L’Escarboucle bleue

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«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 9ème billet

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les aventures de sherlock holmes 2L’Escarboucle bleue
Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Dans les nouvelles de Sherlock Holmes, John Watson aime à raconter des petites histoires qui n’ont pas forcément la tonalité des autres enquêtes meurtrières. Le délit y est plus minimal mais tout aussi intéressant à narrer et à lire. On a vu que Holmes n’était pas si implacable et qu’il n’attachait pas une réelle importance à la justice. Ce qu’il apprécie par dessus tout, c’est démêler l’inexplicable et percer les mystères de l’âme humaine.
Alors, quand on lui soumet une énigme…

« – Pas de crime ! répondit-il. Il s’agit seulement de l’un de ces innombrables incidents baroques qui ne manquent pas de se produire quand vous avez quatre millions d’être humains qui se bousculent à l’intérieur de quelques kilomètres carrés. Au sein des actions et des réactions d’un tel essaim d’humanité, il faut s’attendre à n’importe quelles combinaisons d’évènements : d’où des petits problèmes, bizarres et passionnants, pas pas forcément criminels. Nous en avons déjà fait l’expérience plus d’une fois.
– Tellement, observais-je, que sur les six dernières affaires, trois étaient parfaitement exemptes de crime, aux yeux de la loi. »

L’histoire de l’Escarboucle bleue se passe à l’époque de Noël. Watson va rendre visite à son ami pour lui présenter ses vœux et le découvre en pleine observation d’un chapeau melon usé. C’est le commissionnaire Peterson qui le lui a remis, ainsi qu’une oie dodue, après qu’il ait été témoin d’une agression dans la rue. Et comme il est bien reconnu qu’un uniforme de police fait fuir tout le monde, agresseurs et agressé ont pris la poudre d’escampette et ont abandonné chapeau et oie. Une oie qui, à l’heure où Holmes spécule sur l’identité de l’infortuné propriétaire, se fait rôtir sous la bonne vigilance de Madame Peterson…
Que peut-on raconter de ce chapeau ? beaucoup… Holmes détaille à Watson les faits, lorsqu’il est interrompu par un Peterson affolé.

« – L’oie, monsieur Holmes ! L’oie, monsieur ! bégaya-t-il.
– Hé bien ? Qu’est-ce qui se passe avec l’oie ? Est-elle ressuscitée ? S’est-elle envolée par la fenêtre ? »

Sa femme a découvert dans le jabot de l’oie, une pierre bleue de toute beauté, unique. Le diamant, L’Escaboucle bleue, qui une semaine avant, avait été volée à la comtesse de Morcar et pour lequel un millier de livres est offert pour sa restitution.
Dés lors, ce n’est plus le chapeau qui revêt une analyse particulière, mais la chère oie.
De plus, l’affaire se corse car un plombier connu de la justice pour avoir déjà commis un larcin, clame son innocence et est inculpé, incarcéré et mené devant les assises pour le vol.
Holmes ne veut pas perdre de temps et part en compagnie de son fidèle assistant sur les traces de la défunte oie et celles du véritable coupable.

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Conan Doyle a écrit une nouvelle qui mêle sérieux et légèreté. Le comique de l’histoire n’enlève pas la gravité des faits. Un innocent risque la pendaison ou d’être envoyé dans une colonie pénitencière si on ne le disculpe pas. Les déductions de Holmes fusent comme dans un geyser et si elles paraissent évidentes après avoir été énoncées, elles n’en sont pas moins spectaculaires pour nous pauvres lecteurs.
Un méchant plus bête que cruel, une justice expéditive, une enquête sinueuse, « bizarre », et Holmes le miséricordieux… C’est Noël…
Une très bonne lecture !

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l'escarboucle

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L’homme à la lèvre tordue

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«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 7ème billet

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sherlock holmesL’homme à la lèvre tordue
Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Juin 1889,

John Watson et sa femme reçoivent la visite de Madame Whitney, une amie de longue date. Épouse d’un homme opiomane, elle vient souvent leur confier son désespoir et chercher du réconfort auprès de Mary. Ce soir-là, inquiète, elle ne sait quoi faire car son mari n’est pas rentré depuis plus de deux jours. Elle l’imagine dans une fumerie d’opium, déconnecté de la vie et sans force pour réintégrer leur domicile.
Homme au grand cœur, Watson ne se fait pas prier pour aller le chercher… il y fera une rencontre imprévue !

Dans la fumerie, après avoir découvert Whitney, Watson se fait aborder par un vieil homme. C’est Holmes, grimé et costumé, qui mène une enquête parmi les drogués. Sa cliente Madame Saint-Clair craint que son mari, un homme d’affaire prospère, ne soit retenu prisonnier, ou pire, n’ait été assassiné dans cet établissement. Elle l’aurait aperçu à l’une des fenêtres quelques secondes… Disparu, on découvre dans la chambre correspondant à la fenêtre, seulement un pauvre mendiant bien connu du quartier. Hugh Boone est un clochard défiguré, très sale et peu loquace. Les affaires de Saint-Clair étant à ses côtés, on pense qu’il pourrait être impliqué dans la disparition et le meurtre.

Une affaire des plus étranges… surtout lorsque les pistes s’éparpillent dans le quartier le plus mal famé de Londres et racontent une histoire des plus surprenantes. Holmes voudrait bien faire parler Boone…
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Dans la suite des Aventures de Sherlock Holmes, « L’homme à la lèvre tordue » est une nouvelle qui vient après « Les cinq pépins d’orange ». Différente, bien imaginée, elle nous projette sur les bords de la Tamise de l’East End, dans une fumerie d’opium. Les Britanniques ont ramené en occident l’opium et au XIXè siècle, cette drogue ne faisait pas que des ravages auprès des coolies Chinois. Elle était aussi bien prisée par les classes aisées de la société et les milieux artistiques.
En ce qui concerne l’intrigue qui n’est pas d’une grande envergure, il me semble qu’Agatha Christie a utilisé le même stratagème dans l’une de ses histoires avec Hercule Poirot. Je ne me souviens plus du titre, hélas…
Une sympathique enquête à lire.

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fumerieUne fumerie

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Les cinq pépins d’orange

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«British Mysteries» de Lou et Titine

Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda, 1er billet

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les cinq pépins d'orangeLes cinq pépins d’orange
Les aventures de Sherlock Holmes
Arthur Conan Doyle

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Londres, septembre 1887,

John Watson rassemble ses notes. Il regrette de ne pas avoir retranscrit toutes les enquêtes de son ami Sherlock Holmes même si celles qu’il a racontées sont des plus passionnantes. Certaines ont été faciles à résoudre, d’autres plus ardues. Certaines n’ont pas eu de dénouement et d’autres l’ont rempli d’amertume… comme celle des cinq pépins d’orange.

Septembre est venteux, froid, il n’incite pas à baguenauder dans les rues. Holmes n’attend personne, mais la clochette annonce une visite. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui demande conseil pour une affaire étrange (toutes les affaires sont étranges !), Scotland Yard n’ayant pas voulu le prendre au sérieux.
Son oncle Elias Openshaw qui était parti en Amérique et qui avait combattu dans l’armée sudiste aux côtés du général Lee lors de la guerre de Sécession, est revenu en Angleterre avec une belle fortune. N’ayant aucun héritier, c’est vers son neveu John qu’il s’est retourné, lui demandant de venir le rejoindre dans sa demeure pour faire plus ample connaissance. John découvre alors un homme taciturne, secret et peu sociable, mais s’en accommode très bien les années passant… C’est juste avant la mort d’Elias que John prend mesure de tous les mystères qui l’entouraient. Celui-ci a reçu une lettre avec cinq pépins d’orange. Une phrase sibylline signée KKK et cinq pépins d’orange qui l’ont épouvanté et fait brûler des papiers qu’il tenait cachés.

« Mettez les papiers sur le cadran solaire. »

A ce stade de l’histoire, Watson ne sait que penser et Holmes dodeline de la tête, attentif aux moindres faits… A la mort d’Élias, survenue très rapidement après la missive, l’héritage est allé au père de John, qui moins de deux ans après, reçoit à son tour le même courrier contenant les cinq pépins d’orange… Fatalement, la menace qui fut prise comme une plaisanterie mena le cher homme à sa mort.
John étant le dernier successeur, c’est à présent à lui que la missive est adressée.

Holmes renvoie le jeune homme chez lui et entreprend son enquête sans plus tarder. Mais… mais il est déjà trop tard pour John Openshaw car le KKK va encore frapper. Quelles sont ces trois initiales et quelle est la signification des cinq pépins d’orange ?

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Nouvelle extraite des Aventures de Sherlock Holmes, l’enquête est d’abord sortie dans le Strand Magazine en 1891.
Cette triste affaire relate l’assassinat de trois Openshaw et un dénouement bien affligeant qui restera dans les annales comme un échec cuisant. En effet, même si Holmes élucide le mystère rapidement, il n’a pas su protéger John et n’a pas pu appréhender les criminels. Justice sera faite, mais le châtiment ne sera pas rendu par les hommes.
Ce dernier point chagrine Holmes, plus peut-être que la mort de son client. Watson nous le montre affligé, suspendu entre deux émotions, l’orgueil et la contrition : « Je souffre dans mon orgueil, Watson ! C’est un sentiment mesquin, peut-être, mais je souffre dans mon orgueil. J’en fais à partir de maintenant une affaire personnelle ; si Dieu le veut, je liquiderai ce gang. Dire qu’il est venu pour que je l’aide, et que je l’ai envoyé à la mort !… »

Un plaisir de lecture !

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D’autres billets chez Belette,

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Le mystère du Val Boscombe

logo XIXème 2logo british mysteriesUne lecture commune avec Caro, Shelbylee et Aymeline « Challenge XIXème siècle » de Fanny
« Challenge British Mysteries » de Lou et Titine

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le mystère du val boscombeLe mystère du Val Boscombe
Arthur Conan Doyle

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1888, dans le Herefordshire,

Watson accompagne Holmes pour une enquête dans la vallée de Boscombe. L’inspecteur Lestrade de Scotland Yard l’a appelé à l’aide pour démêler les incohérences d’un dossier trop facilement clos (ou plus certainement pour corroborer…). On accuse un fils d’avoir tué son père dans un bois, après qu’ils se soient méchamment disputés.

Dans le train, Holmes relate les faits en s’appuyant sur les écrits du coroner qui a pris la déposition de James McCarthy, le présumé meurtrier déjà incarcéré qui risque la pendaison. Comme le souligne Watson, il est bizarre que le jeune homme ne veuille pas se disculper et clarifier certains points nébuleux. Manque d’intelligence ou d’imagination ? C’en est désolant !
Au tour de ce drame, il y a deux familles, deux patriarches qui se connaissent bien ; John Turner et Charles McCarthy. Ces deux hommes se sont rencontrés il y a fort longtemps en Australie, dans la colonie de Victoria. Le premier a fait fortune dans les mines d’or et a acheté une propriété en Angleterre, le second est venu le rejoindre et s’est installé dans une des fermes du domaine. Tous deux veufs et pères, leur complicité s’est renforcée et devait se cristalliser par l’union de leurs enfants, James et Alice.

Alors, coupable ou pas coupable ? Le temps est compté, Holmes va démêler l’écheveau de l’histoire et extorquer des confidences.

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Cette nouvelle des Aventures de Sherlock Holmes est parue dans le Strand Magazine en 1891 (dixit Wiki).

De facture classique, sans originalité dans l’intrigue ou le dénouement, l’histoire arrive à captiver avec le récit du coroner qui esquisse scènes et personnages. Les décors boisés où Sherlock mène l’enquête, les témoignages des gens du domaine, les évidences élémentaires qu’il souligne comme à son habitude, sont aussi des atouts bien plaisants à notre lecture.
En conclusion… j’aime toujours même si le suspens n’est pas terrible. On lit les histoires de Sherlock Holmes aussi pour les ambiances et le voyage dans le temps.

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Vous trouverez d’autres billets chez Aymeline, Caro et Shelbylee
aussi chez Belette,

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Jeremy Brett dans son rôle de Sherlock Holmes

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Une affaire d’identité

logo XIXème 2logo british mysteriesUne lecture commune avec Caro, Shelbylee et Aymeline « Challenge XIXème siècle » de Fanny
« Challenge British Mysteries » de Lou et Titine

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Les aventures de Sherlock Holmes
Conan Doyle

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« – La vie, mon cher, est infiniment plus étrange que tout ce que l’esprit humain pourrait inventer ! Il y a certaines choses que nous n’oserions pas concevoir, et qui sont pourtant de simples banalités de l’existence… »

Quand Holmes parle de ces « choses » à son ami Watson, il ne pouvait pas trouver mieux pour justifier ses dires que l’affaire qu’on allait lui proposer… banale et tortueuse.
Mary Sutherland, une jeune femme désespérée, souhaite retrouver son fiancé Hosmer Angel qui a disparu juste avant le mariage, en lui faisant promettre fidélité… quoi qu’il devait arriver. La promesse ne fut pas difficile à donner car Mary voit en Hosmer le preux chevalier de ses rêves. Habitant toujours sous le même toit que sa mère et son beau-père, James Windibank, un homme très sévère qui lui interdit les sorties, elle n’avait jusqu’à présent jamais eu l’opportunité d’être vraiment courtisée. Encouragée par sa mère lors des absences de ce dernier, Mary put mener à bien cette idylle qui devait aller jusqu’aux noces.
Watson se doute bien que tout commence à s’imbriquer dans l’esprit de son ami qui résoudra l’affaire très rapidement… le lendemain.

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Troisième nouvelle des Aventures de Sherlock Holmes, « Une affaire d’identité » est comme les précédentes, courte et machiavélique. Les supercheries, toutes bêtes, médiocres soient-elles, sont le début des affaires criminelles les plus importantes. Le scélérat qui se joue des sentiments de Mary est promu à un avenir des plus noirs. C’est le constat prononcé par Holmes à la fin de l’intrigue.
Si cette affaire n’a pas de panache, elle souligne une fois de plus du formidable raisonnement de notre détective ! Le plus petit indice raconte une histoire… On découvre également dans cette enquête qu’il est prêt à déclarer forfait par compassion. Il ne veut surtout pas révéler la vérité à Mary pour ne pas la peiner davantage.

Toujours aussi séduites par le personnage, enchantées par cette époque, nous continuons notre lecture commune avec « Le mystère du Val Boscombe »… avec Caro, Shelbylee et Aymeline.

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