Croquemitaines, Livre 2


Halloween à Poudlard avec Hilde et 
Lou
Billet n°18
La BD de ce mercredi est chez Stéphie

 

Croquemitaines – Livre 1

  Croquemitaines
Livre 2
Scénario de Mathieu Salvia
Dessin et couleur de Djet

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« Le croquemitaine voyage de nuit,
dans toutes les caves, sous tous les lits,
il traîne ses guêtres sans aucun bruit,
prends garde à toi, passé minuit. »

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La fin du tome précédent nous laissait présager que l’ensemble des croquemitaines allait traquer Elliott et Père-la-Mort sans pitié. Dans un univers toujours sombre et violent, seuls contre tous, l’enfant, l’ancien et le chien vont essayer de survivre encore quelques nuits.

En demandant à Grand-Papa-Janvier, seul rescapé de la vieille garde, de les aider, ils auraient peut-être une chance, mais les anciennes amitiés ont bien changé !

Dans cette suite, Père-la-Mort se dévoile un peu plus. Il raconte à son protégé le croquemitaine qu’il était, sans foi, ni loi, et comment il a créé le chien avec toute l’énergie de sa haine. Tous deux erraient assoiffés à la recherche des petites-sœurs, jusqu’au jour où ils ont découvert Elliott dans son berceau, un être fragile et innocent.

Intrigues, combats, noirceurs, férocités, les croquemitaines se déchaînent et l’histoire ne laisse que peu d’espoir au dénouement…

« Croquemitaines » est un diptyque violent et angoissant, avec un bon scénario et de beaux dessins, qui reprend la légende des personnages maléfiques de notre enfance.
Dans les lieux sordides de la ville, leur univers infernal vit en marge de notre monde sans qu’on le sache. Ils se nourrissent de nos peurs, de nos couardises, et ils excitent nos plus vils instincts. De ce cauchemar, il est donné une part de tendresse et d’émotion dans la complicité et l’abandon entre l’enfant, le chien et Père-la-Mort. C’est émouvant et c’est ce que j’ai préféré. La créature sauvage se transforme en une personne généreuse, rassurante et protectrice.

Comme dans le premier volume, nous retrouvons à la fin de l’album un cahier graphique qui reprend le travail de certaines scènes, du crayonnage à la colorisation.
Ces deux albums que je vous recommande, ne sont pas à mettre entre les mains de jeunes enfants.

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Petites histoires de fantômes bretons

Octobre en Halloween avec Hide et Lou

Fantômes bretonsPetites histoires de
fantômes Bretons
Collection dirigée par Dominique Besançon

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Le conteur attend que tout le monde s’installe auprès de l’âtre avant d’entamer ses récits. Nous sommes en Bretagne… « dans un vieux manoir perdu au fond des bois et des landes de la Cornouaille armoricaine, le manoir de Coat-Tugdual. » Grands et petits sont attentifs et aiment écouter les petites histoires qui enrichissent les mythes et légendes.
Elles viennent de Dinan, de Kervézenn, de Briec, de Kerhouan… de la haute et de la basse Bretagne, de ses campagnes et de ses côtes, d’ici et de l’au-delà. Elles font frissonner car elles sont des témoignages sur des âmes qui se manifestent partout, sur les chemins et dans les maisons. I
l est dit que le jour est aux vivants, que la nuit est aux morts, et lorsqu’elles  apparaissent, elles sont annonciatrices d’évènements, la plupart du temps, tragiques.
Dans l’année, Noël, le soir de la Toussaint et la nuit de la Saint-Jean, sont des jours propices.

Dans les légendes de la mort, autres que les âmes errantes, il y a l’Ankou, un fantôme qui hante chaque village. Sous les traits d’un vieillard ou d’un squelette, il conduit une charrette qui grince et tient une faux. C’est l’ouvrier fossoyeur qui vient chercher celui qui va trépasser. La nuit, près d’une étendue d’eau, on peut rencontrer des lavandières aux visages de mort qui lavent les linceuls. C’est toujours de mauvais augure pour celui qui les voit car elles présagent de son décès, mais comme pour la mère Paillasse et Josik la fille de Jean Trémeur, elles peuvent aussi ne pas être fatales. La Dame Blanche apparaît la nuit, entre vingt-trois heures et minuit. Au château de Kerloster dans la commune de Lannéanou, elle remet dans le droit chemin Raoul, le fils aîné, qui se moquait de cette fable et qui aimait faire la fête le soir jusque tard dans la nuit. Dans ce conte, elle semble plus protectrice que funeste.

« Il ne faut pas manquer aux morts. » C’est à dire, ne pas se moquer, ne pas les oublier, se montrer toujours respectueux.

Outre ces êtres qui viennent chercher les futurs défunts, ce petit livre rapporte aussi en de courts textes, des histoires de fantômes malheureux ou facétieux. Le folklore breton est un vivier de contes populaires fantastiques, macabres, qui tiennent en haleine ceux qui les écoutent et ceux qui les lisent. Croyances anciennes, superstitions, le païen se mêle au christianisme, et grâce aux « collecteurs d’histoires » comme François-Marie Luzel, Anatole Le Braz, Paul Sébillot, Zacharie le Rouzic, Emile Souvestre…, elles ne se perdent pas, elles défient le temps.
Dans cette collection, vous trouverez Sirènes bretonnes, Lutins et Korrigans, Lancelot du Lac, L’ïle d’Ouessant, Belle-ïle-en-Mer, Merlin l’Enchanteur, Le Pays de Tréguier, L’Ankou, Le Mont Saint-Michel, Brocéliandre et La Ville Ys et les cités englouties ; de quoi voyager, rêver et frissonner.

A recommander

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ankou

BD Les Contes de l’Ankou
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L’étrange cabaret des fées désenchantées

Logo_BabelioMnemos_logo_NBUn livre offert dans le cadre des MC de Babelio
avec la participation des Editions Mnémos

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l'étrange cabaret des fées désenchantéesL’étrange cabaret des fées désenchantées
Textes et illustrations d’Hélène Larbaigt

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Ce superbe livre dense, précieux, aux illustrations fines, riches, étranges, parfois effrayantes, se découvre par petites lectures, car il y a des histoires dans une. La profusion des écrits et des dessins d’Hélène Larbaigt absorbent le lecteur et le mènent dans un monde fantastique. En douceur, il dévoile les secrets des fées, des créatures que de tout temps les hommes ont chassées, ont aimées, ont tuées. Elles étaient ogresses, sorcières, démones, spectres, sirènes… De 1884 à 1984, il a fallu un siècle pour collecter les informations sur leurs identités, leurs histoires. On peut penser qu’elles sont inaccessibles, et pourtant elles s’offrent généreusement avec des sourires… mais attention au venin, rien n’est gratuit, elles ont trop souffert. Belles, elles le sont, dangereuses, aussi. Drapées dans de luxueux atours, érotiques, gothiques, steampunk, certainement parfumées aux essences capiteuses de tubéreuses, musquées, animales, poudrées d’étoiles et de poussières de fleurs, elles paradent pour Morte Vanité, la blonde fée qui sent la violette et qui a des bottines ensorcelées. La connaissez-vous ?

« Morte Vanité, la Fée des Vanités, fée fatidique, gardienne de l’autre monde… d’origine du pays de Galles en Angleterre. Née au XVIIème siècle dans le monde des hommes, au VIIIème siècle dans l’autre monde. Fondatrice de l’Étrange Cabaret à l’automne 1884… »
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.morte_vaniteMorte Vanité

.Le livre est comme une scène dont les décors seraient XIXème. Donnez votre ticket d’entrée à Guinevra Applewood, fille de fée… Choisissez bien votre loge, votre décor ; manoir, vieux théâtre, petite boutique d’un souk égyptien… le cabaret est un cirque qui voyage dans les endroits les plus insolites. Commandez votre repas, votre philtre, un menu vous est proposé, ripaillez de magie et trinquez avec elles ! Des tentures pourpres, velours, soies, taffetas, des boiseries précieuses, des lumières tamisées, des senteurs de fleurs fanées, des ombres pour mieux se perdre et des rires de crécelles, des rires sans joie, des rires de mélancolie qui accompagnent la musique.
Les temps ont changé mais l’âme humaine est toujours la même. Elle est avide des choses qu’elle ne peut avoir, les légendes le racontent, ainsi que ce catalogue d’histoires qui commence par Morte Vanité. Le recensement se poursuit avec toutes les autres créatures déchues qui hantent et qui désespèrent de ne plus savoir où aller. Elles  viennent de tous les pays. Elles habitaient les bois, les lacs, les mers, les îles, les neiges, les monts, les campagnes, les villes. Elles sont vaniteuses, mortelles, naufrageuses, gorgones, fille de fée, prêtresse vaudou, dame blanche, veuve noire… elles sont tout cela et encore plus, tous nos rêves et nos cauchemars. Elles offrent à la demande les réjouissances toujours éphémères, et le tribut à payer est grave, souvent mortel. Elles sont conteuses… Il é
tait une fois Londres 1884, Prague 1909, Dartmoor 1488, Bulgarie 1926… New-York 1983, il était une fois, bien plus ancien encore, le temps des fées et des déesses.
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Retenez bien leurs légendes, leurs mythes antiques, sinon elles risquent de dépérir. Apprenez à les connaître, les apprivoiser, tout en retenant que pour certaines, leurs malheurs ont fait les nôtres. Comprenez ce cabaret, l’œuvre, sa structure, son espérance de vie. Appréciez le spectacle des illusions entre ces pages, partagez leur triste liesse des gloires anciennes, faites durer l’enchantement. Leur sécurité est aussi leur réclusion. Elles aspirent à la liberté. Rentrez dans leurs petits secrets, observez les coulisses. Comme je vous le disais au début de cette présentation, les histoires personnelles se mêlent à celles du cabaret. L’osmose est hasardeuse, on découvre dans les confidences les jalousies, les rivalités, des amitiés hésitantes, l’amour entre un dieu, Cham l’homme-lion, et une fée déesse, Bast la féline.

Je vous invite au music-hall ! Je vous invite à lire la poésie de L’étrange cabaret des fées désenchantées et à percer leurs mystères.

Morte Vanité, Lussi la Blanche-Dormante, Rosie la Veuve Noire, Ona Oknata, Baba Yaga, Bast Myeaou Mehenyt, Greta Lebkuchen, Moira d’Arkaig, Les soeurs du Tarot, Guinevra Applewood, Circé, Baronne Samedi.

(Ce livre n’est pas pour les jeunes enfants)


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