La Poule au Bois Dormant

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Une semaine d’illustrations, du 08 au 13 février
« Animaux du monde » de Sharon

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la poule au bois dormantLa Poule au Bois Dormant
Texte de Christian Jolibois
Illustrations de Christian Heinrich

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Nos petits amis, Carmen, Carmélito et Bélino, partent dans un autre comté pour rendre visite à Coq Papi. Enthousiastes et sans crainte, ils laissent leur belle campagne pour découvrir les plaisirs de la ville où Coq Papi a la fonction de crieur public.

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La cité fortifiée est très belle, majestueuse avec ses tours ornées d’étendards colorés, ses remparts, ses rues pavées et ses échoppes animées, mais guère sympathique pour nos campagnards qui se font traités de « ploucs » dès leur arrivée !
Lorsqu’ils retrouvent Coq Papi, c’est pour le voir en plein travail, battre son tambour et clamer la tirade « Oyez ! Oyez ! Gentes dames, gentils messieurs, riches ou gueux… »
L’information qui suit, raconte l’histoire de la princesse Poule qui dort depuis cent ans dans le Bois Dormant. Seul un valeureux chevalier, après avoir affronté d’autres gentilshommes dans un « tournoi »,  pourra traverser le fleuve, vaincre le sortilège et aller la réveiller.

Carmen, Carmélito et Bélino restent pantois ! Cent ans !!! c’est long… Cois, il le sont encore plus quand ils apprennent que Coq Papi veut participer et devenir ce héros.
Mais quelqu’un surprend la conversation… c’est sa Seigneurie le Coq Noir qui ambitionne la place de champion. Fourbe, il va intriguer et faire tout pour écarter le principal concurrent.

Carmen, Carmélito et Bélino vont jouer les justiciers…

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J’ai découvert les Petites Poules avec « Nom d’une poule, on a volé le soleil ! », et je compte bien poursuivre la série. Drôle, bien illustrée, pleine de vivacité dans les couleurs et les expressions, fine dans son humour, elle en devient irrésistible !
Cet épisode arrange le conte de la Belle au Bois Dormant de manière… particulière ! La Belle Poule inanimée réserve des surprises…
Je vous garantis la bonne humeur que cet album suscite. Entre le texte et les illustrations, le sourire s’épanouit.
Je vous le recommande ++

Extrait :

« La cité explose de joie.
On s’embrasse, on rit, on danse pour fêter le petit coq
qui a mis fin à l’odieuse malédiction.
Carmen est heureuse de retrouver son grand
-père :
– Papi kidnappé…
Papi martyrisé…
Mais papi… libéré !!! »

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D’autres billets chez Sharon, Valentyne,

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La poule au Bois Dormant 32La poule au Bois Dormant 2

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Le chasseur de papillons

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Un livre offert par San-Tooshy, illustratrice, peintre…

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le-chasseur-de-papillonsLe chasseur de papillons
Texte de Bernard Villiot
Illustrations de Adolie Day

 

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Il était une fois… Miss Kabuki.

Kabuki est une jeune fille heureuse. Elle aime les fêtes, les enfants et les papillons. Fascinée par leur beauté, elle en confectionne avec des tissus et les coud sur ses corsages. Créatrice, elle fait le tour du monde pour chercher l’inspiration et inventorier les nombreuses variétés.

Un jour, elle apprend qu’un Monsieur Mirliton  voyage également sur toute la planète à la papillon1recherche des papillons. Mais pas pour le même but ! Ce monsieur qui travaille pour des collectionneurs les attrape, les tue et les épingle dans des cadres. Sa boutique en est pleine ! Sans limite, il est dévoré par sa quête.

Kabuki est triste… les papillons sont menacés et très vite, à cause de ce Monsieur Mirliton des espèces disparaissent. Que peut-elle faire ? Écrire ? Elle lui envoie alors une lettre, puis une deuxième, une troisième… mais rien ne peut le dissuader de son safari. Elle écrit aux médias, au président…, mais toujours rien.
Elle partira donc au Mexique le voir.

Finaude, Kabuki a une idée… Puisqu’il recherche la rareté, elle va lui passer commande… Elle va rentrer dans sa boutique et lui dire : « Je cherche le papillon des courants d’air ! »

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« Le chasseur de papillon » est un très beau conte raconté et illustré avec poésie. C’est l’amour pour la beauté, l’éphémère, la rareté, qui se décline en deux interprétations ; gardienne pour Kabuki et destructrice pour Monsieur Mirliton.
 Adoly Day dessine l’histoire avec finesse, élégance. Vaporeux, poudrés, légers comme une mousse, avec des transparences et des incrustations de tissus et de dentelles, les univers prennent des teintes différentes suivant les personnages ; du rose au gris, de la lumière à l’obscurité, de la joie à la tristesse. Car si Kabuki est heureuse, Monsieur Mirliton semble toujours mélancolique et solitaire.

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Je vous recommande ce beau livre. Vous aimerez les mots et les dessins…

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Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin ! Tome 1

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Alienor-Mandragore 1Aliénor Madragore
Merlin est mort, vive Merlin ! – Tome 1
Scénario de Séverine Gauthier
Dessins de Thomas Labourot

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Dans la forêt de Brocéliande, en plein cours de mycologie, Merlin succombe au cri d’une mandragore ! Mais que s’est-il passé ?!
Il était là, à expliquer à sa fille les champignons et leurs actions « psychotonques » quand Aliénor s’est soudain retrouvée propulsée par une force enchanteresse devant une mandragore. D’après Merlin… « Les mandragores sont dangereuses. On ne les déterre pas sans prendre certaines précautions… Quand on déterre une mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »
En informant Aliénor des risques, le grand magicien se targue alors d’avoir du sang de démon et d’être invincible… Mais arrive ce qu’il devait arriver… à peine sortie de terre, la racine aux vertus extraordinaires se met à émettre le cri de la mort qui terrasse l’enchanteur ; raide, son spectre s’élevant au dessus du corps sans pouvoir le réintégrer…

Menacée par l’Ankou le serviteur de la mort, l’âme de Merlin espère qu’Aliénor découvrira la formule qui le ressuscitera. La jeune fille, seule et désemparée, va alors demander conseils auprès de Morgane, puissante fée et ennemie de Merlin. Cette dernière possède une immense bibliothèque dans laquelle on peut trouver tous les grimoires.

Le temps est compté, l’Ankou veille et la courageuse Aliénor, apprentie magicienne, va se découvrir de nombreux pouvoirs… et des amis.
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Dans la forêt de Brocéliande nous retrouvons quelques personnages enchanteurs de la légende arthurienne. Merlin, Morgane, Viviane, Lancelot… sont aux côtés d’Aliénor pour cette plaisante histoire qui donne un air nouveau et léger au mythe.
Des planches riches en dessins et en couleurs, du dynamisme, de l’humour, du pétillant, on voit un Merlin trop présomptueux qui doit s’en remettre à sa fille novice en magie, pour revivre. Aliénor continue son apprentissage avec Morgane et acquiert un peu d’indépendance dans son aventure. Son autonomie la fait grandir.
Pour continuer dans l’ambiance, l’album nous offre à la fin un journal… « L’écho de Brocéliande ». Nous y trouvons des articles sur le pays, des interviews, la recette d’une potion, et des informations diverses et variées…
Une fin espiègle, certainement un charme facétieux qui remet tout en question,  ouvre la fenêtre sur une autre histoire, faisant sourire le lecteur.
Une bande dessinée à recommander et à suivre…

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D’autres billets chez Mo’, Alice, Fanny, Lasardine, Bianca,

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Une preuve d’amour

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Une semaine Saint-Valentin

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une preuve d'amourUne preuve d’amour
Valentine Goby

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Sonia est la narratrice de l’histoire.
« Les Misérables » de Victor Hugo font débat dans une classe de collégiens. Afin de comprendre les personnages, le professeur pose des questions sur Fantine. « Est-ce que Fantine a été une bonne mère en abandonnant sa fille Cosette ? » Avant d’approfondir le sujet, les réponses fusent dans un charivari d’objections.
« – Moi je dis qu’abandonner son enfant, c’est dégueulasse.
– Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça…
– Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu’elle abandonne sa fille. Si elle l’aimait vraiment, elle l’aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m’a pas placé chez les Thénardier. »
Sonia regarde tous ses camarades prendre part de façon unanime et remarque que seul Abdou ne participe pas. Plongé dans un silence, absorbé par une feuille blanche, il est ailleurs. Ou peut-être pas… Nerveusement sous le bureau, ses jambes tressautent ; Abdou est une pelote de nerfs.
Le professeur continue sur cet abandon, en incitant les élèves à plus de réflexions…
« – Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
– Elle vend ses cheveux.
– C’est tout ?
– Et ses dents.
– C’est tout ?
– Elle a fait la… comment vous dites…
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
– … la prostituée. »
Mais lorsque Abdou explose en disant que l’acte de Fantine est une preuve d’amour, Sonia pressent que l’histoire de Fantine pourrait bien être celle de la mère d’Abdou.

Difficile de sonder ce camarade ! Abdou s’échappe de la classe et disparaît pour quelques jours. Malade ? C’est l’excuse qu’il donne.
Curieuse, déjà un peu amoureuse de ce mystérieux garçon, Sonia va essayer de l’apprivoiser et de l’aider. Abdou est une âme sœur.

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Lorsque je tourne la dernière page de ce livre, je me demande comment l’auteur a fait pour écrire autant d’émotions, d’images, de parfums, dans ce tout petit roman. La plume, la voix, elle l’a laisse à Sonia la conteuse, une jeune fille courageuse et réfléchie, qui, très tôt, a eu aussi sa part de peines. Moins meurtrie que le jeune Malien, élevée par un père aimant, elle va l’aider à se construire, se réconcilier avec son histoire de déraciné, d’orphelin, et lui offrir une belle amitié nuancée de sentiments amoureux.
Une mère qui abandonne son enfant n’est pas forcément une mauvaise mère. Abdou Traoré sait que cela peut être une preuve d’amour d’une abnégation absolue. Sans papier, sans famille, sans argent, Mariama a eu la force de laisser son fils aux services sociaux et de partir. Il aimerait tant le lui dire !
Abdou et Sonia ont identifié leur Fantine, Valjean et Javert…

L’amour décliné sur toutes ses facettes ; ce roman est très beau. Il est écrit avec finesse, générosité, et malgré le sujet dur, déchirant, j’ai ressenti de la douceur. Abdou charrie la violence de son pays, les miasmes de la rue, le désespoir et l’espérance de sa mère. Sonia paraît aussi légère qu’un char à voile qui s’enfuit dans le vent, elle a une odeur iodée, elle est la fille qui regarde l’océan, libre et heureuse. Ils forment un beau duo, fort et confiant.

Ce livre est à recommander, je vous souhaite une bonne lecture.

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D’autres billets chez Jérôme, Noukette, Pyrausta,

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Photo prise sur « Routard.com »

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Le testament de Stone

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Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

 

 

le-testament-de-stone_couvLe testament de Stone
Celia Rees

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« Une statue qui pleure, un crucifix qui saigne… Sur tous les continents, d’étranges évènements laissent présager la fin du monde.
Le compte à rebours a commencé !
Zillah, Adam et Kris. Depuis la nuit des temps, leur destin semble être lié. Aujourd’hui, ils sont les seuls à pouvoir combattre les forces du mal… Sauront-ils survivre en pleine apocalypse pour sauver l’humanité ? »

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Tout commence avec Mikel, chargé de tracer sur les cartes des routes maritimes. On ne sait encore où le situer, il est dans un monde étrange peut-être parallèle, qui se nomme « temps anciens ». Les pages suivantes sont dans les « temps futurs »… où nous croisons Zillah, Adam et Kris. Les trois adolescents ne se connaissent pas mais sont liés sans qu’ils le sachent. Ils vont s’unir et sauver notre monde.
Zillah vit recluse dans un grand manoir avec ses frères et sœurs du Cinquième Âge, sous l’influence de l’Avocat, le grand maître. Elle est une enfant de la Sixième Aube et loge dans la Maison des Femmes. Cette congrégation attend l’apocalypse et suit les préceptes instaurés par le Fondateur Divin. Zillah ne se rappelle plus son véritable nom, ni son âge, ni d’où elle vient, mais à la différence des autres, elle n’est pas dupe de ce qui se passe. Curieuse, elle aime s’aventurer dans la demeure et découvrir les pièces défendues. C’est ainsi, par un passage secret, qu’une nuit elle arrive à la bibliothèque. Elle puise alors sans retenue les histoires interdites et acquiert un esprit indépendant, libre. Lorsqu’un jour l’Avocat leur donne une pilule pour accéder dans une autre dimension, elle comprend le véritable but. Simulant sa mort, elle parvient à échapper à ce « suicide collectif »… Au même moment, partout dans le monde, des Enfants de la Sixième Aube meurent.
A l’hôpital, Adam se prépare à subir une opération pour son pied. Juste avant de passer au bloc, il apprend qu’une jeune fille est dans la chambre voisine, sous la garde de la police. Elle est la seule rescapée…
Kris vit pratiquement dans la rue avec une bande de copains. Sa grand-mère Célestine et Bram, un vieil homme sans logement, sont les seuls qu’il écoute…

A ce niveau de la lecture, tout s’imbrique et semble compréhensible. Le décor défile et le scénario promet quelque chose d’intéressant, voire même de palpitant. C’est lorsque Bram se fait hospitaliser et qu’Adam se fait anesthésier que cela commence à devenir confus. Les personnages semblent se dédoubler, on ne sait plus si c’est réel ou fantasmé. Une correspondance datant des années 1900, entre Londres, la Californie et le Mexique, vient compléter la trame, tout en la lestant. Elle raconte le voyage d’Ambrose Stone et ses expériences avec des shamans… Je suis dans le milieu du livre, je fais déjà des retours en arrière pour assimiler ce que je viens de lire et je suis consciente d’être déjà en marge. La part fantastique du récit m’a perdue ! ou les passages entre les époques anciennes et futures, ou tout simplement la complexité de l’histoire…
J’ai lu le livre jusqu’à la dernière page, un peu en rechignant, et je n’ai pas trouvé la fin satisfaisante. Une fois de plus, l’auteur me laisse perplexe.
Si cet avis (très personnel) semble négatif, je tiens à préciser que le roman est bien écrit, riche dans sa fiction, loin d’être ennuyant et qu’il a plu à de nombreux lecteurs.
Ésotérisme, magie, vieilles légendes, civilisations précolombiennes, fin du monde, crâne en cristal, secte mystique, aventure… il vous plaira peut-être !

Des billets chez Clarabel,

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Image prise « ici »

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Le théorème du homard

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« Animaux du monde » de Sharon

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le théorème du homardLe théorème du homard
Ou comment trouver la femme idéale
Graeme Simsion

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Lorsque Don Tillman liste ses qualités pour se trouver une épouse, il le fait consciencieusement et avec une réelle honnêteté. Il a trente-neuf ans, un bon métier (professeur de génétique), « un corps sain, agréable », il est très intelligent, aisé… Il a tout pour plaire. Tout ? Ça serait le cas, s’il n’était pas aussi obsessionnel, souvent asocial et s’il ne commettait pas autant de maladresses dans ses rapports avec la gent féminine.
Coaché par son meilleur ami, Gene, professeur de psychologie, Don essaie de faire des efforts et d’accepter les rendez-vous qu’on lui organise. Ainsi s’ensuivent les soirées pour célibataires genre speed-dating, les rencontres sur internet et les soirées professionnelles, excellent vivier, où il espère rencontrer une jeune femme « pragmatique » pour parler avec elle algorithmes, ADN et autres facéties discursives.
Le regard de Don est un laser, son esprit est un ordinateur, sa vie est un programme. Il sonde, analyse et notifie sur des fiches ses observations, mensurations et quotient intellectuel, car sa future femme devra remplir certaines conditions spécifiées dans un questionnaire « Projet épouse » :

« Elle ne doit pas :
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle doit :
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
« 

Toujours par l’intermédiaire de Gene, il fait la connaissance de Rosie Jarman, une barmaid qu’il trouve immédiatement « inadéquate ». La jeune fille en marge de son univers de généticien, un peu paumée, excentrique, partagée entre ses études en psychologie et son travail, sollicite son aide pour une affaire délicate. Elle souhaiterait retrouver son père biologique. Don, en plein apprentissage de sociabilité et sensible, bien malgré lui, au problème, accepte et établit un second dossier qui côtoiera celui de l’épouse… le « Dossier Rosie ».

« – Gene m’a envoyé la femme la plus incompatible du monde. Une barmaid. En retard, végétarienne, désorganisée, irrationnelle, une hygiène de vie déplorable, fumeuse – fumeuse ! -, des problèmes psychologiques, ne sait pas faire la cuisine, incompétente en mathématiques, couleur de cheveux artificielle. Je suppose que c’est une blague. »

L’affaire n’est pas facile, car recueillir l’ADN des éventuels géniteurs sans leur assistance, requiert d’élaborer de nombreuses stratégies. Et c’est ainsi que le couple le plus invraisemblable va partir à la rencontre de soixante trois ex-étudiants en médecine qui ont fréquenté la mère de Rosie, vingt ans auparavant.
Les situations extravagantes s’enchaînent mettant à l’épreuve le professeur et ses nombreux handicaps émotionnels, Rosie et sa quête d’affection.

Leur aventure, de conjonctures cocasses, incroyables, risquées, trouvera-t-elle une finalité heureuse et évoluera-t-elle vers le plus doux des sentiments ?

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J’ai quitté ce livre il y a quelques semaines et j’en garde un très bon souvenir. Comme il a été plaisant de lire ce roman ! Il provoque des émotions joyeuses…

Don est un spécialiste du syndrome d’Asperger et il est lui même atteint par cette forme d’autisme.  Il ne me semble pas que l’auteur l’écrive, mais on le devine très vite. Son inexpérience, sa balourdise, son inélégance, son intelligence, ses difficultés à lier des relations amicales, sont autant de facteurs caractéristiques de cette affection. Il est tout cela, et plus encore… Lorsqu’il se décrit, relate sa vie et son manque d’affect, ses indélicatesses chroniques, on dodeline de la tête en murmurant… mais quel fou ! quel aveugle ! quel abruti !!! on le baptise de gentils quolibets et on garde un sourire attendri. Don, malgré tout, nous charme de façon inconditionnelle… Imaginez un ringard étriqué dans le corps de Hugh Jackman ou un homme ressemblant à Clark Kent. L’apparence peut parfois être trompeuse car Don, quand il veut bien s’en donner la peine, a des habiletés talentueuses…
L’auteur nous offre un héros surprenant et fort séduisant, narrateur de l’histoire, mais il nous livre aussi un beau portrait de femme, celui de Rosie.
Rosie est une jeune fille perturbée par la mort de sa mère et le rejet de son beau-père qui l’a élevée. Elle veut s’affranchir d’une vie conformiste, nantie, et découvrir son géniteur. Sa recherche est avant tout une introspection et un cruel besoin de reconnaissance, d’appartenance et d’amour. Elle aussi, sous ses allures de chat sauvage, cache son jeu. Elle est généreuse, douce, intelligente, intuitive et très féminine.
Tous deux forment un duo fascinant et avant de comprendre certaines évidences… ils nous enchantent de leurs frasques. C’est comique et désopilant, plein de sensibilité et de délicatesse, d’entrain et de fantaisie. (Voulez-vous d’autres adjectifs ?)

Si vous désirez une lecture douce, généreuse, originale et heureuse, ce livre vous conviendra… L’auteur a une écriture fluide, imagée, avec des impacts, des accroches, des pirouettes, des temps d’action et d’émotion cadencés comme un tango. Il faut préciser que Graeme Simsion est scénariste pour la télévision et que ce roman va sans doute être adapté pour le cinéma… ça serait bien ! L’histoire n’est pas statique, on vadrouille, on prend l’avion, on rencontre des tas de personnages, on fréquente des lieux improbables comme un bar gays, et surtout on va de l’avant, on progresse avec un bel optimisme.

Vous l’aurez donc compris, c’est un coup de cœur et je vous recommande ce titre…
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D’autres billets chez Titine, Caroline, Karine, Nina, Cajou, Leiloona, Cécile, Louise, Cryssilda, Caro, Fanny, Stéphie, Bianca,

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Kahalim l’Opulent

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« Je lis des albums » de Hérisson
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« Contes à rendre » de Catherine

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kahalimKahalim l’Opulent
Texte de Gérard Moncomble
Illustrations d’Anne Romby

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« Kahalim est riche. Kahalim possède sept palais gorgés d’objets précieux, de soieries, de faïences vernissées, de tapis d’Azurie. Sept palais dont chaque écurie compte cent chevaux noirs, qu’il ne monte jamais. Sept palais blancs, percés d’ajours ciselés, coiffés de toits vermeils. Sept palais aux pièce si nombreuses qu’il faut, à dos de mule, un jour entier pour les visiter toutes. Certains disent même qu’il a sept fois sept palais… »

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Parmi ses richesses, Kahalim a l’Osalide, une pierre bleue qui guérit l’âme et apporte la sérénité, ainsi que le châle de Mâasmé la magicienne. Il peut être fier et heureux d’avoir autant de fortune, mais l’ennui et la mélancolie le rendent sombre et insatisfait.
Par une nuit de fêtes célébrées dans ses sept palais, un vieil homme apparaît et lui pose une question. « Qui veux-tu être ? »

Kahalim veut être le plus prospère des marchands. Mais sornettes ! il l’est bien assez.
Durant sa nuit, les propos du vieil homme reviennent le tourmenter et au réveil, Kahalim décide d’aller chercher d’autres trésors.
… Il doit partir seul dans le désert, arriver à vendre son bien le plus précieux et revenir encore plus riche…
Muni de l’étole de Mâasmé, étoffe magique, Kahalim s’en va vers son destin, tout en sachant que s’il n’arrive point à la vendre, les sables l’engloutiront.

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Orphelin, pauvre, fils de Dizar, conteur-voleur de mots, et de Sarbina, danseuse-sorcière, Kahalim a voulu tout effacé de sa mémoire. Dans le désert, il comprendra qu’il n’est pas bon de renier son passé, ses racines, son âme, car ce sont ses richesses les plus chères.
Il rencontrera Bâal-Bes qui veut emprisonner son esprit dans une cage et Leth la Rouge, celle qui vient chercher les vies.
Un très beau conte aux couleurs de l’Orient, paré d’illustrations d’Anne Romby.
Comme pour ses autres albums, elle orne ses dessins de délicatesse, dentelle végétale, pétales de fleurs, et couleurs poudrées.

A recommander… avec :
La Belle et La BêteLa princesse sans nomL’oiseau magique

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