Une recette top secrète


Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les samedis sont albums jeunesse !
Billet n°14

 

 

Une recette trop secrète
Texte de Quitterie Simon
Illustrations d’Olivier Latyk

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Lorsqu’une sorcière désire cuisiner « une soupe de fillette dodue aux limaçons » et quand elle ne trouve pas l’ingrédient principal, à savoir la fillette et non les limaçons, que fait-elle ?

Une recette trop secrète 1Elle transforme sa maison en une véritable bonbonnière comme son ancêtre l’avait fait pour Hansel et Gretel… Venez, venez mes mignonnes…

Le leurre ayant marché, Colette la sorcière ne tarde pas à recevoir la visite d’une petite fille du nom d’Angèle, qui surprise de voir un intérieur bien singulier garni de « bocaux de chauves-souris et de rats confits, de guirlandes de serpents séchés », et autres gourmandises, parcourt la maison dans ses moindres coins en posant toutes sortes de questions.

En essayant de se montrer une hôtesse charmante, Colette commence à faire son bouillon. Mais tout va aller de travers ! Angèle est une petite fille très vive qui devient vite insupportable.
Et que fait-on avec les enfants insupportables ?
On les perd ! On les perd et on les laisse sur le chemin d’un ogre.
L’idée est très séduisante ! Alors Colette propose à Angèle une promenade dans les bois…

N’ayez aucune crainte chers lecteurs, dans ce conte, les enfants peuvent se montrer bien plus affreux qu’une sorcière et un ogre ! Colette va en faire la cruelle expérience et reconnaître qu’une diète de quelques mois ne serait pas si grave.
Je vous recommande cette petite histoire délicieuse ! Courte, marrante, bien illustrée avec des couleurs toniques, et imprimée avec de gros caractères, elle est parfaite pour les enfants qui commencent à lire.

 

Une recette trop secrète 2

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Recherche sorcière désespérément


Un mois de sorcellerie pour Halloween avec Hilde et Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°2

Recherche sorcière désespérément
Eva Ibbotson

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A Todcaster, le très beau et grand sorcier du Nord ami de Belzébuth, Arriman l’Affreux, s’ennuie dans son manoir des Brumes.
« Lester, je suis fatigué. Je suis las. Je m’ennuie. »
Ne pouvant le sortir de sa morosité, Lester son valet (un ogre) et M. Ledbetter son secrétaire (un homme avec une petite queue comme un chien) désespèrent de le voir ainsi. Pour le divertir, ils décident alors de présenter à Arriman la voyante Esméralda qui lui prédit qu’un petit sorcier viendra prendre la relève, le déchargeant ainsi de ses responsabilités. Cette prophétie l’ayant enchanté, Arriman prend enfin son mal en patience et… attend… Il attend, longtemps… créant pour l’occasion un superbe lion, le Sorci-Sentinel, qui surveillera des vigiles, les têtes des quatre points cardinaux.

Pour patienter, entre deux tourments qu’il inflige au monde, Arriman se donne l’objectif de rentrer en contact avec le fantôme du manoir, le chevalier Simon Montpelier qui a tué ses sept femmes. De jour et de nuit, l’âme pénitente erre dans la demeure en gémissant et en se tapant le front, incapable de communiquer avec les autres. Pourtant, il aurait tant à dire en régalant son auditoire de ses frasques assassines ! Il serait alors un très bon convive, un très bon ami… Seulement, livres de nécromancie et magie noire ne sont d’aucune aide.

Puis un jour, en se regardant dans le miroir, Arriman voit son premier cheveu blanc. Et c’est la catastrophe ! Toujours point de petit sorcier à l’horizon et il vieillit ! Et si la voyante avait menti ? se chuchotent entre elles les têtes postées sur le domaine.
Pour éviter un drame,
Lester et M. Ledbetter lui proposent d’organiser durant la semaine d’Halloween un concours pour lui trouver une épouse. Évidemment, elle sera une sorcière féroce, une sorcière noire à qui rien ne pourrait résister !
Un mariage… l’idée est séduisante ! Concevoir un bébé… Mais les sorcières de Todcaster sont hideuses ! Affublées de furoncles, d’écailles et autres disgrâces, elles ne sont intéressantes que pour leurs pouvoirs ! Bref,
qu’il en soit ainsi ! Arriman se pliera bon gré mal gré aux désidératas de ses serviteurs. Il va prendre femme !

La nuit du Sabbat, les sorcières célibataires, jeunes et vieilles, se donnent rendez-vous. Toutes ont la particularité d’appartenir à la force noire, toutes, sauf une… Belladonna est ce qu’on appelle le vilain petit canard de la bassecour car elle dépend de la magie blanche. En elle, rien n’est noir et tout est bon, délicat et aimable. Elle soigne, elle embellit, elle offre du bonheur.
Émus par cette blonde sorcière, Lester et M. Ledbetter se persuadent de lui donner sa chance. Elle aura donc une semaine pour se découvrir des pouvoirs mauvais et s’entrainer à changer une machine à écrire en un nid de vipères.

C’est dans la forêt du domaine des Brumes, que Belladonna rencontre un petit garçon solitaire qui pleure Rex, son meilleur ami qui se meurt. Rex est un ver de terre et Terence Tronch est un orphelin qui habite le foyer des enfants trouvés. Entre la jeune sorcière rejetée par sa confrérie et le jeune orphelin trop laid pour être adopté, un lien d’affection se tisse de suite. L’une va lui donner sa protection et sauver Rex, l’autre va l’aider dans ses exercices de sorcellerie. Il faut qu’elle obtienne la meilleure note car Belladonna est amoureuse du grand sorcier.
Tout semble se dérouler comme il se doit avec les mesquineries et les bassesses des candidates aux épousailles, quand une fée enchanteresse du nom de Olympia arrive. Plus noir qu’elle, tu meurs !

Pour le tournoi donné dans le parc du manoir, entrent en lice les sorcières, les sirènes, et les fées hurlantes, avec leurs épouvantables incantations et leurs démons. Qui des sept sorcières subjuguera le maître et aura l’extrême honneur de l’épouser ?

Je vous recommande cette belle histoire qui parodie certains contes en les tournant en dérision et qui allie au fantastique beaucoup d’humour, d’extravagances et d’émotions. Dans ce monde, Eva Ibbotson ne craint pas de louer les plus viles pensées et les actes les moins honorables, mais comme dans tout conte qui se respecte c’est pour mieux glorifier les sentiments les plus beaux. La morale est sauve !
Vous trouverez dans cet univers burlesque des personnages charmants et d’autres beaucoup moins, de l’amitié, de la tendresse et de l’amouuurrr…

« – Arry chéri… ?
– Oui, mon trésor… »

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Illustration de Gianni de Conno

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Le marquis d’Anaon, L’île de Brac – Tome 1

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Les mercredis BD avec Mango and Co

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Le-Marquis-dAnaon-Tome-1
Le marquis d’Anaon
L’île de Brac – Tome 1
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Une île, au large des côtes bretonnes, au XVIIIe siècle,

Précepteur, Jean-Baptiste Poulain arrive sur l’île de Brac pour s’occuper du fils du baron de Brac, mais à peine débarqué, il prend conscience de l’hostilité des villageois pour cet homme qui semble régner en despote… « l’Ogre ».
Conduit au manoir par Yvon l’intendant et bras droit du baron, le jeune homme reçoit un bon accueil par le maître qui se révèle être un personnage fort aimable, proche des gens qui l’entourent. Mais un drame survient le soir même… On vient de découvrir le corps de Nolwen, le fils du baron ; le jeune garçon aurait été piétiné par son cheval.
Le bateau qui l’avait amené étant déjà parti, Jean-Baptiste ne peut retourner sur le continent et se voit obliger d’accepter l’hospitalité du baron pour un mois.

img550bRetrouvant le conteur qu’il avait rencontré lors de son voyage, Jean-Baptiste s’entretient des mystères de l’île, du décès du pauvre enfant et des soupçons qui l’obsèdent.
Il y a des légendes qui puisent leurs origines dans la vérité. Quinze ans auparavant, on a retrouvé dans la forêt des restes de corps d’enfants. Même si le meurtrier a été arrêté, des rumeurs continuent à se répandre et à alimenter le mythe du gardien  de l’autre monde.

« – Alors peut-être croirez-vous la légende qui prétend que l’île cache une porte… une porte donnant sur l’autre monde.
– Vous voulez dire de l’au-delà ?
– Ce n’est ni tout à fait la mort, ni tout à fait la vie : l’autre monde est partout autour de nous, mais sans qu’on puisse le voir. C’est le royaume des êtres féériques et des esprits errants, le domaine secret où se cachent les créatures qui hantent nos rêves et assaillent les fous. On dit que quelques hommes courageux ont franchi cette porte guidés par un lièvre ou un cerf blanc, et qu’ils en sont revenus chargés d’or… mais vieillis de mille ans. On dit aussi que cette porte a un gardien… un monstre sans pitié… »

Jean-Baptiste, l’étranger qu’ils appellent marquis d’Anaon, le Seigneur des âmes en peine, va être confronté à la hargne des villageois et à de diaboliques manigances.

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On découvre dans ce premier album, le personnage de Jean-Baptiste, un jeune homme intelligent et curieux, ancien étudiant en médecine, pris dans le fantastique des contes et légendes des terres de Bretagne. Histoires de naufrageurs, de mondes parallèles, de fantômes, d’un ogre qui tuerait des enfants, et bien d’autres intrigues qui racontent l’obscurantisme, face sombre du siècle des lumières.
J’ai aimé le scénario et le graphisme. L’ambiance est noire, un peu dépouillée, violente et inquiétante. La peur est omniprésente… tout pour me plaire !
Jean-Baptiste, enquêteur de l’obscur, va voyager. Dans le prochain tome, nous le trouverons en Auvergne, avec « La vierge noire ».

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