L’étoile du temple

 

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Maud Tabachnik
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Troyes 1306,

Aaron Mayerson regarde la pluie frapper les carreaux. L’eau essaie de s’infiltrer et suit le labyrinthe du plomb qui sertit les vitraux. L’attente est longue. Etrangement, elle génère un sentiment de crainte, un présage déplaisant.
Le chevalier Agnetti, messager de la Sérénissime république de Venise, doit lui apporter une pierre magnifique, le Jaidpur. Ce joyaux, il devra le tailler, le révéler, le magnifier pour le roi Philippe le Bel et si D’ le veut, le diamant scellera une alliance.

philippe_le_bel« Votre roi, mon ami, ne pourra qu’être ébloui du cadeau de mon maître. Cette pierre, unique au monde, perpétuera pour l’éternité la gloire des Capétiens, et l’honneur de l’avoir taillée retombera sur votre peuple.
– L’honneur ou le malheur. Il n’est jamais bon pour un fils d’Israël de se pousser sous les feux des puissants. ».

Réponse prophétique ? En effet, le retard du chevalier était un mauvais augure. On retrouva son cadavre supplicié, écorché et nu sur les terres de Aaron Mayerson, le juif.
C’est une évidence, le meurtrier ne peut être que cette engeance du diable. Emprisonné par Jean le Pieux, bailli du comte de Champagne et demi-frère du comte Philippe, il attend d’être soumis à la question par Guillaume de Paris l’inquisiteur.
Pourquoi cette hâte à calomnier et à accuser l’orfèvre ? A qui profite le crime ? Qui a volé le fabuleux caillou ?
Ces interrogations, Rachel, la fille d’Aaron, se les pose. Jeune fille de vingt-trois ans, elle est érudite, audacieuse et téméraire. Élevée par son père et sa nourrice Hannah, elle n’a jamais connu sa mère et a été éduquée comme un garçon. Elle manie l’épée comme un chevalier, mène les comptes et les affaires de son père, a la hardiesse et la franchise presque viriles ; elle se sent l’égale des hommes.
Mais l’affaire est trop sérieuse et les éléments s’enchaînent beaucoup trop précipitamment. Pour son enquête infortunée, elle demande l’aide du compte Philippe et celle de son ami d’enfance Salomon. Et tous sont concernés, acculés à s’investir et à chercher ; du comte aux templiers.
De nombreux personnages se croisent, ils sont tous dans l’attente d’un couperet, les plus nantis sont sur le qui vive et partagent l’angoisse des gens plus humbles. L’époque est sinistre et brûlante. Les bûchers s’allument rapidement, les âmes non plus de conscience et l’inquisition ne faiblit pas. Et Dieu ? Souvent invoqué, prié, il devient l’argument de cette course au pouvoir, cette rapine qui raquette le peuple d’Israël, de la folie des hommes et leur bassesse. Usés par tant d’exodes, les juifs devront-ils partir à nouveau en quête d’une terre d’accueil ?

« Ta vie est là où l’Éternel te pousse. Nous sommes entre ses mains. »

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Lecture agréable. Ce polar n’est certes pas haletant et oppressant, mais l’histoire est prenante, loin d’être fade comme j’ai pu le lire dans une critique.
Encore un regret !… Une fin un peu précipitée comme dans « Le sang de Venise ». L’auteure priserait-elle les fins prématurées et hâtives ? C’est la question que je viendrais vous poser lors de la parution de vos billets pour ce challenge-découverte de chez Pimprenelle.

PS : Dans la tradition juive, les fidèles ne doivent pas prononcer le nom de Dieu, ni le représenter.

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Tableaux :
1 – Philippe le Bel
2 – Lucrezia Panciatichi par Agnolo Bronzino
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