Octobre-couleurs à Paris

Fin octobre, tout est gris à Paris, mais j’ai vu de belles couleurs ailleurs…
El Greco au Grand Palais, du 16 octobre 2019 au 10 février 2020
Léonard de Vinci au Louvre, du 24 novembre 2019 au 24 février 2020
Bacon en toutes lettres au centre Pompidou, du 11 septembre 2019 au 20 février 2020

 

 

Sherlock, Lupin et moi, La cathédrale de la peur

Octobre est Halloween avec Lou et Hilde
Challenge policiers et thrillers de Sharon

 

Le mystère de la dame en noir, T1
Dernier acte à l’opéra, T2
L’énigme de la rose écarlate, T3

Sherlock, Lupin et moi
La cathédrale de la peur, tome 4
Irène Adler
Illustrations Iacopo Bruno

 

Irène reprend la plume pour nous conter cette dernière enquête avec Arsène et Sherlock, qui se passe de nouveau en France. Après quelques mois à Londres où elle et ses amis ont élucidé une affaire liée à une sanglante vengeance, Irène suit ses parents dans une nouvelle maison à Évreux, loin des tourments de la capitale. En ce début de mars 1871, Paris est à l’aube d’une insurrection contre le gouvernement de Thiers.

Dans cette campagne bien plus paisible, à l’orée de la ville, la jeune fille passe les premiers jours à visiter la villa et à s’occuper de sa mère qui souffre des poumons. Avec un père souvent absent et très préoccupé, le majordome Horatio veille toujours sur elle et devance la plupart de ses souhaits. Témoin et complice de ses escapades aventurières en compagnie de ses acolytes, il va jusqu’à lui baliser le passage pour s’échapper de la maison sans faire de bruit.
C’est en trouvant un message sur l’un des bancs du parc que l’histoire commence. Une mystérieuse inconnue lui donne rendez-vous dans les jardins de la cathédrale pour l’entretenir au sujet de Madame Adler et de Monsieur d’Aurevilly, l’ancien propriétaire de leur demeure. Mais cette raison n’est qu’un prétexte pour l’appâter, car le réel motif est un document caché derrière l’un des tableaux de la bibliothèque qu’elle voudrait qu’Irène lui ramène.
Voilà enfin une histoire digne d’intérêt ! et en rentrant chez elle, l’esprit bien chauffé par cette nouvelle énigme, Irène a la grande surprise de retrouver Arsène qui a fuit Bruxelles après s’être disputé avec son père. Les deux amis n’attendront pas longtemps pour voir débarquer Sherlock qui après avoir été éliminé dès le début à un concours d’échecs, est tout heureux de passer quelques jours avec eux.

Ce petit papier parcheminé et codé découvert derrière un tableau, va les envoyer dans le cœur malfamé de Paris à la poursuite du duc de Montmorency et d’un mystérieux Grand Maître, chef d’une société secrète ésotérique. D’indice en indice, de déduction en déduction, Irène, Arsène et Sherlock vont rencontrer le fils du romancier Alexandre Dumas qui les entretiendra sur l’une des dernières œuvres de son père, « Joseph Balsamo ». La toile de fond s’ouvre alors sur un univers occulte et alchimiste, sur des rituels macabres faits dans les catacombes, et sur une sainte relique, le cœur de Saint Michel.
Téméraires et très curieux, les trois amis vont vouloir déjouer les plans machiavéliques d’un sombre individu…

Quatrième opus de la série, nous retrouvons avec grand plaisir nos jeunes enquêteurs dans un périple à Paris. L’auteur aborde un univers après l’armistice signée avec les Prussiens, au début de l’année 1871, et juste avant la Commune où une partie du peuple issu de la classe populaire va se soulever contre le pouvoir mis en place. Tout est en effervescence et très malsain pour nos amis qui découvrent certaines réalités de la vie. Irène décrit bien leur aventure et ne nous cache rien des sentiments qui les animent.
Je recommande aux jeunes lecteurs, de 7 à 12 ans, cette série bien écrite et bien divertissante. Elle réunit plusieurs critères qui les passionneront… amitiés, suspense, action, société secrète, sciences occultes et pan historique de Paris.
Le prochain épisode est intitulé « Le château de glace ». Nous apprendrons peut-être un peu plus sur la mère biologique d’Irène. Car à travers les enquêtes relatées, il y a ce mystère qui se délie timidement de tome en tome…
A suivre !

Cathédrale d’Évreux

 

 

 

Séjour à Paris (2), Les copines et Le modèle noir, de Géricault à Matisse

Ce jeudi s’annonçait aussi beau que la veille. La chaleur en ce début de matinée avait le goût de l’été. Mais cette légèreté n’était pas seulement due aux douces températures, j’avais rendez-vous à 10 heures devant la librairie Gibert Jeune, avec Sharon et Béa la Comète, mes deux anges gardiens pour la journée !
Nous nous sommes retrouvées dans un élan de joie toute enfantine. Trois copines en virée et en bavardages… Au programme ? Bla-bla, restaurant et Orsay.

J’avais une petite idée du restaurant où je voulais les mener, quelque part dans la rue Saint-Honoré… Oui… quelque part… près du Louvre, je crois… peut-être dans cette rue… ou celle-là…  Enfin, ce fut une quête avec le plan de la ville, bien drôle.

Passage devant Notre Dame pour la saluer

Des filles décidées et alertes… c’était le matin…

Restaurant algérien Laouz… Matloo, kezra… pâtisseries fines et café
Le déjeuner pris, il a fallu nous faire violence pour quitter les confortables fauteuils et aller

à Orsay voir l’exposition « Le modèle noir, de Géricault à Matisse »
du 26 mars au 21 juillet 2019

Une très belle exposition, émouvante, qui nous fait vivre différentes époques, de l’abolition de l’esclavage à nos jours.

 

Marie-Guillemine Benoist, « Portrait de Madeleine », 1800
Huile sur toile, Musée du Louvre

Théodore Géricault, « Étude d’homme, d’après le modèle Joseph », 1818-1819
Huile sur toile, J.Paul Getty Museum de Los Angeles

Théodore Géricault, « Étude de dos d’après le modèle Joseph, pour Le radeau de la Méduse », 1818-1819, Huile sur toile, Musée du Louvre

Eugène Delacroix, « Jeune homme vu en buste, la tête coiffée d’un turban rouge »,
Pastel, Musée du Louvre

François-Auguste Biard, « L’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises,
le 27 avril 1848″, 1849, en dépôt à Versailles Henri Fantin-Latour, Copie des « Femmes d’Alger dans leur appartement » d’après Delacroix, 1875, Huile sur toile, Musée Delacroix Paris

Jean-Baptiste Carpeaux, « Pourquoi naître esclave ? » d’après un buste en marbre de 1869,
Plâtre polychrome, Musée des Beaux Arts de Reims

Charles Cordier, « Homme du Soudan français », 1857, et « Femme des colonies », 1861
Albâtre, bronze argenté et oxydé, bronze doré, Musée d’Orsay Paris

Nadar, « Maria l’Antillaise tenant un éventail », 1855-1862
Photographie, Bibliothèque nationale de France Paris

Edouard Manet, « Jeanne Duval, La femme à l’éventail », 1862
Huile sur toile, Museum of Fine Arts Budapest

John Philip Simpson, « L’esclave captif », 1827
Huile sur toile, Institut d’art de Chicago

François-Léon Bouneville, « Esther », 1844
Huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Pau

   Jean-Léon Gérôme, « Bain Turc », 1870
Huile sur toile, Museum of Fine Arts de Boston

Édouard Manet, « Olympia », 1863
Huile sur toile, Musée d’Orsay

Paul Gauguin, copie de « l’Olympia » de Manet, 1891
Huile sur toile

Eugène Faure, « Femme portant une gerbe de blé et une corbeille de fruits », 1866
Huile sur toile, Musée de Grenoble

Frédéric Bazille, « Jeune femme aux pivoines », 1870
Huile sur toile, National Gallery of Art de Washington

Jacques-Eugène Feyen, « Le baiser enfantin », 1865
Huile sur toile, Palais des Beaux-Arts de Lille

Pablo Picasso, Etude pour nu debout, 1908
Gouache sur esquisse au crayon graphite, Musée national Picasso-Paris

André Derain, « Joueur de mandoline », 1930
Huile sur toile, Musée de l’Orangerie

Paul Colin, « La revue nègre », 1925
Huile sur bois

Henri Matisse, « Aïcha et Lorette », 1917
Huile sur toile

Man Ray, « Rire de rêve », 1937
Huile sur toile, Collection Marion Meyer

Henri Matisse, « L’Asie », 1946
Huile sur toile,

Henri Matisse, « Dame à la robe blanche »,
Huile sur toile, Henri Matisse et Sharon…

Romare Bearden, Patchwork Quilt, 1970
Tissus et papiers coupés et collés, peinture polymère sur panneau, Museum d’Art Moderne de New York

Après cette très belle visite, il était temps pour nous de nous dire au revoir.
Sur la route… la librairie Albin Michel. Pas étonnant ! Une librairie pour débuter la journée et une librairie pour la terminer. What else chères lectrices ?
Comme dit la chanson sur un air nostalgique : Voilààà c’est finiiii… ti la la la…
mais rendez-vous est pris pour une autre aventure, alors pensons déjà à demain et gardons le sourire !

Béa en contemplation sur la couverture d’un livre sur le chocolat.


Merveilleuse journée… Béa et Sharon, merci infiniment…

 

 

 

 

Séjour à Paris (1), L’orient des peintres et la collection Courtauld

Comme tous les ans au début du printemps, je vais à la capitale pour voir des expositions. Deux jours d’une intense cadence, où je n’ai pas ménagé mes pieds.
Un rythme soutenu pour des émotions fortes, voici quelques photos souvenirs…

 Au musée Marmottan-Monet,
« L’orient des peintres, du rêve à la lumière »

du 07 mars au 21 juillet 2019

Voyages, fantasmes, les femmes orientales, une lumière, une architecture, une sensualité, un abandon, des mystères, d’éclatantes couleurs… Ingres, Delacroix, Gérôme, Landelle, Valloton, Matisse, Kandinsky… plus de soixante peintures.

Déambulation dans les salles du musée avant de découvrir l’orient…
Sans flash, les photos ne rendent pas la beauté des œuvres et altèrent les couleurs.

  Berthe Morisot, « Au bal », 1875

  Jean-Auguste-Dominique Ingres, « La Petite Baigneuse », 1828
Huile sur toile, 35 x 27 cm, Musée du Louvre

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Tête de la grande odalisque

Théodore Chassériau, « Intérieur de harem », 1854
Huile sur toile, 66 x 53,5 cm, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

Jean-Léon Gérôme, « Le marché d’esclaves », vers 1866
Huile sur toile, 84,8 × 63,5 cm, Clark Art Institute, Williamstown (États-Unis)

Charles Zacharie Landelle, « La Juive de Tanger », après 1866
Huile sur toile, 61,4 x 50,6 cm, musée des Beaux-arts de Reims

Jean-Léon Gérôme, « Le marchand de couleurs », vers 1890-1891
Huile sur toile, 65 × 54,9 cm, musée des Beaux-Arts de Boston

Paul-Alexandre Leroy, « Joueuses d’osselets », 1898

Maurice Bompard, « Une rue de l’Oasis de Chetma »,1890
Huile sur toile, 140 x 160 cm, musée des Beaux-Arts de Marseille

Henri Matisse, « Odalisque à la culotte rouge », vers 1924-1925
H
uile sur toile, 50 x
61 cm, musée national d’Art moderne de Paris

Vassily Kandinsky,

Auguste Renoir, « Paysage algérien, Le ravin de la femme sauvage », 1881
Huile sur toile, 65,5 X 81 cm, musée d’Orsay


« La collection Courtauld, le parti de l’impressionnisme »
du 20 février au 17 juin 2019

Après un sublime voyage en orient, nous sommes allés à la Fondation Vuitton pour l’exposition de la collection Samuel Courtauld, un industriel et mécène Anglais qui a collectionné tous les plus grands peintres impressionnistes ; Manet, Pissarro, Morisot, Monet, Degas, Sisley, Seurat, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Le Douanier Rousseau, Toulouse-Lautrec, Boudin, Modigliani… Turner… Une visite exceptionnelle pour une centaine de chefs-d’œuvre !

Édouard Manet, « Coin de café-concert », vers 1878-1880
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

 
Tableau vedette de l’affiche, impossibilité de l’approcher et de prendre une photo. Juste un instant dans un intervalle pour faire un gros plan…
Édouard Manet, « Un bar aux Folies Bergères », 1881-1882
Huile sur toile, 96 x 130 cm, Institut Courtauld à Londres


Édouard Manet, « Déjeuner sur l’herbe » (version réduite), 1867
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Pierre-Auguste Renoir, « La Loge », 1874
Huile sur toile, 80 x 63,5 cm, Institut Courtauld à Londres

Claude Monet, « La gare Saint-Lazare », 1877
Huile sur toile, 53 x 72 cm, National Gallery de Londres

Eugène Boudin, « Deauville », 1893
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Claude Monet, « Effets d’Automne à Argenteuil », 1873
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Pierre-Auguste Renoir, « Le printemps Chatou », 1873
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Henri de Toulouse-Lautrec, « Le Salon privé au Rat Mort », 1899
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Pommes, bouteilles et dossier de chaise », 1904-1906
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne,  » L’Homme à la pipe », 1895 
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres
Paul Cézanne,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Les joueurs de cartes« , 1892
Huile sur toile, 60 × 73 cm, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Nature morte avec l’Amour en plâtre », 1894
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « La Montagne Sainte-Victoire au grand pin », 1887
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh, « Autoportrait à l’oreille bandée », 1889
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh, « La Crau à Arles : pêchers en fleurs ou Les Haies », 1889
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Amedeo Modigliani, « Nu assis », 1916
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin, « Portrait de Mette », 1877
Sculpture marbre, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin, « Paysage de la Martinique », 1890
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Joseph Mallord William Turner,
Aquarelles, Institut Courtauld à Londres

 

Retour à l’hôtel en passant par Notre Dame. Une cathédrale toujours aussi belle, aussi altière, malgré le ravage et l’amputation. L’émotion est forte lorsqu’on s’approche à petits pas vers elle…

Suivi du séjour dans le billet 2…

 

 

 

Édouard Manet et Berthe Morisot, une passion impressionniste

Les BD sont chez Noukette ce mercredi !
Challenge Petit Bac d’Enna
Un album offert pour Noël, par Do.

 

Edouard Manet et Berthe Morisot
Une passion impressionniste
Scénario de Michaël Le Galli
Dessins de Marie Jaffredo

 

Le récit débute en 1884, un an après la mort d’Édouard Manet, quand  Edma jette au feu les lettres de Berthe dans lesquelles elle confiait l’histoire d’amour qu’elle avait vécue avec le peintre. A travers ses écrits, on replonge quelques années en arrière…

Les sœurs Morisot, Edma et Berthe, peignent dans une des salles du Louvre lorsqu’elles sont présentées à Édouard Manet par l’entremise d’Henri Fantin-Latour. Invitées dans son atelier de la rue Guyot, les échanges – sur la peinture en général et les tableaux de Manet en particulier – établissent des liens qui ne feront que se consolider au fil des ans.
A cette époque en 1868, Manet a déjà une grande renommée même si certains de ses tableaux, Le déjeuner sur l’herbe et L’Olympia, ont suscité de vives polémiques lors de leurs expositions au Salon officiel de Paris. Arrogant et un peu dédaigneux, il snobe gentiment les jeunes filles et propose à Berthe de poser pour lui. Pour commencer, elle sera son modèle et le troisième élément de son tableau Le Balcon.
Un lien s’établit et les rencontres chapeautée par les mères Morisot et Manet se font régulièrement dans les familles.
Un jour, chez les Morisot rue de Passy, il surprend Berthe en retouchant au pinceau une toile qu’elle était entrain de peindre. Par ce geste suffisant, il outrage la jeune artiste et renforce sa position de dominant. Ce geste ne sera pas le seul et tout au long de leur relation, le tempérament du maître se confrontera au sien car Berthe voudra très rapidement s’affranchir de cette servitude.

Dans le Paris éclaté et transformé par le Baron Haussmann, un nouveau style de peinture naît ; c’est l’impressionnisme. La lumière, les couleurs, le mouvement, les thèmes abordés, les touches du pinceau, tout devient plus vivant et plus réaliste. Les auteurs de l’album nous montrent un Manet bavard, un peu caractériel, égocentrique, très charmeur et infidèle. Il est sous le charme de l’intelligence de la jeune fille et son admiration pour sa peinture ne cesse de grandir. Sa personnalité n’est pas sympathique, mais Berthe est séduite par l’aura de l’artiste. Influencée dans les premiers temps par sa peinture, elle souhaite elle aussi trouver sa voie et ne pas être qu’une simple copiste.
Des morceaux de correspondance léchés par les flammes, Edma brûle l’admiration et l’amour de Berthe, une passion qui a généré de l’amitié mais aussi beaucoup de jalousie et de colère. Tous deux se sont aimés intensément et secrètement.
L’album s’arrête sur cette reconnaissance. Manet trouve « magnifique » une marine que Berthe lui offre pour clore leur amour impossible.

« Une passion impressionniste » aborde leur histoire romancée sur deux ou trois ans (Berthe épouse en 1874 Eugène Manet, le frère cadet) et met en scène toute une époque avec des personnalités proches des deux artistes. L’album, aux douces teintes, peut-être un élément déclencheur qui incitera le lecteur à aller visiter le superbe musée Marmottan à Paris, qui possède  plus de quatre-vingts œuvres de Berthe Morisot et une centaine d’Édouard Manet, tableaux et dessins. Pour cela, je salue le travail des deux auteurs…

 

 

 

 

Vermeer, l’Égypte et Béa… un séjour à Paris

Prendre le train de 07h15 pour Paris. Nappes blanches sur la campagne, filaments laiteux qui longent la rivière ; ce lever du jour est promesse d’un magnifique week-end. Le soleil éblouit le compartiment ; des stores se baissent, déjà.
Ce dimanche, j’ai rendez-vous avec Vermeer et la veille de mon départ, j’ai reçu de la part de Mind « Vermeer entre deux songes ». Pour « Un petit avant-goût » me dit-il, avec une dédicace de Gaëlle Josse, l’auteur, dans laquelle le mot « partage » revient deux fois.

Ce blog connaît le mot « partage ». J’aime partager. Je partagerai avec vous cette lecture très vite, mais là, sur ce billet, je partagerai des photos de mon escapade.

 


Nous n’avons eu aucune attente avec le coupe-file pour l’exposition. Le billet donnait droit à Vermeer et à Boulogne, avec une entrée libre dans le musée. Mais comme dans de nombreuses expos, nous n’avions pas le droit de prendre des photos.

Du siècle d’or, Johannes Vermeer est un peintre Néerlandais, né à Delft, qui a peint moins d’une cinquantaine de tableaux. N’étaient exposés qu’une dizaine de ses œuvres, des scènes de genre et une allégorie, qui étaient mises en parallèle avec d’autres tableaux de peintres de son époque. La comparaison était impressionnante car sans conteste Vermeer est le maître !… la lumière, les couleurs, la profondeur, une aura de mystère, la finesse des détails…
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« La dentellière » de Johannes Vermeer, 1669-71
24,5 × 21 cm – Musée du Louvre

« La laitière » de Johannes Vermeer, 1658
45,5 × 41 cm – Rijksmuseum d’Amsterdam
(Remarquez la trace de bronzage du bras…!)

« Jeune Femme écrivant une lettre » de Johannes Vermeer, vers 1665-1666
45 × 39,9 cm – National Gallery of Art, Washington


J’ai également eu un coup de cœur pour « Le jeune homme écrivant une lettre » de Gabriel Metsu.

« Jeune homme écrivant une lettre » de Gabriel Metsu, v.1662-1665
National Gallery of Ireland, Dublin

Après Vermeer, nous avons vu l’expo de Valentin de Boulogne. J’aurais dû faire l’inverse car j’étais toujours imprégnée des peintures que je venais de quitter lorsque je déambulais dans les salles… Scènes de genre et peintures religieuses.

« Samson » de Valentin de Boulogne, 1630
Musée de Cleveland

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L’après-midi, toujours dans les couloirs du Louvre, nous avons flâné dans le Département des Antiquités Égyptiennes. Le soir, nous avons dîner au restaurant Laouz, une adresse à retenir qui propose une délicieuse cuisine algérienne ; tagine poulet-olives-citron confit, couscous royal et pâtisseries…136 rue St Honoré – 75001 Paris – 01.42.86.85.23.
Le lendemain, j’avais rendez-vous avec Béa la Comète pour un pique-nique sur les pelouses du Louvre. Soleil, humeurs joyeuses et bavardes, pour la fin de ce court séjour.
A refaire !

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Henry Caro-Delvaille

logo_babelioUn livre offert dans le cadre des Masses Critiques Babelio avec le partenariat des Éditions Faton

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henry-caro-delvailleHenry Caro-Delvaille
Peintre de la Belle Époque, de Paris à New York
Christine Gouzi

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Il est difficile de résister aux livres d’art ! surtout lorsqu’on vous les offre… N’ayant jamais été déçue par les publications des Éditions Faton, j’ai opté pour ce choix lors des Masses Critiques Babelio, séduite avant tout par la couverture et le sous-titre « Peintre de la Belle Époque ». Fin XIXe siècle, début XXe, c’est une période riche, fourmillante, élégante, prometteuse ; l’industrie, les sciences, les arts sont en plein essor.

Pour son doctorat d’histoire, encouragée par l’historien d’art Jacques Thuillier, Christine Gouzi a pris pour sujet le peintre Henry Caro-Delvaille. Elle livre à travers ce magnifique livre, vingt ans de recherches et plus d’une centaine de tableaux. La plupart de ses œuvres ont disparu. Né en 1876 à Bayonne dans les Basses-Pyrénées, fils d’un riche banquier Juif, son avenir était déjà établi dans la banque paternelle, mais ses ambitions étaient autres. Certainement peu sûr de lui, encore trop jeune, ce n’est pas vers ses sensibilités artistiques (danse et peinture) qu’il s’oriente, mais vers l’armée, chez les hussards. Cependant, après un accident de cheval, il est obligé de faire autre chose et se dirige vers la peinture. Dans un premier temps à l’École des Beaux-Arts de Bayonne où il obtient un prix en 1897, puis dans un second temps à Paris où il devient l’élève de Léon Bonnat. Indépendant, il ne se sentira jamais un disciple du maître, aspirant à se sentir « libre ». Libre comme le vent ? Il se plaisait à dire qu’il avait des origines gitanes. Ses cheveux, sa carnation, son regard noir et sa passion pour le flamenco devaient en attester !
Suite à l’avant-propos, l’auteur nous offre un passionnant entretien mené sur plusieurs années, de 1992 à 2005, avec le célèbre ethnologue Claude Lévi-Strauss qui fut le neveu du peintre. Les souvenirs sont riches, la conversation informelle ; le peintre, la famille, l’art et ses différents mouvements, Paris, la société artistique… le témoignage est captivant.


leon-bonnat-et-ses-eleves-de-marie-garayTableau de Marie Garay, « Léon Bonnat et ses élèves »
Huile sur toile, 2,16 x 2,59 m, 1914, Bayonne, musée Bonnat-Helleu
(Henry Caro-Delvaille est placé au bord du cadre.)

Ni de l’impressionnisme, ni du nabisme, rejetant le cubisme et le dadaïsme, sa peinture dite figurative et intimiste, raconte des histoires de son époque, rendant ainsi ses compositions attrayantes auprès du public. Les chapitres « Peinture mondaine et peinture du monde », « L’intimisme », « Les portraits mondains », découvrent les rituels d’une vie bourgeoise ou demi-mondaine (chez la modiste, une partie de cartes, au jardin public, un thé l’après-midi…) et célèbrent l’élégance de la femme qui rayonne aussi dans son rôle de mère. On retrouve ses modèles dans différentes scènes du quotidien qu’il aime peindre. Sa femme et ses belles-sœurs sont souvent représentées. L’auteur dit « des instantanés de vie ».

portrait-de-madame-landry-henry-caro-delvailleDétail du portrait de Madame Landry et de sa fille Hélène
Huile sur toile, 1,21 x 1,61 m, 1902, Amiens, Collection du musée de Picardie


Les commandes pour les portraits affluent. Il pare ses modèles de grâce et de douceur en gommant certaines imperfections. Il n’en délaisse pourtant pas le nu… Dans ce chapitre, l’auteur dit qu’il a commencé tôt à être attir
é par cette étude, influencé par les artistes Grecs. Ses nus ne sont pas statiques, ils accaparent l’espace ; le mouvement en rapport avec la danse (Isadora Duncan, dont il a été l’amant, a été portraiturée nue sous un voile grec en 1917).

la-robe-mouchetee-caro-delvaille« La robe mouchetée »
Huile sur carton, 0,755 x 0,515 m, Paris, Petit Palais

La deuxième partie raconte la communauté juive de Bayonne et les racines de sa famille. Il épouse, en 1900, Aline Lévy, fille aînée du rabbin Émile Lévy… Les trois filles du rabbin ont épousé des artistes peintres ; se joignent à Caro-Delvaille, Gabriel Roby et Raymond Lévi-Strauss (petit-fils du compositeur et chef d’orchestre Isaac Strauss et père de Claude).
En troisième partie ce sont ses voyages en Amérique et son installation. La guerre fait des ravages, traumatise et annihile tout élan. Réformé, il peut honorer des contrats en Amérique et part en 1916 où il reste seul durant un an. Sa femme et ses deux enfants le retrouvent en 1917. Là-bas, il fait des portraits pour renflouer les caisses, mais ce qu’il préfère peindre ce sont des fresques murales… Le succès est moindre, les critiques sont parfois assassinent, les temps changent et l’art célèbre d’autres genres beaucoup moins « classiques ».

henry-caro-delvailleHenry Caro-Delvaille dans son appartement de l’avenue Mozart avec La femme à l’hortensia au-dessus de la cheminée et sur le mur à gauche Groupe païen
Photo de Maurice Louis Branger, 1910

En fin de livre, une chronologie reprend les lignes essentielles de son existence jusqu’en 1928, l’année de sa mort. Je ne m’étendrais pas sur la période à New York, très intéressante, plus moderne, moins idéalisée, car elle compte l’autre moitié du livre… je vous la laisse découvrir.
D’après l’auteur, ce peintre appartient à une génération perdue. Pourtant primé, médaillé, exposé dans les plus grandes villes, et ami des plus grands, l’engouement pour ses œuvres n’aura duré qu’un laps de temps. Elle sous-titre son introduction par « Une gloire déboulonnée ».
J’aime beaucoup les peintures qui illustrent cet ouvrage de qualité. Outre les toilettes élégantes avec manches gigot, mousseline blanche et autres falbalas de la Belle Époque, ce sont les postures des modèles, et leurs regards, qui me charment. L’innocence se mêle à la volupté. Il y a un peu de Proust…
Je vous recommande ce livre et vous convie à rencontrer cet artiste méconnu…

 

caro-delvaille-henry-women-reading-1910-1911Devant la maison blanche
Huile sur toile, 0,66 x 0,813 m, 1910-1911

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