Album de vacances – Chaumont-sur-Loire ; son château, ses jardins

Chaumont-sur-Loire


Parcours résumé en photos d’une belle visite dans les jardins et le château de Chaumont.

Les artistes donnent leurs visions des jardins de paradis où lumières, sons, couleurs, sculptures et œuvres se mêlent au végétal.

La floraison est bien plus importante et éclatante au début de la saison, mais en cette fin du mois d’août, c’est quand même toujours beau…

 

 

« La dérive des repères » de Vincent Mauger (cour de la ferme)
pierres sculptées

  Le vallon des brumes « Géométrie discursive » de Vincent Mauger (parc historique)
sphère de bois sous les cèdres

« En plein midi » de Klaus Pinter (écuries)
sphère de fleurs d’or
« Le nid des murmures » de Stéphane Guiran (écuries)
5 000 fleurs de quartz

« Troublement » de Christian Renonciat (écuries)
apparences sur les matières, lorsque le bois est… carton, tissus…

« Milflores » de Luzia Simons (château)
détail de la tapisserie

  Exposition de Gao Xingjian
« Appel pour une nouvelle renaissance »

« Sens dessus dessous » de Sheila Hicks
laines (appartements des invités, château)

« Cuisines » de Jannis Kounellis (cuisines)
forêt de poutres et de cloches

               

 

 

 

La bassine jardin de Célestin

Challenge Chlorophylle
Challenge Petit Bac d’Enna catégorie « Objet »

 

 

La bassine jardin de Célestin
Marie Zimmer
Leïla Brient

Quel est le secret de Célestin ?
Célestin a le bonheur de voir pousser dans une vieille bassine en zinc, trois arbres et des fleurs. Tout un joli jardin tient dans même pas un mètre carré de terre ! D’après les voisins, Célestin ne peut être qu’un sorcier. Il y a bien sorcellerie dans cette affaire, n’est-ce pas ?!
Chez eux, c’est la misère et la terre ne produit presque rien, en tout cas, pas un jardin aussi épanoui que le sien. Alors, ils sont là, derrière la palissade, à l’épier dans tous ses gestes et à l’envier. Ils viennent de partout, ces jardiniers curieux de son « don », il y a même des hommes d’affaires un peu menaçants qui sont prêts à financer son savoir-faire et les mystères de son jardinage…
Lorsqu’on lui pose la question, Célestin répond qu’il ne sait pas et que seul son jardin décide de son évolution car il est libre.
Tout seul face à lui, il arrive à communiquer son amour et son bonheur, et le jardin lui raconte alors qu’il s’enracine partout où la fantaisie le prend. Dans les lieux les plus insolites et pas toujours très confortables, il voyage avec un peu de vent et prend ses aises.
Mais un jour, Célestin a la surprise de découvrir que son jardin est parti. Il se retrouve seul, triste, mais empli de rêves de ses confidences.

Où est-il allé ? Célestin ne tardera pas à le découvrir et aura une belle surprise… car le bonheur est toujours là !

Texte et dessins racontent une très belle et douce histoire. Le bonheur se cultive comme un jardin qui peut se lover dans les endroits les plus rustiques, les plus improbables. En écrivant ce conte poétique et métaphorique, Marie Zimmer pensait nostalgiquement à une vieille bassine de son enfance et Leïla Brient, en l’illustrant, songeait à son « jardinier magicien », certainement son amoureux. Le bonheur-jardin suscite la convoitise et génère des mesquineries, mais Célestin, le héros, conserve toute son innocence et sa pureté. Il est heureux de voir que même après la disparition du jardin, il garde encore la félicité dans le souvenir de ce qu’il avait partagé avec lui. Des oiseaux, un chat, un fruit de son pommier et la promesse de voir un autre jardin pousser, lui apporte de la joie. Mais le petit lecteur aura une belle surprise dans l’épilogue…
Un album à recommander !

L’avis de Bastien « ici »

 

 

 

 

L’océan au bout du chemin


Halloween en octobre avec
Hilde et Lou
Une lecture commune avec Nahe
Billet n°3

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L’océan au bout du chemin
Neil Gaiman

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Le Sussex,

Revenu dans le pays de son enfance pour un enterrement, le narrateur s’évade et évoque les champs, les fermes, son ancienne maison et les gens. Il était arrivé dans cette campagne à l’âge de sept ans et il en était reparti pour ses douze ans. A travers le regard innocent et méfiant du petit garçon, il nous raconte l’histoire de ces années dont on ne sait si elles sont fantasmées ou réelles car nous basculons très rapidement dans un monde obscur, chimérique et invisible. Lorsqu’il dépasse la frontière de l’ancienne maison et qu’il remonte le petit chemin creux, il arrive chez les Hempstock.
Famille de trois femmes, une grand-mère, la mère et la fille, les Hempstock avaient été pour lui plus qu’un soutien et une protection.
Tout commence par le suicide ou le meurtre d’un chercheur d’opales venu passer quelques jours dans le bed and breakfast de ses parents. Sur les lieux du drame, pour qu’il ne dérange pas la police, on l’avait confié à Lettie Hempstock, une gamine de onze ans, qui l’avait amené chez elle. Bien accueilli et réconforté, elle lui avait servi un bol de porridge qu’elle avait nappé de façon gourmande de crème et de confiture. Ce moment « parfait », il le range dans les souvenirs les plus heureux de sa vie.

A compter de ce jour, il devient l’hôte privilégié de ses voisines mystérieuses. Avec Lettie, qui s’arme d’une badine de coudrier, il s’aventure, découvre les esprits de la nature et apprend que la marre du bois est un passage secret qui peut se transformer en un océan. Avec la grand-mère, ce sont des contes qui parlent des vieux temps païens, de la première lune et d’un monde parallèle proche du notre. C’est alors qu’en tant qu’initié, sorcières, fantômes et autres créatures mystiques se manifestent à lui.
Lettie veille sur lui, mais jusqu’à quand ?

Dès les premières pages, c’est au lecteur de donner à ce roman le sens qu’il désire. Est-ce que le petit garçon qui délaissé par des parents trop occupés et à l’imagination débordante, invente un univers fantasmagorique ou est-ce une réalité ? Combinaison des deux, née de nos peurs enfantines, de l’inconscience, l’ambiance peut se montrer angoissante, voire cauchemardesque. Le narrateur adulte semble avoir oublié les caractères enchanteurs et tragiques du passé, n’ayant gardé que des bribes fugaces, des défiances, et laisse donc à l’enfant le droit de s’épancher et de nous raconter cet éveil.
Le surréalisme de l’histoire ne facilite pas la lecture, alors je vous conseille de vous laisser mener sans trop réfléchir et de vous laisser porter par le style onirique. Gardons en chacun de nous une part de magie et de rêves !

D’autres billets chez Fondant,

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Peinture de William Turner

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Alice au Pays des Merveilles

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Une semaine d’illustrations, du 08 au 13 février

 

 

alice 0Alice au Pays des Merveilles
Texte de Lewis Caroll
Illustrations de Rébecca Dautremer

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« Alice commençait à se sentir fatiguée de rester assise sur l’herbe à ne rien faire. A côté d’elle, sa sœur lisait un stupide livre sans images ni dialogues.
« Quelle drôle d’idée ! pensait Alice. Peut-on vraiment s’amuser à lire un livre où il n’y a ni images, ni dialogues ? »

Petite, je n’ai jamais aimé les aventures d’Alice au pays des merveilles. Ce n’était pas tant l’histoire folle qui me faisait peur, ni le manque d’imagination (j’en ai eu toujours beaucoup trop), mais plus les illustrations du livre qui m’inquiétaient. Seul le lapin qui courrait après le temps me semblait sympathique ! La reine, par contre, m’inspirait les plus grandes frayeurs.  La petite Alice sombrait dans un univers cauchemardesque, seule, happée dans une autre dimension, de l’autre côté du miroir… et je ne voulais pas l’accompagner !
Prisonnière du pays des merveilles… souffrant de claustrophobie, je comprends aujourd’hui cette sensation d’oppression…


Sur le texte original de Lewis Caroll, Rébecca Dautr
emer nous présente le portrait d’Alice Liddell, celle qui fut une muse pour l’écrivain. Ce n’est pas une blonde Alice, mais une petite brunette portant les cheveux courts au carré.
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Alice 4Toute la poésie de l’illustratrice s’exprime dans les dessins. Nous retrouvons ses couleurs, pigments certainement pilés avec de la poudre de rêves, son univers fantasque, sa mélancolie, sa délicatesse et les petits détails qui nous enchantent. Ses personnages ne paraissent pas aussi sévères que les dessins de John Tenniel. Plus ronds, plus doux, ils ont une sensibilité qui raconte bien l’histoire.

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Alice 3.
Édité pour les 150 ans du conte, cet album lui rend un superbe hommage. Je vous le conseille…

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Alice 5

 

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Le bateau de fortune

Logo_BabelioLivre reçu à l’occasion des Masses Critiques jeunesse de Babelio
Partenariat avec les Éditions Sarbacane

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couv-bateau-de-fortuneLe bateau de fortune
Olivier Solminihac
Stéphane Poulin

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Un jour d’été… Le petit renardeau raconte une sortie en compagnie de Michao l’ours et Marguerite la chevrette.
Michao décide d’emmener ses petits amis à la mer. A eux… châteaux de sable, baignades et pêche aux crabes ! Il fait beau, ce sont les vacances, la mer est belle…
Mais une fois arrivés, ils ont la surprise de découvrir le coffre vide ! Ils ont tout oublier ! Pas un maillot, pas une serviette, pas une bouée… rien ! Mais que vont-ils faire ?

Avec beaucoup d’imagination, un peu d’habileté et quelques bricoles trouvées sur la plage, ils passeront une merveilleuse journée…

Joies, douceurs, iode, sable fin, éternité, bruit des vagues, amitiés, cette gentille histoire superbement illustrée nous invite aux rêves, à la création et à l’imaginaire. Un graphisme et des coloris qui rappellent les années 60, la route des vacances, les nationales embouteillées, les caravanes… et les bords de mer. C’est un temps heureux !
Peu de mots, des tableaux qui parlent, tout est dans le ressenti, je vous conseille cet album qui me rappellent quelques bonheurs.

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D’autres billets chez Jérôme, Didi,

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Bateau-de-fortune.

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Visions Huichol, un art amérindien du Mexique

L’art dans tous ses états de Shelbylee

Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio
Partenariat avec les Éditions d’Art Somogy

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vision huicholVisions Huichol
Un art amérindien du Mexique
Michel Perrin

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Michel Perrin, ethnologue et anthropologue, s’est spécialisé sur le chamanisme, la mythologie, le symbolisme, l’ethnomédecine et l’art. Lors d’un voyage au Mexique, dans la sierra de Jalisco, de 1989 à 1991, il découvre la culture amérindienne et le peuple Tateikie. L’accueil est peu chaleureux. Ils sont fiers, discrets et réticents envers l’étranger. Des tableaux faits de fils retiennent son attention…
Il y retourne vingt ans après, en 2010, et perçoit un changement. L’écotourisme « a ravivé et transformé » leur art. L’artisanat s’est développé et s’ouvre sur le monde extérieur. On le découvre sur les étals des marchés mais aussi dans les musées.

Dans l’introduction, il se questionne sur deux points qu’il est important de relever…
 » Quelles relations existe-t-il entre la religion et l’art d’une société traditionnelle ?
Comment un art pictural se nourrit-il d’un milieu géographique particulier et d’une manière spécifique de concevoir l’homme et le monde, exprimée par les mythes et les rites ? »

huicholNotre-Mère-Terre
Martin de la Cruz (Niuveme), 1989 – 30 x 30 collection particulière

Ce magnifique livre sur les Huichol est un partage de connaissances (leur histoire, leurs mythes, leur religion, leur culture, leur terre…), de spiritualité (leurs visions…) et d’émotions (leurs créations, l’essence de leur art, l’harmonie des formes, des symboles, des couleurs…).

Les Wirraritai, appelés les Huichol, parlent la langue uto-astèque. Ils habitent sur des hauteurs escarpées (3000 mètres d’altitude) car ils ont été contraints de quitter les terres basses lors des incursions militaires espagnoles du XVIème siècle. Ils se divisent en cinq communautés, des scissions qui représentent le centre et les quatre points cardinaux. Santa Catarina Cuexcomatitlan, San Andrés Cohamiata, San Sebastian Teponahuaxtlan, Tuxpan de Bolanos et Guadalupe Ocotan. Le chiffre cinq est un nombre particulier qui revient régulièrement dans les rituels chamaniques.
Dans les années 50, on a demandé à ce peuple d’artistes d’exprimer par des dessins, leur croyance et leurs rêves. « Quelque cinquante années plus tard, un ethnologue a suivi un chemin inverse. Il a demandé aux Indiens de déchiffrer et d’interpréter leurs œuvres picturales… ». La mythologie huichol se raconte à travers leurs œuvres. Les formes sont « des êtres divins, humains, animaux ou végétaux ». Tout s’imbrique et passe de l’un à l’autre. On ne distingue alors de cette complexité que « les lignes dominantes » et contrastées ; le sombre, la nuit, s’opposent à la lumière, le jour, le désert à l’océan…
Pour nous aider à comprendre (ou à cheminer librement dans notre imaginaire), à reconnaître les formes, un petit répertoire dévoile les principales divinités. Elles sont animales comme l’Aigle, le Cerf, le Loup, le Lézard… elles sont éléments comme l’Eau, le Feu, le Vent, la Pluie… elles sont astres comme la Lune, le Soleil… elles sont végétales comme le Peyotl, le maïs…

Dans un des paragraphes intitulé « Voir, communiquer et créer. Un art chamanique ? », l’auteur note l’influence des traditions religieuses et des rites chamaniques. Après avoir consommé du Peyotl, l’esprit s’ouvre est accède à des strates parallèles, mondes « des ancêtres, des dieux, des esprits, des âmes et des morts ». Leurs visions racontent leurs communions et nous invitent dans « des lieux sacrés ».

Sur des surfaces de contreplaqué recouvertes de cire, ils disposent des fils de laine. Les arabesques peuvent composer des tableaux simples ou très chargés. Comme les peintures ou gravures des Aborigènes d’Australie, (je pense aussi à Picasso et Robert Combas), beaucoup d’énergie, de vie, passe par ces formes. Labyrinthe, carte au trésor, tapisserie aux teintes éclatantes, on peut dire sans paraître vulgaire, qu’on en a plein les yeux !
Suivre le cheminement, se tortiller en tous les sens suivant les remous des fils, faire une pause sur une figure et en découvrir l’expression, les couleurs, son remplissage, chercher l’histoire sans la deviner, se perdre dans les pigments… et rentrer en osmose…

Le livre compte près de 130 créations photographiées, toutes détaillées, expliquées, formulées en proses. Il y a des chemins, des naissances, des prières, des fêtes… un immense univers magnifique, généreux, spirituel, rempli de mystères et de ferveur.

Si vous avez la possibilité et la chance d’aller au Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille, l’exposition « Visions Huichol, un art amérindien du Mexique » se tient jusqu’au 11 janvier 2015.

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Un livre à offrir ou à s’offrir.

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108247_1411486651_5-huichol-dieux-que-ns-rencontrons_557x420pJosé benitez Sanchez, 1988 – 61 x 81,5 cm, collection particulière


Les Dieux que nous rencontrons

Un chamane et son aide sont sur des rochers.
L’un d’un côté, l’autre de l’autre.
L’un communique avec Notre-Frère-Aîné-Kauyumari.
Kauyumari a une tête de cerf à quatre ramures.

Du chamane sort un serpent rouge, c’est sa force.
De sa main émane une vibration, c’est un message.
De sa tête pend une ramure de cerf.
Celle-ci le désigne comme chamane.

Notre-Grand-Mère-Nakawé est au centre.
Colibri, messagère des dieux, la convoquée.
Ses messages sont semblables à un masque.
Notre-Grand-Mère en reçoit les paroles.

Notre-Grand-Mère est au-dessus d’un étui chamanique.
Les deux cornes, comme des pinces, sont ses gardiens.
Personne d’autre que le chamane ne pourra le toucher.

Notre-Grand-Mère parle avec l’esprit du dieu Cerf-du-Monde-Obscur.
Ils sont reliés par la tête et par le corps.
Ils échangent des paroles, ils s’envoient des messages.

L’esprit du cerf communique aussi avec Kauyumari.
Le chamane communique avec Kauyumari.
Kauyumari communique avec l’esprit du dieu Cerf.
Le dieu Cerf communique avec notre Notre-Grand-Mère-Nakawé.

Des dieux apparaissent aussi dans les montagnes.
Ils habitent des roches sacrées.

C’est à l’origine des temps, lorsque sortit Notre-Père-Soleil.
Des ancêtres se convertirent en pierres et en rochers.

Tous ceux qui n’atteignirent pas  le Mont-de-l’Aube se pétrifièrent.
Ce sont les kakauyari.

D’un rocher sort une tête, avec trois flèches.
C’est Werika, Notre-Mère-Aigle.
C’est son âme, son expression, sa parole.

Il y a aussi le Cerf-Bleu.
Il guide le chamane dans les montagnes du désert, sur le chemin des dieux.
Deux bâtons à plumes sont près deux.

Points, étoiles et flèches sont des paroles, des pensées, des expirations.
Ce sont celles du chamane, celles du cerf, celles des dieux.
Elles vont des chamanes aux dieux et des dieux aux chamanes.

Tatewari, Notre-Grand-Père-Feu, est près du chamane et de son aide.
Près de l’un est le feu bleu.
Près de l’autre est le feu rouge.
Car le feu naît d’abord bleu, puis il devient rouge.

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