Le couteau sur la nuque


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Challenge Polars de Sharon

.

.

Le couteau sur la nuque
Agatha Christie

.
Cette fois-ci, le capitaine Hastings nous rapporte une affaire bien retorse dont le dénouement avait donné beaucoup de mal à Hercule Poirot. « Le petit détective Belge » s’était fourvoyé dans ses déductions et avait orienté l’inspecteur Japp de Scotland Yard sur de mauvaises pistes. La tragédie mettant en scène de grands noms de l’aristocratie et du monde du théâtre, l’intérêt du public avait été maintenu par les nombreux actes qui avaient ponctué l’histoire ; trois meurtres et une pendaison…

Je vais juste vous raconter les premières pages et vous situer dans la chronologie. Hastings est revenu d’Argentine pour quelques temps et Poirot semble un peu s’ennuyer. L’histoire se passe au début de l’été, à Londres, mais il est aussi question de la France et de l’Amérique au fil de l’enquête.

Tout commença au théâtre où Poirot et Hastings étaient venus voir Carlotta Adams, une actrice Américaine à la carrière prometteuse. Ses multiples talents allaient du comique à la tragédie, en passant par des imitations. Parmi tous les portraits qu’elle proposait avec plus ou moins de mordant, il y avait la caricature d’une célèbre comédienne, Jane Wilkinson. La jeune femme en question avait quitté momentanément la scène pour épouser le baron Edgware et, après trois ans d’une union houleuse faite de séparations, elle s’apprêtait à le quitter, clamant à tout le monde qu’elle aimerait en être débarrassée. Ce soir d’avant-dernière représentation, elle était dans la salle à rire des pitreries de Carlotta et à saluer son intelligence et sa finesse.
C’est plus tard dans la soirée au restaurant de l’hôtel du Savoy que Poirot et Hastings rencontrèrent Jane, Lady Edgware, qui était à une table voisine de la leur. Invités à la suivre dans sa suite, elle leur fit part d’une requête en réitérant son vœux le plus cher : « Se débarrasser » définitivement de son mari qui lui refusait toute rupture. Lorsque Poirot avait sursauté en lui faisant la remarque que le terme « débarrasser » définissait une suppression bien plus radicale qu’un divorce, Jane avait répondu en riant qu’elle en avait tout à fait conscience…
La demande voulait que Poirot intercède auprès de son mari pour qu’il lui accorde le divorce le plus rapidement possible car elle était amoureuse du duc de Merton qui était prêt à l’épouser.

Pour les beaux yeux de Jane, pour la sympathie qu’elle suscitait, pour l’extravagance de la mission, ou tout simplement pour se divertir, Poirot accepta et prit rendez-vous avec Lord Edgware qui ne tarda pas à le convier.
De cette rencontre, il en était reparti satisfait et troublé par tant de facilité, car Lord Edgware avait lui aussi émis le souhait d’une séparation définitive et avait parlé d’une lettre qu’il aurait envoyée à sa femme, six mois auparavant à Hollywood, pour lui confirmer son accord. La lettre se serait-elle égarée ?
Cette lettre disparue qui avait dès le début intrigué Poirot, avait été l’un des nombreux points à élucider.

Une enquête ? Le lendemain de l’entrevue, Poirot était sollicité par l’inspecteur Japp pour l’assister dans une enquête. On venait de découvrir Lord Edgware assassiné, un coup de poignard dans la nuque. Ainsi commence l’affaire…

Si les soupçons des policiers désignent la frivole et infidèle Jane, très vite, ils doivent lister d’autres suspects car Jane a une pléthore de témoins irréprochables qui lui servent d’alibi. A qui profite le crime ? Il faut préciser que le défunt était détestable ! Manipulateur et sadique, il était haï par toutes les personnes qui l’entouraient. Sa fille, son neveu héritier du titre et des biens, sa secrétaire, son majordome, l’amant de sa femme ? Il y a de quoi faire ! jusqu’à imaginer la comédienne Carlotta Adams dans le rôle de l’assassin et peut-être même, son ami le comédien Bryan Martin.
Les petites cellules grise d’Hercule Poirot vont beaucoup réfléchir au machiavélisme de l’affaire, le capitaine Hastings essaiera de suivre ses raisonnements et l’inspecteur Japp va en perdre son latin, surtout qu’un deuxième et un troisième meurtres suivront.

Japp désespéré de la tournure de l’enquête se plaint à Hastings du comportement de Poirot :
« – Je l’ai toujours trouvé un peu bizarre, dit Japp. Il a une façon très particulière et très étrange d’envisager les choses. C’est une espèce de génie, je le reconnais, mais on dit bien que le génie se situe à la frontière de la folie et qu’il est susceptible d’y basculer à tout moment. Il a toujours aimé les choses compliquées. Une affaire simple ne le satisfait jamais. Non, il faut qu’elle soit tortueuse. Il n’adhère plus à la réalité. Il joue son propre jeu. Comme une vieille dame qui fait des patiences. Si elle ne réussit pas, elle triche. Lui, il triche au contraire si cela vient trop facilement pour rendre les choses plus difficiles. C’est ainsi que je le vois… »

Ce roman publié en 1933  est la huitième des enquêtes d’Hercule Poirot dont les lectures sont de réels plaisirs ! L’intrigue passionnante est relatée par Hastings et sa personnalité franche, ingénue, bonne et fidèle, donne le ton. Lorsque John Watson rapporte les déconvenues de Sherlock Holmes, il le fait avec beaucoup moins d’indulgence. Hastings vénère Poirot et n’hésite pas à nous le témoigner.
Le dénouement surprend moins que la trame qui est tissée de façon à nous perdre. Il est difficile de sonder les personnages car les apparences sont toujours trompeuses.
Une histoire de plus à recommander !

.

.

.

 

Publicités

L’inconnue de Queen’s Gate

Il était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Challenge polars chez Sharon

.

.

linconnue-du-queens-gateL’inconnue de Queen’s Gate
Une enquête de Beth Huntly
Anne Beddingfeld

.

.
L’auteur Anne Beddingfeld est connue aussi sous le nom de plume d’Anne Martinetti qui a écrit de nombreux livres de recettes (« Crèmes et châtiments », « La sauce était presque parfaite », « Alimentaire, mon cher Watson »…). Dans cette série, elle met en scène Beth Huntly, qui se voit du jour au lendemain promue au rang de cuisinière lorsque celle qui occupait ce poste, dans l’honorable famille des Hewes, se retrouve à l’hôpital de Saint-Bartholomew’s…

1899, Londres,

A un mois de Noël, la jeune Beth se doit de remplacer Mme Hudson derrière les fourneaux. Cette opportunité est à saisir et elle va tout faire pour conserver la place. Une cuisine un peu plus moderne, des plats aux consonances françaises, une créativité audacieuse, elle saura se montrer à la hauteur de la tâche et séduire ses patrons.
Mais un soir, alors qu’elle s’est retirée dans le jardin pour fumer un cigare, la tête pleine de ces idées gourmandes qu’elle voudrait cuisiner pour les fête, elle découvre le cadavre d’une femme.
Aux premiers rapports et sur les lieux du crime, le superintendant établit que la victime, malgré ses beaux atouts, devait être une prostituée ; un tatouage, des bottines rouges et une forte odeur d’alcool  le laissent supposer. Le deuxième constat considère l’arme avec laquelle le meurtrier l’a tuée. Un kriss malais désigne très vite un suspect. Lord Hewes a pour valet un Indien, Rajiv, qui en était le propriétaire avant qu’il ne le lui offre. Mais cette dernière précision ne rentre pas en compte dans ce jugement hâtif et Rajiv est envoyé en prison.
En peu de temps, les rêves de Beth s’évaporent. Si c’est Lord Hewes le coupable, elle peut se chercher une place ailleurs et oublier ses ambitions. Et si c’est Rajiv… ça ne peut l’être ! Rajiv est son amant, l’homme le plus doux qu’elle connaisse, le plus envoutant aussi. Alors, sans trop réfléchir, elle décide de mener son enquête en parallèle de celle des policiers. Ses investigations la mèneront sur les traces d’une vieille affaire de prostitution enfantine qui n’a jamais pu être jugée et qui mettait en cause des personnalités de la haute société.
Elizabeth Huntly, fille de cuisine fraîchement promue cuisinière et enquêtrice, nous raconte…

.
Lectrice-groupie des histoires policières d’Anne Perry, je n’ai pas trouvé dans ce roman les mêmes élans d’intérêts. Je laisse à d’autres cette série.

.

csm_skmbt_c22010123014251_315b90e07f

Cuisines du Carlton du temps de Mr. Escoffier
.

.

.

 

Sherlock Holmes et les vampires de Londres, tomes 1 et 2

logomoisanglais4
Mois anglais avec Cryssilda et Lou

.

 

Sherlock et les vampires 1 et 2 bdSherlock Holmes et les vampires de Londres
L’appel du sang, tome 1  –  Mort ou vif, tome 2
Scénario de Sylvain Cordurier
Dessins de Vladimir Krstic
Couleurs de Alex Gonzalbo

.

1891,

Sherlock Holmes n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach avec son ennemi le professeur Moriarty, mais seul, son frère Mycroft le sait. Pour protéger son fidèle ami John Watson et Madame Hudson, il est obligé de se cacher à Paris et de prendre une autre identité car les répercussions seraient dramatiques si la bande de Moriarty l’apprenait.

Faire le tour du monde, écrire… c’est ce qu’il souhaiterait faire mais ses projets sont torpillés lorsqu’il découvre avec Mycroft, le cadavre de sa nouvelle logeuse, Madame Irby. Cette exécution a été commise par les Vampires de Londres pour contraindre Holmes à revenir. Elle ne serait que les prémices, s’il n’acceptait pas…
Depuis quelques temps dans la haute aristocratie, Owen Chanes, un vampire renégat, sème des cadavres, et le duc de Selymes, appelé « Maître », désirerait que le célèbre détective leur livre le coupable. Ce n’est pas tant le désordre sanglant qui le dérange mais plus l’ultimatum de la reine Victoria qui les menace de les bannir du royaume, héritiers de la couronne ou pas. De plus, il semblerait que dans sa quête vengeresse, Chanes n’ait qu’une raison… tuer le Maître.

Acculé à prendre part à la traque pour protéger les siens, Holmes pénètre un univers inconnu et rencontre des personnages bien plus funestes que son ancien adversaire.
Pour l’aider, Selymes lui offre les services d’une femme-vampire qui va perturber Holmes car elle est le sosie d’Irène Adler. Assistante, cerbère, espionne, elle sera aussi son ange gardien.
Si les aventures de Sherlock Holmes ont atteint la renommée, c’est surtout grâce à la plume de Watson qui les a narrées et publiées. Dans cette histoire, c’est Holmes qui écrit et qui relate les évènements dans une lettre à son ami. Le monde vampirique est sauvage, avide et très susceptible. Au cours de son enquête, il aura une autre vision de l’affaire ce qui ne complaira certainement pas à Selymes, le Maître sans pitié, qui saura montrer son courroux.

.
Avec ce scénario écrit en deux tomes, nous plongeons dans un surprenant 19e siècle peuplé de vampires. Ils sont connus et seulement tolérés par la reine, que s’ils se montrent discrets. Mais l’histoire est autre… et bien tumultueuse !
Une page est tournée, Holmes n’est plus accompagné de Watson. Ça peut chagriner au début, mais on s’habitue vite car l’ambiance est très différente, plus dans l’action sanguinaire que dans l’introspection, sauf dans le deuxième tome où Sylvain Cordurier ajoute de la profondeur dans les caractères de ses personnages. On retrouve Mycroft mais aussi l’inspecteur Lestrade. Si j’ai apprécié l’intrigue et sa dynamique, l’atmosphère, l’originalité, le graphisme des rues, des bâtiments, les décors, j’ai moins aimé comment Vladimir Krstic a dessiné les visages. Je les ai trouvés massifs ; ce n’est pas la bestialité qui s’en dégage qui est dérangeante mais plus le manque d’élégance. C’est bien dommage, car tout le reste est beau, ainsi que la colorisation.

Sylvain Cordurier et la collection 1800 mettent en scène Sherlock Holmes dans de nombreuses histoires, dont une série appelée « Sherlock Holmes Society ». D’après ma copine Belette, ils sont à lire. Alors… à suivre !


D’autres billets chez Belette, Hilde,

.

serlockholmesbd1

.

.

.

L’infortune de Kitty Grey

logohallow15logo-by-eliza1
Le mois Halloween avec Hilde et Lou
« A year in England » de Titine

.

.

KittyPlat1.inddL’infortune de Kitty Grey
Mary Hooper

.

1813, Le Devon… Londres,

Kitty Grey, une jeune fille courageuse et honnête, travaille à la laiterie du manoir de Bridgeford dans le Devon. La famille qui l’emploie l’estime, les demoiselles de la maison, Miss Alice et Miss Sophia se montrent toujours aimables et la gouvernante Mrs Bonny a pour elle de gentilles attentions.

Kitty est heureuse et elle se verrait bien vivre dans cette campagne avec Will, son amoureux secret… Depuis quelques années, ils se rencontrent en cachette une ou deux fois dans la semaine. Des instants brefs, des petites bulles hors du temps où ils se jurent un bel avenir et se disent de doux sentiments. Will, un pauvre orphelin, vit dans une cabane en bois qui n’a rien de confortable. A la mort de son père, il a hérité de sa barque et de son travail de batelier. Bon passeur et apprécié de tout le monde, il estime qu’il n’est pas encore prêt pour demander la permission de fréquenter Kitty. En charge de sa petite sœur Betsy qui habite chez leur aînée, il voudrait d’abord amasser des économies pour débuter sur de bonnes bases. Le mieux serait qu’il parte à Londres car là-bas les bateliers de la Tamise gagnent beaucoup plus. Cet avenir citadin, il voudrait le partager avec Kitty. A la capitale, il y a aussi des vaches, lui dit-il…

Mais un jour, tous les beaux rêves que Kitty échafaudait s’effondrent. Will a disparu sans laisser de message, laissant Betsy seule et sans famille pour la recueillir car leur sœur Kate ne peut plus la loger.
Partagée entre la colère et l’inquiétude, Kitty attend quelques mois pour réagir, quand l’opportunité d’aller à Londres à la recherche de Will, lui est offerte par Miss Lucie qui souhaite avoir le dernier livre de Jane Austen, « Orgueil et Préjugés », une parution en trois volumes qui va s’arracher ! Alors, avec une liste de bons conseils, une adresse respectable pour son hébergement, une bourse pour son séjour, son sac de voyage et accompagnée de Betsy, Kitty prend la diligence pour Londres.

A son arrivée, la belle aventure qu’elle envisageait se transforme vite en cauchemar. Malgré toutes les mises en garde sur les dangers de la ville dont elle a été instruite, Kitty se fait voler et se retrouve démunie, perdue dans une faune sauvage… Inconsciente, naïve, elle va vite déchanter. C’est Newgate et une déportation à la colonie de Botany Bay en Australie qui se profilent à l’horizon…

.
Ayant lu et aimé « Waterloo Necropolis », j’ai fouillé les étagères de la bibliothèque municipale à la recherche de « La messagère de l’au-delà » de Mary Hooper, et je suis tombée sur « L’infortune de Kitty Grey ». Dans ce roman, rien de fantastique, à part peut-être la fin, un épilogue un peu trop invraisemblable, un peu trop féerique…

Avec Kitty, l’auteur retrace une époque victorienne bien sombre à la Dickens, et comme dans tous ses livres, les malheurs s’enchaînent et précipitent les héroïnes dans des histoires misérables. Courageuses et perspicaces, ces jeunes filles affrontent leurs déconvenues avec beaucoup de dignité et de résistance.

Le livre est scindé en deux parties, deux mondes différents ; Kitty vient d’une campagne où la vie semble plus paisible, plus heureuse malgré les déboires liés à la pauvreté et au servage, et part pour la ville, une vraie ratière où tout le monde se bouffe le nez. La structure de l’époque n’épargne pas les pauvres gens. Dans les notes de l’auteur, on apprend que la Metropolitan Police ne fut créée qu’en 1829.
Une histoire dramatique sur un fond historique… On lit, on vit… la prison de Newgate, les exécutions publiques et les spectacles qu’elles occasionnaient, les détenus incarcérés dans des conditions horribles, les jugements hâtifs et tronqués, la criminalité, les voleurs, les arnaqueurs… la déportation et les bateaux (le Lady Julian) de véritables mouroirs (Il fallait peupler Botany Bay et les femmes étaient demandées.)… les enrôlements forcés pour la Royal Navy… Le scénario est basé sur des faits réels.
Plume intelligente, une documentation riche sur le XIXe siècle, les romans de Mary Hooper sont toujours de bonnes factures. Cependant, je trouve que la construction des histoires se ressemblent un peu trop. J’aimerais un jour la lire dans une histoire moins mélodramatique, dans un genre nouveau mais toujours dans cette époque victorienne qu’elle semble bien connaître.
Un roman jeunesse à conseiller.

.

ff4_a1475003.

.

.

.

L’homme à la lèvre tordue

11188172_391095041080163_5368143613513055468_nlogo XIXème 2logo british mysteries«XIXème siècle» de Fanny
«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 7ème billet

.

.
sherlock holmesL’homme à la lèvre tordue
Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

.

Juin 1889,

John Watson et sa femme reçoivent la visite de Madame Whitney, une amie de longue date. Épouse d’un homme opiomane, elle vient souvent leur confier son désespoir et chercher du réconfort auprès de Mary. Ce soir-là, inquiète, elle ne sait quoi faire car son mari n’est pas rentré depuis plus de deux jours. Elle l’imagine dans une fumerie d’opium, déconnecté de la vie et sans force pour réintégrer leur domicile.
Homme au grand cœur, Watson ne se fait pas prier pour aller le chercher… il y fera une rencontre imprévue !

Dans la fumerie, après avoir découvert Whitney, Watson se fait aborder par un vieil homme. C’est Holmes, grimé et costumé, qui mène une enquête parmi les drogués. Sa cliente Madame Saint-Clair craint que son mari, un homme d’affaire prospère, ne soit retenu prisonnier, ou pire, n’ait été assassiné dans cet établissement. Elle l’aurait aperçu à l’une des fenêtres quelques secondes… Disparu, on découvre dans la chambre correspondant à la fenêtre, seulement un pauvre mendiant bien connu du quartier. Hugh Boone est un clochard défiguré, très sale et peu loquace. Les affaires de Saint-Clair étant à ses côtés, on pense qu’il pourrait être impliqué dans la disparition et le meurtre.

Une affaire des plus étranges… surtout lorsque les pistes s’éparpillent dans le quartier le plus mal famé de Londres et racontent une histoire des plus surprenantes. Holmes voudrait bien faire parler Boone…
.

Dans la suite des Aventures de Sherlock Holmes, « L’homme à la lèvre tordue » est une nouvelle qui vient après « Les cinq pépins d’orange ». Différente, bien imaginée, elle nous projette sur les bords de la Tamise de l’East End, dans une fumerie d’opium. Les Britanniques ont ramené en occident l’opium et au XIXè siècle, cette drogue ne faisait pas que des ravages auprès des coolies Chinois. Elle était aussi bien prisée par les classes aisées de la société et les milieux artistiques.
En ce qui concerne l’intrigue qui n’est pas d’une grande envergure, il me semble qu’Agatha Christie a utilisé le même stratagème dans l’une de ses histoires avec Hercule Poirot. Je ne me souviens plus du titre, hélas…
Une sympathique enquête à lire.

.

fumerieUne fumerie

.

.

.

Tea time à Londres

logogourmandisesanglaises
Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 3ème billet

.

.

tea time à londresTea time à Londres
Texte et recettes de Laure Sirieix

.

Comme pour l’invitation à Marrakech ou à Barcelone, l’auteur nous convie à visiter une ville et à déguster ses spécialités culinaires. Ici, Londres, une ville qui allie différentes atmosphères… culturelles, historiques, so british et gourmandes.

Dans cet opus, c’est le goûter, le tea time, qui est présenté avec trente-cinq recettes bien expliquées. Il me semble que tout y est ! Les boissons, les petits sandwichs, les cakes, les muffins, les crumbles, les fudges… du sucré, du salé… Christmas pudding, Battenberg cake, Victoria sponge cake, Apple cheddar scones…

La série qui nous fait voyager au Maroc, en Espagne, en Italie… a de très belles couvertures. Les photographies intérieures n’ont pas cette brillance et ce style « baroque-girly », elles apportent un contraste surprenant qu’on retrouve même dans la qualité du papier ; sobres, rustiques, mates. En fait, les compositions se veulent accessibles, faciles et tentantes.

Tout au long du mois anglais, je vais essayer les recettes. Je commencerai par une tarte aux amandes et framboises, la bakewell tart.
.

.
img559
Sticky toffee puddings

.

.

.

Les cinq pépins d’orange

logomoisanglais15logo british mysterieslogo XIXème 2«XIXème siècle» de Fanny
«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 1er billet

.

.
les cinq pépins d'orangeLes cinq pépins d’orange
Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

.
Londres, septembre 1887,

John Watson rassemble ses notes. Il regrette de ne pas avoir retranscrit toutes les enquêtes de son ami Sherlock Holmes même si celles qu’il a racontées sont des plus passionnantes. Certaines ont été faciles à résoudre, d’autres plus ardues. Certaines n’ont pas eu de dénouement et d’autres l’ont rempli d’amertume… comme celle des cinq pépins d’orange.

Septembre est venteux, froid, il n’incite pas à baguenauder dans les rues. Holmes n’attend personne, mais la clochette annonce une visite. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui demande conseil pour une affaire étrange (toutes les affaires sont étranges !), Scotland Yard n’ayant pas voulu le prendre au sérieux.
Son oncle Elias Openshaw qui était parti en Amérique et qui avait combattu dans l’armée sudiste aux côtés du général Lee lors de la guerre de Sécession, est revenu en Angleterre avec une belle fortune. N’ayant aucun héritier, c’est vers son neveu John qu’il s’est retourné, lui demandant de venir le rejoindre dans sa demeure pour faire plus ample connaissance. John découvre alors un homme taciturne, secret et peu sociable, mais s’en accommode très bien les années passant… C’est juste avant la mort d’Elias que John prend mesure de tous les mystères qui l’entouraient. Celui-ci a reçu une lettre avec cinq pépins d’orange. Une phrase sibylline signée KKK et cinq pépins d’orange qui l’ont épouvanté et fait brûler des papiers qu’il tenait cachés.

« Mettez les papiers sur le cadran solaire. »

A ce stade de l’histoire, Watson ne sait que penser et Holmes dodeline de la tête, attentif aux moindres faits… A la mort d’Élias, survenue très rapidement après la missive, l’héritage est allé au père de John, qui moins de deux ans après, reçoit à son tour le même courrier contenant les cinq pépins d’orange… Fatalement, la menace qui fut prise comme une plaisanterie mena le cher homme à sa mort.
John étant le dernier successeur, c’est à présent à lui que la missive est adressée.

Holmes renvoie le jeune homme chez lui et entreprend son enquête sans plus tarder. Mais… mais il est déjà trop tard pour John Openshaw car le KKK va encore frapper. Quelles sont ces trois initiales et quelle est la signification des cinq pépins d’orange ?

.
Nouvelle extraite des Aventures de Sherlock Holmes, l’enquête est d’abord sortie dans le Strand Magazine en 1891.
Cette triste affaire relate l’assassinat de trois Openshaw et un dénouement bien affligeant qui restera dans les annales comme un échec cuisant. En effet, même si Holmes élucide le mystère rapidement, il n’a pas su protéger John et n’a pas pu appréhender les criminels. Justice sera faite, mais le châtiment ne sera pas rendu par les hommes.
Ce dernier point chagrine Holmes, plus peut-être que la mort de son client. Watson nous le montre affligé, suspendu entre deux émotions, l’orgueil et la contrition : « Je souffre dans mon orgueil, Watson ! C’est un sentiment mesquin, peut-être, mais je souffre dans mon orgueil. J’en fais à partir de maintenant une affaire personnelle ; si Dieu le veut, je liquiderai ce gang. Dire qu’il est venu pour que je l’aide, et que je l’ai envoyé à la mort !… »

Un plaisir de lecture !

.

D’autres billets chez Belette,

.

sherlock4.

.

.