereux. Pour Jasper, cet homme est nuisible, maléfique, et certainement responsable du deuil qu’ils partagent en ce jour.

Après les funérailles, pour faire plaisir à Ombe, Jasper retourne dans son appartement et y fait une découverte percutante… Il surprend une jeune fille tapit dans le placard, qui sort de sa cachette comme le ferait un diable de sa boîte à ressort. Une fois la surprise passée, une grande stupeur prend le relai. Elle est le double d’Ombe.
Qui est-elle, fantôme ou jumelle ? Son aura est mauvaise et sa violence n’inspire guère l’amitié ou… les questions !

Il est temps pour Jasper de rechercher le mystère de ses origines, de connaître ses vrais ennemis et de venger Ombe. Pour cela, un peu de recul est nécessaire. Avec Nina, stagiaire de l’organisation, et son ami Jean-Lu, musicien du groupe de rock médiéval Alamanyar, il part en villégiature dans le repaire des trolls. Là-bas, il retrouve ses amis, Erglug et sa soeur Arglaë. La cornemuse s’exprime, alors que des miliciens de la MAD et des mages débarquent sur l’Ile-aux-Oiseaux…
« Les trolls détestent être dérangés », le grabuge commence et au 13, rue du Horla, les bureaux deviennent une poudrière.

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Dernier tome de la série, nous commençons le livre dans une ambiance pesante. Jasper n’a plus son impulsivité juvénile, il paraît sombre, perdu dans ses sentiments et toujours investi dans sa vengeance. Agent spécial de l’Association, surdoué et puissant, il ne peut être humain, normal. Le parfum qui l’entoure est l’essence même des démons.
Cette saga en huit épisodes provoque le sourire, le rire, la peine, toute une harmonie d’émotions qui fait vibrer. Plus qu’une histoire, c’est l’amitié et la complicité de deux écrivains. Étrangement, les personnages évoluent en fonction de la vie de leurs auteurs. Ombe sous la plume de Pierre Bottero part « Là où les mots n’existent pas », comme lui, et elle revient avec Erik L’Homme par la pensée, dans le cœur de Jasper ; présence invisible. La magie des livres, des histoires, c’est qu’on peut tout inventer… Dans ses remerciements, Erik parle à Pierre… « Pierre, pour ta présence à mes côtés, invisible mais tellement réconfortante, chaque fois que j’ouvrais le dossier « Botteromme » sur mon ordinateur. »… on comprend.
Donc, ce dernier tome donne des réponses, celles que nous attendions. Elles ne sont pas alambiquées, elles semblent justes, avec quelques surprises qui pimentent le récit.
L’humour qui était un des caractères des plus importants, est moins flagrant, la place étant faite à l’intrigue, à la bagarre, aux révélations, mais la verve fantaisiste des trolls, le caractère malicieux d’Ombe, la naïveté de Jean-Lu et le lyrisme de Jasper sont le miel ou les épices qui relèvent toujours la lecture et la rendent particulière.

Peut-on espérer une suite ? Pourquoi pas !
Je vous recommande ce coup de cœur, vous l’aurez compris !

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Lecture commune, billets de Nahe :
Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4Tome 5Tome 6Tome 7Tome 8

Un billet chez Bladelor, Sharon,
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