La femme du vampire


Voyage de Lou et Hilde, destination Halloween

Un livre offert par Mia
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La femme du vampire
Nina Blazon

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Quatrième de couverture :
« Il y a des instants dans la vie où le coeur s’arrête de battre et où le sang se glace. Aujourd’hui, je sais que c’est le baiser de la mort qui nous effleure pendant ces quelques secondes.

Au XVIIIème siècle, en Serbie, la jeune Jasna est vendue par son père à Jovan, un riche propriétaire, qui cherche une épouse pour son fils Danilo. Elle quitte alors ses soeurs et la maison paternelle pour s’installer dans les trois mystérieuses tours de la famille Vukovic.
Très vite, Jasna réalise que son mari cache un sombre secret. Une fois le mariage célébré, il ne l’approchera plus jamais. Des faits effrayants se produisent : morts suspectes de villageois, moutons égorgés, chevaux blessés… Danilo serait-il un vampire ? C’est avec Dusan, un bûcheron fantasque – le seul à lui avoir tendu la main -, que Jasna va découvrir toute la vérité. »
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Suite à un jeu chez Mia, pour le lot gagnant, j’avais à choisir un livre entre plusieurs. Mon choix s’est porté sur celui-ci car les critiques annonçaient une histoire différente…

Elle débute comme un conte… l’hiver, la neige, des bourrasques de vent, la nuit, une forêt, une masure éloignée du village, une famille pauvre, un père violent qui élève seul ses cinq filles, un criminel qui rode dans les parages avec sa bande, et… un homme égaré qui tape à la porte en demandant l’hospitalité ; ami, loup, démon ? il faut montrer patte blanche.
La quatrième de couverture annonce le prélude : une jeune fille de quinze ans vendue à un inconnu qui souhaite la marier à son fils. Le mot vampire est dans le titre et on l’associe aussi au futur marié.

Nous sommes dans un temps obscur, une Europe de l’Est meurtrie par les guerres et les invasions, une campagne imprégnée de folklore, de rites, de superstition, de religiosités et de barbaries.
Le personnage de Jasna a un beau tempérament. Guerrière dans l’âme, elle peut aussi se montrer respectueuse des traditions et de ses aînés. Dans une région hostile et étrangère, elle est une « apatride » qui recherche à s’implanter, avec courage et dignité.
Sur le domaine de sa riche belle-famille, il y a les tours dont une est délabrée, inspirant la peur, le danger. Un drame s’est produit et personne ne doit en effleurer la pensée. Il y a Néma, la domestique muette, dont les yeux sombres renvoient tour à tour de l’hostilité et de la prévenance, Siméon, l’homme de confiance de la famille, un être compatissant et de bons conseils, Jovan, son beau-père, un homme torturé, toujours en conflit avec son fils et Danilo, un jeune homme mystérieux, souvent absent, son mari.
Après ces terres, au-delà des bois et des routes réputés maléfiques, il y a le village qui rejette la magie noire, le diable et les fables sanguinaires. Aucun chrétien n’adressera la parole aux maudits Vukovic et la terre ne sera pas souillée par leurs sépultures.

L’ambiance dès le début est donnée et s’enrichit d’arcanes surnaturelles dues aux histoires imaginées et d’énigmes plus terrestres avec les meurtres de villageois. Tiraillée entre deux mondes, Jasna est partagée et mène le lecteur dans sa quête de vérité.
Loups-garous, vampires, esprits possédés, pacte avec le diable, mêlent leurs légendes à des intrigues, une vengeance et une romance… l’auteur dévoilent dans cette histoire l’ascendance de Dracula, d’une manière plus édulcorée que les faits rapportés à cette époque, en 1731. Car, à la fin du roman, elle écrit que, comme elle, Bran Stoker et John Pilidori se sont inspirés de vieux rapports racontant des évènements qui se seraient passés au XVIIIème siècle, entre l’Empire Ottoman et les Habsbourg… « Des gens mouraient dans des circonstances inexplicables, comme dans la région de la Morava. Les villageois, persuadés qu’un vampire hantait les lieux, demandèrent au commandant autrichien la permission de détruire ce mort-vivant. Une délégation fit le voyage, examina le corps et exhuma aussi les autres morts. La destruction (enfoncement d’un pieu dans le coeur, décapitation, crémation) fut autorisées et l’on rédigea un rapport médical précis… Ce rapport du commandant Fluckinger suscita un intérêt proche de l’hystérie qui déclencha dans toute l’Europe une vague de traités et d’analyse. »
Ces anecdotes s’enracinent dans des croyances encore plus vieilles, confondant les esprits du Malin.

Un livre jeunesse qui se lit très facilement, intéressant pour les informations historiques distillées avec intelligence, pour les images qu’il apporte, sombres, romantiques, féodales,  et pour les mystères qui entraînent notre lecture à tourner les pages plus vite. Quant à la romance, elle est à mon goût beaucoup trop légère, pas assez soignée, pour mon cœur de Midinette. Je rejoins donc l’avis de Shelbylee.
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