Paris en octobre – 2

Suite du séjour parisien… après une balade au Louvre et l’expo de Hokusai au Grand Palais… Montmartre et Niki, nous voici !

Réveil avec le sourire, un petit-déjeuner, des viennoiseries, des figues, un thé, du miel. Nous sommes prêts pour l’ascension des marches de la basilique du Sacré-Coeur. Le ciel est presque blanc et l’atmosphère est douce.
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Après le Sacré-Cœur, nous nous sommes dirigés vers la place du Tertre… assez folklorique et commerciale. Déambulation dans les rues, nous nous sommes retrouvés devant le musée de Montmartre. Il y avait de la lumière, alors nous sommes rentrés… Un musée refait à neuf qui sentait bon le bois.

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En dehors des collections permanentes, nous avons pu admirer dans la première salle quelques aquarelles de Patrick Prugne pour son album « Poulbots ». Les planches étaient belles dans leurs couleurs et leurs compositions… si précises.

poulbots-couv_MGP4080_1Le parcours se fait dans la musique, Gymnopédies de Satie et autres chansons légèrement éraillées. Nous sommes seuls. Nous découvrons une multitude d’affiches, de peintures et de dessins… Toulouse-Lautrec, Steinlen, Valadon, Utrillo… qui racontent le cabaret du Lapin Agile, le Moulin Rouge et toute cette époque du Bateau-Lavoir.

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1. Huile sur bois, Enseigne du cabaret Le Lapin Agile d’André Gill
2. Dessin de Théophile-Alexandre Steinlen
3. Plume et aquarelle, « Femme costumée pour le bal des Incohérents » d’Henri Lanos

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1. Jeux d’ombres

2. Lithographie des Quat’z’Arts de 1894, de Louis Abel-Truchet
3. Huile sur bois, « Régisseur de cirque » vers 1885 de Joseph Benjamin Baptiste Faverot

bannmontmartre4 Fernand-Pelez_VachalcadeLa Vachalcade de Fernand Pelez, huile sur toile vers 1900

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MGP4081_1aCôté rue

Nous montons encore un étage et nous visitons la reconstitution de l’appartement-atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, son fils. On ferme les yeux, on s’y croirait… Tout est dans l’attente, la palette, le chevalet, les valises, la bouteille… la poussière.

   MGP4099_1aCôté jardin

. bannmontmartre5Chambre d’Utrillo   –   Porte-manteau de l’entrée

MGP4095_1aAtelier

MGP4097_1a   bannmontmartre6bannmontmartre7Ce musée est à conseiller ! ce fut une très agréable surprise. Nous sommes repartis avec des cartes et l’album de Prugne…

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Retour par les petites rues vers la place du Tertre pour le déjeuner. Nous avons suivi les conseils de la jeune femme du syndicat d’initiative pour un restaurant « Cadet de Gascogne ». C’était bien… mais la prochaine fois, j’aimerais aller au Moulin de la Galette, guère plus loin.

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Lorsque nous sortons du restaurant, l’atmosphère s’est légèrement rafraichie. Nous descendons, descendons, les rues… Nous croisons le passe-muraille Marcel Aymé, Le Moulin de la Galette, le Bateau-Lavoir (déception pour la façade), l’église Saint-Jean.

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bannmontmartre9bannmontmartre10bannmontmartre11bannmontmartre12Nous nous dirigeons vers le métro, il est à peine 14 heures, nous avons rendez-vous avec Niki de Saint-Phalle… suite dans l’épisode III… Quelle chouette journée !

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Poulbots

Logo BD Mango Noir
Les mercredis BD chez Mango

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poulbotsPoulbots
Patrick Prugne

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Ils étaient des enfants de Montmartre, des titis, des gavroches. On les appelait des Poulbots du nom de Francisque Poulbot qui les faisaient vivre dans ses dessins.
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Jean se rappelle juin 1905, Montmartre,

Les enfants de la butte, l’Aspic, la Ficelle, Trois Pouces et Manon, comptent sur Bismarck le crapaud pour faire un élevage de grenouilles. Dans un pré, aux dessus des habitations, ils organisent leur quartier général autour d’une mare, dans un vieux tacot mangé par les herbes. Lorsqu’un jour ils voient débarquer un promoteur assisté de son contremaître venus pour métrer le terrain, les enfants décident de se révolter en les accueillant à coup de lance-pierre. « Rien ne peut me faire renoncer ! »… crie Noblard furieux, tout en rebroussant chemin et en oubliant son fils Jean qui se retrouve alors aux prises des Poulbots. Quelle belle opportunité pour eux ! Ils vont le garder en otage et ainsi pouvoir réclamer une rançon. De l’argent, il en faut pour sauver les parents de La Ficelle qui ont perdu leur travail et qui vont bientôt camper sous une tente…
Alors que les poulbots contraignent Jean à écrire une lettre à son père, « le petit bourgeois » leur propose un autre plan…

« – Ajoute que tu as écrit cette lettre sous la torture !
– Mon père ne paiera jamais une telle somme !
– Mon œil ! Il est bien assez riche !
– Peut-être… mais il ne m’aime pas assez pour ça !
– Ben on verra s’il ne change pas d’avis quand il recevra une de tes oreilles !… »

Dans les rues de Montmartre, les chats de Théophile Steinlen attendent leur gamelle, Francisque Poulbot cherche l’inspiration hors de son atelier, Bibi-la-Purée « roi de la bohème » vagabonde au gré de sa fantaisie, au cabaret du Lapin Agile on trinque, on parle toiles et couleurs, le Bateau-Lavoir est plein d’artistes… Les bandes d’enfants traînent dans le quartier de jour comme de nuit, s’accordant un peu d’insouciance dans leurs jeux, fuyant leurs misères, parfois leurs parents. Nous sommes en 1905, c’est le début de l’été, malgré le dénuement dans lequel vivent les poulbots, la vie semble belle. Il leur reste encore une petite dizaine d’années avant d’en partir.
Jean, l’Aristo comme ils l’appellent, n’est plus solitaire, il a trouvé une famille.

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poulbots-couvAquarelle exposée au musée Montmartre
Photo personnelle recadrée

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Après la place du Tertre, on descend une petite rue, puis on prend à droite et encore à droite… Une pancarte « Musée Montmartre ». Nous rentrons, ça sent bon la sciure, les peintures, tout est propre, refait neuf, clair, beau. Il n’y a personne dans le musée… profitons ! La première salle qui nous reçoit a sur ses murs des aquarelles. Ce sont des planches de l’album « Poulbots » de Patrick Prugne. Nous nous penchons plus près, nous sommes admiratifs des dessins, de la finesse des détails, des couleurs intenses, douces, chaudes, vives. Sur la première, on trouve dans les bruns et les bleus de la nuit, une lumière qui illumine un enfant. Nous sommes séduits et attendris ; nous passerons à la boutique avant de partir !
De retour à la maison, je découvre… et, si les couleurs reproduites sont moins soutenues, je tombe immédiatement sous le charme de l’histoire, des dessins, du vieux Montmartre et des enfants. L’humour, l’argot, la fraîcheur, l’innocence des poulbots font sourire tendrement. Il y a le pré aux grenouilles que des investisseurs, « les raccourcisseurs de maquis », convoitent, Bismarck le crapaud qui ne pourra jamais être un mâle reproducteur de grenouilles, les rêves de Jean qui désirent être artiste peintre lorsqu’il sera grand, un trésor caché dans les cendres de la grand-mère… la solidarité, l’amitié, les bêtises, la liberté, les choses dures de la vie… C’est beau, trop vite lu, mais c’est le genre d’album que l’on aime laisser sur la table basse du salon pour le feuilleter encore et encore…
Dans la dernière partie intitulée « Les carnets », juste avant de fermer les rideaux, l’auteur nous offre ses esquisses sur l’étude des personnages et des décors. Les plans de rues
de l’Abreuvoir, du Mont-Cenis, et du cabaret du Lapin Agile ont été inspirés par de vieilles cartes postales.
Par ce billet, je vous incite à vous procurer cette bande dessinée et à aller visiter le musée de Montmartre.

D’autres billets chez Mo’, Maryline, Jérôme, Noukette,

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