Les étourneaux

les étourneauxLes étourneaux
Fanny Salmeron

.
Devant mon écran de télévision, alors que je regarde les informations qui détaillent les attentats du  13 novembre, je me demande si les gens ont pressenti quelque chose juste avant. Puis juste après, dans la fraction qui suit l’horreur. Dans son roman, Fanny Salmeron traduit cet instant par un temps blanc. Je trouve que le blanc représente bien cet intervalle qui précède le chaos.

« La place de l’Opéra attendait l’orage. Surplombées d’un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d’eux, perdus pour la plupart ou dans l’attente d’un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire « n’entrez pas ». Mais personne n’a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d’une demi-seconde. Un silence d’un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. Le bruit de l’explosion s’est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n’a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée. »

Brune Farrago et ses amis Lodka Place et Ari Saint-Thomas, sans oublier le chien Ferdinand Griffon, ont décidé de quitter la capitale juste après l’attentat. Une petite maison en pierre dans la campagne, un jardin avec des tilleuls, des champs autour et du soleil. Leur frontière les protègera de la fin du monde, des bombes et de l’astéroïde Tarpeia qui file droit sur la Terre.

Brune nous présente son monde.
D’abord son portrait. Blonde, jeune, jolie, encore un peu enfantine, elle se donne à des liaisons d’un soir qu’elle harponne en un clic sur le net. Elle ne veut aucune attache et ne donne pas facilement sa confiance. Longtemps elle a souffert de l’absence de son père décédé alors qu’elle avait trois ans. Son premier amoureux ? Son chat, Olivier, mort lui aussi. Son deuxième amoureux ? Navel Senza, celui qu’elle n’a jamais vu, son correspondant inconnu. Ils se sont rencontrés sur un forum de musique et n’ont jamais osé se voir. Leurs contacts se font par l’écriture, mails, sms, lettres ; elle lui raconte tout. Elle lui racontait tout. Les nuages d’étourneaux, la couleur du ciel, le parfum des glaces… Doit-elle conjuguer Navel au passé ? Depuis quelques temps leur relation se délie, tristement, c’est implacable.
Lorsqu’elle a vu pour la première fois la comédienne Lodka Place sur scène, elle est tombée en amour. Elle a voulu être discrète et elle ne l’a pas du tout été … Lodka lui a présenté Ari, son ami, écrivain et metteur en scène. Les liens se sont soudés comme une fatalité et ils forment à présent un trio d’amis, une famille dit-elle. Un quatuor avec Ferdinand.

Après l’attentat, ils ont voulu faire leur Résistance à l’écart, et maintenant, ils se retrouvent
à l’abri dans se cocon champêtre. Ari écrit, Lodka écoute Bach, Brune fume, et ils arpentent la campagne en friche.
Chaleur, silence, soupirs. Brune pense à Moune sa mère, à son beau-père, à Navel.
Sa mère pense à Brune, sa Noune. Son beau-père pense au temps qui passe et qui le vieillit. Il aime toujours autant Line. Navel pense au message qu’il va envoyer à Brune. Peut-être son dernier. Oui, certainement sa dernière déclaration, « Le désir avant le verbe ».
Puis un jour, il faudra passer le portail et revenir…

.
Des sentiments lourds, exacerbés, égratignés, émouvants et beaucoup de générosité. Une fille fleur qui se découvre et qui fait la paix. Une frontière qui partage deux univers, l’un chaotique comme un enfer, l’autre un véritable éden. Il y a de la musique, de l’écriture, de l’amitié et de l’amour. Des microcosmes qu’on se plaît à observer. Des mots qui nous rappellent des évènements, blessures, morts, Bataclan, métro, anarchie. C’est violent, brut, assourdissant, mais aussi poétique et doux. Fanny écrit « fin du monde », mais ce n’est pas encore l’heure. L’intrigue se tisse et se dévoile sur la fin ; une agression pour un outrage…
C’est un tout petit livre que je vous recommande.

Un autre billet chez Sabine

.

éterneau
Etourneaux-sansonnet

.

.

.

.

Un automne à Paris (1) – Picasso.mania au Grand Palais

logoartshelbylee
« L’art dans tous ses états » de Shelbylee

.


parispicasso3

bannparis1parispicasso2parispicasso1pour

bannpic1Des artistes, David  Hockney, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat…, ont rendu hommage à Picasso, qu’ils admirent. Picasso, un mythe ? Des demoiselles d’Alabama, un arlequin, une femme assise, un cri pour le Vietnam II… se mêlent à quelques œuvres du maître. C’est plus qu’une influence.

Nous avions le droit de prendre des photos, sans flash. Voici mon parcours…

.

OLYMPUS DIGITAL CAMERADans la première salle, les artistes exposés avec Picasso expliquent leur démarche
sur des écrans vidéos.

pic2 Autoportrait de Pablo Picasso, 1901
Période bleue, période de ses vingt ans.
(La vidéo installée sur le mur d’en face se reflète sur la vitre.)
.

pic3(détail du tableau) Hommage à Picasso d’Erro, 1982
Peinture glycérophtalique sur toile, 195,5 x 132 cm
Le choix de la figuration questionne la profusion des images dans la société de consommation.
.

pic41. Picasso de Maurizio Cattelan, 1998, fibre de verre, mousse… 215,9 x 127 x 52,7 cm
L’artiste accueille les visiteurs avec cette poupée hydrocéphale.

2. Têtes africaines de Romuald Hazoumé, 2009, bidons en plastique
3. Portrait de Picasso de Yan Pei-Ming, 2009, huile sur toile, 300 x 250 cm
Fasciné par Picasso, l’artiste réalise une série de portrait en grisaille.

.
bannpic2pic6Crayon – portrait de Picasso

.pic7Antiquité de Jeff Koons, 2011, Huile sur toile
.

pic8Peinture métallique et acrylique sur toile tendue de Sigmar Polke, 2006, 225 x 300 cm
.

pic9 Femme au chapeau fleuri de Roy Lichtenstein, 1963, 127 x101,6 cm
.

pic10Détail : Place de Furstenberg, Paris, 7,8,9 août 1985 de David Hockney, 1985
Collage de photos, 110,5 x 155,9 cm
.

pic12Le baiser de Pablo Picasso, huile sur toile, 97 x 130 cm
.

pic13pic14Bébé de Thomas Houseago, 2009-2010, plâtre…, 270 x 230 x 140 cm
.

pic11Minotaure à la carriole de Pablo Picasso, 1936, huile sur toile, 45,5 x 54,5 cm

Cette expo fera suite le lendemain à une visite au musée Picasso.
Billet à suivre…

.

.

.

Dérapages

logo_babelioUn livre offert dans le cadre d’une opération Masse Critique de Babelio avec le partenariat des éditions Versilio

.

.

DérapagesDérapages
Danièle Thiéry

.

Paris,
Jennifer se retrouve seule, enfermée dans son appartement bunker avec un nourrisson vieillard qu’elle doit nourrir de son lait. Rien ne peut expliquer ce qu’il vient de se passer… la voiture qui l’a percutée sciemment, la disparition de son bébé, l’échange… et cette entité qui se tortille de douleur et de faim ; humaine, mais monstrueuse. Son mari, serait-il de connivence ?

Berck, Pas-de-Calais,
Quel est ce corps qu’on découvre dans l’écume d’une plage de Berck ? Un enfant à qui il est difficile de donner un âge. Il paraît faire six ou sept ans et pourtant les traits de son visage renvoient un autre âge, entre cinquante et soixante ans. Créature sortie d’une histoire à la Mary Shelley, elle se retrouve sur la table d’autopsie sous le scalpel du médecin légiste et sous le regard d’Edwige Marion, commissaire divisionnaire de la police judiciaire de Paris.

Marion n’a guère le temps d’extrapoler des hypothèses car on lui annonce que sa fille adoptive Nina est revenue d’Angleterre dans un sale état. Elle la retrouve à Paris couverte de sang, mutique, ayant certainement subi un traumatisme psychologique et complètement métamorphosée en une femme à la poitrine épanouie. Que s’est-il passé ? Elle avait confié Nina à sa sœur Angèle qui vivait à Londres avec son mari, le brillant Azonov un scientifique de renommée internationale, elle pensait qu’elle devait se plaire dans le lycée français, elle avait essayer de gommer toute appréhension, défiance, et la voilà face à une jeune fille qu’elle ne reconnait plus, secrète, muette, qui cherche à se réfugier dans le sommeil et qui ne dévoile rien de ce qu’elle aurait subi, si ce n’est le mot « Cambridge » qu’elle cite dans une litanie. Ce n’est pas non plus Angèle qui pourrait donner une quelconque explication, car Angèle a disparu… Un vrai cauchemar !
C’est donc auprès d’Alistair Mac Queen, un vieil ami devenu Chief Superintendant à la Metropolitan Police de Londres, qu’elle va demander une pré-enquête et découvrir que Nina a bien changé !

Avec ses amis, le capitaine Valentine Cara, Stéphane Ducros le psychologue, Rose Vergne le médecin légiste, son lieutenant Jean-Charles Annoux et bien d’autres qui gravitent autour de la Mouzaïa, un QG offcieux, Marion va commencer son investigation et découvrir l’horreur absolue ; Jennifer, Berck-Plage, Nina, Angèle… Azonov et ses expériences sur le génome pour lien.
Qu’a subi Nina ? Où est passée Angèle ? et Jennifer, retrouvera-t-elle son bébé ?

.

C’est la première fois que je lis Danielle Thiery et c’est au cours de ma lecture que j’ai compris que ce tome est le onzième d’une suite qui raconte les enquêtes tourmentées d’Edwige Marion, commissaire de police. Il est donc dommage de lire « Dérapages » sans connaître les histoires précédentes qui ont bâti son personnage ainsi que ceux des rôles seconds. J’ai souvent été déstabilisée par des réminiscences des chroniques antérieures et la synergie en a été amoindrie. De plus, je n’ai pas compris pourquoi l’auteur dévoile dès le début le fil de l’intrigue car très rapidement on sait de quoi il en retourne. J’aurais souhaité un peu plus de suspens, des indices distillés avec plus de subtilité et un dénouement peut-être plus « classique », péremptoire. Là sont les points négatifs qui rendent mon appréciation mitigée. Pour les points positifs, je voudrais souligner le style alerte et accrocheur de la narration, les personnages qui entourent Marion à la Mouzaïa, tous intéressants et séduisants, la thématique qui si elle n’a rien d’original, a su quand même me captiver… et Marion, une femme attachante qui m’incite à vouloir en savoir un peu plus sur elle.
Ce thriller a quelques passages féroces, implacables, et je ne le conseillerai pas à tout le monde, seulement à un public avisé…

A suivre.

 

.
génome humainGénome

.

.

.

Paris en octobre – 2

Suite du séjour parisien… après une balade au Louvre et l’expo de Hokusai au Grand Palais… Montmartre et Niki, nous voici !

Réveil avec le sourire, un petit-déjeuner, des viennoiseries, des figues, un thé, du miel. Nous sommes prêts pour l’ascension des marches de la basilique du Sacré-Coeur. Le ciel est presque blanc et l’atmosphère est douce.
.

sacrécoeur1bannsacrécoeur
sacrécoeur4
Après le Sacré-Cœur, nous nous sommes dirigés vers la place du Tertre… assez folklorique et commerciale. Déambulation dans les rues, nous nous sommes retrouvés devant le musée de Montmartre. Il y avait de la lumière, alors nous sommes rentrés… Un musée refait à neuf qui sentait bon le bois.

bannmontmartre1

En dehors des collections permanentes, nous avons pu admirer dans la première salle quelques aquarelles de Patrick Prugne pour son album « Poulbots ». Les planches étaient belles dans leurs couleurs et leurs compositions… si précises.

poulbots-couv_MGP4080_1Le parcours se fait dans la musique, Gymnopédies de Satie et autres chansons légèrement éraillées. Nous sommes seuls. Nous découvrons une multitude d’affiches, de peintures et de dessins… Toulouse-Lautrec, Steinlen, Valadon, Utrillo… qui racontent le cabaret du Lapin Agile, le Moulin Rouge et toute cette époque du Bateau-Lavoir.

 _MGP4036bannmontmartre2
1. Huile sur bois, Enseigne du cabaret Le Lapin Agile d’André Gill
2. Dessin de Théophile-Alexandre Steinlen
3. Plume et aquarelle, « Femme costumée pour le bal des Incohérents » d’Henri Lanos

bannmontmartre3
1. Jeux d’ombres

2. Lithographie des Quat’z’Arts de 1894, de Louis Abel-Truchet
3. Huile sur bois, « Régisseur de cirque » vers 1885 de Joseph Benjamin Baptiste Faverot

bannmontmartre4 Fernand-Pelez_VachalcadeLa Vachalcade de Fernand Pelez, huile sur toile vers 1900

.
MGP4081_1aCôté rue

Nous montons encore un étage et nous visitons la reconstitution de l’appartement-atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, son fils. On ferme les yeux, on s’y croirait… Tout est dans l’attente, la palette, le chevalet, les valises, la bouteille… la poussière.

   MGP4099_1aCôté jardin

. bannmontmartre5Chambre d’Utrillo   –   Porte-manteau de l’entrée

MGP4095_1aAtelier

MGP4097_1a   bannmontmartre6bannmontmartre7Ce musée est à conseiller ! ce fut une très agréable surprise. Nous sommes repartis avec des cartes et l’album de Prugne…

poulbots
Retour par les petites rues vers la place du Tertre pour le déjeuner. Nous avons suivi les conseils de la jeune femme du syndicat d’initiative pour un restaurant « Cadet de Gascogne ». C’était bien… mais la prochaine fois, j’aimerais aller au Moulin de la Galette, guère plus loin.

bannmontmartre8.
Lorsque nous sortons du restaurant, l’atmosphère s’est légèrement rafraichie. Nous descendons, descendons, les rues… Nous croisons le passe-muraille Marcel Aymé, Le Moulin de la Galette, le Bateau-Lavoir (déception pour la façade), l’église Saint-Jean.

.
bannmontmartre9bannmontmartre10bannmontmartre11bannmontmartre12Nous nous dirigeons vers le métro, il est à peine 14 heures, nous avons rendez-vous avec Niki de Saint-Phalle… suite dans l’épisode III… Quelle chouette journée !

.

MGP3948a .

.

.  

Poulbots

Logo BD Mango Noir
Les mercredis BD chez Mango

.

poulbotsPoulbots
Patrick Prugne

.

Ils étaient des enfants de Montmartre, des titis, des gavroches. On les appelait des Poulbots du nom de Francisque Poulbot qui les faisaient vivre dans ses dessins.
.

poulbots2

Jean se rappelle juin 1905, Montmartre,

Les enfants de la butte, l’Aspic, la Ficelle, Trois Pouces et Manon, comptent sur Bismarck le crapaud pour faire un élevage de grenouilles. Dans un pré, aux dessus des habitations, ils organisent leur quartier général autour d’une mare, dans un vieux tacot mangé par les herbes. Lorsqu’un jour ils voient débarquer un promoteur assisté de son contremaître venus pour métrer le terrain, les enfants décident de se révolter en les accueillant à coup de lance-pierre. « Rien ne peut me faire renoncer ! »… crie Noblard furieux, tout en rebroussant chemin et en oubliant son fils Jean qui se retrouve alors aux prises des Poulbots. Quelle belle opportunité pour eux ! Ils vont le garder en otage et ainsi pouvoir réclamer une rançon. De l’argent, il en faut pour sauver les parents de La Ficelle qui ont perdu leur travail et qui vont bientôt camper sous une tente…
Alors que les poulbots contraignent Jean à écrire une lettre à son père, « le petit bourgeois » leur propose un autre plan…

« – Ajoute que tu as écrit cette lettre sous la torture !
– Mon père ne paiera jamais une telle somme !
– Mon œil ! Il est bien assez riche !
– Peut-être… mais il ne m’aime pas assez pour ça !
– Ben on verra s’il ne change pas d’avis quand il recevra une de tes oreilles !… »

Dans les rues de Montmartre, les chats de Théophile Steinlen attendent leur gamelle, Francisque Poulbot cherche l’inspiration hors de son atelier, Bibi-la-Purée « roi de la bohème » vagabonde au gré de sa fantaisie, au cabaret du Lapin Agile on trinque, on parle toiles et couleurs, le Bateau-Lavoir est plein d’artistes… Les bandes d’enfants traînent dans le quartier de jour comme de nuit, s’accordant un peu d’insouciance dans leurs jeux, fuyant leurs misères, parfois leurs parents. Nous sommes en 1905, c’est le début de l’été, malgré le dénuement dans lequel vivent les poulbots, la vie semble belle. Il leur reste encore une petite dizaine d’années avant d’en partir.
Jean, l’Aristo comme ils l’appellent, n’est plus solitaire, il a trouvé une famille.

.
poulbots-couvAquarelle exposée au musée Montmartre
Photo personnelle recadrée

.
Après la place du Tertre, on descend une petite rue, puis on prend à droite et encore à droite… Une pancarte « Musée Montmartre ». Nous rentrons, ça sent bon la sciure, les peintures, tout est propre, refait neuf, clair, beau. Il n’y a personne dans le musée… profitons ! La première salle qui nous reçoit a sur ses murs des aquarelles. Ce sont des planches de l’album « Poulbots » de Patrick Prugne. Nous nous penchons plus près, nous sommes admiratifs des dessins, de la finesse des détails, des couleurs intenses, douces, chaudes, vives. Sur la première, on trouve dans les bruns et les bleus de la nuit, une lumière qui illumine un enfant. Nous sommes séduits et attendris ; nous passerons à la boutique avant de partir !
De retour à la maison, je découvre… et, si les couleurs reproduites sont moins soutenues, je tombe immédiatement sous le charme de l’histoire, des dessins, du vieux Montmartre et des enfants. L’humour, l’argot, la fraîcheur, l’innocence des poulbots font sourire tendrement. Il y a le pré aux grenouilles que des investisseurs, « les raccourcisseurs de maquis », convoitent, Bismarck le crapaud qui ne pourra jamais être un mâle reproducteur de grenouilles, les rêves de Jean qui désirent être artiste peintre lorsqu’il sera grand, un trésor caché dans les cendres de la grand-mère… la solidarité, l’amitié, les bêtises, la liberté, les choses dures de la vie… C’est beau, trop vite lu, mais c’est le genre d’album que l’on aime laisser sur la table basse du salon pour le feuilleter encore et encore…
Dans la dernière partie intitulée « Les carnets », juste avant de fermer les rideaux, l’auteur nous offre ses esquisses sur l’étude des personnages et des décors. Les plans de rues
de l’Abreuvoir, du Mont-Cenis, et du cabaret du Lapin Agile ont été inspirés par de vieilles cartes postales.
Par ce billet, je vous incite à vous procurer cette bande dessinée et à aller visiter le musée de Montmartre.

D’autres billets chez Mo’, Maryline, Jérôme, Noukette,

.

poulbot1

.

.

.

Paris en octobre – 1

louvre10.14Train, 07h du mat.

Paris, ma petite folie. Pour mon anniversaire, j’ai demandé un séjour à la capitale pour voir deux expositions. En partage, voici donc les photos de ces deux jours merveilleux.
Il faisait beau…
.

_MGP3863Le Louvre pour la matinée, pêle-mêle d’époques, de civilisations, d’arts.

bannlouvre1 galerielouvrebannlouvre2De salle en salle, de galerie en galerie, tout en évitant la cohue devant les œuvres les plus connues… objets d’art, antiquités grecques et orientales, sculptures. Nous nous sommes dirigés vers la peinture italienne, espagnole et française, au premier étage. Mona Lisa était comme à son habitude inapprochable. Ghirlandaio, Botticelli, Caravage, Raphaël, Léonard de Vinci, Bronzino, Murillo, Goya…    

ob_61d2d2_girlandajo-domeniko-madonna-s-mladencemVierge à l’enfant de Domenico Ghirlandaio

_MGP3912Détail de la peinture « La Diseuse de bonne aventure de Caravage

louvre10.14 - 2Le Greco

_MGP3903.

Après la visite, quelques achats dans le Carrousel et déjeuner, promenade dans le jardin des Tuileries.  Des œuvres étaient exposées pour la FIAC. Direction le Grand Palais pour l’exposition Hokusai, du 01 octobre 2014 au 18 janvier 2015.

 bannlouvre3bannlouvre4 1. Thomas Houseago – Cyclops – 2010 – Bronze, patine noire – 449,6 x 170,2 x 167,6 cm
2. Lang – Beautiful Tube – Bois peint
3. Georg Baselitz – Louise Fuller
2013 – Bronze patiné – 351,5 x 135,5 x 130 cm
4. Les frères Chapusat  –
Magma Mater – 2014 – Bois épicéa – 520 x 1070 x 970

.

bannhokusai

.

Superbe expo ! Beaucoup de dessins et d’estampes, près de 500, un éclairage faible, une atmosphère sombre, intime. Pour intégrer ce monde, on se penche sur les dessins fins, gracieux ou acérés, qui représentent la vie du Japon à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème, dans ses paysages, sa nature, sa culture, ses traditions, sa vie paysanne et sa spiritualité. De nombreux cahiers montrent les débuts du manga dont Hokusai fut un des pères.
Un film dévoile la façon de faire des estampes ; surprenante technique qui me laisse admirative ! La force s’allie à l’adresse et à la patience.
L’œuvre d’Hokusai ainsi offerte est intense. Il en ressort une belle énergie, délicate, puissante, qui nous fait voyager dans ce Japon mystérieux. Les détails, les expressions, les décors, racontent des histoires et nous en confessent quelques secrets… Nous sommes alors le pèlerin, le guerrier, la geisha, la mère, la carpe, le mont Fuji… la Vague…

.
hokusai vagueLa Grande Vague de Kanagawa – 1830-1831
Metropolitan Museum of Art – Gravure sur bois, estampe japonaise, 25,7 × 37,9 cm

hokusai 2 hokusai fujiUne des vues du mont Fuji

Vous avez encore le temps de réserver vos places… le coupe-file est indispensable ! Mais attention, l’exposition fermera pour quelques jours, du 21 au 30 novembre, le temps de remplacer certains dessins par d’autres, pour qu’ils ne s’abiment pas.

Nous n’avions pas le droit de prendre de photo. J’ai ramené de la boutique « Le petit Tokaido » d’Hiroshige, un livre qui aura son billet bientôt.

Retour tout en douceur vers l’hôtel situé dans le quartier bas de Montmartre qui nous avait réservé une table chez Hugo.
Une adresse à noter pour le restaurant… Un accueil charmant et une cuisine délicieuse…
Hugo – 12, rue Papillon 75009 Paris – 01.40.22.01.91

.restau5
Cette nuit là, j’ai fait de beaux rêves. Le lendemain, visite de Montmartre et retour au Grand Palais pour Niki de Saint-Phalle. Voir suite…  .

.

.

 

Deux jours de novembre à Paris – 3ème partie

Challenges « L’art dans tous ses états » de Shelbylee et « Paris, je t’aime » de L’Ogresse et Sharon

Paris 2013 1

Paris 2013 4

La galerie du Louvre pour ce dernier jour. Nous avons décidé de flâner dans les boutiques toute la matinée jusqu’au déjeuner. Direction la librairie où nous avons fait des folies…
« – Combien puis-je dépenser chéri ?
– Pfff… on fera les comptes après… »
Message reçu, pas la peine de répéter. Et vous savez quoi ? C’était délicieux.
PS : J’ai découvert la boutique Fragonard.
Après notre repas à consonances méditerranéennes, nous avons pris le jardin des Tuileries en direction de l’Orangerie pour l’exposition de Frida et Diego…

  .Paris 2013 5

Paris 2013 6Frida Kahlo, Diego Rivera,
L’art en fusion

Musée de l’Orangerie
du 09.10.13 au 13.01.14

Nous n’avons pas eu le droit de prendre des photos. Avant d’aller saluer le talent de ce couple d’artistes, nous sommes passés nous imprégner des couleurs des nymphéas de Monet.


fridaPhoto de Nickolas Muray – Frida Kahlo sur un banc blanc, 1939.
.

L’art en fusion… ce titre est si bien approprié ! Les couleurs et la passion sont éclatantes. Diego est à l’honneur dans la première salle et j’aime particulièrement un de ses tableaux aux formes cubiques, aux teintes plus douces. En Espagne dans les premières années, il s’est inspiré des maîtres Velasquez, Goya, le Greco… puis à Montparnasse en France, il rencontre Picasso, Mondrrain, Modigliani…
Dans la deuxième salle, Frida apparaît. Des photos racontent leur vie et sont mises en valeur par un mur jaune-moutarde ; chaleur, soleil (nous venions de quitter une salle aux murs bleus).

Frida-et-DiegoDiego et Frida


Ils se sont rencontrés en 1928, se sont mariés en 1929, et leur amour « passionnel et conflictuel » a duré 25 ans, jusqu’à la mort de Frida en 1954.
Les photos reflètent l’amour, une part de bonheur, mais aussi beaucoup de souffrance. C’est le thème abordé dans la salle suivante…
Leurs tableaux se mêlent, se complètent et dévoilent des personnalités entières, dévouées à leurs causes, impliquées.
L’émotion est forte. C’est beau et douloureux, la mort se manifeste à travers les stigmates et les symboles. Je n’ai pas pu soutenir du regard un des tableaux de Frida, celui où elle est maintenue par une colonne de fer et persécutée par des clous, des sangles.
Une expo très intéressante qui pourtant n’a com
blé mes attentes qu’à moitié. Je pensais découvrir une œuvre plus complète et non partagée. Je voulais en voir plus…

.frida khaloStitched Panorama

Autoportraits…
Frida Kahlo, 1926, huile sur toile, 79,7 x 61 cm, collection particulière

Diego Rivera, 1907, musée Dolores Olmedo, Xochimilco, Mexique

.
frida-kahloPortrait de Doña Morillo de Frida Kahlo
1944, musée Dolores Olmedo, Xochimilco, Mexique

.
Frida-Kahlo 3Portrait d’Alicia Galant de Frida Kahlo
1927, huile sur toile, 107 x 93,5 cm

.
diego rivera 3Vendedoras de alcatraces de Diego Rivera, 1943

.
Sur le chemin du retour, le jardin prenait ses ombres vespérales, nous étions un peu plus silencieux et nous ne voulions plus partir.

IMGP1085a

.

.
D’autres billets chez ClaudiaLucia,
.
.
.
.
.