Patte-Blanche

billet pour Poudlard


La semaine de Walpurgis avec
Hilde, Lou, Marjorie

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patte blanchePatte-Blanche
Marie-Aude Murail
Illustrations d’Anaïs Vaugelade

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Sur les terres du roi Louis, une bête féroce fait des ravages dans les troupeaux et épouvante les campagnes. Il paraît que c’est un loup blanc qui lance du feu.
Grand chasseur de loups et fasciné par la bête, Messire Johan accepte la requête du roi qui lui demande de le filer et le tuer. Surtout que la récompense est très alléchante, car le souverain promet de donner à celui qui ramènera la dépouille, dix mille écus…
Johan le louvetier part aussitôt en chasse, laissant sa jeune femme sur le point d’accoucher seule et désemparée, lui assurant pour la réconforter, la fortune. Mais la  traque n’est pas facile car c’est l’hiver et il neige. « Blanc sur blanc », le loup est là, il rôde, ne laissant aucune trace. Alors, forcé de demander l’aide des villageois, Johan s’engage à partager la prime s’ils arrivaient à l’attraper…
Avec ruse, ils organisent une battue et une embuscade qui fonctionne. Cependant le loup pris au piège arrive à s’enfuir, laissant en gage une de ses pattes blanches.
L’animal doit être doté de magie pour les narguer ainsi, mais la patte servira Johan. Il décide de ne rien dévoiler aux villageois et d’offrir le trophée à la reine en faisant croire à la mort du loup.
C’est avec une bourse remplie d’or qu’il s’en retourne chez lui.

Le jour de l’accouchement, sa femme met au monde deux enfants ; des bessons comme on nomme les jumeaux dans le pays, un garçon et une fille. Si le premier semble un peu malingre, la seconde est bien plus vigoureuse, mais naît avec une malformation. A la place d’un pied, elle a une patte blanche. Ce coup du sort étant certainement une diablerie, le louvetier, fou de douleur et humilié, refuse de garder sa fille.
Et quand sa femme meurt des suites de l’accouchement, plus personne ne peut le raisonner.
« – Messire, vous ne pouvez pas la tuer, se récria la nourrice, c’est une créature du bon Dieu !« 

Patte-Blanche est emmenée dans les oubliettes du castelet où elle y vivra cachée, élevée par la vieille nourrice qui n’a pas pu se résoudre à la tuer. Son frère Thomas, quant à lui, bénéficie des meilleures attentions, mais restera longtemps en manque de sa bessonne.
Jusqu’au jour où… quelques années plus tard… le loup blanc revient hanter la région ; il réclame quelque chose.

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Marie-Aude Murail nous conte un récit bien sombre pour les enfants qui, dès les premières pages, nous fait songer à l’histoire de la bête du Gévaudan. Mais ici, le loup blanc apparaît plus en sorcier, fier, empreint de magie et de mystère, qu’en loup-garou sanguinaire ; dans ce conte, la cruauté vient de l’homme et non de la bête.
Le louvetier est cupide et superstitieux. Enragé de ne pas avoir eu la bête et mortifié de voir que sa fille porte une part du loup, il est sans pitié pour elle. Il commet alors l’action la plus inhumaine en voulant la tuer.
Obscurantisme, magie, liens fraternels, quête, délivrance et réparation, sont les thèmes qui sont abordés.
Ce livre est destiné aux jeunes enfants qui commencent à lire seuls. Avant de connaître un dénouement heureux, l’histoire peut se montrer impitoyable et effrayante. Alors, à ne pas laisser entre les mains d’un enfant craintif !
A recommander…

Un autre billet de George et ses enfants

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La peur de ma vie

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La semaine de Walpurgis avec
Hilde, Lou, Marjorie

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la_peur_de_ma_vieLa peur de ma vie
Marie-Aude Murail

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Dans la bande de copains, il y a Serge, le narrateur, Maxime, Alexandre et Frédéric. Frédéric n’étant associé au trio que pour ses bonnes notes.
Mme Fisher, prof de français, veut initier ses élèves à l’art du récit. Après avoir constitué les équipes, vient alors le choix du registre… frissons ou quotidien ou sentiments. Serge et ses amis optent pour une intrigue à donner la chair de poule, laissant les sentiments aux filles !
« Tu as peur de quoi ? » Les réponses à cette question devant orienter le scénario, tous les quatre se mettent d’accord sur les esprits qui reviennent hanter les vivants. Araignées, zombies et vampires font peur, mais faire tourner les tables et convoquer un esprit ça fout vraiment les chocottes ! Convaincus qu’ils ont trouvé leur sujet initial, les étapes suivantes sont le titre et le début de l’histoire. L’histoire… c’est dans un livre de nouvelles sur les revenants que Serge pioche les idées, mais ce qui serait drôlement bien, c’est de trouver un guéridon et d’expérimenter le spiritisme ; « appeler les morts ».
Alors,
à minuit dans un appartement déserté par les parents, Serge, Alexandre, Maxime et Frédéric vont s’atteler à l’écriture… Il ne le savent pas encore mais cette nuit, ils vont découvrir « la peur, la vraie, » .

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C’est fun de se faire peur ! mais lorsqu’on lit un livre ou quand on regarde un film, on se dit que c’est « pour de faux ». L’auteur termine ce roman par « une vraie peur » qui fera réfléchir la bande de copains. Cette fameuse nuit, un évènement va les bouleverser et suite à cela, ils vont se confier leurs véritables tourments. Maxime a peur de la drogue, d’être tenté un jour. Frédéric a peur des attentats ; « Un fou, une poubelle, tu passes, et baoum ! ». Alexandre a peur du chômage, son père n’ayant plus d’emploi. Quant à Serge, il a peur de grandir, de perdre ses amis ; « On ne sera plus tous les quatre comme maintenant ». Comme à son habitude, Marie-Aude Murail raconte avec humour et dignité, les drames de notre société, ceux qu’on peut nommer des « vraies peurs ».
Je recommande ce roman aux enfants, dès l’âge de 9 ans.

« Marie-Aude Murail est née au Havre. Dans sa jeunesse, elle adorait lire des histoires de maisons hantées, d’apparitions et d’enfants possédés, qu’elle trouvait dans la bibliothèque de son père. « J’étais effrayée et fascinée, un peu comme Serge quand il lit sous son drap. »

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Photo prise « ici »

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La fille du docteur Baudoin

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la-fille-du-docteur-baudoin-marie-aude-murailLa fille du docteur Baudoin
Marie-Aude Murail

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L’élégant docteur Jean Baudoin s’agace de tout, en pleine crise de la cinquantaine. Son travail l’ennuie, son nouvel et jeune associé Vianney Chasseloup, si gentil, si patient, l’exaspère, et ses enfants grignotent ses nerfs. Atteint de sinistrose, il se réfugie le plus souvent dans l’ironie mordante.
« – Sainte Dolto, priez pour nous ! dit-il de ce ton mondain qui lui allait si bien. Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il me refile une moule accrochée au canapé, une gravure de mode et une gardeuse de cochons virtuels ?
– Tu parles de tes enfants ?
– Je préfèrerais que ce soient ceux du voisin.
– Pourquoi tu dis ça ? Quelqu’un t’entendrait, il croirait que tu ne les aimes pas.
– Je les aime… Mais j’aurais quand même mieux fait de les noyer à la naissance. »

Cerise, huit ans, est obsédée par ses élevages, bébé cochon, vache, poussin ninja, dragon, et quand sa cochonne se fait bouffer par un loup, c’est le drame !…
« – Oh, papa ! s’exclama Cerise. Je sais que c’est pas vrai et qu’il y a d’autres raisons de pleurer dans la vie, mais j’avais réussi à gagner deux cochons, et ils allaient faire un bébé en plus ! Mais il y a quelqu’un qui est entré chez moi et il a lâché un loup qui a mangé ma cochonne. Et mon pauvre cochon, il n’a plus de joie de vivre, maintenant… »
Paul-Louis, quinze ans, brillant élève de seconde, compte bien se dévergonder avec son copain Sixte dans les soirées branchées, les rallyes ; il lui faut donc un nouveau costume, c’est in-dis-pen-sable !…
« – Au fait, demanda Paul-Louis à son père, tu pourras me passer ta CB demain ? (…)
– Mais on se fait jeter dans un rallye si on n’a pas de costume !
– Et une cravate, lui rappela Cerise. »
Violaine, si belle, dix-sept ans et future bachelière ; en mode glandouille, se questionne sur son avenir… Et si elle laissait tomber son bac S pour faire un bac L ?
« – Quoi ? s’écria le docteur Baudoin. Mais le bac, c’est à la fin de l’année !
– Je veux faire une école de journalisme, poursuivit Violaine, sans paraître remarquer l’objection de son père. (…)
– Avec un bac S, on peut faire du journalisme scientifique…
– Oui mais non, l’interrompit Violaine de sa voix la plus molle, moi, ce que je veux, c’est faire des reportages comme d’aller filmer le cyclone en Louisiane… »

Il y a des soirs comme celui-ci, où le docteur Baudoin souhaiterait être ailleurs… mais le jour où Violaine lui rend visite à son cabinet pour lui apprendre qu’elle pourrait être enceinte, c’est pire que tout ! Être maître de ses émotions, museler le fauve qui est en lui, donner un test de grossesse, refermer la porte de son bureau et attendre.
Lorsqu’il lui posera la question, Violaine lui dira que c’est négatif…

Or, Violaine a menti à son père. Avec sa meilleure amie Adélaïde, c’est vers le Centre de planification familiale qu’elle va chercher de l’aide. Là-bas, elle aura la surprise de rencontrer Vianney Chasseloup qui tient un cabinet de consultation durant son temps libre…
Le docteur Chasseloup est le contraire du docteur Baudoin. Investi dans son travail, profondément humain, toujours à l’écoute de ses patients, il voue une admiration envers cet associé qui a eu la générosité de le prendre avec lui. Alors, il va prendre soin de Violaine et l’assister du mieux qu’il pourra dans ses démarches.
Est-ce que Violaine va garder le bébé ?

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J’aime beaucoup les romans de Marie-Aude Murail. Ils apportent toujours de belles émotions. Puis il y a cet humour aux différentes tonalités ; espiègle, radieux, grinçant, noir.
Une belle plume.


Pour faire comme ses copines, pour ne pas être en marge, un soir, Violaine dit oui à son petit ami et se retrouve enceinte. L’histoire du roman raconte sa détresse, son courage et le parcours qu’elle décide de prendre, seule. L’avortement est alors abordé avec tact, intelligence, sans affectation.
La famille, socle branlant, a aussi une belle part. Le docteur Baudoin ne suscite pas une sympathie immédiate tant il est désagréable, cependant il arrive à nous attendrir. Cerise, la petite puce qui semble être obnubilée par sa ménagerie virtuelle, est consciente des états d’âme des uns et des autres. Son regard doux et innocent est un baume. Paul-Louis dit Pilou, qu’on pense égocentrique, n’hésite pas à jouer du poing pour défendre l’honneur de sa sœur aînée. Quant à la mère, Stéphanie, capitaine qui
a subi des houles et des cyclones dans sa vie de femme, continue à faire face à la tempête avec sang-froid. Dans les premières pages, l’union de cette famille ne paraît pas évidente… et pourtant, elle sera du genre « Un pour tous, tous pour un ».
Cette chronique ne serait pas complète si je ne parlais pas du gentil docteur Chasseloup, à l’enfance meurtrie. J’éprouve beaucoup d’empathie pour lui. Il est un médecin comme on en trouve peu. Il répare les corps et les âmes, dévoué, généreux et sensible. Violaine qui le compare à un âne à cause de ses yeux doux, trouvera en lui un soutien loyal et sincère.
Ah… ne pas oublier de vous dire… ce roman est aussi une belle histoire d’amour… Elle aime beaucoup les ânes et son prénom. Il aime son prénom et ses yeux violets.

Une lecture à recommander ++

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D’autres billets chez Bianca, Nahe, Hilde, Noukette,

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picasso femme au miroir

Picasso, La fille au miroir

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L’assassin est au collège


« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I

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l'assassin est au collègeL’assassin est au collège
Marie-Aude Murail

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L’inspecteur Berthier vient chercher le professeur Nils Hazard pour une investigation discrète au collège Saint-Prix à Queutilly-sous-Doué. Depuis ses dernières énigmes élucidées avec succès, Nils peut être considéré comme un enquêteur perspicace. Il a la faculté de pénétrer les histoires et de les disséquer avec finesse et clairvoyance. Cette aptitude, il la partage de façon plus active avec la belle Catherine Roque, son élève, qui désormais, reste à ses côtés en tant que secrétaire et… douce amie ! Dans ce duo, on peut dire qu’il y a « la tête » et « les jambes »…

Au collège, des mystères inquiétants perturbent l’ambiance et annoncent des incidents alarmants. On a retrouvé dans le casier du professeur d’histoire un paquet de copies corrigées avec du sang humain, le directeur Mr Agnelle reçoit des menaces, il en devient fou, et la petite Claire Delmas rédige des rédactions très étranges, où elle met en scène des meurtres à répétition.

Chargé de clarifier et de trouver l’origine de cette atmosphère morbide, Nils prend la place du professeur d’histoire en arrêt de travail pour dépression. Mais à peine arrivé, alors qu’il lit les messages anonymes reçus par Mr Agnelle, voilà qu’on annonce une défenestration ! C’est Claire, la petite sixième, qui a sauté par la fenêtre. Heureusement, elle n’a qu’une entorse, mais que s’est-il passé ? Les explications sont incohérentes, elle raconte une présence qui lui voulait du mal. Quelle est la part imaginaire et celle bien réelle qui inquiètent Nils ? Sans perdre de temps, il est propulsé au devant d’une classe de jeunes enfants perturbés, fantasques, indisciplinés, trop habitués à chicaner leurs professeurs. Face à eux, Nils a bien du mal à garder son calme, mais le soleil lui vient en aide… un rayon, et le cours commence, captant l’attention des jeunes zouaves… « Du temps qu’il vivait sur la Terre, dans son château d’Héliopolis, le Seigneur Râ, chaque matin, ouvrait les yeux et c’était l’aube… ».

Du côté des professeurs, toutes les personnalités sont réunies pour lui faire un bon accueil – la walkyrie, le névrosé, le maladroit, le sympa – mais Nils reste vigilant car le « perturbateur » est peut-être dans la salle des profs !
Faire connaissance avec tout ce monde, repérer les lieux, entrées-sorties, des salles de classe au réfectoire, en passant par les chambres des pensionnaires au deuxième étage, s’imprégner de l’environnement mais aussi de l’ambiance et des petits secrets des uns et des autres, Nils s’implique totalement dans l’enquête. Un assassin rôde et de sombres pressentiments se concrétisent lorsqu’il découvre une petite bouteille portant une étiquette « curare » ; poison ou simulacre ?

Sur les lieux, arrive Catherine Roque, charmante cantinière au service des ventres affamés et de son mentor Nils Hazard…

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Dans ce deuxième tome, je retrouve les héros de Marie-Aude Murail avec plus de plaisir que je ne l’aurais cru. L’histoire conductrice du premier volume était surprenante dans sa construction et ses personnages, je ne m’attendais pas à cela et je me suis montrée critique. Pour cette suite, je le suis beaucoup moins car j’ai aimé. Le style, sans parler de l’écriture intelligente de l’auteur, est très accrocheur ; angoisse, fébrilité, émotion, humour, action. Il a également un petit air vintage des romans de la bibliothèque verte qui se combine à une intrigue qui n’a rien de puérile.
Nils Hazard, professeur en étruscologie, a un charme particulier. Dans les situations périlleuses et dans les moments de tendresse, c’est là qu’il est le plus comique et le plus attendrissant. Catherine Roque, bien qu’amoureuse, ne le ménage pas. Il en sort des scènes cocasses et enflammées… ils ont la répartie mordante.
Conclusion… je recommande ce début de série. Le premier est indispensable pour comprendre la double personnalité de Nils dont l’indifférence et l’ironie affichées ne sont que façades et ce second tome qui donne le ton des épisodes à venir, ni enfantins, ni trop tragiques.

Je compte poursuivre avec mon amie de lectures communes Nahe, avec « La dame qui tue ».
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Des billets chez Nahe, Sharon,

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râAtum Râ

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Dinky rouge sang

Lecture commune avec Nahe
Deux semaines de vacances avec une bibliothèque jeunesse

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Marie-Aude Murail

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Nils Hazard, trente-quatre ans, est un professeur d’histoire à la Sorbonne, spécialisé dans la civilisation étrusque. Proche de ses élèves, il aime tisser des liens en dehors de ses cours. C’est ainsi qu’il lie une amitié particulière avec Catherine Roque.
Lorsqu’il fait la connaissance des jumeaux Roque, Nils ne peut s’empêcher d’être perturbé par les tics grimaçants de Frédéric, le frère de Catherine, et quand il demande de quelle pathologie il souffre, on lui répond que rien ne peut l’expliquer ou la définir. C’est survenu dans son enfance alors qu’il était dans un camp de vacances. L’origine des rictus est certainement due à un choc émotionnel, une peur.
Pour Nils, si Frédéric revêt un « masque », c’est pour une bonne raison et cet argument, il faudra aller le chercher dans les souvenirs de l’enfance.

Nils sait de quoi il parle ! Dans une lettre confiée à son notaire pour Catherine, à ne donner que s’il devait décéder, il raconte en confession son expérience. Depuis l’âge de ses trois ans, époque où il est devenu orphelin, on lui a toujours fait croire qu’il était un monstre. Elevé par son grand-père, un homme taciturne et insensible, ce n’est qu’à l’adolescence qu’il a commencé à poser des questions sur sa filiation et à mener son enquête… Qui étaient ses parents ? De quoi sont-il morts ? Et pourquoi le maintient-on à l’écart de la famille ? Dans un grenier, il trouve les réponses, bien rangées, bien cachées…

Chasseur d’énigmes, c’est Catherine qui lui donne ce titre. Après avoir résolu l’histoire de Frédéric, elle lui soumet un deuxième mystère. Pourquoi son ex-fiancé a disparu du jour au lendemain sans une explication ?

On dit que les souvenirs des premières années s’effacent… « Ainsi un criminel de trois ans ne se souviendrait de rien à l’âge adulte et pourrait être considéré comme innocent, même par lui ». Nils sait bien que cette théorie est fausse, que tout est inscrit dans la carte mémoire et que les bribes enregistrées durant l’enfance peuvent plus tard réapparaître pour tout chambouler.

Avec Catherine, Nils élucide petit à petit les ombres qu’on lui soumet. La première étant la sienne, la seconde étant celle de Frédéric, la troisième, celle de ce fiancé disparu en emportant seulement deux pièces de son jeu d’échecs, la quatrième, celle d’un collégien qui bégaie, la cinquième… Solange, l’amie de Catherine, qui ne peut boire du chocolat… Anodine, petit défi, cette dernière est certainement la plus horrible des « devinettes » !

Nils Hazard, professeur d’histoire à la Sorbonne, spécialiste en étruscologie, et… chasseur d’énigmes.

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Étrange premier tome où l’on fait connaissance d’un enquêteur original. On peut imaginer le personnage comme un Indiana Jones spécial, plus dans l’intellect que le physique, qui laisserait à ses petites cellules grises toute l’imagination créatrice pour sonder les méandres de l’âme humaine et investiguer les traumatismes. Assisté de Catherine, plus sportive et pragmatique, ils forment un tandem charmant.
Je n’ai pas retrouvé le style de Marie-Aude Murail dans ce roman, cette plume qui m’émeut et qui me fait sourire. J’ai découvert une autre facette de son écriture, un peu plus distante, froide, avec un humour pince-sans-rire. Pourtant, lorsqu’elle conte l’histoire de Nils, il y a matière à s’émouvoir… et à avoir des frissons.
Baladée dans le début du livre, même égarée, j’ai eu du mal à comprendre la trame. Cette lecture demande de la concentration et de la patience.
Mitigée, un peu, je compte quand même lire le deuxième tome de la série en compagnie de Nahe. Je ne suis pas déçue, juste surprise, et je souhaite poursuivre l’aventure !
Bientôt… nous lirons « L’assassin est au collège ».

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Amour, vampire et loup-garou

« Monde imaginaires » d’Aymeline, « Animaux du monde » de Sharon, « Polars » de Liliba

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Marie-Aude Murail

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La famille de Marianne Delcroix, sans être marginale, est fantaisiste. La mère Roxane, d’une insouciante légèreté, a eu trois enfants avec des maris différents (Marianne, jeune fille de vingt-deux ans, Antonin, treize ans, Maroussia, trois ans) et c’est l’aînée de la fratrie qui gère le quotidien.
A la maison, l’ambiance est heureuse. Marianne veille à transmettre une bonne éducation avec tout son amour et son dévouement. Elle partage son temps entre ses responsabilités domestiques et son travail au CEPP, Centre d’Etudes des Phénomènes Paranormaux, sous les ordres du professeur Anatole Le Lyonnais, homme rationnel qui démonte les supercheries paranormales. Sa vie amoureuse est inexistante et Maroussia, dans son langage petite peste, aime à clamer que sa sœur est « timide de garçons ». En fait, elle est tout le contraire de la mère qui est sensible à la gente masculine et qui se pâme même devant la télévision pour Sylvère Lomeret, le présentateur vedette du journal de France 3 Région.
Un soir, tous à leur plateau hamburger-coca devant les informations dites par le séducteur de ces dames, ils apprennent la disparition d’un deuxième garçon dans la région de Montalivet. Le drame fait frissonner Marianne qui s’inquiète de tant de violence.
Ce ne sera que quelques jours plus tard qu’on retrouvera le corps et que l’autopsie révèlera une mort pas noyade.

Sylvère Lomeret aimerait bien questionner Totor… Dr Victor, le médecin légiste qui a remis son rapport aux autorités… et enquêter sur le décès du jeune garçon. Son flair de journaliste le mène à penser que la tragédie n’est pas un accident. Mais avant, il doit se rendre au CEPP pour un article sur une télépathe.
Au centre, il fait la connaissance de l’assistante du professeur, la charmante Marianne Delcroix, et d’un étudiant en psychiatrie très particulier. « Grmmvous… Grmmm… » Hugo Knocker n’a pas qu’un drôle langage, il a aussi un comportement bizarre et une dégaine peu ragoûtante !

Le Dr Victor est tourmenté par sa conscience. Cette fois-ci, il ne peut se taire. C’est d’un pas affirmé qu’il se rend chez son ami Sylvère afin de se confesser. Pris dans de sombres pensées, il ne s’aperçoit pas qu’il est suivi et que l’ombre va bientôt le mettre à terre…

Quelle est cette menace qui hante les nuits de Montalivet et qui sème des cadavres ?
Marianne, Sylvère et Knocker vont devoir être vigilants… La pleine lune exacerbe l’appétit.

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Ce livre jeunesse est une lecture très sympathique. J’ai lu de l’auteur « Oh, boy ! » et j’ai retrouvé l’entrain, l’humour et la tendresse qui m’avaient tant plu.
Roman fantastique, l’histoire se développe en distillant sa part d’amour, de peur, de légèreté, de fantaisie et d’invraisemblance. On ne sait si le surnaturel se mêle à notre monde ou si c’est de l’ordre de la psychiatrie…
Les personnages principaux sont attachants et ont une vulnérabilité attendrissante. L’évolution de leurs caractères varie le tempo de l’intrigue et la pimente d’humour… et de suspens.
J’ai lu « Amour, vampire et loup-garou » après avoir lu le billet de George. A mon tour, je vous le conseille et vous souhaite une bonne lecture.

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Photo du film « The wolfman »

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