Aide-moi si tu peux

aide-moi si tu peuxAide-moi si tu peux
Jérôme Attal

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Stéphane Caglia, alias John Franju, est capitaine de police judiciaire. Sous les ordres du colonel Brousmiche, il a infiltré et démantelé une mafia très importante, le Souterrain stellaire. Après une opération commando, la plupart des bandits ont été arrêtés, mais à l’image d’une hydre, il est à craindre que le réseau ne soit pas totalement supprimé. Aux dires de Ned Mangin, un trafiquant d’armes, il reste encore l’Élégant, un tueur à gage, rempli de doutes sur Franju.
Alors que Caglia, surnommé Cague par la brigade, surveille ses arrières, le colonel Brousmiche lui demande de rappliquer sur la scène d’un crime.
Une femme de ménage a découvert son employeur, Maxime Fourque, assassiné par strangulation (presque une décapitation), chez lui. L’arme est une corde de guitare, une corde de ré. La fouille de l’appartement fait très vite apparaître un autre trophée macabre. On découvre dans le congélateur la tête d’une jeune fille dont l’identification se fera plus tard…

Benjamin est le seul à s’inquiéter de la disparition de sa voisine, la jolie Tamara, dont il est éperdument amoureux. D’après ses amies du lycée, elle serait partie en quatrième vitesse à un rendez-vous et depuis, plus rien. En enquêtant sur Tamara, il apprend qu’elle était passionnée par les Beatles, qu’elle chantait et qu’elle postait des vidéos sur You Tube. Sur son vélo, il retrace son parcours et essaie de la retrouver. Il ne découvrira qu’une page portant un mot crayonné de sa main « Help me if you can ».

Habitué à travailler seul, Caglia peste ! Sur ce coup, on lui impose une coéquipière, Prudence Sparks, une charmante anglaise. Si l’un est ingérable (ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Cague), la deuxième a une allure so british.
L’enquête multiplie les pistes, mais deux ramifications se joignent, la guitare et les Beatles.
Il y a un assassin à découvrir et un autre à éviter… l’Élégant.

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Je n’ai jamais lu Jérôme Attal, mais j’ai vu sur des blogs amis qu’il avait une plume originale. L’écriture, il la décline avec des romans, des chansons et des scénarios de films. Il est auteur mais aussi interprète.
Plume originale… je confirme ! Il donne à son personnage, le capitaine Caglia, une énergie complètement farfelue et le rend fan des années 80. Pour l’expliquer, il raconte qu’il devient orphelin de mère dans ces années là, et tout ce qui concerne cette époque, le rapproche d’elle. (Mon enfance défile dans ces souvenirs ; hit-parade, émissions télé, films, dessins animés, premiers jeux vidéo… nostalgie heureuse). Donc, Caglia, dit Cague parce qu’il est assez chiant, se réfugie dans les années 80 comme s’il s’enroulait dans une douce couverture, chaude et réconfortante. Sa mère décédée, son père devient son modèle. De lui, il hérite de sa soif de justice, son acharnement, son endurance. Sa violence, sa folie, son esprit décalé qui donne au roman un ton surréaliste, il les cultive et s’en fait un bouclier. Il n’est pas toujours évident à suivre, les premières pages du livres sont insensées, mais il faut tenir bon et persévérer, s’habituer à lui. Très vite l’intrigue se développe et, par son cheminement traditionnel, stabilise l’histoire.
Du rythme, des répliques pleines d’humour, acérées, du visuel, un style graphique car parfois on se croirait dans une bande dessinée, des personnalités bizarres dotées de patronymes drôles, un scénario classique qui se confronte à de l’absurde, du Comics avec un héros qui porte un tee-shirt Albator contre une société secrète, le Souterrain stellaire, le duo Caglia-Sparks qui est fort intéressant… tout m’incite à vouloir lire une suite et à vous le recommander.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas l’intrigue policière qui est saisissante mais Stéphane Caglia, « un flic pas comme les autres ».

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D’autres billets chez MissLéo, Karine, Alice, Titine, L’Irrégulière, Cryssilda,

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