Oh, le beau manteau pour Zorro !

Une semaine illustrée
1er billet

 

 

Oh, le beau manteau pour Zorro !
Carter Goodrich

Un matin, la maîtresse de Zorro et Mister Bud leur réserve une belle surprise juste avant leur promenade au parc. Elle a acheté à Zorro un petit manteau qui ressemble à une cape de super héros avec capuche masquée. Sans tenir compte de sa réaction de chien offensé, elle lui enfile l’habit et l’oblige à partir.
Devant les autres chiens et leurs moqueries, Zorro, peu fier, fait profil bas. Et ce ne sont pas les regards menaçants de Mister Bud qui les feront taire !
Triste, apathique, encore plus brocardé par le chat Fil, Zorro n’a pas le cœur à jouer avec Mister Bud qui ne cesse de faire le fou à ses côtés pour lui remonter le moral.

Lorsqu’un petit nouveau arrive… Tricot rayé, bandana rouge autour du cou, il n’a rien de grotesque quand il se lance à la poursuite d’un frisbee et qu’il l’attrape en plein vol !
Alors ? Admiratif devant tant d’agilité et de rapidité, Zorro ne tarde pas à prendre conscience qu’être différent n’amoindrira pas ses capacités et qu’il n’y a point de ridicule à l’être.

Je vous conseille ce petit album pétulant et cocasse qui parle d’amitié, de solidarité et des différences. En les acceptant, on se sent plus fort et plus heureux. On peut aussi changer le regard des autres.
L’auteur a reçu trois prix aux États-Unis (l’album préféré des parents, l’album préféré des éditeurs et le meilleur album de l’année) pour le premier tome « Dis bonjour à Zorro ! ».

 

 

 

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Le maître des estampes

logo illustrations« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson


Une semaine d’illustrations, du 26 janvier au 01 février

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Le maître des estampesLe maître des estampes
Dedieu

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« Un riche mandarin de la prospère province du Siam » admire chez un ami une estampe. Saisi par la beauté du dessin, il propose de la lui acheter ! La réponse est négative, mais il s’en retourne chez lui avec le nom et l’adresse de l’artiste.
Ne perdant pas de temps, le mandarin se rend chez le maître des estampes pour lui commander un dessin. La tractation se fait moyennent un délai de six mois et la somme de cinq mille yens, la moitié payable d’avance.
Pour l’artiste et celui qui a passé commande, la notion de temps n’est pas la même. L’un s’impatiente, l’autre puise son art dans la contemplation et la méditation.
Le jour venu, après tous ces mois, le maître amène un rouleau de papier vierge qu’il déroule devant le regard surpris du mandarin très agacé. En quelques coups de pinceau, l’œuvre prend vie et subjugue. C’est un petit écureuil qui descend d’une branche de bambou… magnifique !

Le conte aurait pu s’arrêter à la satisfaction des deux parties, mais l’histoire prend une autre tournure lorsque le mandarin refuse de s’acquitter du restant de la somme demandée ; le maître n’ayant mis que quelques minutes pour tracer l’estampe. Que pensez-vous que le maître fit ?

La fable a sa morale, belle, sensible, spirituelle et d’une honnêteté très digne. La vraie valeur de l’art ne se trouve pas que dans le dessin, elle est aussi dans l’étude et l’inspiration. Pour reproduire la vie, la beauté, il faut d’abord l’approcher, l’analyser et l’apprendre. Pour le maître d’estampes, l’imagination ne suffit pas pour rendre la perfection.
(Cette philosophie peut-être discutée… mais ça serait s’éloigner du message.) 
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Si je devais décrire en deux mots ce conte illustré, je dirais élégante sobriété. L’auteur a su traduire son histoire avec des dessins rappelant la pureté des estampes et en ne colorisant que les tissus des kimonos. Il se rapproche des maîtres qui ont avant lui tracé à l’encre des histoires dessinées. Douceurs, harmonie, grâce, réflexions, intériorisations…
Les personnages sont des animaux. Le mandarin est un cochon bien gras, cupide et fat. Le maître est un renard, dont la posture est droite, altière.
Dans la dernière partie du livre, Dedieu nous offre des esquisses de son cahier d’études. Crayon, encre, un écureuil est saisi sur le naturel. Il montre la dynamique de ses observations, le détaille, l’apprivoise, et finit par rendre au pinceau la moelle essentielle de sa morphologie et de sa quintessence.

Je vous recommande ce beau conte illustré…

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