Le portrait de Dorian Gray

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Le mois anglais avec Titine, Lou, Cryssilda – 4ème billet

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le-portrait-de-dorian-grayLe portrait de Dorian Gray
d’Oscar Wilde
Scénario et dessins de Stanislas Gros
Couleurs de Laurence Croix

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Stanislas Gros a repris l’histoire d’Oscar Wilde, « Le portrait de Dorian Gray ».
Conformément au roman, il met en scène un jeune homme terriblement narcissique qui se laisse influencer par Lord Harry, un dandy cynique.
Leur première rencontre se fait dans l’atelier de Sir Basil Hallward où celui-ci s’extasie devant son tableau. Tant de beauté, de jeunesse et d’intelligence chez Dorian ! Dans une supplique, il fait promettre à Lord Harry de ne pas le débaucher… mais la tentation pour le diabolique Harry est bien trop belle ! Le chat a trouvé une souris.
« Écoutez, Harry, Dorian Gray est mon ami le plus cher. Il est d’une nature simple et belle. Ne l’abîmez pas. N’essayez pas de l’influencer… Ne m’enlevez pas la personne qui donne à mon art le charme qui est le sien ! »

« Réalisez votre jeunesse tant qu’il est encore temps… » Dorian s’ennuie d’une vie qui lui semble trop étriquée, trop sage. Les conseils et les paroles hédonistes de ce gentleman le séduisent et réveillent en lui sa part sombre. Égocentrisme, désirs, plaisirs… et c’est en regardant son portrait qu’il prend conscience que cette représentation restera toujours jeune, alors que lui vieillira et perdra sa beauté. Il serait prêt à pactiser avec le diable et lui offrir son âme s’il lui promettait la jeunesse éternelle…

Le scénario suit l’histoire du roman et raconte comment le tableau se transforme et s’enlaidit chaque jour en fonction de l’immoralité de Dorian, qui s’enlise dans les vices et la cruauté. Homme dénué de scrupule et d’émotion, il séduit les femmes et les répudie, outrage l’innocence, fréquente les bas-fonds, les fumeries d’opium, organise des bacchanales, des sacrifices, et, dans sa folie, va jusqu’à tuer son meilleur ami.
« Prince charmant » est son surnom…
Le temps a martelé le portrait avec tous les outrages. Lorsque Dorian va l’observer, à l’abri des regards, seul, il est fasciné par la transformation. Mais que se passerait-il s’il donnait à sa vie un peu plus de morale ?

Stanislas Gros a su retranscrire fidèlement la tragique dégénérescence de Dorian et représenter tous les personnages. Dans les coins des pages de droite, il a dessiné la métamorphose du portrait et lorsqu’on les fait tourner, il se met en mouvement en montrant le processus de décrépitude ; de l’aube de sa jeunesse au crépuscule de sa vie. On découvre également une petite fantaisie personnelle qu’il a insérée à l’histoire ; un célèbre personnage de fiction… Sherlock Holmes… C’est peut-être un clin d’œil à l’époque ou à l’amitié de Wilde pour Doyle.
Si j’ai aimé la loyauté de l’album envers l’oeuvre d’Oscar Wilde, j’ai un peu moins apprécié les graphismes. Ce dernier avis est affaire de goûts car il faut avouer que le rendu a de belles qualités, dans le dynamisme mondain du XIXème siècle et l’ambiance fantastique du roman.
L’auteur a voulu dans ses illustrations mettre quelques références picturales, littéraires, philosophiques et cinématographiques. On en a pleinement conscience lorsqu’on découvre dans la dernière page ses arrangements. Et on se dit… ah, oui !

Ce fut une belle découverte et je ne manquerai pas de la conseiller.

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Oscar Wilde et le meutre aux chandelles

Lecture commune avec Eiluned, Blod et Aymeline
Petit BAC d’EnnaVictorien d’Aymeline – Inspiration Littéraire de George et SharonGod save the livre d’Antoni 

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Oscar-Wilde-et-le-meurtre-aux-chandelles Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles
Tome 1
Gyles Branreth

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Londres, août 1889,

Au club L’Albemarle, Oscar Wilde a rendez-vous avec son ami, écrivain et journaliste, Robert Sherard, notre narrateur.
Son accoutrement défie son élégance habituelle. Oscar paraît mélancolique et son exubérance ne cache pas l’embarras, la peine, qu’il tente de dissimuler.
Lorsque Robert lui demande si tout allait bien, Oscar, sibyllin, répond par une affirmative et une négative. Il est ravi d’avoir fait la connaissance de Conan Doyle, un médecin écossais auteur de récits policiers et père du détective Sherlock Holmes, mais cette rencontre est accablée par le décès d’un jeune garçon, Billy Wood.
Oscar a un regard perdu. Dans ses pensées, il monte un escalier, impatient et heureux, il tape discrétement à une porte, l’ouvre et voit…

« – J’ai vu une toile lacérée. J’ai vu une chose de toute beauté détruite par des vandales.
– Je ne comprends pas.
– J’ai vu Billy Wood dans une chambre de Cowley Street.
– Billy Wood ?
– L’un des garçons de Bellotti. Assassiné à la lueur de bougies. Dans une chambre au premier étage d’un garni. J’ai besoin de savoir pourquoi. Pour quelle possible raison. Je veux découvrir qui a pu faire une chose pareille. »

Oscar se fait la promesse de retrouver le meurtrier. Un engagement qu’il veut tenir aussi pour la mère effondrée qui réclame le corps de son fils. Il faut préciser que ce crime a deux particularités. La scène de l’assassinat qui ressemble à un rituel ésotérique ou initiatique avec de l’encens et des bougies et la disparition du cadavre. Lorsque Oscar retourne dans la petite chambre avec ses amis pour constater le drame, tout a été lessivé, encaustiqué et aéré.

Aidé par Sherard et sa troupe de jeunes sauvageons, des rues et d’Oxford, Oscar s’entête à rechercher le corps de l’éphèbe. Sans preuve, l’enquête ne peut s’instruire. Dans toutes les morgues de la capitale, les petites venelles obscures, les lieux de réjouissance, il va user sa persévérance durant des jours et des mois.

Alors que commence l’écriture du « Portrait de Dorian Gray », que Noël chante des cantiques, que le Jour de l’An rassemble les amis et la famille, un présent est apporté chez les Wilde. Pour cette période de fêtes, tous sont présents ; le couple Arthur Conan Doyle et Touie, l’inspecteur Aidan Fraser de la Police Métropolitaine, sa fiancée Mademoiselle VeronicaSutherland et Robert Sherard. Dans un carton enrubanné, est placée une forme lourde et ronde. La tête de Billy Wood roule du carton et vient percuter le parquet de Constance Wilde.

La décapitation offre l’argument tant attendu. Le dossier ouvert s’oriente vers un réseau de prostitution masculine où des gentlemen sont impliqués.

« Tempus fugit irreparabile », Oscar célèbre ses trente-cinq ans dans une tenue endeuillée, mais ses années écoulées n’altèrent pas sa force qu’il puise dans la jeunesse et la beauté. Billy Wood en était la quintessence. En sa mémoire, il confondra le criminel sans pitié.

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Premier livre d’une série de quatre tomes, j’ai beaucoup aimé lire cette histoire ; époque et personnages. Un trio d’amis qui ont vraiment existé : Oscar Wilde, Conan Doyle et Robert Sherard, écrivain, journaliste et biographe d’Oscar Wilde.
Le narrateur reprend par écrit les histoires qu’il a vécues avec son ami et mentor. A la veille de la guerre de 40, il est le greffier de ces années d’insouciance. Admiratif de l’Irlandais, il met alors en évidence toute la singularité et le génie de l’écrivain, le poète, l’esthète et… l’enquêteur. A coup de déductions faciles ou alambiquées, l’intrigue ressemble à celles qu’élucident Sherlock Holmes et le Docteur Watson. « Elémentaire mon cher Robert ! » une petite phrase qui traduit toute la complexité des raisonnements et laisse ébahi l’assistant.
On traverse la fin du XIXème siècle avec des personnages, des peintures, des expositions, des oeuvres… Oscar Wilde est peint avec amitié, vénération, amour.
Quant à l’écriture de Gyles Brandreth, elle a su me captiver, me surprendre, me faire sourire. Il semble que l’auteur se soit inspiré de Conan Doyle et d’Agatha Christie. La truculente verve du personnage principal, Oscar, oscille entre pitreries et facéties dramatiques, c’est à mon avis la moelle de ce livre.
Nous continuons très prochainement la série et j’espère retrouver le même esprit.
Un livre à recommander.

Billets de la LC : Eiluned, Tome 1,  Aymeline, Tome 1, Blod, Tome 1

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Oscar_WildeOscar Wilde

Des billets chez Adalana, Sharon, Le Papou, Ys, YueYin, Cryssilda, Morgouille,
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