La dame qui tue


« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I
L’assassin est au collège, Tome II

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la dame qui tueLa dame qui tue
Marie-Aude Murail

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Italie, Voltuci,

Nils Hazard, professeur en Étruscologie, reçoit une lettre de ses étudiants partis faire des fouilles en Italie. Ils auraient trouvé des tablettes d’argile près d’une tombe. Aussitôt, Nils souhaite les rejoindre avec sa secrétaire et assistante, Catherine Roque….

Il retrouve avec joie son ami le professeur Massimo Paleotti, mais ce plaisir se teinte de colère lorsqu’il apprend que leur découverte n’est en fait qu’une vilaine plaisanterie de potache ! La déception est amère, toutefois, puisqu’il est sur place, Nils décide d’approfondir les fouilles. La tombe a un atrium avec des salles dont une a un labyrinthe. Celui-ci pourrait les mener au trésor, la chambre funéraire du roi Porsenna.
L’endroit est peu sûr et il semble que l’on ait mis des pièges pour dissuader l’envahisseur ou les tombaroli, des pilleurs de tombes qui ont déjà essayé de se faufiler dans le dédale. Rien ne refroidit l’enthousiasme de Nils et rien ne freine son avancée, pas même la jambe cassée d’un de ses étudiants, ni les légendes sur la Dame qui tue, ni les jérémiades de Mateo, un pauvre fou… rien, sauf deux squelettes.
Police et médecin légiste se penchent sur les os. Pas besoin de carbone 14 pour voir que les cadavres ne datent pas du VIème siècle avant J.C. ! Un homme et une femme, jeunes, tués par balle, racontent une tragédie survenue il y a une trentaine d’années.

Nils, toujours avide de mystères à élucider, commence son enquête, en parallèle de celle menée par la police qui pense à un suicide passionnel. Dans la famille de feu Marcello Marzetto, l’archéologue qui a découvert la tombe, sa femme, Graziella Marzetto, est la seule à pouvoir apporter quelques informations susceptibles d’étayer l’investigation. Entourée de sa fille, son gendre et ses petites-filles, elle se rappelle trente ans auparavant de la disparition de sa sœur jumelle et de son mari.

Vieille histoire qui ne refait surface qu’avec la reprise des fouilles archéologiques et la découverte des squelettes ? Hélas, non ! Bientôt, un meurtre actualise la tragédie.
Quel est ce fantôme de la Dame en noir qui tue ? Légende ou alibi ?

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Le troisième tome des aventures de Nils Hazard confirme les traits de caractère dévoilés ou suggérés dans les épisodes précédents. Notre professeur est un enquêteur pointilleux et perspicace. Mais s’il est toujours soucieux d’établir la vérité, il est capable aussi d’adapter ses conclusions et de rendre une justice personnelle. 
Avec les fouilles qui livrent ses secrets et son lot d’aventures à la Indiana Jones, il y a une énigme à résoudre. Elle est sinueuse et diabolique, faite de faux-semblants.
En ce qui concerne ses rapports avec Catherine, ils sont toujours fantasques. Leurs réparties sont impertinentes, ils se vouvoient (même dans un lit), cachent leur tendresse et Nils, goujat, continue à reluquer la gente féminine. Il faudrait que Catherine lui rende la pareille… Si j’ai aimé les décors, l’histoire et le suspens, j’ai un regret sur la personnalité de Nils qui reste dans son univers et garde ses distances. Il se fait traité de « vieux beau » par un de ses étudiants et je partage entièrement ce sentiment !
Cette lecture est difficile à définir car elle a un côté désuet qui détonne. On ne sait exactement où la situer dans le temps, elle est actuelle et vintage ! Comme je le disais précédemment, elle me rappelle mes livres de la bibliothèque verte.

Je continuerai la série avec mon amie Nahe et « Tête à rap ».

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Van_Baburen_-_Mucius_Scevola_devant_Porsenna.

Peinture de Dirck Van Baburen – Mucius Scevola devant Porsenna

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L’assassin est au collège


« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I

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l'assassin est au collègeL’assassin est au collège
Marie-Aude Murail

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L’inspecteur Berthier vient chercher le professeur Nils Hazard pour une investigation discrète au collège Saint-Prix à Queutilly-sous-Doué. Depuis ses dernières énigmes élucidées avec succès, Nils peut être considéré comme un enquêteur perspicace. Il a la faculté de pénétrer les histoires et de les disséquer avec finesse et clairvoyance. Cette aptitude, il la partage de façon plus active avec la belle Catherine Roque, son élève, qui désormais, reste à ses côtés en tant que secrétaire et… douce amie ! Dans ce duo, on peut dire qu’il y a « la tête » et « les jambes »…

Au collège, des mystères inquiétants perturbent l’ambiance et annoncent des incidents alarmants. On a retrouvé dans le casier du professeur d’histoire un paquet de copies corrigées avec du sang humain, le directeur Mr Agnelle reçoit des menaces, il en devient fou, et la petite Claire Delmas rédige des rédactions très étranges, où elle met en scène des meurtres à répétition.

Chargé de clarifier et de trouver l’origine de cette atmosphère morbide, Nils prend la place du professeur d’histoire en arrêt de travail pour dépression. Mais à peine arrivé, alors qu’il lit les messages anonymes reçus par Mr Agnelle, voilà qu’on annonce une défenestration ! C’est Claire, la petite sixième, qui a sauté par la fenêtre. Heureusement, elle n’a qu’une entorse, mais que s’est-il passé ? Les explications sont incohérentes, elle raconte une présence qui lui voulait du mal. Quelle est la part imaginaire et celle bien réelle qui inquiètent Nils ? Sans perdre de temps, il est propulsé au devant d’une classe de jeunes enfants perturbés, fantasques, indisciplinés, trop habitués à chicaner leurs professeurs. Face à eux, Nils a bien du mal à garder son calme, mais le soleil lui vient en aide… un rayon, et le cours commence, captant l’attention des jeunes zouaves… « Du temps qu’il vivait sur la Terre, dans son château d’Héliopolis, le Seigneur Râ, chaque matin, ouvrait les yeux et c’était l’aube… ».

Du côté des professeurs, toutes les personnalités sont réunies pour lui faire un bon accueil – la walkyrie, le névrosé, le maladroit, le sympa – mais Nils reste vigilant car le « perturbateur » est peut-être dans la salle des profs !
Faire connaissance avec tout ce monde, repérer les lieux, entrées-sorties, des salles de classe au réfectoire, en passant par les chambres des pensionnaires au deuxième étage, s’imprégner de l’environnement mais aussi de l’ambiance et des petits secrets des uns et des autres, Nils s’implique totalement dans l’enquête. Un assassin rôde et de sombres pressentiments se concrétisent lorsqu’il découvre une petite bouteille portant une étiquette « curare » ; poison ou simulacre ?

Sur les lieux, arrive Catherine Roque, charmante cantinière au service des ventres affamés et de son mentor Nils Hazard…

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Dans ce deuxième tome, je retrouve les héros de Marie-Aude Murail avec plus de plaisir que je ne l’aurais cru. L’histoire conductrice du premier volume était surprenante dans sa construction et ses personnages, je ne m’attendais pas à cela et je me suis montrée critique. Pour cette suite, je le suis beaucoup moins car j’ai aimé. Le style, sans parler de l’écriture intelligente de l’auteur, est très accrocheur ; angoisse, fébrilité, émotion, humour, action. Il a également un petit air vintage des romans de la bibliothèque verte qui se combine à une intrigue qui n’a rien de puérile.
Nils Hazard, professeur en étruscologie, a un charme particulier. Dans les situations périlleuses et dans les moments de tendresse, c’est là qu’il est le plus comique et le plus attendrissant. Catherine Roque, bien qu’amoureuse, ne le ménage pas. Il en sort des scènes cocasses et enflammées… ils ont la répartie mordante.
Conclusion… je recommande ce début de série. Le premier est indispensable pour comprendre la double personnalité de Nils dont l’indifférence et l’ironie affichées ne sont que façades et ce second tome qui donne le ton des épisodes à venir, ni enfantins, ni trop tragiques.

Je compte poursuivre avec mon amie de lectures communes Nahe, avec « La dame qui tue ».
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Des billets chez Nahe, Sharon,

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râAtum Râ

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Dinky rouge sang

Lecture commune avec Nahe
Deux semaines de vacances avec une bibliothèque jeunesse

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Dinky rouge sangDinky rouge sang
Marie-Aude Murail

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Nils Hazard, trente-quatre ans, est un professeur d’histoire à la Sorbonne, spécialisé dans la civilisation étrusque. Proche de ses élèves, il aime tisser des liens en dehors de ses cours. C’est ainsi qu’il lie une amitié particulière avec Catherine Roque.
Lorsqu’il fait la connaissance des jumeaux Roque, Nils ne peut s’empêcher d’être perturbé par les tics grimaçants de Frédéric, le frère de Catherine, et quand il demande de quelle pathologie il souffre, on lui répond que rien ne peut l’expliquer ou la définir. C’est survenu dans son enfance alors qu’il était dans un camp de vacances. L’origine des rictus est certainement due à un choc émotionnel, une peur.
Pour Nils, si Frédéric revêt un « masque », c’est pour une bonne raison et cet argument, il faudra aller le chercher dans les souvenirs de l’enfance.

Nils sait de quoi il parle ! Dans une lettre confiée à son notaire pour Catherine, à ne donner que s’il devait décéder, il raconte en confession son expérience. Depuis l’âge de ses trois ans, époque où il est devenu orphelin, on lui a toujours fait croire qu’il était un monstre. Elevé par son grand-père, un homme taciturne et insensible, ce n’est qu’à l’adolescence qu’il a commencé à poser des questions sur sa filiation et à mener son enquête… Qui étaient ses parents ? De quoi sont-il morts ? Et pourquoi le maintient-on à l’écart de la famille ? Dans un grenier, il trouve les réponses, bien rangées, bien cachées…

Chasseur d’énigmes, c’est Catherine qui lui donne ce titre. Après avoir résolu l’histoire de Frédéric, elle lui soumet un deuxième mystère. Pourquoi son ex-fiancé a disparu du jour au lendemain sans une explication ?

On dit que les souvenirs des premières années s’effacent… « Ainsi un criminel de trois ans ne se souviendrait de rien à l’âge adulte et pourrait être considéré comme innocent, même par lui ». Nils sait bien que cette théorie est fausse, que tout est inscrit dans la carte mémoire et que les bribes enregistrées durant l’enfance peuvent plus tard réapparaître pour tout chambouler.

Avec Catherine, Nils élucide petit à petit les ombres qu’on lui soumet. La première étant la sienne, la seconde étant celle de Frédéric, la troisième, celle de ce fiancé disparu en emportant seulement deux pièces de son jeu d’échecs, la quatrième, celle d’un collégien qui bégaie, la cinquième… Solange, l’amie de Catherine, qui ne peut boire du chocolat… Anodine, petit défi, cette dernière est certainement la plus horrible des « devinettes » !

Nils Hazard, professeur d’histoire à la Sorbonne, spécialiste en étruscologie, et… chasseur d’énigmes.

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Étrange premier tome où l’on fait connaissance d’un enquêteur original. On peut imaginer le personnage comme un Indiana Jones spécial, plus dans l’intellect que le physique, qui laisserait à ses petites cellules grises toute l’imagination créatrice pour sonder les méandres de l’âme humaine et investiguer les traumatismes. Assisté de Catherine, plus sportive et pragmatique, ils forment un tandem charmant.
Je n’ai pas retrouvé le style de Marie-Aude Murail dans ce roman, cette plume qui m’émeut et qui me fait sourire. J’ai découvert une autre facette de son écriture, un peu plus distante, froide, avec un humour pince-sans-rire. Pourtant, lorsqu’elle conte l’histoire de Nils, il y a matière à s’émouvoir… et à avoir des frissons.
Baladée dans le début du livre, même égarée, j’ai eu du mal à comprendre la trame. Cette lecture demande de la concentration et de la patience.
Mitigée, un peu, je compte quand même lire le deuxième tome de la série en compagnie de Nahe. Je ne suis pas déçue, juste surprise, et je souhaite poursuivre l’aventure !
Bientôt… nous lirons « L’assassin est au collège ».

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dinky.
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