Tiré à quatre épingles

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Le mois
Halloween avec Hilde et Lou
et Challenge Polars avec Sharon

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tiré à quatre épinglesTiré à quatre épingles
Pascal Marmet

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Paris au mois d’août,

Deux jeunes cambrioleurs, un aguerri et un novice, visitent un appartement d’un quartier chic de la capitale. Mais alors qu’ils se croyaient seuls, ils découvrent une femme d’une cinquantaine d’années, blessée, gisante sur le sol ; elle serait tombée des escaliers. Elle demande de l’aide au plus jeune qui ne peut rester insensible à sa détresse, et passe un marché avec lui. S’il téléphone au SAMU et s’il lui rend la statuette qu’il vient de lui voler, elle lui donne 5.000 euros. L’offre est intéressante car le morceau de bois sculpté n’est pas très beau ; plein de clous comme une poupée vaudou et assez bizarre. Au plus vite il s’en débarrassera, au mieux il se portera.

Au 36 Quai des Orfèvres, le commandant Chanel, en plein discours sur le départ de collègues, est interrompu par le capitaine Devaux. On vient de retrouver une femme tuée par balle dans son appartement. Albane Saint-Germain de Ray était la veuve d’un ancien préfet qui fut assassiné six mois auparavant sous le Pont Neuf.
L’équipe de Chanel étant en sous-effectif, le procureur lui octroie deux stagiaires de sexe féminin pour l’enquête. Certes, elles ont toutes les deux de bonnes appréciations, mais ce sont des femmes !… Sans misogynie aucune, Chanel ne veut travailler qu’avec des hommes et, si possible, sportifs et célibataires.

Caverne d’Ali Baba pleine de trésors, l’appartement des deux défunts révèle qu’ils étaient passionnés d’art primitif. L’enquête explorera pour commencer trois directions : le musée du Quai Branly pour les objets de collection, la Gare de Lyon à la recherche des petits malfrats, témoins ou meurtriers, et les méandres de la vie d’Albane, femme mystérieuse, araignée, qui en était à son troisième mari, son troisième veuvage.
Chanel va devoir composer avec toutes ces pistes et lui, le sage, « le mesuré », percera le côté sombre des âmes meurtries.

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Je rencontre parfois le nom de l’auteur sur les réseaux sociaux et je ne connaissais pas ses romans. C’est donc à travers ce titre que j’ai voulu le découvrir. La quatrième de couverture raconte le début d’une histoire policière assez simple et termine par « un polar haletant sur fond de sorcellerie » ; de quoi m’émoustiller, m’appâter ! Mais… Je suis navrée de dire que ma lecture a été peu haletante et peu surnaturelle. Il ne fallait pas que je me fie à cette accroche.
Si je sors mitigée de ce livre, c’est que son style (scénario et écriture) diffère des romans policiers que je lis habituellement (plus des thrillers). J’ai pourtant conscience que la comparaison n’est pas à faire car « Tiré à quatre épingles » a un petit côté désuet qui fait son originalité.
Le roman de Pascal Marmet se lit vite et sans trop d’ennui. L’intrigue est intéressante, les personnages sont curieux et l’ambiance est celle qu’on peut croiser dans un Maigret. Chanel a d’ailleurs cette force tranquille qui caractérise le personnage de Simenon, un être sensible, discret, derrière une façade bourrue, un peu machiste. Le suspense se distille de chapitre en chapitre avec une chronologie décousue. On lit le présent et le passé en essayant de récolter des révélations sur les protagonistes de l’affaire… Puis on tombe de Charybde en Scylla… sans toutefois trouver le véritable meurtrier.
En conclusion, c’est un roman sympathique qui pourrait être le premier d’une série… les enquêtes du commandant Chanel.

Je remercie Babelio qui m’a envoyé ce livre dans le cadre des Masses Critiques, les éditions Michalon et l’auteur qui a eu la gentillesse de le dédicacer.

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Quai BranlyStatue « nkisi nkondi » – Kongo/Vili
(Copyright : musée du quai Branly – Photo Ollivier/Urtado/Scala)

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Le marquis d’Anaon – La vierge noire, Tome 2

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Le-Marquis-dAnaon-Tome-2Le marquis d’Anaon
La vierge noire – Tome 2
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Au siècle des Lumières,

Jean-Baptiste Poulain a vécu sur l’île de Brac une étrange affaire ; ténébreuse, très dangereuse, elle fut pour lui l’élément déclencheur. Curieux, passionné par les énigmes, les légendes, les superstitions, la noirceur des âmes, les peurs qui les tourmentent, il a tout abandonné (au grand désespoir de ses parents) pour essayer de comprendre et élucider certains mystères. Sur des cahiers, il écrit ses réflexions et donne un compte rendu de ses sinistres enquêtes.

Lorsqu’il apprend que des diableries ont été commises en Auvergne, il n’hésite pas à quitter Paris à dos de mule et à rejoindre en plein hiver la région du Puy-Marie. La neige recouvre tout, bientôt c’est Noël, époque de l’année où les assassinats sont perpétrés. Des jeunes filles de la région ont été éventrées et brûlées par le démon qui hante la forêt près de la chapelle de la Vierge Noire, lieu de pèlerinage pour les gitans qui viennent tous les ans offrir des offrandes pour la protection des leurs.

Au village, on le prend pour un désenvoûteur et si la plupart sont des taiseux, quelques uns veulent bien se confier…
Ce n’est ni le comte, châtelain de la région, ni le prêtre du village qui donneront à Jean-Baptiste les informations qui le mèneront à ses premiers soupçons. Au contraire, ils désirent le voir partir. Pour eux, il ne faut point importuner les gens et réveiller la bête… Mais très vite, on découvre le cadavre d’une autre jeune fille. Le démon est revenu.
Jean-Baptiste, le marquis de d’Anaon qui règne sur le monde des âmes en peine, va mener l’enquête…

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J’ai trouvé le scénario de ce deuxième tome un peu moins captivant que le précédent, mais j’ai quand même pris plaisir à le lire et à regarder les dessins toujours aussi bons.
Jean-Baptiste n’est plus le jeune homme naïf qui a débarqué sur l’île de Brac, mais un homme plus affirmé et inquisiteur. Dans cette histoire, nous allons soupçonner tout le monde… le comte, le prêtre, le « tordu » du village qui s’est retiré dans la forêt et les gitans. Les superstitions, l’ostracisme et la discrimination sont les thèmes qui sont abordés et nous retrouvons toujours un monde sous l’emprise des plus noires croyances.
Contes et légendes… Jean-Baptiste écrit dans son journal toutes ses observations et dispense son humanité auprès des humbles gens.
Le prochains tome sera « La Providence »…

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Le marquis d’Anaon, L’île de Brac – Tome 1

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Le marquis d’Anaon
L’île de Brac – Tome 1
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Une île, au large des côtes bretonnes, au XVIIIe siècle,

Précepteur, Jean-Baptiste Poulain arrive sur l’île de Brac pour s’occuper du fils du baron de Brac, mais à peine débarqué, il prend conscience de l’hostilité des villageois pour cet homme qui semble régner en despote… « l’Ogre ».
Conduit au manoir par Yvon l’intendant et bras droit du baron, le jeune homme reçoit un bon accueil par le maître qui se révèle être un personnage fort aimable, proche des gens qui l’entourent. Mais un drame survient le soir même… On vient de découvrir le corps de Nolwen, le fils du baron ; le jeune garçon aurait été piétiné par son cheval.
Le bateau qui l’avait amené étant déjà parti, Jean-Baptiste ne peut retourner sur le continent et se voit obliger d’accepter l’hospitalité du baron pour un mois.

img550bRetrouvant le conteur qu’il avait rencontré lors de son voyage, Jean-Baptiste s’entretient des mystères de l’île, du décès du pauvre enfant et des soupçons qui l’obsèdent.
Il y a des légendes qui puisent leurs origines dans la vérité. Quinze ans auparavant, on a retrouvé dans la forêt des restes de corps d’enfants. Même si le meurtrier a été arrêté, des rumeurs continuent à se répandre et à alimenter le mythe du gardien  de l’autre monde.

« – Alors peut-être croirez-vous la légende qui prétend que l’île cache une porte… une porte donnant sur l’autre monde.
– Vous voulez dire de l’au-delà ?
– Ce n’est ni tout à fait la mort, ni tout à fait la vie : l’autre monde est partout autour de nous, mais sans qu’on puisse le voir. C’est le royaume des êtres féériques et des esprits errants, le domaine secret où se cachent les créatures qui hantent nos rêves et assaillent les fous. On dit que quelques hommes courageux ont franchi cette porte guidés par un lièvre ou un cerf blanc, et qu’ils en sont revenus chargés d’or… mais vieillis de mille ans. On dit aussi que cette porte a un gardien… un monstre sans pitié… »

Jean-Baptiste, l’étranger qu’ils appellent marquis d’Anaon, le Seigneur des âmes en peine, va être confronté à la hargne des villageois et à de diaboliques manigances.

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On découvre dans ce premier album, le personnage de Jean-Baptiste, un jeune homme intelligent et curieux, ancien étudiant en médecine, pris dans le fantastique des contes et légendes des terres de Bretagne. Histoires de naufrageurs, de mondes parallèles, de fantômes, d’un ogre qui tuerait des enfants, et bien d’autres intrigues qui racontent l’obscurantisme, face sombre du siècle des lumières.
J’ai aimé le scénario et le graphisme. L’ambiance est noire, un peu dépouillée, violente et inquiétante. La peur est omniprésente… tout pour me plaire !
Jean-Baptiste, enquêteur de l’obscur, va voyager. Dans le prochain tome, nous le trouverons en Auvergne, avec « La vierge noire ».

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Aide-moi si tu peux

aide-moi si tu peuxAide-moi si tu peux
Jérôme Attal

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Stéphane Caglia, alias John Franju, est capitaine de police judiciaire. Sous les ordres du colonel Brousmiche, il a infiltré et démantelé une mafia très importante, le Souterrain stellaire. Après une opération commando, la plupart des bandits ont été arrêtés, mais à l’image d’une hydre, il est à craindre que le réseau ne soit pas totalement supprimé. Aux dires de Ned Mangin, un trafiquant d’armes, il reste encore l’Élégant, un tueur à gage, rempli de doutes sur Franju.
Alors que Caglia, surnommé Cague par la brigade, surveille ses arrières, le colonel Brousmiche lui demande de rappliquer sur la scène d’un crime.
Une femme de ménage a découvert son employeur, Maxime Fourque, assassiné par strangulation (presque une décapitation), chez lui. L’arme est une corde de guitare, une corde de ré. La fouille de l’appartement fait très vite apparaître un autre trophée macabre. On découvre dans le congélateur la tête d’une jeune fille dont l’identification se fera plus tard…

Benjamin est le seul à s’inquiéter de la disparition de sa voisine, la jolie Tamara, dont il est éperdument amoureux. D’après ses amies du lycée, elle serait partie en quatrième vitesse à un rendez-vous et depuis, plus rien. En enquêtant sur Tamara, il apprend qu’elle était passionnée par les Beatles, qu’elle chantait et qu’elle postait des vidéos sur You Tube. Sur son vélo, il retrace son parcours et essaie de la retrouver. Il ne découvrira qu’une page portant un mot crayonné de sa main « Help me if you can ».

Habitué à travailler seul, Caglia peste ! Sur ce coup, on lui impose une coéquipière, Prudence Sparks, une charmante anglaise. Si l’un est ingérable (ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle Cague), la deuxième a une allure so british.
L’enquête multiplie les pistes, mais deux ramifications se joignent, la guitare et les Beatles.
Il y a un assassin à découvrir et un autre à éviter… l’Élégant.

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Je n’ai jamais lu Jérôme Attal, mais j’ai vu sur des blogs amis qu’il avait une plume originale. L’écriture, il la décline avec des romans, des chansons et des scénarios de films. Il est auteur mais aussi interprète.
Plume originale… je confirme ! Il donne à son personnage, le capitaine Caglia, une énergie complètement farfelue et le rend fan des années 80. Pour l’expliquer, il raconte qu’il devient orphelin de mère dans ces années là, et tout ce qui concerne cette époque, le rapproche d’elle. (Mon enfance défile dans ces souvenirs ; hit-parade, émissions télé, films, dessins animés, premiers jeux vidéo… nostalgie heureuse). Donc, Caglia, dit Cague parce qu’il est assez chiant, se réfugie dans les années 80 comme s’il s’enroulait dans une douce couverture, chaude et réconfortante. Sa mère décédée, son père devient son modèle. De lui, il hérite de sa soif de justice, son acharnement, son endurance. Sa violence, sa folie, son esprit décalé qui donne au roman un ton surréaliste, il les cultive et s’en fait un bouclier. Il n’est pas toujours évident à suivre, les premières pages du livres sont insensées, mais il faut tenir bon et persévérer, s’habituer à lui. Très vite l’intrigue se développe et, par son cheminement traditionnel, stabilise l’histoire.
Du rythme, des répliques pleines d’humour, acérées, du visuel, un style graphique car parfois on se croirait dans une bande dessinée, des personnalités bizarres dotées de patronymes drôles, un scénario classique qui se confronte à de l’absurde, du Comics avec un héros qui porte un tee-shirt Albator contre une société secrète, le Souterrain stellaire, le duo Caglia-Sparks qui est fort intéressant… tout m’incite à vouloir lire une suite et à vous le recommander.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas l’intrigue policière qui est saisissante mais Stéphane Caglia, « un flic pas comme les autres ».

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D’autres billets chez MissLéo, Karine, Alice, Titine, L’Irrégulière, Cryssilda,

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Prenez soin du chien

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« Animaux du monde » de Sharon

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Offert par Asphodèle pour notre SWAP

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Prenez soin du chienPrenez soin du chien
J.M. Erre

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Le 1er juillet, à Paris,
Dans la rue de la Doulce-Belette, dans le 9ème arrondissement de Paris, la concierge de l’immeuble, Mme Ladoux, appelle la police. On a assassiné Mlle Chiclet, une gentille dame de soixante et un ans…

Le 15 septembre, au même endroit…
Max Corneloup a aménagé dans l’appartement de la défunte Mlle Chiclet. Il serait bien si son voisin du bâtiment d’en face ne l’épiait pas à longueur de journée. Ce qu’il ne sait pas, c’est que cet indiscret, Eugène Fluche, dit la même chose de lui ! Ils se surveillent mutuellement, s’en agacent, et le notent. Leurs exaspérations tournent à l’obsession et bien vite, ils se livrent à une surenchère de mesquineries ; dans leur guerre, pas de pitié.
A travers leurs écrits, nous rencontrons leurs voisins, leurs concierges, leurs vies, leurs particularités. La fantaisie, une certaine exaltation un peu folle, un peu niaise, sont des caractéristiques communes à tous.
Entre les faits retranscrits par Corneloup, Fluche et les correspondances de Mme Ladoux à sa maman, une autre personne s’immisce dans le récit et relie les liens. Cet inconnu narrateur qui garde ses distances, s’amuse de l’ambiance et semble scénariser le tout.

D’une humeur de cour de récréation, gamineries, rancœurs, clabaudages et rivalités, tout change au second meurtre. Que se passe-t-il ? Qui est l’instigateur de l’histoire ?

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« Prenez soin du chien » est un roman manipulateur… Malgré un début inquiétant et morbide, l’auteur nous balade dans une comédie loufoque et amère, dont l’humour, même s’il est noir, est bien drôle. Les histoires qui se télescopent sont abracadabrantes, le bizarre est risible, et cependant, on perçoit une angoisse en sourdine qui nous tient vigilant… Vigilant ? Vraiment ?… Je peux vous certifier que vous tomberez des nues dans les pages finales ! Bouche bée, sourire en coin, partagé entre deux sentiments, indignation et ravissement, on se joue de nous et on applaudit. L’auteur a une plume intelligente, malicieuse et surtout, une belle imagination. Comme il le fait dire, un écrivain est maître de son livre et son évolution se fait selon son bon vouloir.
La trame est rouée, vicieuse, elle ficèle le lecteur dès la première page, sans qu’il le sache. C’est : machiavélique !!!

PS pour ceux qui l’ont lu… Pauvre Hector !

Je vous recommande ce livre ++

D »autres billets chez Miss Léo, Keisha, Liliba, Argali, Alex, Somaja,

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