L’anneau de Salomon (Trilogie de Bartiméus)

Lecture commune avec Nahe
Magie et sorcellerie d’Ellcrys et Anne-Sophie,
God save the livre d’Antoni, Littérature jeunesse de Mélo, Hélène, Audrey

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La trilogie de Bartiméus
Tome 1Tome 2Tome 3
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9780552562959L’Anneau de Salomon

Bartiméus
Jonathan Stroud

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Jérusalem 950 avant Jésus-Christ,

Il y a eu le règne de Saül, de David, et de 972 à 933 avant Jésus-Christ, le roi d’Israël est Salomon, fils de David.

Bartiméus est un djinn. Pour séduire son maître, il essaie toutes les ruses… se transformer en une jeune fille, battre des cils, faire la danse des sept voiles, étaler ses cheveux lustrés pour attirer toute la lumière… Mais, malheureusement, l’effet escompté n’est pas celui désiré. Son maître agacé, répond à ces minauderies par des menaces et lui octroie un surcroît de travail.
Ce maître, si exigeant, si tyrannique, travaille pour le roi Salomon et fait partie de la caste des magiciens du royaume.
Las, Bartiméus voit son essence vitale diminuer et malgré cet état, il doit obéir à Ezékiel pour une mission périlleuse.
Commandité par son roi, il doit trouver un trésor dans les sépultures d’Eridu. Cette ville, proche de Ur, est une des plus vieilles cités. Abandonnée aux vents, au sable, désertée par la population à cause de la sécheresse, Eridu est devenue l’antre des esprits les plus maléfiques qui gardent jalousement les ruines et les quelques richesses délaissées.
Dans les vestiges du passé, Bartiméus affronte des squelettes et une entité cauchemardesque, un homme avec des pattes de lion et une queue de scorpion qui se nomme Naabash. Après un combat fort honorable, Bartiméus parvient à dérober une statuette et la ramène à Ezékiel.
Alors, qu’il remet l’objet convoité à son maître, Bartiméus observe le regard cupide du vieux magicien. Ses yeux fous avides, rapaces, exultent devant l’objet sacré recouvert d’or. Est-ce à cet instant que Bartiméus comprend sa fanatique ambition ? Que la requête était personnelle et non royale ? Qu’une possibilité de fuir son esclavage se présentait ? Il est dans la vie des opportunités à saisir, à arracher, et l’une de ces aubaines s’offrait à lui… Un incident dans le maniement de la statuette fait que le magicien tombe à la renverse hors de son pentacle, hors de sa protection, donnant l’occasion au démon de se jeter sur lui et de le manger tout cru !

Bartiméus d’Uruk, djinn de quatrième degré, a osé tuer son maître ! Pas en le foudroyant de ses pouvoirs surnaturels, non, il l’a croqué goulûment ! La sanction tombe. Le roi Salomon, furieux de cette indélicatesse, confie le scélérat à Khaba, un Égyptien prêtre-magicien, avec l’ordre d’asservir et briser le renégat. A la cour, en sa défaveur, Bartiméus est connu pour sa fantaisie… irrespectueux, farceur, insoumis, fanfaron… il est une plaie.
Sa liberté est de courte durée. A peine a-t-il le temps d’éructer, de faire trois petits tours dans les cieux, qu’un nouveau maître l’appelle le fouet à la main.
Cette nouvelle association présage bien des aventures…

Dans la cité de Marib, au delà du désert d’Arabie, loin de Jérusalem, la reine de Saba du nom de Balkis, voit un avenir funeste pour son royaume. Le roi Salomon la harcèle pour l’épouser et ainsi étendre sa domination, profiter des richesses et recevoir des taxes.
Un djinn, sous la forme d’un aigle, apporte les propositions qui ressemblent plus à des injonctions qu’à des compliments galants. L’intimidation se fait pressante et le messager rappelle à la souveraine le pouvoir de Salomon… l’Anneau magique.
Cet anneau a une puissance fabuleuse. D’une simple rotation sur le doigt, un génie apparaît et exécute le moindre souhait. Si Salomon demande qu’une armée d’esprits ravage Saba, dans la seconde, un nuage s’abattra sur le pays.
« – Ces prétentions sont d’une invraisemblable impudence ! Salomon n’a aucun droit sur les richesses de Saba, pas plus que sur ma personne !
– Il ne vous aura sans doute pas échappé que Salomon est maître d’un anneau magique grâce auquel il peut en un clin d’œil lever une armée d’esprits. C’est pour cette raison que les rois de Phénicie, du Liban, d’Aram, de Tyr et d’Edom, entre beaucoup d’autres, lui ont fait serment d’allégeance et l’ont assuré de leur amitié éternelle. Ils lui remettent également de considérables tributs annuels – or, bois précieux, cuir, sel – et s’estiment heureux que son courroux leur soit épargné. »
Acculée dans ses retranchements, Balkis ne trouve qu’une solution. Elle, femme intelligente, fière, reine depuis sept années, louée aussi bien pour sa beauté que pour sa sagesse, se voit contrainte de riposter. Elle confie une mission à la plus valeureuse de ses gardiennes, Asmira. Qu’elle parte à Jérusalem, qu’elle rencontre Salomon, le tue et lui ramène l’anneau.

De son côté Bartiméus a retrouvé son « ami » Farqual. Les deux démons œuvrent pour le même maître… sans le sourire et avec des chaînes. Khaba est un esclavagiste cruel et vicieux qui n’a aucune pitié. Toutefois, rien ne peut empêcher Bartiméus de s’exprimer… et il le fait avec grandiloquence ! Farqual, parfois, aimerait bien qu’il s’étouffe avec ses doléances, ses commentaires, mais dans l’adversité, les frères-ennemis s’unissent et sont solidaires. Les chamailleries rythment la cadence du labeur qui a l’envergure d’un temple, le temple de Salomon.
Cet édifice devra être construit sans aucun artifice magique. « Ce temple sera le plus saint de tous les lieux saints, le cœur de la religion » Salomon le précise avec force, ponctuant presque chaque mot d’un coup d’anneau ! Tout le monde a saisi le commandement et tout le monde s’y plie. Tous. Sauf un…
Vêtu d’une petite jupette, Bartiméus a pris la physionomie d’un hippopotame. L’image est belle, il ne lui manque qu’un noeud sur la tête. Un jour, Salomon visite le chantier et tombe nez à nez avec cette créature. Il faut avouer que Bartiméus sait susciter des colères épiques… il a le chic ! Furibond, le roi l’invective et retourne sa colère contre son magicien…
« – Vil entre les vils, déclare-t-il tout bas, lequel de mes serviteurs es-tu ?
– Bartiméus, ô maître-puissiez-vous-vivre-toujours.
Un silence plein d’espoir ; la royale attitude ne s’altère en rien. Je poursuis :
– Nous n’avons pas encore eu le plaisir de faire connaissance mais je suis sûr qu’une conversation amicale nous serait bénéfique, à l’un comme à l’autre. Permettez-moi de me présenter. Je suis un esprit réputé pour sa sagesse et sa sobriété ; je me suis jadis entretenu avec Gilgamesh, et…
Salomon lève un doigt distingué, et comme c’est celui qui porte l’Anneau, je tente de rattraper au vol ce que je viens de dire, dans la mesure du possible, de tout ravaler vite fait, en quelque sorte. Vaut peut-être mieux la boucler, en fait. Et attendre que ça me tombe dessus.
– Tu es un des perturbateurs de Khaba, j’imagine, avance le roi. D’ailleurs, où est Khaba ? »

Le jugement pour la désobéissance de l’un et la mauvaise surveillance de l’autre claque sur les fondations du temple. Khaba et ses djinns devront surveiller le désert et mettre fin aux pilleurs qui volent et tuent les voyageurs. Des caravanes de marchandises sont la proie de criminels que les gardes du roi n’arrivent pas à capturer. Il semblerait que la magie insuffle cette incapacité.
Bartiméus est soulagé, le danger de finir en grains de poussière s’est éloigné. Quant à Khaba, sa haine envers Bartiméus a trouvé son apothéose.

Dans le désert, une jeune femme s’est infiltrée dans un convoi. Sous ses habits, une série de poignards ceint sa ceinture, des lames en argent. Elle avance sur un chameau, son regard perdu vers l’horizon, elle médite sur sa mission…

L’histoire peut commencer. Magiciens et démons vont se combattre, et même si l’Anneau s’adapte à tous les doigts, un seul peut le supporter.
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Dans la trilogie de Bartiméus, lue précédemment, nous avions fait la connaissance de ce djinn impertinent et irrévérencieux. Dans ce tome, l’auteur nous renvoie à l’époque des cités précieuses, du temps de Salomon et de la reine de Saba, des constructions oniriques et des légendes de Mille et une nuits. Dès les premières pages, le nom des lieux sonne comme du merveilleux… Eridu, Uruk, Babylone, Saba, Himyar, Jérusalem… On sent le souffle chaud du vent, et on imagine les ondoiements du désert. Bartiméus est plus à son aise dans cette vie que dans le XXIème siècle, sa dernière résidence. C’est que ce démon est sans âge ! Ce tome, cette histoire qui relate une parenthèse de ses aventures, nous le présente toujours aussi immature, joueur, espiègle mais aussi invincible, fidèle et avisé. Dans certaines circonstances, il peut se montrer raisonnable et réfléchi. Comme dans les autres livres, les paragraphes sont distribués à tour de rôle… Dans celui-ci, Bartiméus et Asmira racontent et nous passons d’une narration fantaisiste à un récit plus sobre. Asmira est une jeune fille qui se dévouerait jusqu’au sacrifice de sa vie, loyale envers sa reine et ses valeurs. Elle est belle aussi… et bien entendu, Bartiméus succombe à son charme.
Ce pan de l’histoire est juste avant la mythique rencontre de la reine de Saba avec le roi Salomon. Il est écrit qu’elle était arrivée en terre d’Israël avec une intention guerrière. Lorsqu’elle fait la connaissance de cet imposant monarque, elle est vite subjuguée par son charisme, sa sagesse et sa justice.
J’ai lu avec beaucoup de plaisir cet épisode et je peux dire qu’il est mon préféré. Bartiméus est moins grinçant, sarcastique que dans les autres volumes, cela étant dû peut-être à sa verdeur. Sans être un jeunot, il a une fraîcheur toute adolescente.
Je suis bien contente d’avoir repris cette série avec ma copine Nahe. Un jour, je reçois un petit mot qui disait… il est de retour !!! Je pensais en avoir terminé avec Barti, une trilogie reste une trilogie… et bien non ! et pour notre plus grande joie de gamines amoureuses d’un djinn ailé, puéril, carnassier, insupportable, bagarreur, prétentieux… mais follement et irrésistiblement adorable !!!

Un livre, une saga à conseiller +++

Retrouvez le beau billet de Nahe « ici »
ainsi que ceux de la trilogie : Tome 1Tome 2Tome 3
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salomon et balkis.
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La trilogie de Bartiméus, La porte de Ptolémée – Tome III

Lecture commune avec Nahe
« Littérature magie et sorcellerie » d’Ellcrys et Anne-Sophie, Summer PAL de Bleue et Violette, « God save the livre » d’Antoni

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T1. L’amulette de Samarcande
T2. L’oeil du Golem
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9782226159267La Porte de Ptolémée
La trilogie de Bartiméus – Tome 3
Jonathan Stroud
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Trois ans après l’affaire du golem, le magicien John Mandrake, Nathaniel, est un homme puissant et craint. Ministre de l’Information, il est en charge des propagandes pour l’enrôlement des jeunes gens. Le monde est tourmenté par les conflits américains et les rebelles venus de tous les pays d’Europe.

Toujours exigeant et travailleur, le petit garçon chétif est devenu un jeune homme de dix-sept ans, beau, très élégant et bien seul dans sa grande et belle maison géorgienne. Obsédé par son travail, il a cependant quelques élans transis envers Jane Farrar responsable des services de police. Tous deux essaient de maintenir l’ordre et de démanteler les réseaux des agitateurs révolutionnaires.

Dans sa quête, il est entouré de plusieurs djinns, mais un seul répond à toutes ses attentes ; Bartiméus, l’esclave de sa première invocation. Leur relation est toujours basée sur l’asservissement, l’exaspération, l’ironie mordante et des menaces. Cette dépendance se repose sur des sentiments ambigus de haine-amitié-aversion-admiration. Fréquemment pour se venger et ridiculiser Nathaniel, Bartiméus prend l’apparence de Kitty Jones. Les années ont passé et Nathaniel n’a jamais pu oublier la jeune dissidente qui lui avait sauvé la vie avant d’être tuée par le golem.

« – Fais gaffe, morveux.
– Je veux des réponses, Bartiméus ! Tu m’entends ? Sinon… Tu vois cette lance ? Je te la ferai bouffer avant d’en finir avec toi. Eructe-t-il, la bouche déformée par la colère. Ses yeux écarquillés lui donnent des airs de poisson. Il n’a vraiment pas l’air serein.
– Toi ? Mais pour que tu reconnaisses le bout pointu, il faudrait d’abord que tu t’assoies dessus. »

Des grèves et des émeutes troublent le pays, les plébéiens soutiennent les révolutionnaires. Cette force venue du peuple inquiète Devereaux et divise les ministres. Lors des conseils, les divers services se toisent, se jalousent et complotent. Nathaniel pressent qu’il ne peut faire confiance à personne. Depuis son implication dans les arcanes du pouvoir, il a été le témoin de nombreuses déloyautés et de félonies dues à la concupiscence de la suprématie. Lorsqu’il propose d’utiliser le sceptre de Gladstone, arme redoutablement magique, aucun des magiciens dirigeants ne le suit dans cette idée. Nathaniel est encore trop jeune pour prétendre imposer ses choix, il s’en abstient et décide d’œuvrer autrement.

De son côté Bartiméus s’affaiblit de jour en jour. Les missions qui lui sont confiées, sont éprouvantes et il en revient de plus en plus abîmé. Son voeu le plus cher est d’être libéré de son servage. Ne plus être sous la contrainte de ce maître pointilleux et intransigeant serait pour lui une heureuse délivrance. Il repense souvent à Ptolémée, son premier possesseur. Plus qu’un propriétaire, il était un mentor, un ami. Ce temps est ancien… c’était 120 avant JC. en Égypte.

Lyzzie Temple aide un vieux magicien dans son quotidien. Après ses tâches, elle compulse les livres et apprend quelques formules, se passionnant sur les secrets de la magie et les sortilèges qui appellent l’obéissance des démons. Son but secret est de convoquer le plus célèbre des djinns, Bartiméus. Lyzzie est sous sa véritable identité, Kitty Jones. Après avoir échappé au golem, elle s’était enfuie avec son ami d’enfance Jakob et s’était reconstruit une vie. Une existence bien morose teintée d’espoirs et d’un tout nouveau rêve… retrouver Bartiméus pour lui proposer une alliance.

Dans ce Londres confus au bord de l’abîme, ces trois personnages se rejoindront et essaieront de taire leur animosité pour combattre une dernière fois des forces démoniaques qui cherchent à s’emparer de l’Empire. Depuis des années, une entité élabore un scénario et tire les ficelles d’un théâtre de marionnettes.
Nathaniel, trouvera-t-il la sérénité ? Bartiméus, obtiendra-t-il la liberté ? et Kitty, affranchira-t-elle son peuple du joug des magiciens ?

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Dernier volume de la trilogie, ce livre a répondu à mes souhaits. Nathaniel, jeune homme ambitieux, commence à éprouver de l’ennui dans son rôle et recherche le petit garçon qu’il était. Il essaie de cacher ses sentiments en gardant un comportement froid et calculateur mais il ne trompe pas le lecteur qui lit sa fragilité dans ses doutes et ses regards intimidés, ou dans sa compassion envers Bartiméus, ou sa protection pour Kitty. L’humour dans les écrits est moins présent, la place est prise par l’émotion, l’inquiétude sur le devenir des personnages et le sentiment que cette histoire ne se terminera pas comme on pourrait le penser… ou l’espérer. Captivé par l’histoire, charmé, on est attendri, bouleversé et en fermant ce livre, déchiré.
Le premier tome, Bartiméus est sans conteste le héros, dans le second, c’est Kitty, dans ce troisième, c’est Nathaniel, un petit garçon arraché à sa famille, vendu, modelé, toujours solitaire, brillant, transformé en John Mandrake… preux défenseur de l’humanité.
Un très beau livre pour les enfants, que je recommande.
J’espère que Nahe a aimé…

Billets de Nahe : Tome 1Tome 2Tome 3

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Edfou: Ptolémée VIII (?) intronisé!Couronnement – Gravure
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La trilogie de Bartiméus, L’Oeil du Golem – Tome II

Lecture commune avec Nahe,
« Magie et sorcellerie littératures » de Ellcrys et Anne-Sophie, « Summer PAL » de Bleue-Violette, et « God save the livre » d’Antony,

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.Tome 1 – L’amulette de Samarcande
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9782226152985FSL’oeil du golem
La trilogie de Bartiméus – Tome 2
Jonathan Stroud

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Londres, de nos jours,

Depuis l’anéantissement du magicien Simon Lovelace, dépassé par ses rêves de grandeur, deux années se sont écoulées. Nathaniel, âgé de quatorze ans, a pris des fonctions importantes dans l’administration du pays. Connu sous le nom de John Mandrake, il est sous la tutelle de Jessica Whitwell et a intégré le Bureau des Affaires Internes. Il est le bras droit de Julius Tallow, le ministre, dont son père adoptif, le magicien Underwood, en était le chef de cabinet. Nathaniel semble s’épanouir dans ces hautes sphères. Toujours studieux et consciencieux, il devient aussi mondain et motivé par l’ambition. Le peu de douceur et d’empathie qu’il avait tout jeune, ont disparu et ont laissé place à l’égocentrisme. Toutefois, avec beaucoup de calcul, sachant la jalousie et l’hypocrisie très prisées au sein du gouvernement, il amoindrit et tait volontairement ses pouvoirs et son degré de connaissance.

Comme le laissaient présager les premiers incidents terroristes, les attentats se sont multipliés. La politique des Affaires Internes essaye d’enrayer le mouvement en oppressant de plus en plus les plébéiens. Nathaniel reçoit alors la responsabilité de retrouver les délinquants devenus des insurgés virulents qui revendiquent leur action sous le nom de Résistance.
« On sait qu’il s’agit essentiellement d’un groupe de très jeunes gens, dit-il. Tous les témoignages concordent, et les rares individus que nous avons réussi à éliminer n’étaient pas plus âgés que nous (…) La solution est donc évidente. Il faut infiltrer leur organisation. Une fois que nos agents auront gagné la confiance des traîtres, et qu’ils en auront identifié le chef… l’affaire sera vite réglée. »
Cette tâche est stimulante et l’incite à se surpasser pour clore les conversations de couloirs qui se moquent de sa nomination, doutent de ses capacités et n’attendent que sa chute. Mais Nathaniel se sent seul. La dernière invocation d’un djinn s’est soldée par une apparition pathétique et décevante. Dans ses moments de solitude, les souvenirs de Bartiméus le rendent nostalgique. Jusqu’au jour, où il ne peut faire autrement que de l’appeler alors qu’il avait promis de ne plus le faire…

Un attentat est commis chez le magicien Sholto Pinn. Tous pensent et disent qu’il serait une action de la Résistance, seul Nathaniel voit des différences et envisage un autre coupable. La force et l’invincibilité de l’auteur semble surnaturelle. C’est donc avec Bartiméus qu’il part vers Prague à la recherche de cette entité, pour étayer ses preuves et enquêter sur l’éventuel retour d’un golem, créature disparue depuis la destruction de l’empire tchèque..

Entre temps, la Résistance à Londres s’organise et planifie des interventions. Kitty sous le commandement de Monsieur Pennyfeather, marchand de couleurs et instigateur du réseau, veut renverser la dictature actuelle menée par les magiciens.

Nathaniel, Bartiméus et Kitty, trois êtres opposés, qui contraints, devront faire alliance…

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Deuxième lecture avec Nahe pour ce second volume de la trilogie, et j’ai beaucoup aimé. Les personnages ont évolué, surtout celui de Nathaniel qui devient un adolescent suffisant, précieux et insupportable sous son air pointilleux, vernissé, policé. Avec Bartiméus, les bagarres verbales sont toujours des petits plaisirs de lecture. Le djinn, avec franchise, taquine et assène ses vérités à son maître. Le caractère maître-esclave est encore plus prononcé et cette situation agace prodigieusement Bartiméus qui en profite pour se venger sournoisement. Il n’y a plus l’excuse de l’apprentissage et de l’innocence que l’on retrouvait dans le premier tome. Nathaniel est responsable et ses actes sont réfléchis. Quant à Kitty, elle prend au récit une très belle part. Elle est la représentante de la rébellion, une jeune fille tenace, courageuse, loyale et idéaliste. Elle n’hésitera pas à risquer sa vie pour ses valeurs, aussi bien pour ses amis que pour ses ennemis.
Lecture très agréable que je conseille une nouvelle fois pour les jeunes car ils trouveront de l’action, de la sensibilité, de l’humour potache, de la causticité et une idéologie de fraternité et de tolérance (certes malmenée !).
Je sais que Nahe a apprécié notre lecture, ses mots étaient mes mots et il a fallu que je revois mon billet pour ne pas la plagier !!! Nous vous donnons rendez-vous pour le dernier tome très prochainement…

Billet de Nahe Tome 1Tome 2

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colosse

Peinture Le Colosse de Goya
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La trilogie de Bartiméus, L’amulette de Samarcande – Tome I

Lecture commune avec Nahe,
« Magie et sorcellerie littératures » de Ellcrys et Anne-Sophie, Challenge « Summer PAL » de Bleue-Violette, et « God save the livre » d’Antony

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la-trilogie-de-bartimeus-lamulette-de-samarcande_jonhatan-stroud_080819054657L’amulette de Samarcande
La trilogie de Batiméus – Tome 1
Jonathan Stroud
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Londres, XXIème siècle,

Invoquer un djinn, relève soit d’une folle inconscience, soit de beaucoup de courage… raison de plus, lorsque le sorcier qui le fait venir n’a que douze ans.

« Je suis Bartiméus ! Je suis Sakhr al-Djinn, N’gorso le tout-puissant, le Serpent à Plumes d’argent ! J’ai reconstruit les remparts d’Uruk, de Karnak et de Prague. Je me suis entretenu avec Salomon. J’ai parcouru les plaines avec les pères buffles. J’ai veillé le Vieux Zimbabwe jusqu’à ce que les pierres s’écroulent et que les chacals dévorent son peuple. Je suis Bartiméus ! Je ne me connais point de maître. Aussi je te somme à mon tour, petit. Qui es-tu pour m’invoquer ? »     

Le petit maigrichon qui fait face à l’un des plus implacables djinns, s’appelle Nathaniel. A l’âge de cinq ans, il a été abandonné, vendu, par ses parents au ministère de l’emploi, pour un petit pécule. Après une évaluation et aux vues de ses capacités, il a été programmé pour servir d’apprenti à Arthur Underwood, secrétaire d’État au ministère des Affaires nationales et magicien de faible notoriété.
Dans ce monde, il y a les plébéiens, le peuple, les sans pouvoir, puis les magiciens qui ont des activités dirigeantes. Cinq cents ministres gouvernent l’Empire, tous des sorciers de grande puissance.
Les magiciens n’ont pas droit de procréer. On leur attribue alors des enfants qui entrent en apprentissage. Dès leur affectation, on supprime leur état civil, efface leur vrai nom et l’enfant devient « informe », prêt à être façonné par son maître. Le nom de baptême est l’essence même de la personne. Si des êtres malveillants l’apprennent, ils peuvent avoir une emprise sur elle.
En ce qui concerne Nathaniel, seule Madame Underwood le nomme encore ainsi, tout doucement, car c’est interdit. Elle le fait par affection, elle est compatissante et maternelle. Pour son mari, il est le garçon. Un patronyme ne lui sera donné qu’à sa Dénomination, pour ses douze ans.

Nathaniel reçoit une éducation très sévère. Sa vie est consacrée à l’étude. Enfant solitaire, d’une rare intelligence, il absorbe les connaissances avec diligence et peut-être trop de précipitation. Son professeur de dessin, la très gentille Mademoiselle Lutyens, lui en fait souvent le reproche… Il est trop impatient. Dans sa chambre au grenier, il se passionne pour les formules, les principes du Pentacle et l’art des runes. Les langues anciennes n’ont plus de secret pour lui, il les parle pratiquement couramment et arrive à maîtriser quelques démons. Son savoir, il le cache par pudeur ou pour ne pas contrarier son maître et ses précepteurs… il le dévoilera un jour et Madame Underwood sera fière de lui. Les préceptes Honneur et Protection, il les appliquera lorsqu’il sera un grand magicien.

Un jour, pour ses dix ans, ils reçoivent la visite de deux magiciens venus effectuer le contrôle de sa progression. Après s’être acquitté avec facilité et virtuosité à toutes les questions, l’examen dégénère. Le magicien Simon Lovelace, homme ambitieux, vaniteux, jaloux, piqué dans son orgueil de voir un jeune garçon si savant, le rabroue et l’humilie.
« Espèce d’impudent ! Petit morveux ! Tu es moins fier à présent, hein ? Certes tu connais quelques formules, mais tu ne sais rien faire. Ça t’apprendra à être insolent sans avoir les moyens de te défendre. Et maintenant, hors de ma vue. »

C’est au moment où les mots deviennent une torture, plus que les coups physiques qu’il reçoit, que Nathaniel songe à sa vengeance, car à partir de ce jour, sa vie changera.

Nathaniel a douze ans. Il a tracé un cercle sur le plancher de sa chambre, il a fait brûler des bougies, il a récité les formules et il tremble. Pour la première fois, il demande au djinn Bartiméus d’apparaître. Et Bartiméus est là.
Essayant de brider sa peur, l’enfant se montre autoritaire. Il veut. Il désire que Bartiméus aille chercher dans la maison du grand magicien Simon Lovelace, l’Amulette de Samarcande qu’il garde précieusement dans son coffre, entouré de charmes.
Batiméus est songeur… cet enfant est fou… Demander à un djinn de cinq mille ans d’aller voler un grigri chez un sorcier puissant, c’est impensable ! c’est délirant ! mais c’est surtout un ordre !!! Rageant, certes, mais l’invocation a été proclamée avec les bons mots et il doit s’acquitter de la tâche.
Afin de mener à bien sa mission, le génie se transformera en merle, en mouche, en jeune égyptien, en crocodile… et sera confronté à d’innombrables dangers.

L’aventure commence pour Nathaniel et Bartiméus et leur monde est au bord du chaos. Des objets magiques sont dérobés, des conciliabules sont menés, un vent de traîtrise souffle dans les plus hautes sphères. Des anarchistes ou des résistants œuvrent contre le gouvernement et des attentats sont commis.

Extrait d’un passage où Bartiméus, le redoutable, se transforme en pigeon pour traquer une proie. Mais, cela occasionne aussi, une situation bien délicate…
« Perché sur ma gouttière, à ma droite un petit pigeon très soigné me regarde en penchant la tête d’un air manifestement intéressé. Quelque chose me dit que c’est une femelle. Je réponds par un autre roucoulement, hautain celui-là, et qui ce veut une fin de non-recevoir. Puis je me retourne. L’autre se rapproche d’un petit bond coquet. J’avais bien besoin de ça, tiens… Un volatile amoureux ! Je me décale. Elle me rattrape. Je m’écarte à nouveau (…) Au même moment, un suave roucoulement retentit à mon oreille. Je tourne la tête à demi… pour découvrir, à quelques millimètres de moi, cette pauvre pigeonne, si loin de se douter de la vérité. Avec une ruse toute féminine, elle en a profité pour venir se coller contre moi. »

J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce livre écrit pour les jeunes adolescents. L’histoire est racontée à tour de rôle par Nathaniel et Bartiméus. Par le premier, avec de la rigueur et une certaine froideur. L’enfant est jeune mais son éducation spartiate et érudite fait de lui une personne un peu vieillotte et très sérieuse. Toutefois, il n’a pas encore atteint la maturité et la sagesse qu’il aura peut-être plus tard. Alors parfois, s’il paraît un peu présomptueux et autoritaire, c’est pour taire ses angoisses et sa solitude. L’amitié, la générosité, la communion, la confiance, sont des sentiments qu’il ne connaît pas. Par Bartiméus, ses chapitres sont racontés avec beaucoup d’humour. Cette créature est malicieuse, canaille, ironique et tient une verbosité très potache. On sourit souvent à ses réparties. Malgré sa carrure et son ancienneté, il a de la finesse et de la fraîcheur. Il est le piment et un héros très sympathique de ce roman.
Premier livre d’une trilogie, l’auteur dévoile un monde de magie. Nous côtoyons des êtres étranges avec des têtes d’oiseau, de taureau, des gargouilles, des démons, des gnomes… le langage est cabalistique, les histoires fantastiques. Cette partie retrace l’initiation de Nathaniel et introduit vers la fin, le sujet des prochains volumes. Je pense que le thème ou la matière sera la Résistance. Nous verrons…

Je crois que ma copine de lecture Nahe, a elle aussi apprécié.

Billets chez Luna,

 

2Minotaure

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