Sans un mot

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Sans un mot
Harlan Coben

Une femme dans un bar, Marianne, veut s’oublier avec de la tequila. Au comptoir, un homme l’aborde et lui parle de la théorie de Darwin dans des propos décousus. Il part, avant de devenir trop lourd… Les verres de cuervo se boivent vite jusqu’à la rendre malade. Une blonde l’aide à se lever et l’accompagne à l’extérieur. Marianne respire l’air frais de la rue. Dehors, une camionnette aux portes arrières ouvertes, attend…

Une femme, Reba, commence à ranger ses commissions dans le coffre de sa voiture. Près d’elle, un homme bataille en voulant installer le siège auto de son enfant. Petit regard amusé, pitié pour l’homme démuni, elle lui propose son aide qu’il accepte avec soulagement. Elle s’avance alors vers la camionnette…

Tia et Mike ont deux enfants, Jill onze ans et Adam seize ans. Tia est avocate dans un illustre cabinet et Mike est un brillant chirurgien spécialisé dans les transplantations. Tous deux s’inquiètent pour leur fils Adam. Depuis le suicide de son ami Spencer Hill, Adam a changé. Renfermé, cachottier, il s’isole dans sa chambre et passe son temps à l’ordinateur.
Tia essaie alors de convaincre son mari sur la nécessité d’espionner leur fils en mettant un logiciel de contrôle dans son ordinateur. La méthode est certes détestable mais elle semble être inévitable, une ultime tactique pour protéger un enfant qui fuit le giron familial. Bien vite, des messages préoccupants interpellent les parents…

« CJ8115 : Ca va, toi ?
HockeyAdam1117 : Je continue à penser qu’on devrait le dire.
CJ8115 : C de l’histoire ancienne. Boucle-la et tu risques rien…
CJ8115 : Qu’est-ce qui ne va pas ?
HockeyAdam1117 : Sa mère m’a chopé après les cours.
CJ8115 : Elle a dit quoi ?
HockeyAdam1117 : Elle sait quelque chose.
CJ8115 : Et toi, tu as dit quoi ?
HockeyAdam1117 : Rien. Je me suis tiré.
CJ8115 : On en reparle ce soir. »

Comment préserver son enfant sans le montrer ? La tâche est délicate et lorsque Adam disparaît sans laisser de mot, toute finesse et subtilité n’ont plus lieu d’être.
Dans un temps minuté par un métronome fou, chacun se livre dans une course angoissante à la recherche du fugueur, glanant au fil de leur enquête des informations alarmantes.

En parallèle, la police enquête sur la disparition de deux femmes, la mère de Spencer cherche à comprendre le geste suicidaire de son fils, une mère attend un donneur pour son fils malade, un serial killer prend plaisir à démolir des femmes, un instituteur se fait harceler et sombre dans une dépression… Y aurait-il un fil conducteur à tout cela ?

Je remercie Sharon pour ce cadeau. Je n’avais pas lu Harlan Coben depuis longtemps et je l’ai retrouvé avec plaisir.

Si le scénario est alambiqué, si les personnages principaux et gentils sont tous beaux, intelligents et forts, si la fin est déjà connue dès le début, si on se perd parfois avec tous les intervenants… j’ai quand même passé un bon moment de lecture. Lorsque j’ouvre un livre de cet auteur, je ne veux pas autre chose.
Sharon dans sa critique fait référence au feuilleton « Desperate housewives » et c’est tout à fait l’image que j’avais en tête en visualisant l’implantation de l’histoire. Dans un quartier cossu aux jardins bien entretenus, aux façades pimpantes, chaque maison a son drame et essaie de s’en dépêtrer.
Le rôle des parents dans ce roman est mis à mal, fragilisé, empli de culpabilités et d’incertitudes. Jusqu’à quel point pouvons-nous surprotéger nos enfants, les surveiller, les garder près de nous ? La confiance que nous aimerions leur accorder peut-elle être donnée sans crédulité et sans appréhension ? L’intrigue au fil de sa lecture, glace la lectrice et surtout, la mère que je suis…
Le rythme s’emballe vers la fin dans un tempo haletant et tout s’imbrique pour ne former qu’une histoire.

De tous les personnages du roman, j’ai préféré la petite sœur, Jill. Une fillette un peu trop précoce pour son âge mais courageuse, intelligente et fine observatrice…

 

D’autres billets chez Somaja, Antoni, Sharon, Mia,
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