Le pensionnaire en traitement

 


Challenge Polars de Sharon,
une année en Angleterre avec Titine et Le mois British Mysteries de Lou

 

 

Le pensionnaire en traitement
Les mémoires de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

 

« – Mais que dois-je faire ?
– Voilà. Je loue une maison. Je la meuble. Je paie les domestiques. Je me charge de toutes les dépenses. Tout ce que vous aurez à faire consistera à être assis sur un fauteuil dans votre cabinet de consultations. Vous aurez de l’argent de poche et tout ce dont vous aurez besoin. Puis, vous me versez les trois quarts de vos honoraires et vous gardez le quatrième quart pour vous… »

Il est difficile pour Watson de rapporter dans le détail les enquêtes de Holmes car il ne voudrait pas que les lecteurs trouvent ses écrits confus. Que mettre en avant dans ses chroniques ? Simplement les faits concrets ou la tortuosité des brillantes analyses du détective ? Bien souvent les deux se combinent, et alors, le dilemme devient épineux.
C’est ce qu’il explique avant d’entamer son récit, une histoire bien surréaliste qui trouve un dénouement beaucoup moins fantaisiste.

Nous sommes en octobre, il fait froid, il pleut, et les deux amis pour passer le temps discourent sur « les pensées exprimées ». L’expression des sourcils peut en dire plus long que les mots avec la langue… En cela, Holmes est champion !
Après s’être dégourdis les jambes dans les ruelles sombres de Londres, à observer et à décrypter la physionomie des passants, ils retournent à Baker Street où ils reçoivent le docteur Perçy Trevelyan, venu sur la requête de son employeur. Le jeune homme, la trentaine un peu défraîchie, commence à raconter nerveusement les raisons de sa présence avant de les prier de l’accompagner à Brook Street…

Sans fortune pour continuer ses études sur les maladies nerveuses, et sans fonds pour ouvrir son propre cabinet, Trevelyan avait accepté la surprenante proposition de Mr. Blessington, une personne étrange mais sympathique, qui lui offrait le gite et le couvert, rémunération comprise, pour s’occuper de lui, en plus de la possibilité d’accueillir une clientèle extérieure. Depuis deux ans, le vieil homme (que Trevelyan appelle le pensionnaire en traitement) et lui avaient instauré une petite routine qui n’avait rien de déplaisante, et le cabinet avait acquis une belle clientèle. Mais ce n’est que récemment que tout s’était grippé lorsque Blessington s’était aperçu qu’un intrus était rentré dans sa chambre. Très nerveux et craignant pour sa vie, il lui avait alors demandé d’aller chercher Sherlock Holmes sur le champ, ce que Trevelyan s’était aussitôt empressé de faire, très décontenancé par sa réaction excessive et inquiet pour sa santé.

Sans perdre de temps, Holmes, Watson et Trevelyan partent retrouver un Blessington toujours stressé mais peu enclin à répondre avec franchise aux questions de Holmes. On pourrait alors penser que Holmes s’est déplacé pour rien, sauf qu’en repartant de chez Blessington, il avait déjà élucidé une partie de l’affaire, une affaire mettant en cause deux Russes, un fils et un père, venus consulter pour un problème de catalepsie. Jusqu’au lendemain matin où Trevelyan le rappelle… Blessington s’était pendu dans sa chambre, dans le courant de la nuit.

« – Je suis dans l’impossibilité de vous conseiller si vous essayer de me mentir, dit-il.
– Mais je vous ai tout dit !
Holmes vira sur ses talons avec un geste de dégoût.
– Bonne nuit, docteur Trevelyan ! fit-il
– Et vous partez sans rien me dire ? s’écria Blessington d’une voix brisée.
– Je n’ai qu’un conseil à vous donner, monsieur : dites la vérité. »

Un suicide ? Bien sûr que non ! et en quelques explications, Holmes dénoue le nœud du problème.

 

(Chers lecteurs qui passaient par là, ne m’en veuillez pas… le billet est presque aussi long que la nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle !)
L’intrigue n’a pas une trame théâtrale, ni une conclusion qui peut sembler un peu simple, mais l’intérêt de cette enquête, qui réside surtout dans son ambiance mystérieuse, son approche et sa progression, n’est pas « qui a tué qui ? », mais « pourquoi ? ». Dans la plupart des histoires, il y a toujours un crédule qui amène l’affaire et un rusé, un malfaiteur, qui la conclut. Celle-ci renvoie les personnages du drame quelques années en arrière, avec pour mobile du crime, la vengeance.
La nouvelle est parue en 1893 et a été éditée dans le recueil des mémoires. Une histoire que je vous recommande… encore !

 


Photo de la série Sherlock Holmes, « The resident Patient »

 

 

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Le couteau sur la nuque


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Challenge Polars de Sharon

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Le couteau sur la nuque
Agatha Christie

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Cette fois-ci, le capitaine Hastings nous rapporte une affaire bien retorse dont le dénouement avait donné beaucoup de mal à Hercule Poirot. « Le petit détective Belge » s’était fourvoyé dans ses déductions et avait orienté l’inspecteur Japp de Scotland Yard sur de mauvaises pistes. La tragédie mettant en scène de grands noms de l’aristocratie et du monde du théâtre, l’intérêt du public avait été maintenu par les nombreux actes qui avaient ponctué l’histoire ; trois meurtres et une pendaison…

Je vais juste vous raconter les premières pages et vous situer dans la chronologie. Hastings est revenu d’Argentine pour quelques temps et Poirot semble un peu s’ennuyer. L’histoire se passe au début de l’été, à Londres, mais il est aussi question de la France et de l’Amérique au fil de l’enquête.

Tout commença au théâtre où Poirot et Hastings étaient venus voir Carlotta Adams, une actrice Américaine à la carrière prometteuse. Ses multiples talents allaient du comique à la tragédie, en passant par des imitations. Parmi tous les portraits qu’elle proposait avec plus ou moins de mordant, il y avait la caricature d’une célèbre comédienne, Jane Wilkinson. La jeune femme en question avait quitté momentanément la scène pour épouser le baron Edgware et, après trois ans d’une union houleuse faite de séparations, elle s’apprêtait à le quitter, clamant à tout le monde qu’elle aimerait en être débarrassée. Ce soir d’avant-dernière représentation, elle était dans la salle à rire des pitreries de Carlotta et à saluer son intelligence et sa finesse.
C’est plus tard dans la soirée au restaurant de l’hôtel du Savoy que Poirot et Hastings rencontrèrent Jane, Lady Edgware, qui était à une table voisine de la leur. Invités à la suivre dans sa suite, elle leur fit part d’une requête en réitérant son vœux le plus cher : « Se débarrasser » définitivement de son mari qui lui refusait toute rupture. Lorsque Poirot avait sursauté en lui faisant la remarque que le terme « débarrasser » définissait une suppression bien plus radicale qu’un divorce, Jane avait répondu en riant qu’elle en avait tout à fait conscience…
La demande voulait que Poirot intercède auprès de son mari pour qu’il lui accorde le divorce le plus rapidement possible car elle était amoureuse du duc de Merton qui était prêt à l’épouser.

Pour les beaux yeux de Jane, pour la sympathie qu’elle suscitait, pour l’extravagance de la mission, ou tout simplement pour se divertir, Poirot accepta et prit rendez-vous avec Lord Edgware qui ne tarda pas à le convier.
De cette rencontre, il en était reparti satisfait et troublé par tant de facilité, car Lord Edgware avait lui aussi émis le souhait d’une séparation définitive et avait parlé d’une lettre qu’il aurait envoyée à sa femme, six mois auparavant à Hollywood, pour lui confirmer son accord. La lettre se serait-elle égarée ?
Cette lettre disparue qui avait dès le début intrigué Poirot, avait été l’un des nombreux points à élucider.

Une enquête ? Le lendemain de l’entrevue, Poirot était sollicité par l’inspecteur Japp pour l’assister dans une enquête. On venait de découvrir Lord Edgware assassiné, un coup de poignard dans la nuque. Ainsi commence l’affaire…

Si les soupçons des policiers désignent la frivole et infidèle Jane, très vite, ils doivent lister d’autres suspects car Jane a une pléthore de témoins irréprochables qui lui servent d’alibi. A qui profite le crime ? Il faut préciser que le défunt était détestable ! Manipulateur et sadique, il était haï par toutes les personnes qui l’entouraient. Sa fille, son neveu héritier du titre et des biens, sa secrétaire, son majordome, l’amant de sa femme ? Il y a de quoi faire ! jusqu’à imaginer la comédienne Carlotta Adams dans le rôle de l’assassin et peut-être même, son ami le comédien Bryan Martin.
Les petites cellules grise d’Hercule Poirot vont beaucoup réfléchir au machiavélisme de l’affaire, le capitaine Hastings essaiera de suivre ses raisonnements et l’inspecteur Japp va en perdre son latin, surtout qu’un deuxième et un troisième meurtres suivront.

Japp désespéré de la tournure de l’enquête se plaint à Hastings du comportement de Poirot :
« – Je l’ai toujours trouvé un peu bizarre, dit Japp. Il a une façon très particulière et très étrange d’envisager les choses. C’est une espèce de génie, je le reconnais, mais on dit bien que le génie se situe à la frontière de la folie et qu’il est susceptible d’y basculer à tout moment. Il a toujours aimé les choses compliquées. Une affaire simple ne le satisfait jamais. Non, il faut qu’elle soit tortueuse. Il n’adhère plus à la réalité. Il joue son propre jeu. Comme une vieille dame qui fait des patiences. Si elle ne réussit pas, elle triche. Lui, il triche au contraire si cela vient trop facilement pour rendre les choses plus difficiles. C’est ainsi que je le vois… »

Ce roman publié en 1933  est la huitième des enquêtes d’Hercule Poirot dont les lectures sont de réels plaisirs ! L’intrigue passionnante est relatée par Hastings et sa personnalité franche, ingénue, bonne et fidèle, donne le ton. Lorsque John Watson rapporte les déconvenues de Sherlock Holmes, il le fait avec beaucoup moins d’indulgence. Hastings vénère Poirot et n’hésite pas à nous le témoigner.
Le dénouement surprend moins que la trame qui est tissée de façon à nous perdre. Il est difficile de sonder les personnages car les apparences sont toujours trompeuses.
Une histoire de plus à recommander !

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L’inconnue de Queen’s Gate

Il était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
Challenge polars chez Sharon

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linconnue-du-queens-gateL’inconnue de Queen’s Gate
Une enquête de Beth Huntly
Anne Beddingfeld

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L’auteur Anne Beddingfeld est connue aussi sous le nom de plume d’Anne Martinetti qui a écrit de nombreux livres de recettes (« Crèmes et châtiments », « La sauce était presque parfaite », « Alimentaire, mon cher Watson »…). Dans cette série, elle met en scène Beth Huntly, qui se voit du jour au lendemain promue au rang de cuisinière lorsque celle qui occupait ce poste, dans l’honorable famille des Hewes, se retrouve à l’hôpital de Saint-Bartholomew’s…

1899, Londres,

A un mois de Noël, la jeune Beth se doit de remplacer Mme Hudson derrière les fourneaux. Cette opportunité est à saisir et elle va tout faire pour conserver la place. Une cuisine un peu plus moderne, des plats aux consonances françaises, une créativité audacieuse, elle saura se montrer à la hauteur de la tâche et séduire ses patrons.
Mais un soir, alors qu’elle s’est retirée dans le jardin pour fumer un cigare, la tête pleine de ces idées gourmandes qu’elle voudrait cuisiner pour les fête, elle découvre le cadavre d’une femme.
Aux premiers rapports et sur les lieux du crime, le superintendant établit que la victime, malgré ses beaux atouts, devait être une prostituée ; un tatouage, des bottines rouges et une forte odeur d’alcool  le laissent supposer. Le deuxième constat considère l’arme avec laquelle le meurtrier l’a tuée. Un kriss malais désigne très vite un suspect. Lord Hewes a pour valet un Indien, Rajiv, qui en était le propriétaire avant qu’il ne le lui offre. Mais cette dernière précision ne rentre pas en compte dans ce jugement hâtif et Rajiv est envoyé en prison.
En peu de temps, les rêves de Beth s’évaporent. Si c’est Lord Hewes le coupable, elle peut se chercher une place ailleurs et oublier ses ambitions. Et si c’est Rajiv… ça ne peut l’être ! Rajiv est son amant, l’homme le plus doux qu’elle connaisse, le plus envoutant aussi. Alors, sans trop réfléchir, elle décide de mener son enquête en parallèle de celle des policiers. Ses investigations la mèneront sur les traces d’une vieille affaire de prostitution enfantine qui n’a jamais pu être jugée et qui mettait en cause des personnalités de la haute société.
Elizabeth Huntly, fille de cuisine fraîchement promue cuisinière et enquêtrice, nous raconte…

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Lectrice-groupie des histoires policières d’Anne Perry, je n’ai pas trouvé dans ce roman les mêmes élans d’intérêts. Je laisse à d’autres cette série.

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Cuisines du Carlton du temps de Mr. Escoffier
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Sherlock Holmes et les vampires de Londres, tomes 1 et 2

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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Sherlock et les vampires 1 et 2 bdSherlock Holmes et les vampires de Londres
L’appel du sang, tome 1  –  Mort ou vif, tome 2
Scénario de Sylvain Cordurier
Dessins de Vladimir Krstic
Couleurs de Alex Gonzalbo

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1891,

Sherlock Holmes n’est pas mort dans les chutes du Reichenbach avec son ennemi le professeur Moriarty, mais seul, son frère Mycroft le sait. Pour protéger son fidèle ami John Watson et Madame Hudson, il est obligé de se cacher à Paris et de prendre une autre identité car les répercussions seraient dramatiques si la bande de Moriarty l’apprenait.

Faire le tour du monde, écrire… c’est ce qu’il souhaiterait faire mais ses projets sont torpillés lorsqu’il découvre avec Mycroft, le cadavre de sa nouvelle logeuse, Madame Irby. Cette exécution a été commise par les Vampires de Londres pour contraindre Holmes à revenir. Elle ne serait que les prémices, s’il n’acceptait pas…
Depuis quelques temps dans la haute aristocratie, Owen Chanes, un vampire renégat, sème des cadavres, et le duc de Selymes, appelé « Maître », désirerait que le célèbre détective leur livre le coupable. Ce n’est pas tant le désordre sanglant qui le dérange mais plus l’ultimatum de la reine Victoria qui les menace de les bannir du royaume, héritiers de la couronne ou pas. De plus, il semblerait que dans sa quête vengeresse, Chanes n’ait qu’une raison… tuer le Maître.

Acculé à prendre part à la traque pour protéger les siens, Holmes pénètre un univers inconnu et rencontre des personnages bien plus funestes que son ancien adversaire.
Pour l’aider, Selymes lui offre les services d’une femme-vampire qui va perturber Holmes car elle est le sosie d’Irène Adler. Assistante, cerbère, espionne, elle sera aussi son ange gardien.
Si les aventures de Sherlock Holmes ont atteint la renommée, c’est surtout grâce à la plume de Watson qui les a narrées et publiées. Dans cette histoire, c’est Holmes qui écrit et qui relate les évènements dans une lettre à son ami. Le monde vampirique est sauvage, avide et très susceptible. Au cours de son enquête, il aura une autre vision de l’affaire ce qui ne complaira certainement pas à Selymes, le Maître sans pitié, qui saura montrer son courroux.

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Avec ce scénario écrit en deux tomes, nous plongeons dans un surprenant 19e siècle peuplé de vampires. Ils sont connus et seulement tolérés par la reine, que s’ils se montrent discrets. Mais l’histoire est autre… et bien tumultueuse !
Une page est tournée, Holmes n’est plus accompagné de Watson. Ça peut chagriner au début, mais on s’habitue vite car l’ambiance est très différente, plus dans l’action sanguinaire que dans l’introspection, sauf dans le deuxième tome où Sylvain Cordurier ajoute de la profondeur dans les caractères de ses personnages. On retrouve Mycroft mais aussi l’inspecteur Lestrade. Si j’ai apprécié l’intrigue et sa dynamique, l’atmosphère, l’originalité, le graphisme des rues, des bâtiments, les décors, j’ai moins aimé comment Vladimir Krstic a dessiné les visages. Je les ai trouvés massifs ; ce n’est pas la bestialité qui s’en dégage qui est dérangeante mais plus le manque d’élégance. C’est bien dommage, car tout le reste est beau, ainsi que la colorisation.

Sylvain Cordurier et la collection 1800 mettent en scène Sherlock Holmes dans de nombreuses histoires, dont une série appelée « Sherlock Holmes Society ». D’après ma copine Belette, ils sont à lire. Alors… à suivre !


D’autres billets chez Belette, Hilde,

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L’infortune de Kitty Grey

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Le mois Halloween avec Hilde et Lou
« A year in England » de Titine

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Mary Hooper

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1813, Le Devon… Londres,

Kitty Grey, une jeune fille courageuse et honnête, travaille à la laiterie du manoir de Bridgeford dans le Devon. La famille qui l’emploie l’estime, les demoiselles de la maison, Miss Alice et Miss Sophia se montrent toujours aimables et la gouvernante Mrs Bonny a pour elle de gentilles attentions.

Kitty est heureuse et elle se verrait bien vivre dans cette campagne avec Will, son amoureux secret… Depuis quelques années, ils se rencontrent en cachette une ou deux fois dans la semaine. Des instants brefs, des petites bulles hors du temps où ils se jurent un bel avenir et se disent de doux sentiments. Will, un pauvre orphelin, vit dans une cabane en bois qui n’a rien de confortable. A la mort de son père, il a hérité de sa barque et de son travail de batelier. Bon passeur et apprécié de tout le monde, il estime qu’il n’est pas encore prêt pour demander la permission de fréquenter Kitty. En charge de sa petite sœur Betsy qui habite chez leur aînée, il voudrait d’abord amasser des économies pour débuter sur de bonnes bases. Le mieux serait qu’il parte à Londres car là-bas les bateliers de la Tamise gagnent beaucoup plus. Cet avenir citadin, il voudrait le partager avec Kitty. A la capitale, il y a aussi des vaches, lui dit-il…

Mais un jour, tous les beaux rêves que Kitty échafaudait s’effondrent. Will a disparu sans laisser de message, laissant Betsy seule et sans famille pour la recueillir car leur sœur Kate ne peut plus la loger.
Partagée entre la colère et l’inquiétude, Kitty attend quelques mois pour réagir, quand l’opportunité d’aller à Londres à la recherche de Will, lui est offerte par Miss Lucie qui souhaite avoir le dernier livre de Jane Austen, « Orgueil et Préjugés », une parution en trois volumes qui va s’arracher ! Alors, avec une liste de bons conseils, une adresse respectable pour son hébergement, une bourse pour son séjour, son sac de voyage et accompagnée de Betsy, Kitty prend la diligence pour Londres.

A son arrivée, la belle aventure qu’elle envisageait se transforme vite en cauchemar. Malgré toutes les mises en garde sur les dangers de la ville dont elle a été instruite, Kitty se fait voler et se retrouve démunie, perdue dans une faune sauvage… Inconsciente, naïve, elle va vite déchanter. C’est Newgate et une déportation à la colonie de Botany Bay en Australie qui se profilent à l’horizon…

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Ayant lu et aimé « Waterloo Necropolis », j’ai fouillé les étagères de la bibliothèque municipale à la recherche de « La messagère de l’au-delà » de Mary Hooper, et je suis tombée sur « L’infortune de Kitty Grey ». Dans ce roman, rien de fantastique, à part peut-être la fin, un épilogue un peu trop invraisemblable, un peu trop féerique…

Avec Kitty, l’auteur retrace une époque victorienne bien sombre à la Dickens, et comme dans tous ses livres, les malheurs s’enchaînent et précipitent les héroïnes dans des histoires misérables. Courageuses et perspicaces, ces jeunes filles affrontent leurs déconvenues avec beaucoup de dignité et de résistance.

Le livre est scindé en deux parties, deux mondes différents ; Kitty vient d’une campagne où la vie semble plus paisible, plus heureuse malgré les déboires liés à la pauvreté et au servage, et part pour la ville, une vraie ratière où tout le monde se bouffe le nez. La structure de l’époque n’épargne pas les pauvres gens. Dans les notes de l’auteur, on apprend que la Metropolitan Police ne fut créée qu’en 1829.
Une histoire dramatique sur un fond historique… On lit, on vit… la prison de Newgate, les exécutions publiques et les spectacles qu’elles occasionnaient, les détenus incarcérés dans des conditions horribles, les jugements hâtifs et tronqués, la criminalité, les voleurs, les arnaqueurs… la déportation et les bateaux (le Lady Julian) de véritables mouroirs (Il fallait peupler Botany Bay et les femmes étaient demandées.)… les enrôlements forcés pour la Royal Navy… Le scénario est basé sur des faits réels.
Plume intelligente, une documentation riche sur le XIXe siècle, les romans de Mary Hooper sont toujours de bonnes factures. Cependant, je trouve que la construction des histoires se ressemblent un peu trop. J’aimerais un jour la lire dans une histoire moins mélodramatique, dans un genre nouveau mais toujours dans cette époque victorienne qu’elle semble bien connaître.
Un roman jeunesse à conseiller.

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L’homme à la lèvre tordue

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«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 7ème billet

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Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Juin 1889,

John Watson et sa femme reçoivent la visite de Madame Whitney, une amie de longue date. Épouse d’un homme opiomane, elle vient souvent leur confier son désespoir et chercher du réconfort auprès de Mary. Ce soir-là, inquiète, elle ne sait quoi faire car son mari n’est pas rentré depuis plus de deux jours. Elle l’imagine dans une fumerie d’opium, déconnecté de la vie et sans force pour réintégrer leur domicile.
Homme au grand cœur, Watson ne se fait pas prier pour aller le chercher… il y fera une rencontre imprévue !

Dans la fumerie, après avoir découvert Whitney, Watson se fait aborder par un vieil homme. C’est Holmes, grimé et costumé, qui mène une enquête parmi les drogués. Sa cliente Madame Saint-Clair craint que son mari, un homme d’affaire prospère, ne soit retenu prisonnier, ou pire, n’ait été assassiné dans cet établissement. Elle l’aurait aperçu à l’une des fenêtres quelques secondes… Disparu, on découvre dans la chambre correspondant à la fenêtre, seulement un pauvre mendiant bien connu du quartier. Hugh Boone est un clochard défiguré, très sale et peu loquace. Les affaires de Saint-Clair étant à ses côtés, on pense qu’il pourrait être impliqué dans la disparition et le meurtre.

Une affaire des plus étranges… surtout lorsque les pistes s’éparpillent dans le quartier le plus mal famé de Londres et racontent une histoire des plus surprenantes. Holmes voudrait bien faire parler Boone…
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Dans la suite des Aventures de Sherlock Holmes, « L’homme à la lèvre tordue » est une nouvelle qui vient après « Les cinq pépins d’orange ». Différente, bien imaginée, elle nous projette sur les bords de la Tamise de l’East End, dans une fumerie d’opium. Les Britanniques ont ramené en occident l’opium et au XIXè siècle, cette drogue ne faisait pas que des ravages auprès des coolies Chinois. Elle était aussi bien prisée par les classes aisées de la société et les milieux artistiques.
En ce qui concerne l’intrigue qui n’est pas d’une grande envergure, il me semble qu’Agatha Christie a utilisé le même stratagème dans l’une de ses histoires avec Hercule Poirot. Je ne me souviens plus du titre, hélas…
Une sympathique enquête à lire.

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fumerieUne fumerie

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Tea time à Londres

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Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 3ème billet

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tea time à londresTea time à Londres
Texte et recettes de Laure Sirieix

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Comme pour l’invitation à Marrakech ou à Barcelone, l’auteur nous convie à visiter une ville et à déguster ses spécialités culinaires. Ici, Londres, une ville qui allie différentes atmosphères… culturelles, historiques, so british et gourmandes.

Dans cet opus, c’est le goûter, le tea time, qui est présenté avec trente-cinq recettes bien expliquées. Il me semble que tout y est ! Les boissons, les petits sandwichs, les cakes, les muffins, les crumbles, les fudges… du sucré, du salé… Christmas pudding, Battenberg cake, Victoria sponge cake, Apple cheddar scones…

La série qui nous fait voyager au Maroc, en Espagne, en Italie… a de très belles couvertures. Les photographies intérieures n’ont pas cette brillance et ce style « baroque-girly », elles apportent un contraste surprenant qu’on retrouve même dans la qualité du papier ; sobres, rustiques, mates. En fait, les compositions se veulent accessibles, faciles et tentantes.

Tout au long du mois anglais, je vais essayer les recettes. Je commencerai par une tarte aux amandes et framboises, la bakewell tart.
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Sticky toffee puddings

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