En toutes lettres

Un livre offert par Nahe, avec une dédicace de Marie !

.
.
en toutes lettresEn toutes lettres
Marie Colot

.
.
Un matin, le papa d’Agathe part en ne laissant qu’un petit mot. Il les aime, mais…

« La vie en rose », pédaler à toute vitesse et chanter la chanson de Piaf « à tue-tête », se faire un gros plat de pâtes, sauce ketchup-pyramide de gruyère, s’étaler sur le canapé et regarder un épisode de Derrick ; plus grande, elle sera inspecteur de police. Agathe, dix ans, est dans une profonde tristesse qu’elle cherche à anesthésier.
Dans la soirée, son moral remonte d’un petit cran lorsque sa mère lui apporte une lettre de son correspondant.
Arthur, dix ans aussi, est très peu enthousiaste pour suivre une conversation épistolaire avec une fille qui habite la campagne, aime une chanteuse ringarde et des feuilletons pour vieux. Cette correspondance est un échange obligatoire, d’une école à une autre, de France à Bruxelles. Il écrit, mais sous la contrainte.
« Journée pourrie » ! le moral d’Agathe retombe de trois crans.

« … J’ai ajouté des petits cœurs partout et une grosse dose de paillettes pour être certaine de l’énerver suffisamment. Quand j’ai glissé ma lettre dans l’enveloppe, je me sentais beaucoup mieux… »

Dans une deuxième lettre, après les formules de politesse faisandées, Arthur titille l’esprit d’Agathe en lui posant une devinette… et c’est victorieuse qu’elle répond…
« – Pauvre fille »,
« – morveux »,
« – vantarde et menteuse »
La lettre qui suivra sera d’une toute autre nature. Arthur a découvert derrière les livres de son père, une vieille photo avec une femme et un enfant. Il demande alors aux petites cellules grises d’Agathe d’élucider le mystère si elle en est capable. Qui est cette femme ? Intuitivement, tous les deux savent que la réponse pourrait se révéler importante.

Entre deux missives, Agathe enregistre les sons qu’elle aime, des sons nouveaux, des sons incongrus ; une chouette, la pluie, les feuilles mortes dans le vent, la balade d’un escargot, un rire de sa mère, avant le départ… Elle attend les lettres d’Arthur, organise l’enquête, coache ce nouvel ami qu’elle n’a jamais vu, si rétif dans le début de leur histoire. Elle espère aussi le retour de son père et voudrait fêter dignement Noël. Mais cette fin d’année est surtout baignée par les larmes et le découragement.

Inspirée par l’histoire d’Arthur, Agathe trouve refuge dans leur investigation. Un regain d’énergie la motive et la sort de la morosité qui habite sa famille. Avec Arthur, ils forment une belle association épistolaire.
Et alors, que représente la photo ?

.
Ce petit livre lu très rapidement, trop peut-être, sera un très bon souvenir de lecture. Agathe et Arthur sont deux enfants attendrissants, vifs, et finement intelligents. Ils ont des caractères opposés mais se rejoignent sur une fêlure. Le père d’Agathe vient de partir et Arthur n’a jamais connu sa mère. Leurs premiers échanges, pétillants de railleries, épicent le récit et font sourire le lecteur. L’humour persiffleur se renvoie d’une lettre à l’autre comme un échange sportif. Mais très vite, la véritable trame se tisse. Un mystère est à dénouer et les apprentis limiers s’organisent avec perspicacité et ingéniosité. L’unité est belle, la correspondance revêt une dimension plus humaine, empreinte de noblesse de cœur, de solidarité. La spontanéité des enfants n’a rien de naïf, elle est spirituelle et poétique. On aimerait qu’elle se poursuive…
Il est des petites histoires que l’on peut cataloguer d’heureuses. Celle-ci en est une.
J’ai beaucoup aimé et je vous la recommande.
Merci Nahe

.
rom

Photo prise « ici »

.
.
.

.