Les roses de la nuit

Un roman offert par les Éditions Métaillé et Babelio dans le cadre des Masses Critiques

Décembre nordique avec Cryssilda (Islande)
Challenge Polars et thrillers de Sharon

 

 

Les roses de la nuit
Arnaldur Indridason


Une nuit, venu dans le cimetière de Sudurgata pour faire l’amour, un couple aperçoit l’ombre d’une silhouette se faufiler entre les végétaux et découvre le cadavre dénudé d’une jeune fille sur la tombe et sous la statue de Jón Sigurðsson, le chef de file du mouvement pacifiste pour l’indépendance de l’Islande au XIXe siècle.
Chargé de l’enquête,
Erlendur Sveinsson, commissaire de la criminelle de Reykjavik,  apprend par le légiste que la jeune fille se droguait, se prostituait certainement, et qu’elle avait été sauvagement battue et violée. Sans aucun indice pour identifier la morte, à part un « J » tatoué sur une fesse et l’appel téléphonique d’un mystérieux inconnu qui lui dit d’enquêter sur le propriétaire d’un chalet d’été où elle aurait subi des brutalités, le point de départ des investigations se fait auprès d’Eva Lind, sa fille, qui connaît bien l’univers des drogués et de la prostitution. Elle l’envoie dans un premier temps se renseigner dans les boîtes de strip-tease et dans un second temps, lui présente une gamine paumée d’une vingtaine d’années. Dora révèle le nom de son amie, Birta, avec qui elle partageait un appartement et le nom de leur logeur et souteneur, Herbert Rothstein, un homme violent qui les utilise pour passer de la drogue et les vend à des vieux libidineux amateurs de jeunettes.
Erlendur ne tarde donc pas à quêter d’autres informations chez Herbert dit Herb, bien connu du service des stupéfiants. Mais l’homme, peu communicatif, joue l’innocence et dit ne plus avoir eu de contact avec Birta depuis qu’elle était partie habiter ailleurs chez un ami. Le laissant sous la surveillance de la police, Erlendur part avec une photo de Birta dans la région des fjords de l’Ouest d’où était originaire Jón Sigurðsson. Celui qui avait déposé le cadavre de Birta, l’aurait peut-être placé sous la garde de l’illustre homme politique en un geste de révérence.
Alors qu’Erlendur cherche à rendre à Birta une identité, à Reykjavík un homme kidnappe Herbert… L’enquête s’opacifie et prend une dimension encore plus abjecte et dramatique lorsque l’histoire de Birta se dévoile petit à petit.

Dans la série des enquêtes du commissaire Erlendur, ce roman est le deuxième, avant « La cité des Jarres ». Nous retrouvons donc son adjoint Sigurður Óli, la trentaine et célibataire, sa fille Eva Lind encore sous l’emprise de la drogue et de ses mauvaises fréquentations, et son fils Sindri Snaer alcoolique. C’est dans ce tome que l’auteur fait se rencontrer Bergthora et Sigurður Óli. Cette idylle naissante ne peut que compliquer l’affaire car Bergthora est la femme qui a découvert Birta dans le cimetière et Sigurður Óli prend les risques d’être destitué. Erlendur n’est pas épargné. Dans l’histoire de Birta, il voit celle de sa fille qui a vécu le même parcours et qui fut à dix-sept ans l’une « des filles » d’Herbert.
A travers ce polar noir poignant, percutant, l’auteur décrit une Islande touchée par une crise financière qui a secoué le pays. Les petits villages se désertifient et les jeunes partent à Reykjavík pour travailler. Les valeurs se perdent et cette misère économique et sociétale est happée par des requins qui spéculent et font leurs commerces dans les hautes strates des administrations.
Un roman à recommander, ainsi que toute la série. La quatrième de couverture dit : « Indridason construit ses héros tout en développant une enquête impeccable marquée par une grande tendresse pour les personnages… », et je suis bien d’accord. J’ai beaucoup de tendresse pour Erlendur.

D’autres avis : Aifelle

 

Peinture, « Hiver » d’Asgrimur Jonsson

 

 

Le dernier problème

Juin en Angleterre avec Lou et Cryssilda,
Challenge polars avec Sharon
et
une année en Angleterre avec Titine

 


Le dernier problème

Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

« Le meilleur et le plus sage de tous les hommes que j’aie connus. »
Par cette phrase, John Watson termine les chroniques des mémoires de Sherlock Holmes…
C’est la dernière fois que le fidèle ami trempe la plume pour raconter les aventures du célèbre détective. Il reprend la chronologie des enquêtes en se remémorant la première qu’il avait intitulée « Une étude en rouge » et la dernière « Le traité naval ». Pour cet ultime récit, qu’il aurait souhaité ne pas rapporter, il nous fait rencontrer pour la première fois l’ennemi juré de Sherlock Holmes, le professeur James Moriarty.

En 1890, les notes se sont faites rares. Un mariage, une autre maison, John Watson n’avait plus la possibilité de suivre Sherlock Holmes dans ses aventures, et c’est un soir d’avril 1891, qu’une opportunité lui est offerte à nouveau…
Sherlock Holmes arrive chez lui, complétement défait et effrayé. Le maître de Londres, où comme il l’appelle le Napoléon du crime, veut le tuer et met tout en œuvre pour le faire. Il s’en est fallu de peu qu’un fiacre ne l’écrase, qu’une brique dégringolée d’une toiture ne lui fracasse la tête, et que son appartement au 221B Baker Street ne prenne feu.
Moriarty est à l’origine de tous les crimes et forfaits. Cultivé, issu d’une famille de la bonne société, brillant, détenteur d’une chaire de mathématiques dans une faculté, il dit de lui qu’il est son égal et qu’il ne peut s’empêcher d’éprouver de l’admiration. Mais entouré de gens influents qui lui assurent leur protection, il est très difficile, voire impossible, d’arrêter ses agissements et de le faire traduire en justice.

Afin de mieux réfléchir et de se reposer un peu au calme, Holmes l’informe qu’il va partir seul quelques temps, loin de Londres et des sbires de Moriarty. Mais à cela Watson lui répond… « Je serai ravi de vous suivre. »
Le duo se retrouve donc pour ce voyage, une excursion dans les Alpes ; Genève, Meiringen pour terminer aux chutes du Reichenbach.

Le bon air pur, des randonnées sur des sentiers escarpés, les montagnes, la neige sur les hauteurs… et bientôt Moriarty…

Lorsque Watson écrit les dernières pages, il ne s’attarde pas trop et va directement à l’essentiel. Sa peine est immense et il nous confie le vide qu’il ressent car Sherlock Holmes va disparaître dans les chutes du Reichenbach avec le pire des criminels.
J’arrête là de vous raconter cet épisode qui devait être le dernier des mémoires. En 1893, las des aventures de son héros, Arthur Conan Doyle avait souhaité le supprimer, sans songer un instant à la pression du public qui le fera revenir sur cette décision quelques dix années plus tard…
Je reprendrai donc mes lectures pour ma plus grande joie, avec le titre « La maison vide » et je vous recommande cette nouvelle pleine d’émotion, qui ne sera pas un final, mais le prélude à d’autres lectures…
A bientôt Sherlock !

« Mon cher Watson,
Je dois à la courtoisie de M. Moriarty de vous écrire ces quelques lignes. Il consent à attendre mon bon plaisir pour que nous procédions au règlement final des questions pendantes entre nous. Il m’a résumé les méthodes grâce auxquelles il a échappé à la police anglaise et s’est tenu informé de tous nos déplacements. Ces méthodes confirment la très haute opinion que je m’étais formée de ses capacités. Je suis satisfait à la pensée que je vais délivrer la société de sa présence, bien que je ne craigne que ce ne soit au prix d’un sacrifice qui attristera mes amis et vous spécialement, mon cher Watson. Je vous ai déjà expliqué toutefois que ma carrière avait atteint son apogée ; aucun dénouement ne me paraît plus décent que celui-ci. En vérité, pour tout vous avouer, j’étais tout à fait persuadé que la lettre de Meiringen était un piège, et je ne vous ai pas retenu parce que j’étais sûr de ce qui allait se passer. Prévenez l’inspecteur Patterson que les papiers dont il a besoin pour faire condamner la bande sont dans le casier M, enfermés dans une enveloppe bleue sur laquelle est écrit : « Moriarty ». Avant de quitter l’Angleterre, j’avais disposé de tous mes biens en faveur de mon frère Mycroft. Je vous prie de transmettre mon souvenir à Mme Watson et de me croire, mon cher ami, très sincèrement vôtre,
Sherlock Holmes. »

 

 

Image extraite de la série Granada – Sherlock Holmes et John Watson

 

 

 

Soupe de pois du commissaire Lindmak

logogourmandises 16logo-polarLes Gourmandises et le mois du polar de Sharon

avec les recettes de…
Louise – Pasta magiques, Les pâtes au saumon thaï
Nahe – Soupe aux pois
Sharon – Le gâteau mystère
Marion – Butternut farci
Estellecalim – Voyage au Laos
Estellecalim – Petites madeleines et sunday mood
Bonheur du jour – Cake marbré
SKTV – « La cuisine du crime », livre de recettes

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Crimes galcésSoupe de pois
du commissaire Lindmak

Une recette finlandaise prise dans le livre d’Anne Martinetti et de Guillaume Lebeau.
Cette soupe se réfère au roman de Torsten Petterson « Au fond de ton cœur ».

Extrait : « En rejoignant ma voiture dans le parking du centre commercial, j’appelai immédiatement pour obtenir un mandat de perquisition. Je me rendis ensuite à Volaille et poisson. M’installer dans le local sombre presque vide, mais chargé d’atmosphère, pour lentement déguster la délicieuse soupe de pois au lard qui faisait la réputation du restaurant, tout en réfléchissant tranquillement, me procura un moment de détente. »

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Ingrédients pour 6 personnes :
– 500 g de pois cassés
– 12 tranches de bacon
– 2 oignons
– 20 cl de crème fraîche
– 2 carottes
– 2 feuilles de laurier
– 1 c à soupe de marjolaine
– 1 c à café de moutarde
– 50 g de beurre
– Poivre noir, sel

Préparation :
– Faites fondre le beurre dans une grande cocotte, et mettez à cuire le bacon quelques minutes sur chaque face.
– Pendant ce temps, épluchez les carottes et les oignons, émincez les oignons et coupez les carottes en petits cubes.
– Ôtez le bacon de la cocotte et réservez-le sur une assiette, et faites revenir les oignons et carottes une dizaine de minutes dans la matière grasse avec la marjolaine et le laurier, jusqu’à ce que les oignons soient translucides.
– Récupérez quelques cubes de carottes pour la décoration, ôtez les feuilles de laurier puis ajoutez les pois cassés et couvrez d’eau largement. Laissez cuire à petite ébullition 20 min environ. Salez, poivrez.
– Découpez le bacon en lanières et mélangez dans un bol la crème fraîche et la moutarde.
– Lorsque les pois cassés sont cuits, mixez la soupe jusqu’à ce qu’elle soit bien crémeuse, ajoutez la crème fraîche moutardée et servez à l’assiette, avec des cubes de carottes et des lanières de bacon.

Verdict : Côté personnalisation, j’ai mis moins d’une cuillère à café de moutarde, j’ai passé la soupe dans une passoire fine et j’ai ajouté une pointe d’ail. Le résultat est bon. Je pense le refaire avec des verrines pour une petite pré-entrée lorsque je recevrai. J’ai servi ce velouté avec des petits pains-galettes suédois et du beurre.

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soupe de pois

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Babylone Dream

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Le mois Halloween avec Hilde et Lou

Thriller avec Sharon

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Babylone_dreamBabylone Dream
Nadine Monfils

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Une mariée démembrée, ou plutôt explosée, et son jeune mari, attaché, poignardé, spectateur de cette mise en scène. La profileuse Nicki Sliver appelée sur les lieux du crime par l’inspecteur Lynch, annonce que le meurtrier recommencera.
Comment peut-on rentrer chez soi après avoir vu ce carnage ? Chacun s’en retourne  en essayant « d’évacuer » l’horreur comme il peut.

Court-circuité dans ses envies par une existence solitaire, Lynch donne rendez-vous à Coco, une prostituée avec qui il assouvit ses fantasmes. Barn, son adjoint, souhaiterait trouver un peu de réconfort auprès de sa femme, mais l’usure de leur couple ne l’aide en rien. Quant à Nicki Sliver, elle est de plus en plus envahie de terreurs nocturnes. Ces cauchemars retracent les scènes de crime comme le ferait un scanner ; chaque détail apparaît dans le rêve. Seul un doudou, un petit éléphant en feutrine rouge qu’elle appelle Babylone, semble veiller sur elle. Symbole d’un passé heureux, souvenir de son père, il est son amulette porte-chance.
Ailleurs, Lorena, la mère de la jeune femme morte, est hospitalisée en psychiatrie. La vision de sa fille ne pourra pas la ramener à la « normalité ». Seul témoin direct de l’après drame, elle réclame dans un leitmotiv « le chat ».

Que raconte ce double assassinat et qu’elle en est la genèse ? La folie meurtrière n’a laissé aucun indice et il est à prévoir que cette théâtralité macabre ainsi agencée est prémices d’une terrifiante série.
Machiavélique, le tueur va manipuler ce microcosme et assouvir une vengeance démente.

Nuit de noces ; Morgane et John se précipitent dans leur chambre, amoureux, heureux. Des rires, des caresses et… une coupure d’électricité. John doit laisser sa tendre épousée pour descendre à la cave et voir ce qui se passe… Il ne remontera plus. Elle, elle succombera après avoir subi le pire.

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Ce thriller est le troisième d’une série où nous retrouvons l’inspecteur Lynch, son adjoint Barn et la profileuse Nicki. De ne pas avoir lu les tomes précédents ne m’a pas perturbé… mais afin de comprendre leurs marasmes personnels, je ne manquerai pas de le faire…
« Babylone dream » est une affaire sanglante, particulièrement abjecte dans les actes meurtriers et je vous avoue que j’ai sauté quelques scènes insoutenables. L’assassin se joue de tous les personnages et devient marionnettiste. Bien renseigné sur l’équipe qui mène l’enquête, il s’immisce dans leur vie privée et oriente leurs pas. L’intrigue est bien construite, angoissante, et le psychopathe dont nous devinons assez rapidement l’identité, mais pas le mobile, est affreux-affreux-affreux… de quoi nous tourmenter un soir de lecture !
Quelques traits d’humour, noir de préférence, font grimacer, genre sourire crispé, et parfois l’écriture est émouvante, genre cœur pincé ; la palette des sentiments n’est pas qu’effrois.
Je vous recommande ce thriller « efficace », fou, redoutable, très bien écrit. Avec ce roman, l’auteur a obtenu le prix Polar de Cognac.

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Tu tueras le père

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Le mois italien avec Eimelle,
Halloween avec Hilde et Lou et Polars avec Sharon

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Sandrone Dazieri

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De la brigade mobile de Rome, le commissaire Colomba Caselli est appelée par son supérieur Alfredo Rovere, sur les lieux d’un meurtre et d’une disparition. Une femme décapitée, son jeune fils de huit ans disparu (on ne découvre que ses chaussures suspendues à un arbre), le mari est soupçonné d’être le meurtrier. Homme violent, il n’aurait pas accepté le fait que sa femme veuille le quitter…
Aux premiers coups d’œil, Colomba conteste la version de son collègue le commissaire adjoint Marco Santini et c’est auprès d’une autre personne, Dante Torre, qu’elle va demander soutien et conseils. Les rivalités et antagonismes au sein de la brigade plombent l’atmosphère et nuisent à l’enquête.

Commotionnée par « le désastre », une précédente enquête qui s’est terminée à Paris dans un bain de sang, Colomba a bien du mal à se concentrer. Les souvenirs reviennent dans des flashs et génèrent des crises de panique. Sa lettre de démission préparée, elle prendra sa retraite après cette enquête qu’elle est contrainte de mener de façon officieuse pour rendre service à Rovere, son chef et mentor.

Dante Torre a le don de voir le vrai visage des gens et de lire leurs pensées, leurs vérités. Il met sa science, ses « sensibilités », à la disposition de sociétés qui l’emploient et le rémunèrent fort bien ! Pourtant, sa seule et véritable mission est de retrouver des personnes disparues. Riche, extrêmement intelligent, mais en proie à des paranoïas, il reste terré dans son appartement où il voit très peu de monde. Lui aussi se charrie des traumatismes… Il a été kidnappé enfant et maintenu prisonnier dans un silo à grains durant onze ans. Un jour, alors que la personne qui le rattachait à un semblant d’humanité, qui le nourrissait, l’éduquait, le maltraité, s’est montrée moins vigilante, Dante a pu s’échapper. Mais le cauchemar perdure car le ravisseur que la police a arrêté n’était pas le véritable tortionnaire. Depuis toutes ces années, Dante le clame mais personne ne veut le croire. Comme on dit « affaire classée – mort et enterré ».
Parfois, il se sent observé par lui, silhouette noire et mystérieuse qu’il nomme le « Père ».

Le binôme Colomba-Dante fonctionne aussitôt. Deux âmes abîmées se sont reconnues. Lorsqu’elle le mène sur les lieux du crime et de la disparition, Dante plonge directement dans l’horreur. On découvre peu d’indices, sauf un sifflet mis en évidence qu’il reconnaît. Le « Père » est revenu…

« – Il est revenu, murmura Dante. Après toutes ces années.
– On verra bien ce qu’ils disent au laboratoire, répondit-elle, diplomatiquement.
– J’ai toujours su qu’il était encore là, quelque part.
(…)
– Vous savez ce qu’il voulait me dire, le Père, avec ce sifflet ?
– Il est mort, Torre. Il y a très longtemps.
– Il voulait me dire : « Reste loin de mon territoire. » Et j’ai l’intention de le faire. »

« Il est revenu »… et s’il n’était jamais parti ? et s’il avait sévi depuis tout ce temps… L’un est sûr, la seconde l’est moins. Elle ne voudrait pas se perdre dans les délires de Dante.
Tous deux vont devoir travailler seuls car leur investigation ne plaît à personne. L’affaire a son coupable et il n’est pas bon de remuer la boue, surtout lorsqu’elle est parsemée de cadavres.

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Ce thriller captivant se lit dans un souffle ; on ne le lâche pas facilement ! J’ai tout aimé… même les longueurs du scénario (et quelques invraisemblances) trouvent grâce à mes yeux. Le roman fait 665 pages.
J’ai été séduite par les personnages, des tempéraments forts et fragiles. Colomba est une belle femme de trente deux ans, énergique, déterminée, intuitive, marquée dans ses chairs par le « désastre ». Elle ne se pardonne pas d’avoir été manipulée et prend à sa charge la responsabilité de l’échec. Dante, la trentaine, ressemble à David Bowie… très grand, mince, dandy, souvent vêtu de noir. Atteint de troubles obsessionnels dûs à son rapt et son enfermement dans un silo quand il était enfant, il a une addiction aux tranquillisants et vit dans un appartement envahi par des piles de documents, de journaux, de disques… toujours à la recherche de son enfance volée.
L’histoire commence par un meurtre, une disparition et l’incarcération d’un homme qui ne cesse de dire qu’il est innocent. Les institutions policières et judiciaires aimeraient entériner le dossier mais le duo Colomba-Dante a une autre vision de l’affaire et contre les autorités supérieures en provoquant de nombreux « désordres ». Après recherches, c’est l’horreur absolue car ils découvrent d’autres disparitions d’enfants… Une trame habilement tissée, déconcertante, des manipulations machiavéliques, un exécuteur qui nettoie le terrain, de l’humour, des frissons, une cadence infernale, du suspense… le Père, un homme démoniaque… et Rome la ville éternelle, le Tibre, ses campagnes.
Je vous conseille ce roman… j’espère qu’il vous surprendra !

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D’autres billets chez Mille et une pages,

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Les Brillants

logo_babeliologosérienoiregallimardUn partenariat avec Babelio et les Editions Gallimard

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Marcus Sakey

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Depuis les années 1980, on s’est aperçu qu’une nouvelle génération d’enfants surdoués naissait. On les appelle les Brillants. Dotées de pouvoirs exceptionnels, ils sont placés dans des académies dès l’âge de huit ans afin de les observer et les « éduquer ». Séparés de leurs familles, on leur enlève toute identité, on leur attribue un tuteur et on leur donne tous le nom de Smith. Au fil des ans, les programmes des académies s’affermissent et on leur implante des micro-puces.
Depuis qu’un as de la finance, Erik Epstein, a fait effondrer les marchés boursiers, on sait que les Brillants peuvent être une menace pour l’économie planétaire.
Depuis l’attentat qui a tué soixante-treize personnes, dont un sénateur influent, dans un club proche du sénat, le militant anormal John Smith est l’homme à abattre.
Depuis… le DAR, une agence bien plus subventionnée que la NASA, essaie de maintenir l’ordre en traquant les Brillants qui se distinguent. Son directeur Drew Peters a toutes les libertés pour les réprimer.

Nick Cooper, un agent des Services Équitables, la branche active du DAR, est un Brillant de niveau un qui a la faculté surnaturelle de lire les schémas du langage corporel. Il déchiffre, devine et anticipe tout comportement, réactif ou émotif. Avec son équipe, il pourchasse les Brillants hors la loi et applique sans faillir une justice assez expéditive. Peters dit de lui qu’il est son meilleur inquisiteur, l’homme en qui il a le plus confiance.
Le vœu de Cooper serait que les « surdoués » et les « normaux » vivent en bonne harmonie, qu’il n’y ait plus d’académies-prisons et que John Smith soit arrêté car aux dernières informations, ce terroriste envisagerait de pirater les réseaux informatiques des lignes aériennes et d’y mettre un virus. Les conséquences seraient dramatiques…

L’enquête le lance sur la piste d’Alex Vasquez, une Brillante qui œuvre pour Smith. Mais sur le point d’être arrêtée, la jeune fille préfère se suicider plutôt que d’être embarquée par le DAR pour être interrogée. Juste avant de mourir, elle lui confie qu’un projet d’une grande envergure a été planifié et qu’il y a au sein du DAR quelques infiltrés.

Les évènements s’enchaînent rapidement et modifient les trajectoires ! Joueur d’échecs hors pair, Smith déjoue tous les plans de Cooper et fait exploser des bombes. La dernière tue 1143 personnes dans un centre de Manhattan. Cooper, présent lors de ce drame, comprend que la politique envers les Brillants va être plus répressive et que le monde va se fragmenter en deux clans. Il pense aussitôt à sa fille Kate qui malgré son jeune âge commence à présenter toutes les caractéristiques d’un Brillant de niveau un. Il désire pour ses enfants un monde moins chaotique et certainement pas un monde où les Brillants seraient ostracisés.

Avec l’aval de Peters, et de lui seul, Cooper va brouiller les données en se faisant passer pour un renégat ; c’est le seul stratagème qui s’impose. Juste le temps de dire au revoir à sa famille et le voilà devenu un homme traqué par ses anciens amis du DAR.
Le banni investit le milieu criminel et met tout en marche pour faire sortir John Smith de son antre.
Mission suicide ? Ce qui est sûr, c’est que Cooper découvrira certaines vérités qui seront aussi puissantes qu’un tsunami ou que mille explosifs. Les apparences peuvent être trompeuses.

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Premier tome d’une trilogie et une très bonne lecture !
Sans connaître la plume de l’auteur, juste à la lecture de la 4ème de couverture, j’ai accepté de recevoir ce roman et j’en suis ravie.
J’ai beaucoup apprécié l’histoire, le rythme et les personnages ; le roman mélangeant les genres fantastique, espionnage et thriller. L’écriture est si bien scénarisée et imagée qu’on oublie qu’on tient un livre et qu’on ne regarde pas un film d’action. Les 495 pages se lisent très facilement, captant notre intérêt sans temps de pause. Question intrigue, on devine assez rapidement la trame, mais ça ne m’a pas gêné.
Cooper est un héros intègre, patriote, qui doit faire cavalier seul pour sauver son pays (il a du Jack Bauer !). Sa singularité donne à son personnage séduction et intelligence, ses rapports avec sa famille le montre humain et protecteur. Dans certaines circonstances pour défendre ses valeurs, il peut se montrer très violent et radical. L’auteur va le bousculer en insérant dans l’histoire des conspirations qui ébranleront ses certitudes et sa foi en l’humanité. Il est très intéressant de lire toutes ses ambiguïtés qui le déstabilisent et le cheminement de ses interrogations.
D’autres personnes l’encadrent, toutes aussi sympathiques et attachantes… Natalie son ex-femme, vaillante et déterminée, peut-être toujours amoureuse de lui, Bobby Quinn son ami et coéquipier, fidèle et loyal, et Shannon « La Fille Qui Passe A Travers Les Murs », mystérieuse et inébranlable.

Je vous recommande ce roman qui fut une lecture distrayante. Le prochain tome paraîtra en 2016.

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Philidor, illustration de 1792

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Ne t’éloigne pas

ne t'éloigne pasNe t’éloigne pas
Harlan Coben

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Le lieutenant Broome de la Criminelle d’Atlantic City voit ressurgir une enquête non élucidée, vieille de dix-sept ans ; un homme, bon citoyen, mari et père modèle, disparaît un soir sans laisser de trace. Mêmes lieux, même époque de l’année, une disparition similaire se produit et l’incite à croire que les deux affaires sont liées. Avec son ex-femme et coéquipière, il va chercher le « dénominateur commun » : un bar, des entraîneuses, des clients, de la violence, de la prostitution, beaucoup de solitude, des hommes qui oublient femmes et enfants pour assouvir leurs pulsions…
Broome va ainsi reprendre contact avec des personnages hantés par ce passé. Ils ont disparu eux aussi, chacun pour fuir leurs cauchemars, mais des évènements vont les faire revenir. Une mère de famille comblée par sa petite vie bourgeoise et un photographe talentueux qui a sombré dans l’alcoolisme sont des éléments essentiels aux dossiers.
Dix-sept ans… et beaucoup attendent un dénouement. Certains vont même chercher les explications avec des méthodes fort peu conventionnelles… Un couple, qu’on appelle Ken et Barbie, va semer des cadavres en extirpant des indices avec un fer à souder et un scalpel.
Très vite, Broome s’aperçoit que ces deux disparitions font écho à une vingtaine d’autres enquêtes non abouties. Et si c’était un serial killer qui sévissait ?
C’est février, la période du carnaval. Broome devra faire tomber les masques.

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Depuis quelques livres, il est pour moi difficile de retrouver ce que j »aime chez Coben ; du suspens, de l’essoufflement, de la surprise… Si j’ai passé un moment agréable dans cette lecture, je n’en sors pas ébouriffée. Comme dans toutes les enquêtes que je lis, j’aime à suivre mes pistes en parallèle de celles écrites. Et si je trouve dès le début… je suis déçue. Que le lecteur est dur pour l’auteur qu’il apprécie ! Je peux reconnaître que le style est toujours limpide, que certains personnages sont séduisants, que… l’auteur est charmant… mais ça ne fait pas tout.
En quatrième de couverture, ils disent « Une formidable poussée d’adrénaline, un voyage en enfer mené tambour battant par le maître de vos nuits blanches. Oserez-vous fermer l’œil cette nuit ? »… Oui ! non seulement j’ai fermé l’œil mais l’autre aussi. Et j’ai bien dormi malgré les litres dispensés d’hémoglobine.

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Atlantic City
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H. H. Holmes

logo thriller 13logo XIXème 2Logo BD Mango NoirMercredi BD chez Mango

« Thrillers et polars » de Liliba et « XIXème siècle » de Fanny

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Englewood, Tome I
Texte d’Henri Fabuel – Dessins de Fabrice Le Hénanff

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En prenant cet album, je me suis bel et bien fourvoyée… Je croyais prendre une histoire avec Sherlock Holmes et j’ai pris « l’histoire vraie du premier serial killer américain ».

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Londres 1888,
Mary Jane Kelly, une jeune prostituée, a été retrouvée assassinée, éviscérée. Ce meurtre horrible perpétué à Whitechapel, un quartier de l’East End de Londres, est le cinquième d’une série. Un nom circule… Jack l’Éventreur.
Alors que les enquêteurs cherchent désespérément le moindre indice, l’assassin rejoint un autre continent ; quinze jours de traversée à bord d’un bateau, arrivée à Ellis Island, New-York puis Chicago.
Soupçonnant ce fait, Scotland Yard prévient l’agence Pinkerton de Chicago du danger et leur demande une investigation.

Chicago 1886, 1889…
Jack l’Éventreur serait le machiavélique Docteur Henry Howard Holmes, un vulgaire apothicaire qui élabore d’atroces scénarios pour parvenir à ses fins et qui assouvit ses folles pulsions par le poison et le scalpel.
Assistant à la pharmacie de M. Holden, puis propriétaire à la mort de celui-ci, Holmes s’enrichit de façon malhonnête et achète un terrain à Englewood. Il y fait construire un grand immeuble qui regroupe une pharmacie, des boutiques et un hôtel, tout cela pour l’Exposition Universelle de 1893. Seul le diable sait ce qui se trame dans les profondeurs du bâtiment, véritable atelier des enfers. Son ascension sociale le mène à reconsidérer sa vie familiale car il voudrait se libérer de sa femme et de son fils qui sont dans le New Hampshire. Plus rien ne l’arrête.

Chez les Pinkerton, Charles Angelo Siringo est mandaté pour retrouver le dangereux criminel. Avec l’aide de la secrétaire de l’agence, Hélène, il se lance dans l’enquête…

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Comme je vous le disais précédemment, j’ai pris cet album par hasard. Ma déception passée, j’ai vite été intéressée par le graphisme et l’histoire, même si l’intrigue est scénarisée de manière surprenante. La chronologie des vignettes change fréquemment et nous passons du présent au passé sans annonce préalable, ce qui donne un rythme embrouillé à la lecture. J’avoue que cette anarchie m’a beaucoup dérangée.
H.H. Holmes est un « tueur en série américain » qui assassina près de deux cents personnes. Ce premier tome, d’une série qui en prévoit quatre, le montre sans âme et prêt à tout dans ses projets. En parallèle, les agents de la Pinkerton commencent leurs recherches et nous rencontrons le célèbre justicier Angelo Siringo qui sera assisté d’Hélène Martinelli, une secrétaire audacieuse.
En ce qui concerne les dessins, je les ai trouvés superbes. Une atmosphère sombre, épaisse, sécrète une angoisse qui trouve son apogée dans la dernière page, une fin en suspension.
J’ai hâte de lire le second tome.

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Amour, vampire et loup-garou

« Monde imaginaires » d’Aymeline, « Animaux du monde » de Sharon, « Polars » de Liliba

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amour, vampire et loup-garouAmour, vampire et loup-garou
Marie-Aude Murail

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La famille de Marianne Delcroix, sans être marginale, est fantaisiste. La mère Roxane, d’une insouciante légèreté, a eu trois enfants avec des maris différents (Marianne, jeune fille de vingt-deux ans, Antonin, treize ans, Maroussia, trois ans) et c’est l’aînée de la fratrie qui gère le quotidien.
A la maison, l’ambiance est heureuse. Marianne veille à transmettre une bonne éducation avec tout son amour et son dévouement. Elle partage son temps entre ses responsabilités domestiques et son travail au CEPP, Centre d’Etudes des Phénomènes Paranormaux, sous les ordres du professeur Anatole Le Lyonnais, homme rationnel qui démonte les supercheries paranormales. Sa vie amoureuse est inexistante et Maroussia, dans son langage petite peste, aime à clamer que sa sœur est « timide de garçons ». En fait, elle est tout le contraire de la mère qui est sensible à la gente masculine et qui se pâme même devant la télévision pour Sylvère Lomeret, le présentateur vedette du journal de France 3 Région.
Un soir, tous à leur plateau hamburger-coca devant les informations dites par le séducteur de ces dames, ils apprennent la disparition d’un deuxième garçon dans la région de Montalivet. Le drame fait frissonner Marianne qui s’inquiète de tant de violence.
Ce ne sera que quelques jours plus tard qu’on retrouvera le corps et que l’autopsie révèlera une mort pas noyade.

Sylvère Lomeret aimerait bien questionner Totor… Dr Victor, le médecin légiste qui a remis son rapport aux autorités… et enquêter sur le décès du jeune garçon. Son flair de journaliste le mène à penser que la tragédie n’est pas un accident. Mais avant, il doit se rendre au CEPP pour un article sur une télépathe.
Au centre, il fait la connaissance de l’assistante du professeur, la charmante Marianne Delcroix, et d’un étudiant en psychiatrie très particulier. « Grmmvous… Grmmm… » Hugo Knocker n’a pas qu’un drôle langage, il a aussi un comportement bizarre et une dégaine peu ragoûtante !

Le Dr Victor est tourmenté par sa conscience. Cette fois-ci, il ne peut se taire. C’est d’un pas affirmé qu’il se rend chez son ami Sylvère afin de se confesser. Pris dans de sombres pensées, il ne s’aperçoit pas qu’il est suivi et que l’ombre va bientôt le mettre à terre…

Quelle est cette menace qui hante les nuits de Montalivet et qui sème des cadavres ?
Marianne, Sylvère et Knocker vont devoir être vigilants… La pleine lune exacerbe l’appétit.

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Ce livre jeunesse est une lecture très sympathique. J’ai lu de l’auteur « Oh, boy ! » et j’ai retrouvé l’entrain, l’humour et la tendresse qui m’avaient tant plu.
Roman fantastique, l’histoire se développe en distillant sa part d’amour, de peur, de légèreté, de fantaisie et d’invraisemblance. On ne sait si le surnaturel se mêle à notre monde ou si c’est de l’ordre de la psychiatrie…
Les personnages principaux sont attachants et ont une vulnérabilité attendrissante. L’évolution de leurs caractères varie le tempo de l’intrigue et la pimente d’humour… et de suspens.
J’ai lu « Amour, vampire et loup-garou » après avoir lu le billet de George. A mon tour, je vous le conseille et vous souhaite une bonne lecture.

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Photo du film « The wolfman »

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Le croque-mort enfonce le clou

Lecture commune avec Manu

Tome 1 – Le croque-mort à la vie dure
Tome 2 – Le croque-mort préfère la bière
Tome 3 – Le croque-mort à tombeau ouvert
Tome 4 – Le croque-mort est bon vivant

Le croque-mort enfonce le clou
Tim Cockey


Rappel du premier billet :

L’entreprise des Pompes Funèbres Sewell et fils, dans les quartiers de Baltimore, près du port, est dirigée par un sémillant croque-mort, Hitchcok Sewell, trente-quatre ans, un mètre quatre-vingt dix, corps d’athlète, visage d’ange, et sa tante Billie, une dame douce et malicieuse.

Pas très futé le Sisco. C’est ce qu’on se dit en faisant sa connaissance.
Un vieux copain de lycée, du temps des Metaphysicals, contacte Hitch. Il a besoin de son aide pour débarrasser de la cuisine de sa maîtresse, le cadavre du mari poignardé. Ahurissant ! A-t-il contacté la police ? Non. Est-ce lui qui l’a tué ? Doublement non !!! Pourquoi a-t-on tiré dans la gamelle du chat ? Mystère ! Où est passé la femme ? Elle lance des balles de golf dans la piscine.

« Comme son mari, elle était pieds nus, mais contrairement à lui, elle était encore dans le circuit O2-CO2. C’était une blonde canaille avec des cheveux de terrier, masse de boucles compactes dotée d’une vie propre, si dense que l’on devait pouvoir y planquer de petits zinzins et les perdre à tout jamais. »

Jake Weisheit est mort. Hitch repart en faisant le constat et en refusant de faire disparaître le corps. Cela ne serait pas sérieux ! La veuve, encore en état de choc et sous calmants, promet d’appeler la police. Cette idée ne venait pas d’elle, c’est Sisco qui était inspiré.

Un corbillard est une voiture qui ne passe pas inaperçue. Le lieutenant Kruk s’invite chez Hitch pour le lui dire. Que faisait-il sur les lieux du crime ? De sérieux soupçons menacent le croque-mort et son ami Sisco. Entre défiance, questions, exaspération et impatience, Kruk se laisse séduire par tante Billie qui lui offre thé et petits biscuits, mais soumet Hitch à une pression inquisitrice. On lui interdit d’effectuer l’enterrement de Weisheit et surtout on lui intime l’ordre de ne pas se mêler de l’enquête.

Lors d’un dîner avec son ex-femme Julia, Hitch raconte les dernières nouvelles et arrive à la conclusion que la veuve est une blonde de quarante ans, froide, calculatrice et… éventuellement… meurtrière.
Ce même soir, il reçoit une intimidation musclée : « T’approche pas de Polly Weisheit ». Ce sbire serait-il envoyé par la veuve non éplorée ?

Quand on connaît bien le croque-mort, on sait que ce genre de chantage l’émoustille. De plus, des soucis s’enchevêtrent. Madame Papadakis décède, son fils Spiro se balade tout nu dans le jardin sous la pluie et massacre une vasque avec un banc (une manière de faire son deuil), une vieille connaissance Madame McNamara est dans la même maison de retraite que Madame Papadakis et a des problèmes, Sisco se retrouve derrière les barreaux et beaucoup de personnes lui demandent : qui a bien pu tuer Jake ?

Péniblement mais sûrement, Hitch essaiera de répondre à la question.

Dernier volet des aventures enquêtrices de notre croque-mort de Baltimore et je suis au regret de laisser un avis mitigé. Triste, parce que j’aime le personnage. Il séduit les femmes avec sa galanterie, sa douceur et sa générosité. Il a gardé son humour croustillant, sa dérision et son obstination. Il est toujours beau, grand, félin, disponible… enfin, jamais trop longtemps… Comment alors résister ? Non, si je suis chagrin, c’est que j’ai la nostalgie des premiers livres. J’ai trouvé une faiblesse dans l’intrigue et de nombreuses longueurs. Déjà, dans le tome précédent, je n’avais pas eu satisfaction et j’avais reporté sur ce dernier volume, toute la foi accumulée dans les trois premiers. A part Hitch, sa tante, le chien Alcatraz, les autres personnages qui font la singularité de cette série sont simplement esquissés. De plus, je n’aime pas trop sa dernière petite amie (et ce n’est pas une jalouse qui parle !).
Alors pour conclure, je vous conseille cette série pour son style drôle, son extravagance, ses scènes vaudevillesques, ses personnages azimutés, farfelus, pour la joie et les sourires qu’elle apporte, pour son héros Hitch au grand cœur. Quant aux intrigues policières, elles sont un sous-chapitre des livres.

J’ai lu cette saga en compagnie de la charmante Manu. Ce fut un plaisir et j’espère que nous trouverons un autre personnage au tempérament de feu pour alimenter nos lectures communes. Etant une inconditionnelle du fringant fossoyeur, je sais qu’elle a été ravie par cette dernière lecture et je vous invite à aller lire son avis

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Magritte – Miroir de poche

Les billets de Manu : Tome 1Tome 2Tome 3Tome 4 Tome 5
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