L’étrange boutique de Miss Potimary, La boîte à secrets

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Moka
Un livre offert par Babelio et Jungle, dans le cadre des Masses Critiques

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L’étrange boutique de Miss Potimary
La boîte à secrets
Scénario d’Ingrid Chabbert
Dessins et couleurs de Séverine Lefèvre

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L’adorable Betty reçoit pour ses neuf ans un appareil photo de ses parents et un peu d’argent de sa grand-mère. C’est donc avec sa petite cagnotte et Dare-Dare sa souris qu’elle se dirige vers le magasin de Miss Potimary. Elle découvre une boutique remplie de bibelots et de vieux livres qui attisent sa curiosité et son envie. Avec émerveillement, elle jette son dévolu sur une très belle boîte japonaise datant du XIXe siècle. Mais lorsqu’elle fait part à Miss Potimary de son désir de l’acheter, cette dernière émet des réticences avant d’accepter. Si Betty la prend, elle devra faire très attention car il se pourrait qu’elle soit enchantée. Quiconque arrivera à l’ouvrir, sera emporté dans un autre temps…
Une fois dans sa chambre, Betty manipule la boîte sans jamais trouver le mécanisme du casse-tête. Mais en pleine nuit, alors qu’elle n’arrive pas à dormir et qu’elle essaie encore une fois, elle a la surprise de voir la boîte s’ouvrir…
Qu’avait dit Miss Potimary ? « Il y a des choses qui dépassent ce qui est visible à l’œil nu. »

Trouver dans un capharnaüm de vieilleries un petit trésor, et comme la lampe d’Aladin, découvrir qu’il est magique ! La belle boîte transporte Betty trente ans en arrière. La maison où elle habite avec ses parents est différente, avec une décoration plus vieillotte, sa grand-mère a rajeuni, et Betty se voit dans le miroir sous les traits de sa maman. Seule, Dare-Dare, toujours présente à ses côtés, la relie à sa vraie vie.
Des fantômes qu’elle seule peut voir, Dare-Dare qui est dotée du langage humain, et un mystérieux personnage du nom de Kariptor qui vole les spectres pour les emmener du côté obscur… tout est angoissant ! Mais pour la courageuse Betty qui se voit confier une mission bien dangereuse, rien n’est impossible…

Cet album est une sympathique histoire que les enfants de 6 ans apprécieront. L’héroïne est une délicieuse petite fille énergique, décidée et lumineuse, quant à Kariptor, il a la physionomie ténébreuse d’un méchant sorcier. Si le texte est mince, le charmant scénario dynamique, dosé de fantastique, satisfera les jeunes qui débutent en lecture. Quant au graphisme, il est beau, riche, expressif, avec de douces rondeurs. Les couleurs aux dominantes orangées sont chaleureuses. L’ensemble donne à ce premier tome bien des promesses et juste le suspense et les frissons qu’il sied.
« L’étrange boutique de Miss Potimary » est une série que je ne manquerai pas de suivre… Le dernier dessin montre un grimoire que Miss Potimary a laissé à Betty. Une note l’accompagne et précise : « A parcourir avec prudence »… Dare-Dare a un sale pressentiment !

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Rouge Bala

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Une semaine d’illustrations du 26 janvier au 01 février

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rougebalaRouge Bala
Texte de Cécile Roumiguière
Illustrations de Justine Brax

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Bala est une petite fille qui s’ennuie de sa sœur aînée. Elle était heureuse lorsqu’ils étaient ensemble et qu’ils se retrouvaient près de la rivière pour jouer. Son frère Tarum bâtissait des palais de sable et Lali lui contait des histoires.

A présent Lali est mariée et Bala se rappelle de ce jour, un mercredi en l’honneur de Krishna. Une belle cérémonie, des danses, de la musique, un sari dans les meilleures étoffes, des mets raffinés avec des épices rares et des sirops de fruits à volonté, la fierté des parents, le voile de Lali, la pastille rouge sur son front… la soumission de Lali.
Mais Bala trouve juste qu’à treize ans, ça fait un peu jeune…

La mousson est finie, l’hiver se fait sentir. La rivière est triste. Alors que Bala se languit, elle voit une embarcation border la rive avec une jeune femme à son bord qui lui demande où elle est. Elle n’est pas là par hasard, elle voudrait rejoindre la ville la plus proche. Bala, surprise, s’interroge. Que fait cette femme, seule ici ? A la question muette de la petite fille, la jeune femme lui raconte… Elle fuit. Épouse d’un homme riche, mariée à l’âge qu’on marie les filles, elle a souffert de ne pas pouvoir donner un enfant à son mari. « Ventre vide », elle a été humiliée, battue et plus encore. Aujourd’hui, elle aspire à la liberté et à l’éducation qu’elle n’a jamais reçue.

Petite, et déjà consciente des choses de la vie, Bala sait ce qu’elle voudrait faire plus tard, et surtout, elle sait ce qu’elle ne voudrait pas faire… Si son père le permet, elle poursuivra ses études et retardera le plus possible son mariage. Il sera difficile de le convaincre et de contrer les traditions, mais elle essaiera… de toute sa persuasion… et peut-être que sa mère l’aidera…
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L’Inde dans toutes ses couleurs, l’Inde dans ses mœurs. Par l’histoire de Bala, de Lali, de cette femme mystérieuse portée par la rivière, d’Ashna… l’auteur raconte que là-bas les petites filles arrêtent de jouer et d’étudier
pour se marier. Dès onze-douze ans, la famille recherche le prétendant et à treize ans, le mariage se célèbre. Les filles doivent se soumettre à la décision et taire leurs rêves. Les histoires de princes charmants n’ont qu’un temps.
Bala a le courage d’affirmer ses choix et, avec tout le respect, d’en parler à son père. Amenés sur le ton de la sollicitation, plus que sur celui de la rébellion, Bala sait se montrer fine et convaincante. Elle a une fierté et une constance qui vont lui procurer un sursis.
L’album offre pour ce sujet délicat et impitoyable, de la dignité et de la douceur. Il s’adresse aux jeunes enfants. Les mots ne cachent pas l’intensité du message, ils disent que des femmes sont maltraitées, mortifiées corps et âme, mais ils sont dits sans trémolos. La colère est retenue et le bel épilogue montre que rien n’est inéluctable.
Les superbes illustrations ont des couleurs chaudes, vives, puissantes. Des patchworks de tissus sont appliqués sur les plantes, les maisons, la rivière. Il sont des étendards et attirent le regard. C’est un très bel album pour les enfants et les parents pourront accompagner cette lecture de quelques réflexions aussi légères et optimistes qu’est l’histoire de Bala.

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Des billets chez Martine,

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