Herbier de Joséphine

Challenge Petit BAC d’Enna

Un livre offert par Babelio et les Éditions Flammarion dans le cadre des Masses Critiques

 

Herbier de Joséphine
Catherine de Bourgoing

 

Joséphine de Beauharnais, première épouse de l’empereur Napoléon Ier de 1796 à 1809, achète le château de Malmaison en 1799. Passionnée de botanique, elle fait transformer le domaine, qui de 60 hectares passe à 726 hectares en une vingtaine d’années. Les jardins s’enrichissent alors de plantes venues de pays lointains, se structurent suivant les inspirations et s’agrémentent de serres, dont une chauffée, appelée la serre chaude, qui est consacrée aux plantes rares et exotiques. Cette serre mesure 50 mètres de long et des arbres de 5 mètres de haut peuvent y pousser.

Le XVIIIe siècle, le siècle des Lumières, voit un grand enthousiasme pour l’étude de la botanique. Des naturalistes accompagnés de leurs jardiniers-récolteurs partent explorer le monde pour découvrir des plants inconnus qu’ils ramènent en Europe, pour les jardins royaux. Les végétaux circulent par réseaux, s’échangent et deviennent des gages diplomatiques.

Joséphine n’a pas été qu’une grande amoureuse et une impératrice, elle fut aussi une collectionneuse de plantes et, comme l’auteur le raconte dans son introduction, « une collectionneuse ambitieuse qui a donné une pulsion novatrice dans l’art des jardins et de l’horticulture »C’est à Malmaison que s’opère le miracle des fleurs. »

Louis-Martin Berthault et d’autres paysagistes de renom conçoivent des jardins à l’anglaise selon les désirs de Joséphine qui entretient une correspondance avec Joseph Banks, un imminent naturaliste britannique qui fut le président de la Royal Society à Londres durant une quarantaine d’années ; « Des allées sinueuses, de vastes pelouses, sept cascades et cinq petits ponts qui franchissent la « rivière anglaise »… ».
Elle reçoit
de nombreuses plantes que les Anglais ont ramenées de leurs expéditions de Chine, du Japon… roses, pivoines, lys, rhododendrons, glycines, asters, magnolias, chrysanthèmes, … et toutes ces merveilles aux variétés infinies ne pouvaient qu’émouvoir Pierre-Joseph Redouté qui les a dessinées à l’encre de Chine, avec une grande minutie. Joséphine nomme l’artiste son « peintre de fleurs ».

En charge du domaine, Étienne Pierre Ventenat et Aimé Bonpland, qui à la mort du premier prit le relais, s’associent à Pierre-Joseph Redouté pour répertorier les collections de Joséphine. Ils se partagent le descriptif à la loupe, entre science et art.

Dans cet herbier, Catherine de Bourgoing, adjointe honoraire au directeur du musée de la Vie romantique et commissaire de l’exposition Jardins romantiques français, regroupe près d’une centaine de planches peintes par Pierre-Joseph Redouté, dont la plupart ont été prises dans les ouvrages de ces messieurs, « Jardin de la Malmaison » et « Description des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre ».
Elle nous invite à voyager à travers une époque en mouvement, de continent à continent, de royaume en royaume, sur les traces des plus grands botanistes qui se sont embarqués pour des aventures palpitantes, à lire une multitude d’anecdotes croustillantes, l’origine des fleurs, leurs histoires, leurs particularités, à les trouver si belles, si rares, si envoûtantes… fragile
s ou rustiques. On redécouvre les roses, les roses de Redouté, dans les dernières pages comme pour un bouquet final, mais on apprend également que le peintre ne les a déclinées qu’à la mort de l’Impératrice.

Je vous recommande ce beau livre, source d’informations très intéressantes et d’inspiration, car il vous conviera peut-être à commencer un herbier ou à sortir crayon-pinceaux-encre-aquarelle…

 

 

1. Portrait de l’Impératrice Joséphine par Antoine-Jean Gros
2. Dahlia double « Choix des plus belles fleurs et des plus beaux fruits »
3. Anémone du Cap « Jardin de la Malmaison »
4. Rose cent-feuilles unique « Les Roses »

 

Double masque, L’Archifou, tome III, et Les deux sauterelles, tome IV

Logo-Sharon  Logo BD Mango Noir
BD Chez Mango, Animaux du monde de Sharon

La Torpille , Tome I
La Fourmi, Tome II

.

DoubleMasque3DoubleMasque4


.
Double masque

L’archiduc, Tome III et Les deux sauterelles, Tome IV
Scénariste, Dufaux Jean
Dessinateur et coloriste, Jamar Martin

.

Paris, 1803,
Napoléon songe à l’Angleterre, Chateaubriand part à Rome, Cambacérès pose problème…

Napoléon interroge son secrétaire particulier, Monsieur Lecanet, sur les états d’âme de son ami Monsieur Cambacérès, membre de l’Académie Française, deuxième consul et futur Archichancelier de l’Empire. Les affaires de coeur de ce dernier agacent Napoléon. Il ne voudrait pas que les moeurs de « Tante Turlurette », appelé aussi « L’Archifou », déstabilisent les affaires politiques, voire même l’armée.
« – Cela ne se peut ! Notre pays livré aux barbares par la faute de sodomites copulant dans les bivouacs alors que l’ennemi s’approche… Mais… ce serait la fin du monde !!
– Je ne vous le fais pas dire ! J’ai besoin d’hommes debout ! Pas couchés les uns sur les autres en groupes, en grappes, en pagaille ! »

… Alors que Napoléon pense sérieusement à sermonner Cambacérès, « L’Archifou » presse son cocher d’aller plus vite. Son jeune amant Friquet l’attend ; il n’a que trop tardé auprès du citoyen consul ! Dans la rue des Mauvaises Paroles, il se précipite fou d’amour dans l’appartement, s’étonnant que les meubles et les objets soient fracassés. Au second coup d’oeil, il découvre son jeune éphèbe poignardé dans une mare de sang.

Napoléon convoque François dit La Torpille. L’affaire est grave car les lettres intimes de Cambacérès à Friquet, ont été volées. Un maître chanteur du nom de La Fourmi réclame une forte somme, « très conséquente », pour ne point divulguer les mots enflammés. François, dans une enquête précédente, celle du coffret de voyage de Napoléon, avait rencontré l’homme qui se fait appeler La Fourmi. L’histoire n’est pas à prendre à la légère car cet être machiavélique est le maître des bas-fonds de Paris.
Napoléon en fait une affaire personnelle. On intimide pas les consuls !

Avant même que François entreprenne son enquête, des hommes cagoulés massacrent les gens d’une maison de prostitution appartenant à La Fourmi, à la recherche d’une fille, La Canette… la soeur de Friquet.
Il semblerait que s’entremêlent différents personnages pour de différents intérêts. Il ne manque plus que l’intervention de L’Ecureuil, agent au service de Fouché…

.
Troisième livre, nous retrouvons les acteurs des précédents tomes. Les masques commencent à tomber et la part de fantastique se profile dans les dernières pages. Le mystère de L’Ecureuil est dévoilé par Fouché lui même. Ci-après un minuscule spoiler : Camille de Lestac fut vendue par son propre père, à l’âge de douze ans à Fouché pour le remboursement de ses dettes de jeux.

Ce volume nous renvoie à un pan de l’histoire et à ses illustres sujets. Le Code Napoléon, en 1804, décriminalise l’homosexualité en France.
Le scénario, toujours animé, intéressant, avec ses touches d’humour, ses intrigues à la Vidocq, ses crimes crapuleux ou vengeurs, m’a vraiment captivée. Quant aux dessins, je les trouve plus attrayants que les premiers. Tout m’encourage à lire la suite…
.

DoubleMasque5

Paris, février 1804,
Les ambitions de Napoléon prennent tournure. Trois mois plus tard, il deviendra empereur…

Les princes de « l’ancienne maison royale » complotent un coup d’état. Des agents comme Jean-Charles Pichegru et le général Moreau ont été arrêtés. Un prêtre qui se fait appeler Sathanase débarque en France et rejoint les royalistes de la capitale. « Pour Dieu et mon roi », ils veulent la mort de Napoléon…
Le premier consul rappelle Fouché afin de les aider à
démanteler la conjuration. Cependant, doutant de cet homme cynique, il demande aussi à François de suivre l’affaire discrètement… « Vous agirez dans l’ombre, je laisse la lumière à Mr. Fouché ».

François, quant à lui, est obsédé par des questions sans réponse. Qui est cette femme africaine mystérieuse et voilée ? Quels sont les masques de Napoléon et La Fourmi ? Qui est Fer Blanc ? A ces interrogations, bien malheureusement, une vengeance va interférer. Il doit retrouver le meurtrier d’une douce amie et appliquer sa sentence.

Deux histoires s’entrecroisent, alors que trois cents dragons sont détachés pour aller arrêter à Rheinau le duc d’Enghien, prince Bourbon, pour le ramener à Vincennes.
.

Ce quatrième tome conte le complot avorté de Pichegru, Cadoual, Moreau et le duc d’Enghien. Le scénario mêle à l’Histoire, les arcanes politiques, l’amour et la vengeance. Si j’apprécie de plus en plus les dessins et les couleurs, je me suis un peu ennuyée dans cet épisode. Il est certain que cette parcelle de l’Histoire est toujours très intéressante à lire, mais j’aurais préféré pour ce quatrième tome, qu’on nous dévoile un peu plus sur les mystères des masques. De plus, le chassé-croisé des affaires, personnelles ou d’état, perturbent un peu la lecture.
Napoléon apparaît comme un despote de plus en plus grossier et infatué. Fouché, individualiste et insensible, ressemble à une fouine. Joséphine paraît douce, intelligent et maternelle. La Torpille et l’Ecureuil sont toujours aussi sympathiques.
Je continuerai à suivre ce beau monde avec plaisir… Jean Dufaux raconte en 4ème de couverture…
« … L’Abeille va donc s’envoler tandis que les fourmis creusent des galeries de plus en plus profondes… »

.
DoubleMasque4.
Des billets chez Lystig,

.
.