Enola Holmes, Métro Baker Street – Tome VI

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Le mois anglais avec Titine, Lou, Cryssilda – 13ème billet
La Communauté Sherlock, « God save the livre » d’Antoni, « XIXème siècle » de Fanny, « British mysteries » de Lou et Hilde, et « Thrillers-Polars » de Liliba
Une lecture commune avec Shelbylee et Manu

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La double disparition, tome IL’affaire Lady Alistair, tome II
Le mystère des pavots blancs, tome IIILe secret de l’éventail, tome IV
L’énigme du message perdu, Tome V

 

enola6Les enquêtes d’Enola Holmes
Métro Baker Street, Tome VI
Nancy Springer

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Juillet 1889,

Dans le manoir familial de Ferndell, Sherlock Holmes se fait remettre par la gouvernante Mrs Lane, un colis bien étrange dans lequel se trouve une lettre destinée à Enola. A n’en pas douter, l’enveloppe énigmatique, décorée d’arabesques au fusain, est l’œuvre de sa mère, Lady Eudoria Vernet Holmes, disparue depuis un an. Dans la famille, sa mère n’est pas la seule à s’être évaporée dans la nature… sa jeune sœur Enola se cache dans les rues de Londres pour fuir le pensionnat pour jeunes filles que ses frères lui destinaient…
Il est temps pour Sherlock de retrouver Enola ! et Reginald est celui qui l’aidera… A cela, le colley est bien d’accord, il est prêt à mettre sa truffe au service du célèbre détective.

A Londres, Enola s’est reconstituée une autre identité. Elle n’est plus Miss Meshle la secrétaire du Dr Ragostin, mais son assistante, Mrs Jacobson. Plus digne, plus affirmée, elle ne doute plus de ce qu’elle veut faire. Retrouver les personnes ou les objets qui disparaissent, est sa vocation. En ce mois de juillet, un jeune homme tourmenté arrive au bureau du Dr Ragostin en pestant après ces incapables de Scotland Yard. Sherlock Holmes étant absent, le duc Luis Orlando del Campo veut que le Dr Ragostin retrouve sa femme, la délicate et sublime Blanchefleur qui a disparu dans la bouche du métro de Baker Street. Enlèvement, fugue, aucune trace, aucune piste, rien ne peut supposer l’un ou l’autre. C’est en interrogeant les dames d’honneur de la duchesse et en se rendant sur place, dans les profondeurs de la station de métro, qu’Enola va débuter son enquête. Elle devra faire attention car son frère Sherlock qui est également mandaté pour retrouver la disparue, la suit de près… et quand on parle de Sherlock, on sait que Mycroft n’est pas loin…

Cette lettre envoyée par Lady Eudoria pour sa fille Enola, que veut-elle raconter ? Où est passée la douce Blanchefleur, aussi fragile qu’une porcelaine ? Sur la route de ses investigations, Enola croisera ses deux aînés, Sherlock et Mycroft, et curieusement, elle sera bien heureuse de les retrouver car l’entreprise est particulièrement dangereuse, la vie de Blanchefleur est menacée.
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Dernier tome de la série (à ce jour) et certainement mon préféré, nous retrouvons Enola et ses frères dans une enquête qui va les réunir. Le secret de leur mère sera aussi dévoilé dans un ultime message codé. Cet épisode est touchant car l’émotion va toucher les trois enfants Holmes.
Enola va fêter ses quinze ans, elle est déjà indépendante et très déterminée. Dans ce roman, nous la suivons dans le quartier de Baker Street et cette ligne de métro qui est ouverte depuis une vingtaine d’années déjà. On découvre un monde souterrain peuplé de « Toshers », des fouilleurs d’égouts, qui se partagent les lieux et qui revendent leurs affaires dans l’East End. J’avais déjà lu que tout se vendait dans ce quartier et que l’âme n’avait que peu de poids.
Au delà de l’intrigue, c’est toute une époque victorienne qui est abordée. Dans ce dernier livre, l’auteur fait une pirouette en revenant sur l’histoire du premier tome. Enola refusait de porter un corset, ou alors quelque chose de très relâché. Dans ce tome, Blanchefleur, comme toutes les femmes de ce temps, esclaves des dictats la mode et de la bienséance, a le corps atrophié par un corset « cuillère » (ce n’est pas sans rappeler les pieds bandés et réduits des Chinoises.). La femme est un objet, propriété de son mari, de ses parents, jamais libre de ses mouvements.
« L’une des pires cuirasses : le plus long des corsets en tout cas, enserrant sa victime du dessous des bras jusqu’au bas-ventre, avec cette « cuillère » d’acier destinées à interdire toute avancée du corps au-dessous de la poitrine, hormis une infime rondeur abdominale. Et depuis l’enfance ! »
Nous avons plaisir à voir Enola mener son enquête, se travestir et jouer à cache-cache avec ses frères. L’auteur l’affuble d’un humour bougon et moqueur qui est un de ses principaux charmes. Son intelligence n’a rien à envier à Sherlock, quant à sa soif de justice, elle est avant tout une générosité et une bienveillance envers son prochain.

Je vous recommande cette série qui est un plaisir de lecture ! Et je demande à l’auteur de nous permettre de retrouver Enola dans d’autres aventures, maintenant qu’elle à la permission des ses tuteurs…

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Des lectures faites en compagnie de deux copines, Manu et Shelbylee.

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Enola Holmes, La double disparition – Tome I

Lecture commune avec Manu et Shelbylee
Challenge victorien d’Aymeline

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Les enquêtes d’Enola Holmes
La double disparition, tome I
Nancy Springer

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Londres, août 1888,

Le soir dans les bas fonds de Londres, une autre vie s’anime et la misère du monde prend sa véritable dimension. Une silhouette féminine voilée erre dans les rues…

Quelques jours avant,

Enola ne sait pas pourquoi sa mère l’a appelée ainsi. Enola signifie « seule » (Alone). Est-ce que ce prénom la destine à la solitude ? Est-ce le leg à une fille, d’une mère réservée, secrète, indépendante, parcimonieuse de son attention maternelle ? Depuis sa naissance, Enola vit en retrait de toute société dans le manoir familial Ferndell Hall, une demeure ancrée dans la campagne de Kineford. Elle y vit avec sa mère, une femme excentrique pour l’époque, et un couple qui assume l’intendance de la maison. De sa famille, il ne lui reste que sa mère et ses deux frères, son père étant décédé lorsqu’elle avait quatre ans. Le jour des funérailles est un souvenir lointain qui garde l’image d’une querelle entre sa mère et ses frères aînés qu’elle n’a plus revus depuis.

Ces questions, Enola se les pose le jour de son anniversaire car pour ses quatorze ans elle se retrouve seule. Sa mère Lady Eudoria a disparu. Perdue dans ses incertitudes, elle n’a qu’un recours, c’est adresser un télégramme à ses deux frères résidant à Londres, Mycroft et Sherlock… Holmes.

Lorsque les deux hommes arrivent, l’incompréhension est totale. De la résidence qu’ils avaient laissée dix ans plus tôt, il ne reste qu’un domaine sauvage et abandonné… un domaine et une sœur. Leur cadette n’a rien de féminin, elle a poussé comme une plante grossière, non domestiquée et sans tuteur. Si tous deux sont stupéfaits de la situation, leurs comportements à l’égard d’Elona diffèrent. Alors que Mycroft peste et souhaite organiser sans délai le placement de sa sœur dans une pension, Sherlock s’inquiète de la disparition de leur mère et pose sur la jeune fille un regard attendri et curieux. Il faut préciser qu’Enola est un véritable garçon manqué, qui aime monter aux arbres, faire de la bicyclette, courir la campagne, porter des hardes et étudier toutes les matières, des sciences à la littérature.

Une école de perfectionnement pour jeunes filles… Cette idée terrorise Enola. Un carcan, un emprisonnement, des interdits, des contraintes, de la soumission, une lobotomie… un corset qui enserrera aussi bien la taille que l’esprit… En peu de temps, Enola envisage de fuir et c’est en trouvant les indices que sa mère lui a laissés avant de partir, qu’elle pourra se permettre d’exécuter son projet. Dans un carnet d’esquisses, elle offre à sa fille un code ingénieux avec le langage des fleurs. Les énigmes la mèneront à des cachettes secrètes dans lesquelles elle a placé une petite fortune en billets ; tout un pécule amassé durant une dizaine d’années.

« – (…) jamais je n’irai parfaire mon éducation dans un pensionnat de jeunes filles.
– Vous irez (…)
– Je n’irez pas. Donnez-moi une gouvernante s’il le faut, mais je n’irai pas dans un pensionnat. Vous ne pouvez m’y forcer.
Il radoucit le ton, mais ne céda pas.
– Je le peux et je le ferai.
– Et comment donc ? En m’enchaînant pour m’y traîner ?
Il leva les yeux au ciel.
– Bien comme sa mère, dit-il au plafond, puis il riva son regard sur moi, d’un air de persécuté si certain d’être dans le vrai que j’en eus le frisson. Sa voix se fit plus douce encore :
– Ecoutez-moi bien Enola. Je suis votre tuteur légal – et celui de votre mère aussi, d’ailleurs, c’est la loi qui l’affirme. Je peux, si je le veux, vous enfermer dans votre chambre jusqu’à ce que vous vous rendiez à la raison. Je peux prendre toute autre mesure nécessaire pour parvenir à l’objectif souhaité. Qui plus est, en tant qu’aîné, j’ai une responsabilité morale envers vous. Or il tombe sous le sens que depuis trop longtemps vous êtes livrée à vous même. J’interviens peut-être juste à temps. Et vous m’obéirez.
A cette seconde, il me sembla comprendre – comprendre immensément – ce qu’avait dû ressentir Mère au temps de cette brouille avec ses fils, à la mort de mon père. Et comprendre aussi pourquoi jamais elle n’avait parlé d’aller voir mes frères à Londres ni de les recevoir à Ferndell.
A cette seconde, il me sembla comprendre ce qui l’avait poussée à soutirer des fonds en cachette, des années durant, à son fils aîné. »

Équipée de sa bicyclette, de quelques tenues de rechange dont celle d’une veuve, d’un corset-armure-coffre-fort, de beaucoup de courage, de hardiesse, de liberté, d’imagination et  d’inexpérience, Enola s’engage dans une aventure qui changera sa destinée de façon irrémédiable. L’indépendance que sa mère lui a donnée est un cadeau inestimable qu’elle chérit avec reconnaissance et qu’elle compte exploiter, même si cette autonomie semble pesante à certains moments d’introspection.

Pour Enola, Londres et ses mystères sera un terrain de jeux… et pour Sherlock, Enola sera-t-elle son alter-égo ?
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Ce livre m’a été offert par Eiluned et je l’en remercie infiniment car cette lecture m’a ravie.

L’histoire introduit un nouveau personnage dans la famille Holmes. On connaissait dans les écrits de Conan Doyle le frère Mycroft et pour cette série, Nancy Springer a imaginé une petite sœur. Enola est intrépide, charmante, inventive, éduquée par une mère féministe et fantaisiste pour le XIXème siècle.
Après le départ de sa mère, Enola découvre un monde nouveau. A la tristesse de se retrouver seule, à l’inquiétude de la disparition de sa mère, s’implique une exaltation enivrante de liberté. Il semblerait que rien ne soit impossible… fuir, partir pour Londres, rechercher sa mère, enquêter sur le kidnapping du fils du duc de Baselwether, arpenter les quartiers malfamés des docks, se travestir pour changer d’identité, se trouver un logement, jouer avec les nerfs de ses frères et narguer les capacités d’investigation de Sherlock qui désespère de ne retrouver ni la mère, ni la sœur.
A la lecture de ce premier tome, les invraisemblances de l’histoire s’effacent rapidement. Si j’ai souri des mésaventures rocambolesques de la jeune fille, je me suis aussi laissée prendre à l’intrigue et à ses extravagants rebondissements.
Dans cet épisode, Enola rencontre l’inspecteur Lestrade, un ami de Sherlock. Elle essaie alors de garder son calme et calque sa conduite sur son frère pour son arrogance et sa désinvolture. Ce mimétisme lui apporte l’assurance qui lui fait défaut et devient une carapace protectrice.
Humour, suspens, époque victorienne, aventure… avec conviction, je conseille ce livre à toutes les jeunes filles (à partir de 9 ans) !

Retrouvez les avis de Manu et Shelbylee qui j’espère continueront avec moi les aventures d’Enola.

Illustration de 1900

Des billets chez George, Alice, Nahe, Patacaisse, Soukee, Catherine, Estellecalim, Eiluned,
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