Sherlock, Lupin et moi, L’énigme de la rose écarlate

Polars avec Sharon
Petit Bac d’Enna, catégorie couleur
British Mysteries de Lou

 

Le mystère de la dame en noir, T1
Dernier acte à l’opéra, T2

Sherlock, Lupin et moi
L’énigme de la rose écarlate, tome 3
Irène Adler
Illustrations Iacopo Bruno

 

Londres sous la neige, décembre 1870,
Dans son journal, la jeune Irène écrit… La famille Adler est réunie. Paris étant toujours assiégé par les Prussiens, de nombreux Français se sont réfugiés de l’autre côté de la Manche. Ces derniers évènements ont ressoudé ses liens avec sa mère qui se montre moins pénible. Avec un père souvent en voyage pour ses affaires et une mère prise par les œuvres de charité, elle a régulièrement l’occasion de rencontrer Sherlock dans le salon de thé qui est devenu leur quartier général. Tout serait idyllique si Arsène était présent. Le jeune homme travaille dans un cirque et se trouve actuellement à Anvers avec son père. Le quotidien est sans surprise, mais heureusement c’est bientôt Noël, une fête qu’elle apprécie beaucoup…

Juste avant de prendre son cours de chant, Irène voit un Sherlock satisfait et pas morose comme les autres jours. Enfin ! Il a découvert dans le Times une énigme digne de les tirer de l’ennui. Signée par Frère Noir, des positions d’une partie d’échecs sont publiées dans un petit encarté et Sherlock est persuadé que c’est un code entre deux malfrats. Il lui explique que les positionnements sont en fait des localisations géographiques des rues de Londres et plus précisément de trois habitations. Ils en sont tous les deux à discuter de cette intrigante affaire lorsque une heureuse surprise s’annonce… Arsène est de retour pour reformer leur trio d’invincibles enquêteurs car un crime vient d’être commis dans l’une de ces maisons. Samuel Peccary, un riche négociant, a été poignardé et le meurtrier a laissé près de son corps une rose rouge.

Sans plus attendre, les trois amis vont à Scotland Yard pour raconter leur découverte et annoncer qu’un autre meurtre se prépare. Mais l’accueil n’est pas comme ils auraient pu le souhaiter et ils sont reconduits fraichement à la porte.
Désenchantés par les services de l’ordre, ils n’en sont pas moins obstinés et décident de mener leur enquête, seuls…
C’est en faisant des repérages et en voulant informer le propriétaire de la deuxième maison, un riche homme d’affaire, qu’ils font la connaissance de Charles Frederick Fields, un ancien de Scotland Yard. A sa retraite, le vieil homme a ouvert une agence privée et cette affaire, peut-être la dernière, l’intéresse au plus haut point car elle fait référence à l’époque où il était inspecteur principal… Impressionné par leurs déductions, il n’hésite pas à leur dévoiler quelques informations pour les regrouper avec celles de nos détectives en herbe qui avaient déjà fait le rapprochement avec la bande de cambrioleurs, La rose écarlate. Ces malfaiteurs sévissaient il y a une vingtaine d’années de manière très intelligente et toujours sans violence, avec à la clef des butins fabuleux. Si tout s’était terminé avec la mort de leur chef, Fields avait toujours espéré retrouver ses acolytes et ainsi clore le dossier définitivement.

Alors… qui reprend le symbole de la rose écarlate pour signer ses crimes ? Car après Samuel Peccary, une deuxième victime fait la une des journaux. Une rose rouge à ses côtés… Le meurtrier semble plus résolu et opiniâtre que ses aînés. Sherlock, Arsène et Irène vont devoir faire très attention !

Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Irène Adler ; ce livre est un troisième tome des aventures de nos jeunes amis très réussi, et l’époque de Noël est un atout à l’ambiance. Irène la narratrice détaille aussi bien l’enquête que les éléments d’une ville dans ses festivités. La trame policière est adaptée pour les jeunes lecteurs, captivante dans son énigme et pas trop sanglante. Comme pour les précédents opus, nous retrouvons dans la jeunesse de nos héros toutes les caractéristiques de leur personnalité d’adulte. Les tempéraments s’affinent, les témérités deviennent plus intrépides et leur connivence plus complice. A ces héros, les auteurs intègrent des personnages qui ont vraiment existé. Ici, c’est l’inspecteur Field qui eut une certaine célébrité en son temps. Et tout au long du livre, un autre personnage fictif apparaît en filigrane, un jeune garçon qui assiste Field et qui a une intelligence hors du commun. Ce n’est qu’au point final de l’enquête qu’on nous révèle son nom : James Moriarty.
La suite de cette série va être sans aucun doute aussi passionnante, surtout lorsque le récit amorce quelques mystères qui concernent Irène…
Une lecture à recommander !

D’autres billets chez Sharon, Belette et Bianca

 

 

 

La maison vide

logo petit-bac-2019Challenge polars de Sharon
Challenge mysteries de Lou
Challenge Petit Bac d’Enna – Catégorie adjectif

 

 

La maison vide
Le retour de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

John Watson reprend ses écrits dans « Le retour de Sherlock Holmes » après l’histoire « Le dernier problème » qui clôt « Les mémoires de Sherlock Holmes », car son ami le grand détective n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach…

Dans cette nouvelle, il commence par nous raconter l’assassinat d’un jeune aristocrate dans le bureau de sa demeure de Park Lane (Tué par balle dans une pièce fermée de l’intérieur…). Ronald Adair était le deuxième fils du comte de Maynooth, un homme influent et riche. De Ronald, tous les témoignages s’accordent à dire qu’il était très honorable et qu’il n’avait aucun vice. Il avait les loisirs respectables d’un jeune homme de son âge et appartenait à quelques cercles de jeux très sélects qui n’avaient à lui reprocher aucune immoralité. Le mystère autour de ce crime reste une grande énigme que Scotland Yard n’arrive pas à résoudre et c’est dans ce genre de chroniques criminelles que Watson regrette le plus son ami. Il aurait aimé le voir se torturer les méninges et l’entendre énoncer des évidences qu’aucun autre enquêteur n’aurait soulevées.
En sa mémoire, il décide de se rendre sur place afin de relever quelques indices mais ne découvrant rien il s’en retourne chez lui bredouille, quand il heurte par mégarde un vieux monsieur qui tient une boutique de livres dans le quartier. Ce fait anodin est toutefois très important à souligner car ce personnage ne tarde pas à venir le voir à son cabinet et à dévoiler sa réelle identité… Le vieux bibliophile est Sherlock Holmes !

Après avoir été sévèrement étourdi par cet incroyable évènement, Watson retrouve ses esprits pour entendre son très cher ami lui raconter l’histoire de son duel avec Moriarty, le plus grand criminel de son temps. Nous apprenons alors que pour fuir les complices mafieux qui ont juré de l’assassiner, Holmes a dû se faire passer pour mort et partir dans les quatre coins du globe, du Tibet jusqu’en France, durant ses trois dernières années.
Sans perdre de temps, il emmène Watson dans une vieille maison abandonnée de Baker Street dont les fenêtres donnent sur celles de leur habitation qu’il a réintégrée depuis peu.
Alors… dans les pas de son ami, Watson a matière à se questionner. Quelle est le lien qui relie Holmes au meurtre de Park Lane ?

C’est dans un souffle de soulagement que nous lisons cette résurrection, éditée en 1903 dans The Strand Magazine. Avec cette intrigue du « retour », nous retrouvons Mme Hudson et l’inspecteur Lestrade qui participent également à l’enquête en assistant Sherlock Holmes pour arrêter le bras droit de Moriarty, le colonel Sebastian Moran. Plus qu’une histoire policière qui n’a pas un impact retentissant, cette nouvelle d’une grande théâtralité est très bien construite car elle pioche certains de ses indices dans les écrits précédents.
Humour, frissons et émotions… je ne peux que vous recommander !

Un billet sur la série Granada avec Jeremy Brett, de Belette

 

 

 

Sherlock, Lupin et moi, Dernier acte à l’opéra

Challenge et mois des polars avec Sharon

 

1er tome – Le mystère de la dame en noir

Sherlock, Lupin et moi
Dernier acte à l’opéra, tome 2
Irène Adler
Illustrations Iacopo Bruno

 

Londres, septembre 1870,

Le temps des vacances à Saint-Malo est terminé. Sherlock a regagné l’Angleterre, Arsène est quelque part dans le circuit d’un cirque ambulant en quête de nouveaux spectacles, et à Paris, Irène se morfond dans la bienséance, à la merci de sa mère qui organise des réunions mondaines avec ses amies. Épuisée par l’ennui, elle en est à apprendre par cœur les lettres envoyées par Sherlock qui la distraient de son confinement et de la triste actualité. Napoléon III a capitulé face à l’armée prussienne et a été déchu de son titre. Il n’y a plus d’Empire, mais une République qui se constitue, avec des soldats Allemands, baïonnette à l’épaule, partout dans la capitale.
C’est donc avec une grande joie qu’elle accepte de partir avec son père à Londres pour assister au dernier concert à Covent Garden de la cantatrice Ophelia Merridew menée par son mentor le compositeur Giuseppe Barzini. Elle rapporte dans ce journal de souvenirs, l’effervescence heureuse de ce départ qui s’entache toutefois par l’absence de sa mère qui, perturbée par ce voyage précipité, a décidé de rester à Paris.

Le train bleu, le paquebot, les falaises de Douvres, quelques pas sur le quai pour le débarquement, et voilà qu’elle reçoit déjà un petit mot de Sherlock qui lui donne rendez-vous le lendemain dans un coffee de Londres et qui l’informe qu’Arsène sera là, lui aussi ! A l’idée de reformer leur trio, Irène a le cœur qui s’emballe…
C’est à l’hôtel Claridge que son père, Mr. Nelson (le majordome-homme de confiance) et elle, posent leurs valises. Sans perdre de temps, elle assiste le soir même au concert et en ressort émerveillée par la grâce et le talent de la cantatrice. En ces instants tout semble idyllique, sauf que son père s’inquiète de n’avoir reçu aucune réponse de sa femme à ses messages et qu’il doit abandonner une fois de plus Irène aux bons soins de Mr. Nelson, pour retourner à Paris.
Ce dernier fait ne chagrine pas trop la jeune fille car ainsi, elle sera plus libre d’aller où bon lui semble et suivre ses compagnons d’aventure… Nostalgique de Saint-Malo, elle aimerait bien vivre quelque chose de palpitant.

Lorsque les trois amis se revoient ce n’est pas avec légèreté et insouciance. Arsène leur apprend que son père Théophraste est inculpé du meurtre commis à l’hôtel Albion, du secrétaire particulier du compositeur Giuseppe Barzini, et que de plus, on le croit responsable de la disparition de la cantatrice Ophelia Merridew, témoin du drame. Il leur confie également que son père est un voleur qui opérait ce soir là sur les lieux de la tragédie à la demande d’un commanditaire Espagnol.
L’innocence de Théophraste n’est pas remise en question par Sherlock et Irène qui se proposent d’assister Arsène dans l’enquête qu’il va mener pour le disculper et le sauver de la potence car les policiers de Scotland Yard sont sûrs d’avoir leur coupable.

Cette aventure n’est pas comme la précédente car elle touche intimement un membre de leur fraternité. Pour dénouer la trame du traquenard qu’un diable d’homme a tendue, leurs premiers élans les mènent dans un tripot malfamé et dans des quartiers obscurs et miséreux de la ville, plus précisément à Bethnal Green d’où Ophelia Merridew est originaire.
Dans les pas de Sherlock et d’Arsène, Irène découvre une ville qui déploie ses petites rues comme une pieuvre ses tentacules…

Deuxième tome de la saga « Sherlock, Lupin et moi », les auteurs nous offrent un roman qui captivera les jeunes lecteurs par son intrigue, son tempo très dynamique et le portrait d’une époque en pleine évolution. Il est très intéressant de lire ce qu’il se passe à Paris, de découvrir la ville de Londres dans ses contrastes et de pénétrer le monde de l’opéra.
Comme je le disais dans le précédent billet « Le mystère de la dame en noir », c’est Irène qui nous convie à les suivre dans leurs investigations qui se révèlent de plus en plus intrépides, et à travers quelques confidences qui balisent ses écrits, nous en apprenons beaucoup sur elle, ses amis et leurs familles. Les caractères s’étoffent en laissant deviner l’ébauche de leur personnalité future.
L’histoire avec ces trois amis donne quelques émotions, entre frissons et sourires. Elle est à recommander !
A suivre…

D’autres billets chez Sharon, Belette et Bianca

Plan de Londres en 1862

 

 

Un Noël plein d’espoir

Lecture de Noël
Challenge polars de Sharon
Challenge British Mysteries de Lou
Lecture commune pour un livre de l’auteur avec
Lou, Corinne, Bianca, Sharon,

 

 

Un Noël plein d’espoir
Anne Perry

Noël 1883,
Londres, dans l’East End,

Très bientôt c’est Noël… Dans les rues ça sent les marrons chauds, les vitrines sont décorées de branches de houx, et les étals sont bien garnis. Mais un vent glacial annonce la neige et il n’est pas bon de rester longtemps dehors. La jeune Gracie Phipps fait des courses pour sa grand-mère, de maigres commissions pour une potée de chou et trois pommes de terre, juste à peine de quoi caler l’estomac de ses frères, car pour célébrer dignement la fête, il leur faut faire en ce moment des repas frugaux pour économiser. Elle en est donc à se hâter, son châle bien serré autour de ses épaules, lorsqu’elle rencontre une fillette en détresse.
Plus jeune qu’elle et plus frêle, Minnie Maude Mudway lui confie sa détresse dans un souffle… Son oncle Alf vient de mourir et Charlie a disparu. Charlie est l’âne qui tirait la charrette de son oncle, un chiffonnier. Il s’est enfui lors de l’accident et Minnie qui l’imagine perdu, frigorifié et affamé, s’est mis en tête de le ramener. L’histoire qu’elle raconte est décousue, mais ce que Gracie retient c’est qu’il y a un doute sur le décès de l’oncle qui serait mort assassiné pour une boîte dorée, certainement une boîte en or…

Sensible à ce désespoir et à la misère de Minnie, Gracie décide de l’aider à retrouver Charlie. En quadrillant dans un premier temps le périmètre de l’accident et en se renseignant auprès des témoins peu bavards, elle va, dans un deuxième temps, demander l’assistance d’un commerçant un peu mystérieux, Monsieur Balthasar le propriétaire d’une boutique très exotique de Whitechapel Road.
Téméraires, déterminées et inconscientes du danger qu’elles encourent, Gracie et Minnie vont devoir faire face à de dangereux criminels avant de fêter dignement Noël et de bénéficier de sa féerie.

Dans la série « Histoires de Noël », le roman met à l’honneur la jeune Gracie Phipps que l’on retrouve domestique dans la saga des Charlotte et Thomas Pitt. L’auteur nous mène dans les rues pauvres de Londres à l’époque de Noël, et à travers les regards innocents de nos héroïnes, nous dévoile la trame de ce conte policier de petite facture. L’histoire réside plus dans son ambiance et le caractère singulier des personnages que dans son enquête qui se révèle assez décevante et simpliste dans son épilogue.
Comme à mon habitude avec cette série de Noël, j’en ressors mitigée mais toujours présente à ces rendez-vous de fin d’année…

 

 

 

 

 

 

 

Le pensionnaire en traitement

 


Challenge Polars de Sharon,
une année en Angleterre avec Titine et Le mois British Mysteries de Lou

 

 

Le pensionnaire en traitement
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

« – Mais que dois-je faire ?
– Voilà. Je loue une maison. Je la meuble. Je paie les domestiques. Je me charge de toutes les dépenses. Tout ce que vous aurez à faire consistera à être assis sur un fauteuil dans votre cabinet de consultations. Vous aurez de l’argent de poche et tout ce dont vous aurez besoin. Puis, vous me versez les trois quarts de vos honoraires et vous gardez le quatrième quart pour vous… »

Il est difficile pour Watson de rapporter dans le détail les enquêtes de Holmes car il ne voudrait pas que les lecteurs trouvent ses écrits confus. Que mettre en avant dans ses chroniques ? Simplement les faits concrets ou la tortuosité des brillantes analyses du détective ? Bien souvent les deux se combinent, et alors, le dilemme devient épineux.
C’est ce qu’il explique avant d’entamer son récit, une histoire bien surréaliste qui trouve un dénouement beaucoup moins fantaisiste.

Nous sommes en octobre, il fait froid, il pleut, et les deux amis pour passer le temps discourent sur « les pensées exprimées ». L’expression des sourcils peut en dire plus long que les mots avec la langue… En cela, Holmes est champion !
Après s’être dégourdis les jambes dans les ruelles sombres de Londres, à observer et à décrypter la physionomie des passants, ils retournent à Baker Street où ils reçoivent le docteur Perçy Trevelyan, venu sur la requête de son employeur. Le jeune homme, la trentaine un peu défraîchie, commence à raconter nerveusement les raisons de sa présence avant de les prier de l’accompagner à Brook Street…

Sans fortune pour continuer ses études sur les maladies nerveuses, et sans fonds pour ouvrir son propre cabinet, Trevelyan avait accepté la surprenante proposition de Mr. Blessington, une personne étrange mais sympathique, qui lui offrait le gite et le couvert, rémunération comprise, pour s’occuper de lui, en plus de la possibilité d’accueillir une clientèle extérieure. Depuis deux ans, le vieil homme (que Trevelyan appelle le pensionnaire en traitement) et lui avaient instauré une petite routine qui n’avait rien de déplaisante, et le cabinet avait acquis une belle clientèle. Mais ce n’est que récemment que tout s’était grippé lorsque Blessington s’était aperçu qu’un intrus était rentré dans sa chambre. Très nerveux et craignant pour sa vie, il lui avait alors demandé d’aller chercher Sherlock Holmes sur le champ, ce que Trevelyan s’était aussitôt empressé de faire, très décontenancé par sa réaction excessive et inquiet pour sa santé.

Sans perdre de temps, Holmes, Watson et Trevelyan partent retrouver un Blessington toujours stressé mais peu enclin à répondre avec franchise aux questions de Holmes. On pourrait alors penser que Holmes s’est déplacé pour rien, sauf qu’en repartant de chez Blessington, il avait déjà élucidé une partie de l’affaire, une affaire mettant en cause deux Russes, un fils et un père, venus consulter pour un problème de catalepsie. Jusqu’au lendemain matin où Trevelyan le rappelle… Blessington s’était pendu dans sa chambre, dans le courant de la nuit.

« – Je suis dans l’impossibilité de vous conseiller si vous essayer de me mentir, dit-il.
– Mais je vous ai tout dit !
Holmes vira sur ses talons avec un geste de dégoût.
– Bonne nuit, docteur Trevelyan ! fit-il
– Et vous partez sans rien me dire ? s’écria Blessington d’une voix brisée.
– Je n’ai qu’un conseil à vous donner, monsieur : dites la vérité. »

Un suicide ? Bien sûr que non ! et en quelques explications, Holmes dénoue le nœud du problème.

 

(Chers lecteurs qui passaient par là, ne m’en veuillez pas… le billet est presque aussi long que la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle !)
L’intrigue n’a pas une trame théâtrale, ni une conclusion qui peut sembler un peu simple, mais l’intérêt de cette enquête, qui réside surtout dans son ambiance mystérieuse, son approche et sa progression, n’est pas « qui a tué qui ? », mais « pourquoi ? ». Dans la plupart des histoires, il y a toujours un crédule qui amène l’affaire et un rusé, un malfaiteur, qui la conclut. Celle-ci renvoie les personnages du drame quelques années en arrière, avec pour mobile du crime, la vengeance.
La nouvelle est parue en 1893 et a été éditée dans le recueil des mémoires. Une histoire que je vous recommande… encore !

 


Photo de la série Sherlock Holmes, « The resident Patient »

 

 

Le couteau sur la nuque


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Challenge Polars de Sharon

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Le couteau sur la nuque
Agatha Christie

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Cette fois-ci, le capitaine Hastings nous rapporte une affaire bien retorse dont le dénouement avait donné beaucoup de mal à Hercule Poirot. « Le petit détective Belge » s’était fourvoyé dans ses déductions et avait orienté l’inspecteur Japp de Scotland Yard sur de mauvaises pistes. La tragédie mettant en scène de grands noms de l’aristocratie et du monde du théâtre, l’intérêt du public avait été maintenu par les nombreux actes qui avaient ponctué l’histoire ; trois meurtres et une pendaison…

Je vais juste vous raconter les premières pages et vous situer dans la chronologie. Hastings est revenu d’Argentine pour quelques temps et Poirot semble un peu s’ennuyer. L’histoire se passe au début de l’été, à Londres, mais il est aussi question de la France et de l’Amérique au fil de l’enquête.

Tout commença au théâtre où Poirot et Hastings étaient venus voir Carlotta Adams, une actrice Américaine à la carrière prometteuse. Ses multiples talents allaient du comique à la tragédie, en passant par des imitations. Parmi tous les portraits qu’elle proposait avec plus ou moins de mordant, il y avait la caricature d’une célèbre comédienne, Jane Wilkinson. La jeune femme en question avait quitté momentanément la scène pour épouser le baron Edgware et, après trois ans d’une union houleuse faite de séparations, elle s’apprêtait à le quitter, clamant à tout le monde qu’elle aimerait en être débarrassée. Ce soir d’avant-dernière représentation, elle était dans la salle à rire des pitreries de Carlotta et à saluer son intelligence et sa finesse.
C’est plus tard dans la soirée au restaurant de l’hôtel du Savoy que Poirot et Hastings rencontrèrent Jane, Lady Edgware, qui était à une table voisine de la leur. Invités à la suivre dans sa suite, elle leur fit part d’une requête en réitérant son vœux le plus cher : « Se débarrasser » définitivement de son mari qui lui refusait toute rupture. Lorsque Poirot avait sursauté en lui faisant la remarque que le terme « débarrasser » définissait une suppression bien plus radicale qu’un divorce, Jane avait répondu en riant qu’elle en avait tout à fait conscience…
La demande voulait que Poirot intercède auprès de son mari pour qu’il lui accorde le divorce le plus rapidement possible car elle était amoureuse du duc de Merton qui était prêt à l’épouser.

Pour les beaux yeux de Jane, pour la sympathie qu’elle suscitait, pour l’extravagance de la mission, ou tout simplement pour se divertir, Poirot accepta et prit rendez-vous avec Lord Edgware qui ne tarda pas à le convier.
De cette rencontre, il en était reparti satisfait et troublé par tant de facilité, car Lord Edgware avait lui aussi émis le souhait d’une séparation définitive et avait parlé d’une lettre qu’il aurait envoyée à sa femme, six mois auparavant à Hollywood, pour lui confirmer son accord. La lettre se serait-elle égarée ?
Cette lettre disparue qui avait dès le début intrigué Poirot, avait été l’un des nombreux points à élucider.

Une enquête ? Le lendemain de l’entrevue, Poirot était sollicité par l’inspecteur Japp pour l’assister dans une enquête. On venait de découvrir Lord Edgware assassiné, un coup de poignard dans la nuque. Ainsi commence l’affaire…

Si les soupçons des policiers désignent la frivole et infidèle Jane, très vite, ils doivent lister d’autres suspects car Jane a une pléthore de témoins irréprochables qui lui servent d’alibi. A qui profite le crime ? Il faut préciser que le défunt était détestable ! Manipulateur et sadique, il était haï par toutes les personnes qui l’entouraient. Sa fille, son neveu héritier du titre et des biens, sa secrétaire, son majordome, l’amant de sa femme ? Il y a de quoi faire ! jusqu’à imaginer la comédienne Carlotta Adams dans le rôle de l’assassin et peut-être même, son ami le comédien Bryan Martin.
Les petites cellules grise d’Hercule Poirot vont beaucoup réfléchir au machiavélisme de l’affaire, le capitaine Hastings essaiera de suivre ses raisonnements et l’inspecteur Japp va en perdre son latin, surtout qu’un deuxième et un troisième meurtres suivront.

Japp désespéré de la tournure de l’enquête se plaint à Hastings du comportement de Poirot :
« – Je l’ai toujours trouvé un peu bizarre, dit Japp. Il a une façon très particulière et très étrange d’envisager les choses. C’est une espèce de génie, je le reconnais, mais on dit bien que le génie se situe à la frontière de la folie et qu’il est susceptible d’y basculer à tout moment. Il a toujours aimé les choses compliquées. Une affaire simple ne le satisfait jamais. Non, il faut qu’elle soit tortueuse. Il n’adhère plus à la réalité. Il joue son propre jeu. Comme une vieille dame qui fait des patiences. Si elle ne réussit pas, elle triche. Lui, il triche au contraire si cela vient trop facilement pour rendre les choses plus difficiles. C’est ainsi que je le vois… »

Ce roman publié en 1933  est la huitième des enquêtes d’Hercule Poirot dont les lectures sont de réels plaisirs ! L’intrigue passionnante est relatée par Hastings et sa personnalité franche, ingénue, bonne et fidèle, donne le ton. Lorsque John Watson rapporte les déconvenues de Sherlock Holmes, il le fait avec beaucoup moins d’indulgence. Hastings vénère Poirot et n’hésite pas à nous le témoigner.
Le dénouement surprend moins que la trame qui est tissée de façon à nous perdre. Il est difficile de sonder les personnages car les apparences sont toujours trompeuses.
Une histoire de plus à recommander !

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L’inconnue de Queen’s Gate

Il était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Challenge polars chez Sharon

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linconnue-du-queens-gateL’inconnue de Queen’s Gate
Une enquête de Beth Huntly
Anne Beddingfeld

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L’auteur Anne Beddingfeld est connue aussi sous le nom de plume d’Anne Martinetti qui a écrit de nombreux livres de recettes (« Crèmes et châtiments », « La sauce était presque parfaite », « Alimentaire, mon cher Watson »…). Dans cette série, elle met en scène Beth Huntly, qui se voit du jour au lendemain promue au rang de cuisinière lorsque celle qui occupait ce poste, dans l’honorable famille des Hewes, se retrouve à l’hôpital de Saint-Bartholomew’s…

1899, Londres,

A un mois de Noël, la jeune Beth se doit de remplacer Mme Hudson derrière les fourneaux. Cette opportunité est à saisir et elle va tout faire pour conserver la place. Une cuisine un peu plus moderne, des plats aux consonances françaises, une créativité audacieuse, elle saura se montrer à la hauteur de la tâche et séduire ses patrons.
Mais un soir, alors qu’elle s’est retirée dans le jardin pour fumer un cigare, la tête pleine de ces idées gourmandes qu’elle voudrait cuisiner pour les fête, elle découvre le cadavre d’une femme.
Aux premiers rapports et sur les lieux du crime, le superintendant établit que la victime, malgré ses beaux atouts, devait être une prostituée ; un tatouage, des bottines rouges et une forte odeur d’alcool  le laissent supposer. Le deuxième constat considère l’arme avec laquelle le meurtrier l’a tuée. Un kriss malais désigne très vite un suspect. Lord Hewes a pour valet un Indien, Rajiv, qui en était le propriétaire avant qu’il ne le lui offre. Mais cette dernière précision ne rentre pas en compte dans ce jugement hâtif et Rajiv est envoyé en prison.
En peu de temps, les rêves de Beth s’évaporent. Si c’est Lord Hewes le coupable, elle peut se chercher une place ailleurs et oublier ses ambitions. Et si c’est Rajiv… ça ne peut l’être ! Rajiv est son amant, l’homme le plus doux qu’elle connaisse, le plus envoutant aussi. Alors, sans trop réfléchir, elle décide de mener son enquête en parallèle de celle des policiers. Ses investigations la mèneront sur les traces d’une vieille affaire de prostitution enfantine qui n’a jamais pu être jugée et qui mettait en cause des personnalités de la haute société.
Elizabeth Huntly, fille de cuisine fraîchement promue cuisinière et enquêtrice, nous raconte…

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Lectrice-groupie des histoires policières d’Anne Perry, je n’ai pas trouvé dans ce roman les mêmes élans d’intérêts. Je laisse à d’autres cette série.

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Cuisines du Carlton du temps de Mr. Escoffier
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