Le petit théâtre de Rébecca

JBMongeb
Les beaux livres à offrir

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le-petit-theatre-dautremerLe petit théâtre de Rébecca

Rébecca Dautremer

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Lorsque j’ouvre ce théâtre, j’entends les trois coups tapés sur la scène. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Ladys and Gentlemen… et le rideau se lève.

théâtrerd1Assise en tailleur, le théâtre posé sur les genoux, délicatement je vais tourner les pages. Dans le centre du livre, un creux révèle une profondeur mystérieuse d’où se détachent dans une découpe aussi fine que de la dentelle, des personnages croisés dans les livres de Rébecca.
Derrière des croisillons de fils de papier, j’en reconnais… Babayaga l’ogresse, la petite Maricrotte à l’air toujours aussi rêveur… et j’en rencontre d’autres, qu’il me tarde de découvrir.
Il n’y a aucun conte à lire, seulement des histoires à imaginer ou à se rappeler.

théâtrerd2Chaque page est une scène et si vous prenez le livre par la fin, en le feuilletant, les superpositions de découpes s’animent.

D’une extrême finesse, cet ouvrage n’est pas pour les très jeunes enfants ; sa fragilité étant de l’ordre de l’éphémère. Et pourtant… je suis sûre que toutes les petites filles apprécieraient de l’avoir !

Une très belle pièce d’orfèvrerie pour un monde doux, poétique, fantasque et mélancolique. Tout l’univers de l’artiste. Plus qu’un théâtre, c’est un jardin secret.

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La nature morte française au XVIIe siècle

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« L’art dans tous ses états » de Shelbylee

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la-nature-morte-francaise-au-xviie-siecleLa nature morte française au XVIIe siècle
Eric Coatalem

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Eric Coatalem, galeriste à Paris,  est spécialisé dans les peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, et a organisé de nombreuses expositions sur Lubin Baugin, François Perrier, Jacques Rigaud, Gustav Klimt, Louyse Moillon…

Avec cet ouvrage de belle facture, érudit, dense de 500 pages, de 200 artistes répertoriés et de 500 reproductions (pour la plupart venant de collections privées), il honore les natures mortes qu’on appelait à l’époque le « petit genre » peu prisé par les collectionneurs, l’Académie royale de peinture et les musées.
Les choses naturelles, une nature détaillée avec une méticulosité infinie, qui célèbrent aussi bien la vie que la mort, sont magnifiquement exposées dans ce livre-musée scindé en deux parties :

Les artistes français du XVIIe siècle
Les artistes étrangers et français de toutes époques

Dans l’introduction, il est dit que la nature morte raconte « la fugacité du temps, la mort ou la simple beauté du monde ».
C’est au XVIIe siècle qu’elle prend son essor en Europe, mais Hilliard T. Goldfarb (conservateur en chef adjoint et conservateur des maîtres anciens, musée des Beaux-Arts de Montréal) tient à revenir dans le temps en citant des artistes de la Grèce antique, les enluminures du Moyen-Âge, la Haute Renaissance…
La corbeille de fruits du Caravage est l’un des premiers tableaux présentés dans le livre.
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caravageMichelangelo Merisi, dit le Caravage, Corbeille de fruits
huile sur toile, 31 x 47 cm, daté vers 1598-1599

A travers ces tableaux, peintures de la réalité, on pénètre… « les intérieurs des maisons, les fleurs et les denrées alimentaires vendues sur les marchés du XVIe siècle. ». On lit que les classes nobles et bourgeoises s’étaient prises de passion pour les jardins. Avant, le jardin était médicinal, après, il était aussi d’agrément. Les fleurs (cultivées et non sauvages) resplendissent sur les toiles, et les bouquets sont peints en dépit des saisons. Une fleur de l’hiver se mêlera à la fleur de l’été. L‘Académie royale des sciences s’intéresse alors à l’étude de la botanique (fleurs, fruits), et à l’étude de la faune (planches anatomiques d’animaux). Les pièces de boucherie, de dépeçage, trouvent une place dans le décor.
On admire les nombreuses compositions florales dont l’éphémère beauté nous saisit.
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jean michel picartJean Michel Picart, Bouquet de fleurs dans un vase en verre,
huile sur toile, 45,7 x 35,7 cm, vers 1600-1682

Au fil des différentes époques, les compositions changent. De classiques, mesurées, elles tendent vers une exubérance riche et artificielle. Précieuses, débauche de trésors, œuvres décoratives, les scènes sont composées pour flatter les sens. L’esthétisme luxueux convient au règne de Louis XIV.
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jean-blin-de-fontenayJean-Baptiste Blin de Fontenay, Vase de fleurs avec un buste de Louis XIV
huile sur toile, 190 x 162 cm

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« Le plus la Peinture imite fortement et fidèlement la nature, plus elle nous conduit rapidement et directement vers sa fin, qui est de séduite nos yeux. » De Piles, chef de file des théoriciens à l’Académie à la fin du siècle, en 1708.

trophime_bigot_allegory_vanityTrophime Bigot, Le maître à la chandelle, allégorie à la vanité,
huile sur toile, 95 x 135 cm

La vanité « tout le tragique de la condition humaine », particularité de la nature morte, montre une composition qui amène au funèbre et à la fragilité de la vie. Le religieux est dépassé et suggère d’autres symboles. Aux ossements, aux crânes, les artistes intègrent souvent des objets comme un livre, un sablier, un vase, une bougie… Le matériel, toute chose tangible, et le spirituel, l’essence mystique de l’âme. Ce chapitre est rédigé par Alexis Merle du Bourg, docteur en Histoire de l’Art.
Là encore, les tableaux montrent des styles bien différents et « ambivalents ». (L’ambivalence, lorsque le peintre ajoute un miroir dans lequel un crâne s’y mire. « De manière continue depuis le Moyen-Âge, le miroir a été associé à la dénonciation explicite de la vanité, et secondairement de la luxure… »).
La sobriété de certaines œuvres qui renvoient à la déchéance, au néant, à la solitude, fait place à une autre génération qui montre une « sophistication » plus prononcée.

.Pieter BoelPieter Boel, Allégorie des vanités du monde,
huile sur toile, 207 x 260 cm, 1663

L’éphémère et l’éternel se conjuguent dans des mystères, l’évanescence, l’austérité et le faste. Les spécialistes nous racontent ces beaux tableaux qui inspirent admiration et frissons. Les sentiments évoluent suivant les représentations… L’opulence d’une corbeille de fruits et les richesses d’une tablée de François Habert (actif au XVIIe siècle) procurera une émotion autre que « La vanité au crâne, rose et montre à gousset » de Nicolas de Largillierre (1656-1746).

crâne et bulles de savonVanité aux bulles de savon, crâne et instruments de musique,
Simon Renard de Saint-André, huile sur toile, 60 x 43 cm

Un crâne, je songe immédiatement au poème de Baudelaire… « L’Amour est assis sur le crâne de l’Humanité, Et sur ce trône le profane, Au rire effronté, Souffle gaiement des bulles rondes qui montent dans l’air, Comme pour rejoindre les mondes au fond de l’éther… ».
Lorsque je vois « Le dessert de gaufrettes » de Lubin Baugin, (1610-1663), je pense aussitôt à « Tous les matins du monde » et j’entends la musique de M. de Sainte-Colombe
La peinture est poésie, rêve, voyage, tout au long de ce
« dictionnaire des peintres travaillant en France au XVIIe siècle » ; de Nicolas Baudesson (1611-1680) à Baudoin Yvart (1611-1728?) et autres anonymes…

Magnifique livre, j’ai conscience d’avoir été une privilégiée lors des Masses Critiques de Babelio. Bible, référence, il est à recommander à tous les amoureux des arts. Je tiens à préciser qu’il n’est point nécessaire d’être savant pour apprécier cet ouvrage et comprendre les symboles. On se balade émerveillé devant tant d’adresse, on se questionne sur le temps qui passe et les lésions qu’il laisse, la vie, la mort, la beauté, la pureté, la fragilité, la décrépitude, les croyances, notre monde, leurs mondes et l’essence réelle et irréelle des choses.
Il serait un superbe cadeau pour Noël !

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Lubin_BauginLe dessert de gaufrettes, Lubin Baugin,
huile sur bois, 41 x 52 cm

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Le roi cyclope – Les sept frères, Tome II et Griselda, Tome III

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Chez Noukette

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Le puits aux morts – Tome I

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bannroicyclope2et3Le Roi Cyclope
Les sept frères – Tome 2
Griselda – Tome 3
Isabelle Dethan
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« Les sept frères », tome 2

Depuis la prise de pouvoir du marquis Desiderat de Mornemont sur le royaume de Beldaram et du monde de Pareiza, cinq ans ont passé. Les esprits des frères de Thalès sont asservis et participent bien malgré eux au chaos. Le marquis ne s’impose aucune limite, convoitant les contrées voisines. Tous craignent sa puissance et son ambition.
Thalès vit désormais avec Antimée dans une forteresse loin de tout. Celui qu’on appelle le roi Cyclope s’est découvert un don. Il voit les choses qui se passent sans pour autant pouvoir prédire l’avenir. Beaucoup de gens viennent le consulter et ce qu’il découvre à chaque vision le conforte dans sa décision de retourner dans le château de Lycènes pour contrer le marquis.
Les terres sont abandonnées, tous ont peur, la terreur règne…
Passant outre l’avis d’Antimée qui ne veut pas qu’il parte, Thalès s’aventure dans son ancien fief…

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Deuxième tome de la trilogie, nous découvrons un prince devenu le roi Cyclope, un monarque sans royaume. Ces cinq années l’ont muri et il se sent apte à combattre le marquis et ses mercenaires. L’épisode prend une tournure un peu plus entreprenante et augure d’une perspective guerrière. Les personnages s’affirment en participant à contrarier les desseins du maléfique. Les six frères de Thalès se liguent avec lui, des personnages secondaires interviennent, ainsi que la gitane du tome précédent. On apprend qu’elle se nomme Griselda et que le marquis en est amoureux. Elle sera une des héroïnes de la suite…
Les teintes froides témoignent de l’oppression, d’un monde sans vie, et la palette des pourpres, à l’image de l’enfer, montrent l’antre du marquis.
Une intrigue sans surprise, une construction classique, mais une lecture divertissante !

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« Griselda », tome 3

L’ancien capitaine de la garde royale s’est allié à Thalès qui a planifié un stratagème pour combattre le marquis. Il a placé la gitane Griselda au centre de l’échiquier.
En étant en relation permanente avec Griselda, Thalès se montre confiant. Mais ce n’est pas le cas d’Antimée qui se refuse de le suivre sur ce coup ci. De nature plus pessimiste, elle va jusqu’à le menacer de le quitter.
A Lycènes, le marquis est tout à sa passion pour Griselda qui le méprise et qui lui reste insoumise. La folie le guette.
Dans la campagne, les troupes armées attendent les directives de Thalès, mais il suffit d’un petit grain de sable pour que tout s’enraye.
L’épilogue est sous tension… Le duel entre le marquis et Thalès laissera des séquelles dans les deux camps.

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Ce dernier épisode, sans grande originalité, est au final conforme à ce que j’en attendais, ni plus, ni moins. M’étant habituée au graphisme, je me montrerai cette fois-ci moins critique.
Dans ce genre de récit, en littérature ou en album, j’aime m’attacher aux personnages et saluer la bravoure des héros. J’avoue également apprécier la cruauté des méchants pour mieux les détester. Là, je suis restée en retrait.
En conclusion, ce fut dans l’ensemble une sympathique trilogie… un peu légère…, je n’ai pas boudé mes lectures et elles resteront agréables à mon souvenir.


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Le roi cyclope, Le puits aux morts – Tome I

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le roi cyclopeLe roi cyclope
Le puits aux morts – Tome 1
Isabelle Dethan

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Dans les rues de Lycènes, une belle gitane qui vient de terminer son spectacle est témoin d’un assassinat commis par des soldats. Faite prisonnière, elle est emmenée dans les appartements du capitaine qui ne peut cacher sa lubricité…
Au château, dans la salle royale, le monarque écoute son mage-conseiller, le marquis Desiderat de Mornemont, qui lui annonce la mort de Thalès, son dernier enfant. Pour accéder à la royauté éternelle, il a pactisé avec ce diable de sorcier et a sacrifié sans aucun remord ses sept fils. Suivant la loi, seul un prince à la bonne vue peut prétendre au trône ; ainsi ils furent tous éborgnés et tués.
Le marquis, craint par tout le monde, ne peut cacher sa soif de pouvoir. Les esprits des princes le feront accéder à une force suprême.

Dans la fosse aux morts, les goules veulent se repaître du nouveau cadavre encore chaud. Mais elles ne le peuvent point car le jeune homme n’est pas encore mort. Prises de compassion, elles demandent à Antimée, la gardienne du jardin des fleurs éternelles dans le monde de Pareiza, de le prendre avec elle et de le soigner.

Dans son antre, le marquis ressent dans ses chairs que Thalès est toujours en vie. Fou, il va tout faire pour le retrouver…

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Ce premier tome d’une trilogie d’Héroïc-Fantasy promet une belle histoire. On retrouve un royaume disputé, un monde parallèle, un mage démoniaque, un beau prince, la lutte du bien contre le mal, de la magie, des créatures fantastiques et monstrueuses… toutes les essences pour un scénario épique du genre.
Le canevas se tisse, les personnages se présentent et se placent.
En ce qui concerne les dessins, je suis moins séduite. Si j’ai bien aimé les décors du puits aux morts, j’ai trouvé que le monde féérique de Pareiza était moins travaillé. Il y aurait eu un beau contraste entre le dépouillement de l’un et la luxuriance de l’autre.
Sans tarder, je me plonge dans la suite avec « Les sept frères » et « Griselda »…

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Le testament de Stone

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Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

 

 

le-testament-de-stone_couvLe testament de Stone
Celia Rees

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« Une statue qui pleure, un crucifix qui saigne… Sur tous les continents, d’étranges évènements laissent présager la fin du monde.
Le compte à rebours a commencé !
Zillah, Adam et Kris. Depuis la nuit des temps, leur destin semble être lié. Aujourd’hui, ils sont les seuls à pouvoir combattre les forces du mal… Sauront-ils survivre en pleine apocalypse pour sauver l’humanité ? »

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Tout commence avec Mikel, chargé de tracer sur les cartes des routes maritimes. On ne sait encore où le situer, il est dans un monde étrange peut-être parallèle, qui se nomme « temps anciens ». Les pages suivantes sont dans les « temps futurs »… où nous croisons Zillah, Adam et Kris. Les trois adolescents ne se connaissent pas mais sont liés sans qu’ils le sachent. Ils vont s’unir et sauver notre monde.
Zillah vit recluse dans un grand manoir avec ses frères et sœurs du Cinquième Âge, sous l’influence de l’Avocat, le grand maître. Elle est une enfant de la Sixième Aube et loge dans la Maison des Femmes. Cette congrégation attend l’apocalypse et suit les préceptes instaurés par le Fondateur Divin. Zillah ne se rappelle plus son véritable nom, ni son âge, ni d’où elle vient, mais à la différence des autres, elle n’est pas dupe de ce qui se passe. Curieuse, elle aime s’aventurer dans la demeure et découvrir les pièces défendues. C’est ainsi, par un passage secret, qu’une nuit elle arrive à la bibliothèque. Elle puise alors sans retenue les histoires interdites et acquiert un esprit indépendant, libre. Lorsqu’un jour l’Avocat leur donne une pilule pour accéder dans une autre dimension, elle comprend le véritable but. Simulant sa mort, elle parvient à échapper à ce « suicide collectif »… Au même moment, partout dans le monde, des Enfants de la Sixième Aube meurent.
A l’hôpital, Adam se prépare à subir une opération pour son pied. Juste avant de passer au bloc, il apprend qu’une jeune fille est dans la chambre voisine, sous la garde de la police. Elle est la seule rescapée…
Kris vit pratiquement dans la rue avec une bande de copains. Sa grand-mère Célestine et Bram, un vieil homme sans logement, sont les seuls qu’il écoute…

A ce niveau de la lecture, tout s’imbrique et semble compréhensible. Le décor défile et le scénario promet quelque chose d’intéressant, voire même de palpitant. C’est lorsque Bram se fait hospitaliser et qu’Adam se fait anesthésier que cela commence à devenir confus. Les personnages semblent se dédoubler, on ne sait plus si c’est réel ou fantasmé. Une correspondance datant des années 1900, entre Londres, la Californie et le Mexique, vient compléter la trame, tout en la lestant. Elle raconte le voyage d’Ambrose Stone et ses expériences avec des shamans… Je suis dans le milieu du livre, je fais déjà des retours en arrière pour assimiler ce que je viens de lire et je suis consciente d’être déjà en marge. La part fantastique du récit m’a perdue ! ou les passages entre les époques anciennes et futures, ou tout simplement la complexité de l’histoire…
J’ai lu le livre jusqu’à la dernière page, un peu en rechignant, et je n’ai pas trouvé la fin satisfaisante. Une fois de plus, l’auteur me laisse perplexe.
Si cet avis (très personnel) semble négatif, je tiens à préciser que le roman est bien écrit, riche dans sa fiction, loin d’être ennuyant et qu’il a plu à de nombreux lecteurs.
Ésotérisme, magie, vieilles légendes, civilisations précolombiennes, fin du monde, crâne en cristal, secte mystique, aventure… il vous plaira peut-être !

Des billets chez Clarabel,

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Image prise « ici »

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Le Croquemitaine, Humphrey Dumbar

logohalloween14logo hallbdOctobre sur le vaisseau fantôme avec
Hilde et Lou

BD du mercredi chez Mango

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humphrey dumbarHumphrey Dumbar
Le croquemitaine
Civiello

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A l’orphelinat de Miss Doloby, Humphrey Dumbar dit Le Croquemitaine doit passer dans les dortoirs des enfants pour assurer leurs cauchemars. Faites attention ! il se glisse sous vos lits, dans vos draps, vos pensées… et il se régale de vos cris épouvantés… il croque, il croque… Il a des petits yeux jaunes perçants, des dents pointues, des doigts crochus et il sent très mauvais car il ne se lave jamais. Quel affreux personnage !!!
Jimmy, un petit orphelin, voudrait passer une nuit sereine. Déterminé à ne pas se laisser faire, il décide de jouer un tour à ce vieux filou. Pour une fois, Le Croquemitaine ne le trouvera pas dans son lit !
Lorsque Humprey arrive dans la chambre de Jimmy, il a la désolante surprise de ne pas le voir couché. Mais où est passé ce petit chenapan ? Pfff… la nuit est déjà bien avancée et Humphrey voudrait passer au pub avant de retourner chez lui. Alors, il laisse l’orphelinat, le petit renégat, et part se rafraichir le gosier au pub…
Ce qu’il ne sait pas, c’est que le petit Jimmy est caché dans le chaudron qu’il porte sur son dos et que bientôt il sera trop ivre pour s’en apercevoir.

Un pied dans une flaque d’eau et voilà que Le Croquemitaine emmène Jimmy dans son monde magique. Que va-t-il arriver à Jimmy ?

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Enfant, tout le monde a eu peur du Croquemitaine, a regardé sous son lit dix fois, dans l’armoire, les tiroirs de la commode, a vérifié la fenêtre… sauf Jimmy. Petit garçon hardi, malicieux, il se retrouve emporté bien malgré lui dans l’univers du méchant homme. Sans tenir compte des conseils d’une citrouille et d’un crâne, Jimmy va vouloir s’amuser avec Humphrey en se faisant passer pour sa conscience. On arriverait presque à plaindre ce malheureux d’être tourmenté ainsi. De plus, n’ayant pas convenablement accompli sa tâche, il se fait réprimander par ses acolytes… le Père Noël, la Sorcière, la Petite Souris, le Marchand de sable et tous les autres personnages des contes fantastiques.
« L’ordre des choses est ainsi fait ! Il ne peut plus en être autrement ! ». Humphrey doit faire peur à tous les enfants mais l’histoire lui préserve une autre destinée…
Peu de texte, de nombreux dessins et une colorisation superbes, cet album fait sourire et ne peux effrayer le petit lecteur, malgré quelques passages peu rassurants et palpitants.

Un album que je vous recommande et un illustrateur à noter.

D’autres billets chez Noukette, Lilibook et Emmyne

 

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Blood song, La Voix du sang – Tome I

logo Challenge-anglaislogo-challenge-imaginaire « God save the livre » d’Antonilogo_babelio« 
Les mondes imaginaires » d’Aymeline
Un livre offert par Babelio et Bragelonne

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blood song 1Blood Song
La Voix du sang
Tome I
Anthony Ryan

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Le Chroniqueur Impérial, le Seigneur Verniers, accompagne le prisonnier Vaelin Al Sorna qui doit combattre Ell-Nestra, le Bouclier des Îles, dans un duel à mort. Tout doit être retranscrit dans les annales et ainsi retracer les derniers jours du Tueur d’Espoir…
Le célèbre et redoutable guerrier-frère Vaelin croupit depuis cinq ans dans les geôles de l’Empire Alpiran, après que son roi Junus du Royaume Unifié ait signé l’armistice de la guerre qu’il menait contre l’empereur Aluran Maxtor Selsus. Les projets de ce roi devenu fou par la démesure se sont soldés par un échec et le sacrifice d’un héros que tout le monde croit mort.

Vaelin est appelé Sombrelame, Ombre de Corbeau, mais aussi le Tueur d’Espoir pour avoir tué le fils adoptif et héritier de l’empereur. Personnage de légende, ses exploits sont chantés et contés partout. De stature imposante, plus grand que les autres hommes, le regard noir et profond, inquisiteur, il n’a rien perdu de sa puissance. Sa distinction faite de majesté, de force et d’intelligence séduit et effarouche le commun des mortels, le guerrier le plus endurci et l’homme le plus titré.
A bord du bateau qui les conduit vers les Îles, Vaelin offre au Seigneur Verniers de corriger ses écrits sur la guerre Alpirane et Boréenne qu’il estime erronés. Si le chroniqueur s’en offusque au début, très vite il est captivé et bercé par les paroles de Vaelin qui se décide à lui raconter sa vie.

Ainsi, le récit va se scinder en plusieurs parties. Les souvenirs vont interrompre le présent et ce n’est plus sous la plume du Seigneur Verniers que les mots et les images vont défiler. De captif, Vaelin va prendre en otage les pensées du chroniqueur…

Lorsque son père le Seigneur de Guerre et Première Épée du Royaume le mène à l’entrée de la Loge du Sixième Ordre, Vaelin a dix ans. Malgré la mort récente de sa mère qu’il pleure encore, il est resté un garçon intrépide, gai et avide d’aventures et de jeux. Les moments de complicité avec son père sont si rares, que cette sortie en sa compagnie le comble de joie. Mais très vite, il comprend que l’instant est solennel. Avare de paroles et de tendresse, Kralyck Al Sorna lui dit que désormais sa vie se passera entre ces murs et que sa destinée est de servir l’Ordre de la Foi en devenant un frère guerrier.

« – Vaelin, dit-il de sa voix rauque de guerrier. Te rappelles-tu la formule que je t’ai enseignée ? Notre devise familiale ?
– Oui, monseigneur.
– J’écoute.
– « La loyauté est notre force ».
– Oui. La loyauté est notre force. Souviens-t’en. Souviens-toi que tu es mon fils et que je désire t’admettre en ces murs. Ici, tu apprendras bien des choses, tu deviendras un frère du Sixième Ordre. Mais tu resteras à jamais mon fils, et tu honoreras mes souhaits. »

C’est l’Aspect Arlyn, qui les accueille et qui reçoit le premier serment de Vaelin sur le seuil d’une forteresse de granit. Il doit rentrer en ces lieux libre et conscient.
« La loyauté est notre force », cette devise ancrée dans son sang, va accompagner Vaelin et l’aider à vivre les débuts d’un apprentissage hors normes.
De cette classe, ils sont sept novices à se présenter devant les frères instructeurs, sept jeunes compagnons qui vivront dans cette communauté fermée, élitiste, guerrière, et qui devront passer tous les ans des étapes initiatrices. Barkus, Nortah, Caenis, Dentos, Jennis et Mikehl (plus tard Frentis) deviennent la seule famille de Vaelin qui a juré d’oublier qu’il avait un père.

… Le Seigneur Verniers capture les souvenirs sur ses parchemins. Une première année de leçons, de châtiments, de coups de badine infligés par frère Sollis, le Maître d’escrime, d’épreuves, de rites de passage, de rapports de force avec ses jeunes frères qui ont tous des tempéraments différents, d’incompréhension et de doutes, de pleurs rentrés, de solitude… et de solidarité. La fraternité est intense, elle est le ciment de leur enseignement.
Vaelin a un caractère bien affirmé et une conscience des choses qui l’entourent très personnelle. A l’extérieur, le Quatrième Ordre de la Foi traque les hérétiques que l’on nomme les Apostats. Accusés de pratiquer la magie de La Ténèbre, ils sont persécutés et assassinés. Vaelin essaie de délier les arcanes du bien et du mal sans perdre une once d’honnêteté, une once d’humanité. Sa personnalité démontre une force pleine de maturité, une acuité perspicace et un cœur généreux. Déjà, ses aptitudes sont relevées par ses maîtres qui voient en lui un futur chef. La mort s’est déjà immiscée dans sa vie, il sait qu’il peut tuer.

Souvenirs… La première fois qu’il a vu son chien Balaffre, un cerbère volarien, sa relation difficile avec son cheval Écume, un destrier sauvage, sa rencontre avec Erlin et Sella, des Apostats en fuite, les années qui passent avec leurs lots de souffrances, de liesses, d’embuches, les étapes qui les endurcissent et les rendent hommes, frères… Sa formation au sein du Cinquième Ordre du Corps, de la Guérison, et sa rencontre avec la belle et secrète Sherin… La quête d’un père, d’une mère, et l’instant où ses questions (Pourquoi son père l’a abandonné ? Qui était réellement sa mère ?…) ont enfin des réponses… Sa force qui croît et une voix intérieure qui le guide… Des enjeux politiques, un roi, un royaume, des sujets ou des pions, et des terres à conquérir… La guerre, les morts, être Frère et Première Épée du Royaume… « La loyauté est notre force »… Le Septième Ordre qui a disparu et qui renaît dans La Ténèbre pour tout détruire… L’Empire Alpiran…

Après l’unité et la complicité vécues lors du noviciat, Vaelin connaît une autre vie, plus solitaire, plus désespérée… Il est un don qu’il doit taire, celui que son sang chante, une énergie qui fait de lui un être unique, une légende.

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Il y a les souvenirs qui sont racontés au Seigneur Verniers et les souvenirs plus intimes que Vaelin nous confie. Cette histoire fantastique est relatée en trois parties, avec la magie des romans de Walter Scott et ceux de Robin Hobb. Chanson de geste d’un temps passé, sagas mythiques sur la chevalerie, les croisades et les royaumes imaginés, scénarios des péplums antiques, elle mêle les thèmes des épopées épiques, héroïques, la guerre, l’aventure, les quêtes, des mystères, l’amitié, la bravoure, l’abnégation, la sagesse, des stratégies, une force noire, de l’occultisme, la religion… et l’amour.
Ça foisonne, c’est sans répit ! L’émotion est toujours présente, dans le suspens et les frissons, le sourire et parfois des petits serrements de cœur. Tout y est pour donner au lecteur une incroyable évasion.
Je vous recommande ce premier tome captivant, issu d’une trilogie, et j’espère qu’il vous charmera comme je l’ai été…
Ce fut une très belle découverte.

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Vasnetsov.
Peinture de  Viktor Vasnetsov

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Le sang de l’Epouvanteur, Tome X

Vintage wallpaperUne lecture commune avec Sharon
« Mondes imaginaires » d’Aymeline
, et « Deux semaines de vacances avec une bibliothèque jeunesse » .


Tome 1 – L’apprenti EpouvanteurTome 2 – La malédiction de l’Epouvanteur
Tome 3 – Le secret de l’EpouvanteurTome 4 – Le combat de l’Epouvanteur
Tome 5 – L’erreur de l’EpouvanteurTome 6 – Le sacrifice de l’Epouvanteur
Tome 7 – Le cauchemard de l’EpouvanteurTome 8 – Le destin de l’Epouvanteur
Tome 9 – Grimalkin et l’Epouvanteur

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le sang de l'épouvanteurLe sang de l’Epouvanteur
Tome 10
Joseph Delaney

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Introduction tirée du premier billet :

Thomas Ward est un jeune garçon de treize ans dont les parents habitent une ferme ; le père est paysan, la mère, d’origine grecque, est accoucheuse. Étant le septième fils d’un septième fils, Tom peut prétendre recevoir l’éducation d’un apprenti Epouvanteur. Sa mère, consciente de ce fait, a envoyé une missive à Monsieur Gregory, l’Epouvanteur de Chipenden. Prophétie, aspiration ou conviction, elle souhaite que Tom quitte sa famille et soit initié à une autre vie.
« J’ai donné le jour à un petit garçon. Il est le septième fils d’un septième fils. Son nom est Thomas J. Ward, et c’est le cadeau que je fais à ce comté. Dès qu’il aura l’âge requis, je vous enverrai un mot. Je compte sur vous pour le former. Il sera le meilleur apprenti que vous ayez jamais eu, et le dernier. »

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Dans le jardin de Chipenden, Tom contemple avec son maître la maison en cours de rénovation. Elle renaît de ses cendres dans des bruits de marteaux et des odeurs de sciure. L’Epouvanteur John Gregory a retrouvé un peu de son enthousiasme, ce qui rassure Tom. L’incinération des précieux livres a été une sérieuse blessure, aussi douloureuse qu’une éventration. Il ne reste que le bestiaire des créatures surnaturelles.
La guerre est finie, le Malin est prisonnier de la Grimalkin, mais les créatures de l’Obscur commencent à élaborer des alliances pour le libérer.

Le prochain voyage doit mener Tom et Gregory à Todmorden. L’Epouvanteur a reçu une lettre de Dame Fresque l’invitant à venir chercher dans sa bibliothèque autant de livres qu’il voudra prendre. C’est Judd, un ancien apprenti originaire de cette ville, qui les mènera et fera les présentations avec cette mystérieuse et généreuse donatrice.
Mais avant… Tom doit se rendre chez Slake, la lamia qui garde les affaires de sa mère. Il ne reste que quelques mois avant Halloween pour se préparer à combattre le Malin dans un ultime combat.  Avec Alice, mais aussi les chiens, Griffes, Sang et Os, il doit traverser la Combe où est enterrée Agnès Sowerbutts… Enterrée ? Non ! Agnès vit sous terre et rampe à la recherche du moindre ver ou larve pour se nourrir. C’est l’agonie de toutes les sorcières qui trépassent. C’est alors qu’Alice demande à Tom la permission de ressusciter sa tante. Agnès ne sera plus jamais la même, mais elle pourrait les aider. Foncièrement bonne et loyale, expérimentée aussi, elle sera utile à leur cause.

Parmi les affaires de sa mère, Tom apprend comment il pourra définitivement tuer le Malin. Il lui faut trois armes forgées par Héphaïtos, un ancien dieu. Déjà en possession de deux lames, La lame du Destin et Tranche Os, il doit récupérer dans l’antre de l’Obscur la troisième appelée La Douloureuse. Ce destin prédit par sa mère ne se fera pas sans l’assistance et le sacrifice d’une personne chère à son cœur. Pour Tom, la chose est inimaginable et il se garde bien de le dire à son amie et à son maître.

A Todmorden, l’ambiance est étrange. Les maison se ferment à l’approche de toute âme inconnue… et Dame Fresque, une belle femme aux lèvres pourpres, inspire un sentiment ambigu à ses deux hôtes.
Comme John Gregory le dit doucement dans un murmure à Tom, il va falloir être vigilants !
Que vont-ils découvrir ?

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Vous croyez peut-être que je vous ai résumé tout le livre ? Détrompez-vous, ce sont les cinquante premières pages ! Lorsqu’on entame un livre de Joseph Delaney, on est sûr de ne pas s’ennuyer et de cavaler à un rythme effréné. Cette fois-ci, nous faisons connaissance avec des démons venus de Transylvanie, les Moroïs et les Strigoïs, des créatures sanguinaires. L’histoire est une des plus intenses de la série et évolue vers le déliement qui surviendra dans deux tomes.
Outre les trois personnages principaux, Tom, l’Epouvanteur et Alice, nous retrouvons la Grimalkin, toujours bénévole et efficace, Agnès qui revient d’outre-tombe et Slake la sœur lamia de Zenobia, la mère de Tom. A ce stade de la série, seuls les initiés peuvent comprendre !
Pour abréger cet avis, je dirai que j’aime toujours autant, que je n’ai pas lâché le livre avant de l’avoir fini et que l’auteur a toujours un beau panel de créatures maléfiques à nous proposer.

Depuis le premier tome, je recommande cette série aux jeunes lecteurs téméraires… Attention, c’est souvent assez rude.

Une lecture commune avec Sharon, groupie de la première heure !

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SEVENTH SON
Film L’Epouvanteur

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La nuit des courges ensorcelèes

Voyage de Lou et Hilde, destination Halloween
Challenge des régions de Lystig
Je lis des albums, chez Hérisson

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La nuit des courges ensorcelées
Texte d’Yves Blanckaert et
Illustrations d’Anne Buguet

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Pour aller dans les Terres du Nord, il faut passer par le petit village de Marchiennes.
Une vilaine sorcière s’y rendait d’un pas alerte, lorsqu’elle rencontra malencontreusement sur son chemin, un piège à loup qui lui broya le pied.

Ne pouvant plus avancer, elle décida de s’installer dans cette campagne…
La Cormoignon prit domicile dans un coin des plus inhospitaliers, appelé « La Soufrière ».

« La longue étendue de terre souillée où elle sévissait semblait sortir tout droit d’un esprit dérangé, aux confins du monde des esprits. C’était l’antichambre de l’enfer, l’épouvantable territoire de La Cormoignon, horrible princesse des démons, monstre déchu du ciel. »

Nez crochu, furoncles, rides, dents pourries… seuls les corbeaux et les crapauds s’en approchaient. Pour se venger et se distraire, elle préparait des potions et maudissait les villageois.
Les pires calamités devaient s’abattre, engendrées par les malédictions. Famine, mutation en corbeaux, cultures inondées… racket.

Alors que la misère s’étendait dans chaque chaumière, un jour, une vielle dame trouva dans son potager un bébé. Le superbe chérubin était emmailloté d’une couverture rouge et portait une ceinture-collier de perles en verre, réceptacles de graines.
Avec l’accord du village, la « Mémère » décida de le garder et l’appela Alban, « jour de lumière ».

Les jours, les mois, les années passèrent… sous la surveillance de La Cormoignon qui réclamait toujours ses rançons avec férocité.
Alban, devenu un beau jeune homme, distribua un jour ses perles, que l’on devait briser pour recueillir les graines… et arriva ce qui devait arriver…

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Il y a fort longtemps, d’une époque où je recherchais des illustrations de cucurbitacées, mon regard avait été aimanté par cette couverture. Citrouille, coloquintes, grimoires, fioles et crapaud… dans un petit placard. Après avoir admiré les dessins, je l’ai reposé bien à contre coeur sur l’étal du libraire, lui préférant un livre encyclopédique plus détaillé.
La semaine dernière à la bibliothèque municipale, en cherchant quelques albums pour Hérisson, j’ai retiré des étagères « Le Livre ». Je vous assure que le voyage dans le passé fut immédiat ! Belle nostalgie du temps où je m’amusais à crayonner des courges.

Ce conte est magnifiquement illustré. Histoire et dessins se marient en toute harmonie. Ils renvoient l’image d’une campagne flamande que Brueghel a immortalisée… paysannerie, hiver sous la neige, village médiéval, gargouilles… ainsi qu’aux enluminures d’Anne de Bretagne, lorsque l’illustratrice Anne Buguet éparpille dans ses dessins des scarabées, coccinelles, mouches, escargots et autres insectes. Les détails sont nombreux et posent le regard partout.
Si, pour un enfant, l’histoire semble ténébreuse avec la sorcière, d’une approche malheureuse et sinistre, elle est faite comme toutes les légendes et reçoit à la fin, sa part de belle magie… les méchants au placard, les gentils à la fête.

Je vous conseille de lire ce conte, de vous attarder sur les dessins, les couleurs, et de proposer à votre famille un velouté de potiron, un gratin de courge et quelques douceurs à la citrouille.


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