Vermeer, l’Égypte et Béa… un séjour à Paris

Prendre le train de 07h15 pour Paris. Nappes blanches sur la campagne, filaments laiteux qui longent la rivière ; ce lever du jour est promesse d’un magnifique week-end. Le soleil éblouit le compartiment ; des stores se baissent, déjà.
Ce dimanche, j’ai rendez-vous avec Vermeer et la veille de mon départ, j’ai reçu de la part de Mind « Vermeer entre deux songes ». Pour « Un petit avant-goût » me dit-il, avec une dédicace de Gaëlle Josse, l’auteur, dans laquelle le mot « partage » revient deux fois.

Ce blog connaît le mot « partage ». J’aime partager. Je partagerai avec vous cette lecture très vite, mais là, sur ce billet, je partagerai des photos de mon escapade.

 


Nous n’avons eu aucune attente avec le coupe-file pour l’exposition. Le billet donnait droit à Vermeer et à Boulogne, avec une entrée libre dans le musée. Mais comme dans de nombreuses expos, nous n’avions pas le droit de prendre des photos.

Du siècle d’or, Johannes Vermeer est un peintre Néerlandais, né à Delft, qui a peint moins d’une cinquantaine de tableaux. N’étaient exposés qu’une dizaine de ses œuvres, des scènes de genre et une allégorie, qui étaient mises en parallèle avec d’autres tableaux de peintres de son époque. La comparaison était impressionnante car sans conteste Vermeer est le maître !… la lumière, les couleurs, la profondeur, une aura de mystère, la finesse des détails…
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« La dentellière » de Johannes Vermeer, 1669-71
24,5 × 21 cm – Musée du Louvre

« La laitière » de Johannes Vermeer, 1658
45,5 × 41 cm – Rijksmuseum d’Amsterdam
(Remarquez la trace de bronzage du bras…!)

« Jeune Femme écrivant une lettre » de Johannes Vermeer, vers 1665-1666
45 × 39,9 cm – National Gallery of Art, Washington


J’ai également eu un coup de cœur pour « Le jeune homme écrivant une lettre » de Gabriel Metsu.

« Jeune homme écrivant une lettre » de Gabriel Metsu, v.1662-1665
National Gallery of Ireland, Dublin

Après Vermeer, nous avons vu l’expo de Valentin de Boulogne. J’aurais dû faire l’inverse car j’étais toujours imprégnée des peintures que je venais de quitter lorsque je déambulais dans les salles… Scènes de genre et peintures religieuses.

« Samson » de Valentin de Boulogne, 1630
Musée de Cleveland

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L’après-midi, toujours dans les couloirs du Louvre, nous avons flâné dans le Département des Antiquités Égyptiennes. Le soir, nous avons dîner au restaurant Laouz, une adresse à retenir qui propose une délicieuse cuisine algérienne ; tagine poulet-olives-citron confit, couscous royal et pâtisseries…136 rue St Honoré – 75001 Paris – 01.42.86.85.23.
Le lendemain, j’avais rendez-vous avec Béa la Comète pour un pique-nique sur les pelouses du Louvre. Soleil, humeurs joyeuses et bavardes, pour la fin de ce court séjour.
A refaire !

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Henry Caro-Delvaille

logo_babelioUn livre offert dans le cadre des Masses Critiques Babelio avec le partenariat des Éditions Faton

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henry-caro-delvailleHenry Caro-Delvaille
Peintre de la Belle Époque, de Paris à New York
Christine Gouzi

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Il est difficile de résister aux livres d’art ! surtout lorsqu’on vous les offre… N’ayant jamais été déçue par les publications des Éditions Faton, j’ai opté pour ce choix lors des Masses Critiques Babelio, séduite avant tout par la couverture et le sous-titre « Peintre de la Belle Époque ». Fin XIXe siècle, début XXe, c’est une période riche, fourmillante, élégante, prometteuse ; l’industrie, les sciences, les arts sont en plein essor.

Pour son doctorat d’histoire, encouragée par l’historien d’art Jacques Thuillier, Christine Gouzi a pris pour sujet le peintre Henry Caro-Delvaille. Elle livre à travers ce magnifique livre, vingt ans de recherches et plus d’une centaine de tableaux. La plupart de ses œuvres ont disparu. Né en 1876 à Bayonne dans les Basses-Pyrénées, fils d’un riche banquier Juif, son avenir était déjà établi dans la banque paternelle, mais ses ambitions étaient autres. Certainement peu sûr de lui, encore trop jeune, ce n’est pas vers ses sensibilités artistiques (danse et peinture) qu’il s’oriente, mais vers l’armée, chez les hussards. Cependant, après un accident de cheval, il est obligé de faire autre chose et se dirige vers la peinture. Dans un premier temps à l’École des Beaux-Arts de Bayonne où il obtient un prix en 1897, puis dans un second temps à Paris où il devient l’élève de Léon Bonnat. Indépendant, il ne se sentira jamais un disciple du maître, aspirant à se sentir « libre ». Libre comme le vent ? Il se plaisait à dire qu’il avait des origines gitanes. Ses cheveux, sa carnation, son regard noir et sa passion pour le flamenco devaient en attester !
Suite à l’avant-propos, l’auteur nous offre un passionnant entretien mené sur plusieurs années, de 1992 à 2005, avec le célèbre ethnologue Claude Lévi-Strauss qui fut le neveu du peintre. Les souvenirs sont riches, la conversation informelle ; le peintre, la famille, l’art et ses différents mouvements, Paris, la société artistique… le témoignage est captivant.


leon-bonnat-et-ses-eleves-de-marie-garayTableau de Marie Garay, « Léon Bonnat et ses élèves »
Huile sur toile, 2,16 x 2,59 m, 1914, Bayonne, musée Bonnat-Helleu
(Henry Caro-Delvaille est placé au bord du cadre.)

Ni de l’impressionnisme, ni du nabisme, rejetant le cubisme et le dadaïsme, sa peinture dite figurative et intimiste, raconte des histoires de son époque, rendant ainsi ses compositions attrayantes auprès du public. Les chapitres « Peinture mondaine et peinture du monde », « L’intimisme », « Les portraits mondains », découvrent les rituels d’une vie bourgeoise ou demi-mondaine (chez la modiste, une partie de cartes, au jardin public, un thé l’après-midi…) et célèbrent l’élégance de la femme qui rayonne aussi dans son rôle de mère. On retrouve ses modèles dans différentes scènes du quotidien qu’il aime peindre. Sa femme et ses belles-sœurs sont souvent représentées. L’auteur dit « des instantanés de vie ».

portrait-de-madame-landry-henry-caro-delvailleDétail du portrait de Madame Landry et de sa fille Hélène
Huile sur toile, 1,21 x 1,61 m, 1902, Amiens, Collection du musée de Picardie


Les commandes pour les portraits affluent. Il pare ses modèles de grâce et de douceur en gommant certaines imperfections. Il n’en délaisse pourtant pas le nu… Dans ce chapitre, l’auteur dit qu’il a commencé tôt à être attir
é par cette étude, influencé par les artistes Grecs. Ses nus ne sont pas statiques, ils accaparent l’espace ; le mouvement en rapport avec la danse (Isadora Duncan, dont il a été l’amant, a été portraiturée nue sous un voile grec en 1917).

la-robe-mouchetee-caro-delvaille« La robe mouchetée »
Huile sur carton, 0,755 x 0,515 m, Paris, Petit Palais

La deuxième partie raconte la communauté juive de Bayonne et les racines de sa famille. Il épouse, en 1900, Aline Lévy, fille aînée du rabbin Émile Lévy… Les trois filles du rabbin ont épousé des artistes peintres ; se joignent à Caro-Delvaille, Gabriel Roby et Raymond Lévi-Strauss (petit-fils du compositeur et chef d’orchestre Isaac Strauss et père de Claude).
En troisième partie ce sont ses voyages en Amérique et son installation. La guerre fait des ravages, traumatise et annihile tout élan. Réformé, il peut honorer des contrats en Amérique et part en 1916 où il reste seul durant un an. Sa femme et ses deux enfants le retrouvent en 1917. Là-bas, il fait des portraits pour renflouer les caisses, mais ce qu’il préfère peindre ce sont des fresques murales… Le succès est moindre, les critiques sont parfois assassinent, les temps changent et l’art célèbre d’autres genres beaucoup moins « classiques ».

henry-caro-delvailleHenry Caro-Delvaille dans son appartement de l’avenue Mozart avec La femme à l’hortensia au-dessus de la cheminée et sur le mur à gauche Groupe païen
Photo de Maurice Louis Branger, 1910

En fin de livre, une chronologie reprend les lignes essentielles de son existence jusqu’en 1928, l’année de sa mort. Je ne m’étendrais pas sur la période à New York, très intéressante, plus moderne, moins idéalisée, car elle compte l’autre moitié du livre… je vous la laisse découvrir.
D’après l’auteur, ce peintre appartient à une génération perdue. Pourtant primé, médaillé, exposé dans les plus grandes villes, et ami des plus grands, l’engouement pour ses œuvres n’aura duré qu’un laps de temps. Elle sous-titre son introduction par « Une gloire déboulonnée ».
J’aime beaucoup les peintures qui illustrent cet ouvrage de qualité. Outre les toilettes élégantes avec manches gigot, mousseline blanche et autres falbalas de la Belle Époque, ce sont les postures des modèles, et leurs regards, qui me charment. L’innocence se mêle à la volupté. Il y a un peu de Proust…
Je vous recommande ce livre et vous convie à rencontrer cet artiste méconnu…

 

caro-delvaille-henry-women-reading-1910-1911Devant la maison blanche
Huile sur toile, 0,66 x 0,813 m, 1910-1911

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Album photos d’un week-end parisien – 2

paris-10-16-21 Billet précédent
Expositions « Rembrandt Intime » et « Magritte, La trahison des images »

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En cette belle matinée, nous avions programmé le musée Marmottan pour l’exposition « Hodler, Monet, Munch, Peindre l’impossible ».
J’ai découvert un beau musée nanti de magnifiques collections. Entre les enluminures, les tableaux de Berthe Morisot, ceux de Monet, le Chagall, une femme tenant dans son sein son amant, et tous les autres trésors, nous étions presque rassasiés… Je dis « presque » car après les collections permanentes, nous avons vu l’exposition en cours qui se terminera en janvier 2017, Holdler, Monet, Munch… Un feu d’artifice d’impressions ! Une vision commune de la lumière et de l’espace mais des représentations différentes, la comparaison de leurs œuvres est captivante.
Nous avons défilé religieusement !

Comme pour Rembrandt, je n’ai pu prendre aucune photo… les vigiles veillaient ! Voici quelques toiles prises sur Google images…

 

hodler-1« Le promeneur à l’orée du bois » de Ferdinand Hodler
Huile sur toile 55,5 x 70,5 cm

 holder-2 « Lac Léman » de Ferdinand Hodler, 1904/1905

 

monet-1« Le train dans la neige, la locomotive » de Claude Monet, 1875
Huile sur toile, 60 x 80 cm

 

monet-2« Impression, Soleil Levant » de Claude Monet, 1872

 

munch-1« Le soleil » d’Edvard Munch, 1912

 

munch-2« Nuit d’étoiles » d’Edvard Munch, 1899
Huile sur toile, 139 × 119 cm

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Après cette visite, nous nous sommes dirigés doucement vers les Champs Élysées où nous devions prendre la navette pour la Fondation Louis Vuitton à l’Arc de Triomphe. Nous étions subjugués par ce que nous venions de voir et nous ne le savions pas encore, même si nous nous en doutions un peu, que nous allions encore être mille fois envoûtés… Je le disais récemment à Sandrion, nous avons reçu une claque !
Combien de fois Mister B. m’a dit : « Tu sais, c’est certainement la dernière fois que nous voyons ces tableaux… ». Nous ne les avons pas simplement « regardés », nous les avons absorbés. La collection Chtchoukine est exceptionnelle. Il faut que vous alliez la voir !

Quelque unes des photos prises, mal cadrées, sans flash, jaunies, ternies, mais des photos souvenirs, sur les 127 tableaux…

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Icône de l’art moderne
La collection Chtchoukine
Du 22 octobre 2016 au 20 février 2017

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 Portrait de Sergueï Chtchoukine de Xan Krohn, 1915

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Portrait de Benet Soler de Pablo Picasso, 1903
Huile sur toile habituellement exposée au musée d’état de l’Ermitage
à Saint-Pétersbourg

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Autoportrait de Paul Cézanne

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Portrait du docteur Rey de Vincent Van Gogh, 1889
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Paysage aux ruinex à Crozant » d’Armand Guillaumin, 1897
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

monet-3« Les mouettes, Le parlement de Londres » de Claude Monet, 1904
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Vue du pont de Sèvres et des Coteaux de Clamart, Saint-Cloud et Bellevue »
d’Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau, 1908
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Dame dans le jardin » de Claude Monet, 1867
Huile sur toile habituellement exposée au musée d’état de l’Ermitage
à Saint-Pétersbourg

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« Le déjeuner sur l’herbe » de Claude Monet, 1866
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Le château de la Roche-Guyon » de Georges Braque,
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Aha oé feii ? » de Paul Gauguin, 1892
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Vaïraumati téi oa » de Paul Gauguin, 1892
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Dame en noir » d’Auguste Renoir, 1876
Huile sur toile habituellement exposée au musée d’état de l’Ermitage
à Saint-Pétersbourg

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« La danseuse dans l’atelier du photographe » d’Édouard Degas, 1875
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Femme de l’île de Majorque » de Pablo Picasso, 1905 (Étude pour les Bateleurs)
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« L’Espagnole au tambourin » d’Henri Matisse, 1909
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

douanierrousseau-2« La muse inspirant le poète » (Portrait de Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin)
d’Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau, 1909
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Femme à l’éventail » de Pablo Picasso, 1909
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

matisse-2« Intérieur au bocal de poissons rouges » d’Henri Matisse, 1914
Huile sur toile exposée habituellement au Centre Pompidou

matisse-3« La desserte » (Harmonie rouge, La Chambre rouge) d’Henri Matisse, 1908
Huile sur toile habituellement exposée au musée d’état de l’Ermitage
à Saint-Pétersbourg

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Henri Matisse

matisse-5« Poissons rouges » d’Henri Matisse, 1912
Huile sur toile exposée habituellement au musée d’état des beaux-arts Pouchkine
à Moscou

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« Trois femmes » de Pablo Picasso, 1907-1908
Huile sur toile habituellement exposée au musée d’état de l’Ermitage
à Saint-Pétersbourg

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Contre-relief de Vladimir Tatline, 1914
Bois, métal, cuir, exposé habituellement à la Galerie nationale Trétiakov à Moscou

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Album photos d’un week-end parisien – 1

 

Partir deux jours à Paris pour quatre expositions. Il faisait beau, presque chaud en cette fin d’octobre… et j’ai vu de superbes tableaux.

Première journée

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Nous avons commencé par le musée Jaquemart-André avec l’exposition sur Rembrandt.

La ville brumeuse commençait à s’ouvrir, il était 8h30.

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Il était interdit de prendre des photos. Les deux tableaux ci-après ont été pris sur Google images. Dans ce musée, ce n’est pas la quantité, mais toujours la qualité. C’est de l’ordre de l’intime.
Tout est admirable, tout est noble, tirant vers la perfection et la minutie des détails. Les portraits fascinent. Certains ont des maintiens rigides, puritains, et d’autres comme les tableaux de sa dernière compagne
Hendrickje Stoffels et celui de son fils Titus, dévoilent la vitalité, l’amour et l’abandon. Je me suis attardée à scruter l’intensité des regards, les rides des visages et les veines des mains, à suivre le dédale des broderies sur les vêtements et les lignes des ruchés, des drapés. J’ai retenu mon souffle. Il y a une part d’ombre, une part de lumière, ce clair-obscur que j’aime tant !

 

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 Titus, le fils de Rembrandt, entrain de lire
Huile sur toile habituellement exposée à Viennes

rembrandt_-_portrait_of_hendrickje_stofells_-_wga19167Hendrickje Stoffels, dernière compagne de Rembrandt
Huile sur toile habituellement exposée à Londres
101,9 x 83,7 cm
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Nous avions donné rendez-vous à Magritte vers les 15h au musée Pompidou, Beaubourg. Nous avons traversé Paris, à pieds, à métro, pressés de ne pas arriver en retard et nous nous sommes retrouvés à piétiner dans des files d’attente malgré les réservations prises. Près de deux heures à slalomer sur la galerie et à l’étage…
Une expo riche et très intéressante, mais il y avait beaucoup trop de monde pour l’apprécier pleinement. Quant à la carterie de la boutique, elle fut décevante.

 

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Les photos prises sans le flash ne rendent pas justice aux tableaux. Voici quelques unes…

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Demain, je vous montrerai les photos des expositions du musée Marmottan et de la Fondation Louis Vuitton… A bientôt !

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Cantique de l’assassin

Cantique de l'assassinCantique de l’assassin
Guillaume Presvot

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Paris, 1920,

L’inspecteur François-Claudius Simon du 36 quai des Orfèvres, est appelé par son supérieur Filippini sur les lieux d’un crime particulièrement atroce. Dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, on a découvert le corps d’un prêtre dont la mort a été mise en scène. Le cœur arraché repose entre les mains du supplicié, coiffé d’une couronne d’épines. Cet acte prémédité montre la détermination du tueur et laisse supposer que ce n’est qu’une première représentation.
Sur les registres des visites, une liste de noms attire l’attention des policiers et les plonge dans la plus profonde des perplexités car le nom peu courant de « François-Claudius Simon » y a été porté.
Depuis le départ d’Elsa (voir les précédents tomes), Simon marche sur une corde raide. Alcoolique, insomniaque, dépressif, il inquiète son entourage qui le juge de plus en plus inapte à son travail. Et pourtant…
Directement impliqué, l’inspecteur va s’investir dans l’enquête et découvrir ce qui le rattache à ce meurtre.

Confié au père Malvieux, responsable d’un orphelinat, dès son jeune âge et ne connaissant rien de ses parents, il va collecter dans les archives judiciaires des informations sur son géniteur qui appartenait à un groupe d’anarchistes. Il en sort deux noms ; l’un a été exécuté, l’autre a été envoyé au bagne à Cayenne. Du côté de sa mère, c’est vers Carcassonne qu’il va orienter son investigation et essayer de découvrir pourquoi elle a passé une partie de sa vie en Amérique du Sud, traquée par des hommes en soutane, et pourquoi elle a abandonné son fils pour le protéger. Des réponses à ses questions, désormais, elle ne peut plus en donner car internée dans un hôpital psychiatrique suite à un traumatisme, son esprit vit en marge de la réalité.

Qui a pu le compromettre ? Quel est le lien qui relie l’Église à sa famille ? Lorsqu’il commence à explorer les nombreuses pistes, à chercher des informations auprès de l’évêque, monseigneur de Beauséjour, il découvre que le point convergent est le grand mystère de l’abbé Saunière qui avait la charge de la paroisse de Rennes-le-Château jusqu’en 1917. L’abbé, devenu riche, aurait découvert un fabuleux trésor en entreprenant des travaux de rénovation dans son église et serait mort sans confier son secret. Sa mère le connaissait bien.

S’engage, entre le meurtrier et François, une traque incroyablement bien orchestrée par le premier, balisée d’indices macabres, sur des voies ésotériques, qui va balader l’enquêteur jusqu’à Budapest et le renvoyer dans les méandres de son passé. Plus qu’un hypothétique trésor laissé par les Templiers ou les Wisigoths, il y aurait des parchemins dont la découverte pourrait ébranler les fondations du christianisme.
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Cinquième livre des enquêtes captivantes et trépidantes de François-Claudius Simon, l’auteur tisse son histoire policière autour d’une affaire qui a défrayée le début du XXe siècle, celle de l’abbé Saunière qui aurait trouvé fortune avec la découverte d’un trésor. Autour de ce récit, plein de mystères passionnants et théosophiques, il y a aussi les secrets familiaux qui jalonnent la vie de François. Le roman se situant en 1920, des fragments de l’intrigue abordent la Première Guerre Mondiale, les mouvements anarchiques, la Révolution russe et les conditions de vie au bagne de Cayenne. Guillaume Prévost, agrégé d’histoire, narre habilement cette époque.
Ce livre dense, aux multiples ramifications, aux personnages attachants, ambiguës, ou très inquiétants, fournit bien des réponses aux questions que les lecteurs de la série ont dû se poser précédemment. On retrouve des personnages récurrents qui évoluent également au gré des histoires.
Je découvre l’auteur et cet inspecteur avec ce livre. Comme j’ai beaucoup aimé… ce n’est alors qu’un début ! Le suspense prend au corps et l’action est bien menée.
A recommander…

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Rennes le Château
Le diable au bénitier de Rennes-le-Château

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Les étourneaux

les étourneauxLes étourneaux
Fanny Salmeron

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Devant mon écran de télévision, alors que je regarde les informations qui détaillent les attentats du  13 novembre, je me demande si les gens ont pressenti quelque chose juste avant. Puis juste après, dans la fraction qui suit l’horreur. Dans son roman, Fanny Salmeron traduit cet instant par un temps blanc. Je trouve que le blanc représente bien cet intervalle qui précède le chaos.

« La place de l’Opéra attendait l’orage. Surplombées d’un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d’eux, perdus pour la plupart ou dans l’attente d’un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire « n’entrez pas ». Mais personne n’a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d’une demi-seconde. Un silence d’un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. Le bruit de l’explosion s’est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n’a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée. »

Brune Farrago et ses amis Lodka Place et Ari Saint-Thomas, sans oublier le chien Ferdinand Griffon, ont décidé de quitter la capitale juste après l’attentat. Une petite maison en pierre dans la campagne, un jardin avec des tilleuls, des champs autour et du soleil. Leur frontière les protègera de la fin du monde, des bombes et de l’astéroïde Tarpeia qui file droit sur la Terre.

Brune nous présente son monde.
D’abord son portrait. Blonde, jeune, jolie, encore un peu enfantine, elle se donne à des liaisons d’un soir qu’elle harponne en un clic sur le net. Elle ne veut aucune attache et ne donne pas facilement sa confiance. Longtemps elle a souffert de l’absence de son père décédé alors qu’elle avait trois ans. Son premier amoureux ? Son chat, Olivier, mort lui aussi. Son deuxième amoureux ? Navel Senza, celui qu’elle n’a jamais vu, son correspondant inconnu. Ils se sont rencontrés sur un forum de musique et n’ont jamais osé se voir. Leurs contacts se font par l’écriture, mails, sms, lettres ; elle lui raconte tout. Elle lui racontait tout. Les nuages d’étourneaux, la couleur du ciel, le parfum des glaces… Doit-elle conjuguer Navel au passé ? Depuis quelques temps leur relation se délie, tristement, c’est implacable.
Lorsqu’elle a vu pour la première fois la comédienne Lodka Place sur scène, elle est tombée en amour. Elle a voulu être discrète et elle ne l’a pas du tout été … Lodka lui a présenté Ari, son ami, écrivain et metteur en scène. Les liens se sont soudés comme une fatalité et ils forment à présent un trio d’amis, une famille dit-elle. Un quatuor avec Ferdinand.

Après l’attentat, ils ont voulu faire leur Résistance à l’écart, et maintenant, ils se retrouvent
à l’abri dans se cocon champêtre. Ari écrit, Lodka écoute Bach, Brune fume, et ils arpentent la campagne en friche.
Chaleur, silence, soupirs. Brune pense à Moune sa mère, à son beau-père, à Navel.
Sa mère pense à Brune, sa Noune. Son beau-père pense au temps qui passe et qui le vieillit. Il aime toujours autant Line. Navel pense au message qu’il va envoyer à Brune. Peut-être son dernier. Oui, certainement sa dernière déclaration, « Le désir avant le verbe ».
Puis un jour, il faudra passer le portail et revenir…

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Des sentiments lourds, exacerbés, égratignés, émouvants et beaucoup de générosité. Une fille fleur qui se découvre et qui fait la paix. Une frontière qui partage deux univers, l’un chaotique comme un enfer, l’autre un véritable éden. Il y a de la musique, de l’écriture, de l’amitié et de l’amour. Des microcosmes qu’on se plaît à observer. Des mots qui nous rappellent des évènements, blessures, morts, Bataclan, métro, anarchie. C’est violent, brut, assourdissant, mais aussi poétique et doux. Fanny écrit « fin du monde », mais ce n’est pas encore l’heure. L’intrigue se tisse et se dévoile sur la fin ; une agression pour un outrage…
C’est un tout petit livre que je vous recommande.

Un autre billet chez Sabine

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Etourneaux-sansonnet

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Un automne à Paris (1) – Picasso.mania au Grand Palais

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« L’art dans tous ses états » de Shelbylee

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bannpic1Des artistes, David  Hockney, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat…, ont rendu hommage à Picasso, qu’ils admirent. Picasso, un mythe ? Des demoiselles d’Alabama, un arlequin, une femme assise, un cri pour le Vietnam II… se mêlent à quelques œuvres du maître. C’est plus qu’une influence.

Nous avions le droit de prendre des photos, sans flash. Voici mon parcours…

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OLYMPUS DIGITAL CAMERADans la première salle, les artistes exposés avec Picasso expliquent leur démarche
sur des écrans vidéos.

pic2 Autoportrait de Pablo Picasso, 1901
Période bleue, période de ses vingt ans.
(La vidéo installée sur le mur d’en face se reflète sur la vitre.)
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pic3(détail du tableau) Hommage à Picasso d’Erro, 1982
Peinture glycérophtalique sur toile, 195,5 x 132 cm
Le choix de la figuration questionne la profusion des images dans la société de consommation.
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pic41. Picasso de Maurizio Cattelan, 1998, fibre de verre, mousse… 215,9 x 127 x 52,7 cm
L’artiste accueille les visiteurs avec cette poupée hydrocéphale.

2. Têtes africaines de Romuald Hazoumé, 2009, bidons en plastique
3. Portrait de Picasso de Yan Pei-Ming, 2009, huile sur toile, 300 x 250 cm
Fasciné par Picasso, l’artiste réalise une série de portrait en grisaille.

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bannpic2pic6Crayon – portrait de Picasso

.pic7Antiquité de Jeff Koons, 2011, Huile sur toile
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pic8Peinture métallique et acrylique sur toile tendue de Sigmar Polke, 2006, 225 x 300 cm
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pic9 Femme au chapeau fleuri de Roy Lichtenstein, 1963, 127 x101,6 cm
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pic10Détail : Place de Furstenberg, Paris, 7,8,9 août 1985 de David Hockney, 1985
Collage de photos, 110,5 x 155,9 cm
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pic12Le baiser de Pablo Picasso, huile sur toile, 97 x 130 cm
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pic13pic14Bébé de Thomas Houseago, 2009-2010, plâtre…, 270 x 230 x 140 cm
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pic11Minotaure à la carriole de Pablo Picasso, 1936, huile sur toile, 45,5 x 54,5 cm

Cette expo fera suite le lendemain à une visite au musée Picasso.
Billet à suivre…

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