Une semaine illustrée

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Comme l’an passé, je m’accorde une semaine avec des albums illustrés
et vous présente quelques beaux livres sortis de mes rayonnages.
Du 8 au 13 février

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Lundi : La Poule au Bois Dormant – Christian Jolibois et Christian Heinrich
Mardi : Alice au pays des merveilles – Lewis Caroll et Rébecca Dautremer
Mercredi : Madame Trotte-Menu – Beatrix Potter
Jeudi :
Vendredi :
Samedi :

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Aliénor Mandragore – Merlin est mort, vive Merlin ! Tome 1

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Alienor-Mandragore 1Aliénor Madragore
Merlin est mort, vive Merlin ! – Tome 1
Scénario de Séverine Gauthier
Dessins de Thomas Labourot

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Dans la forêt de Brocéliande, en plein cours de mycologie, Merlin succombe au cri d’une mandragore ! Mais que s’est-il passé ?!
Il était là, à expliquer à sa fille les champignons et leurs actions « psychotonques » quand Aliénor s’est soudain retrouvée propulsée par une force enchanteresse devant une mandragore. D’après Merlin… « Les mandragores sont dangereuses. On ne les déterre pas sans prendre certaines précautions… Quand on déterre une mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »
En informant Aliénor des risques, le grand magicien se targue alors d’avoir du sang de démon et d’être invincible… Mais arrive ce qu’il devait arriver… à peine sortie de terre, la racine aux vertus extraordinaires se met à émettre le cri de la mort qui terrasse l’enchanteur ; raide, son spectre s’élevant au dessus du corps sans pouvoir le réintégrer…

Menacée par l’Ankou le serviteur de la mort, l’âme de Merlin espère qu’Aliénor découvrira la formule qui le ressuscitera. La jeune fille, seule et désemparée, va alors demander conseils auprès de Morgane, puissante fée et ennemie de Merlin. Cette dernière possède une immense bibliothèque dans laquelle on peut trouver tous les grimoires.

Le temps est compté, l’Ankou veille et la courageuse Aliénor, apprentie magicienne, va se découvrir de nombreux pouvoirs… et des amis.
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Dans la forêt de Brocéliande nous retrouvons quelques personnages enchanteurs de la légende arthurienne. Merlin, Morgane, Viviane, Lancelot… sont aux côtés d’Aliénor pour cette plaisante histoire qui donne un air nouveau et léger au mythe.
Des planches riches en dessins et en couleurs, du dynamisme, de l’humour, du pétillant, on voit un Merlin trop présomptueux qui doit s’en remettre à sa fille novice en magie, pour revivre. Aliénor continue son apprentissage avec Morgane et acquiert un peu d’indépendance dans son aventure. Son autonomie la fait grandir.
Pour continuer dans l’ambiance, l’album nous offre à la fin un journal… « L’écho de Brocéliande ». Nous y trouvons des articles sur le pays, des interviews, la recette d’une potion, et des informations diverses et variées…
Une fin espiègle, certainement un charme facétieux qui remet tout en question,  ouvre la fenêtre sur une autre histoire, faisant sourire le lecteur.
Une bande dessinée à recommander et à suivre…

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D’autres billets chez Mo’, Alice, Fanny, Lasardine, Bianca,

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L’irremplaçable Youki

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Un chalet à Noël avec Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian
Journée Albums jeunesse

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L-irremplacable-YoukiL’irremplaçable Youki
Ecrit et illustré par Jan Brett

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youki8Annie s’inquiète pour sa chatte Youki. Elle qui est d’un naturel joueur, reste toute la journée confinée à l’intérieur du chalet, à manger et à dormir dans des endroits particuliers, bien cachés. Est-ce que Youki rentrerait en hibernation comme un ours ?

Puis un matin, Annie ne trouve plus Youki qui a disparu. Triste, la petite fille est seule, sans compagnon pour jouer, à attendre, attendre…, à regarder par la fenêtre la neige tomber.
C’est alors qu’elle pense à apprivoiser un autre ami. En cuisinant des petits gâteaux et en les disposant à l’orée de la forêt, elle pourrait en attirer au moins un…

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Et c’est ce qui arrive ! Le lendemain, un magnifique élan se tient à la place du gâteau. Grand… peut-être trop grand pour elle !
Il lui faudrait un animal plus petit, donc le soir, elle dépose d’autres gâteaux de maïs. Mais c’est un chat sauvage qui s’amène, un chat bien trop difficile à garder.

Annie ne se tourmente pas plus que pour l’élan, elle continue à déposer des gâteaux et à espérer. Mais quelle surprise ! le matin, non seulement l’élan et le chat sauvage sont là, mais aussi un ours pas très commode ! Une vraie ménagerie qui continue à croître tous les matins… l’élan, le chat sauvage, l’ours, et … un cerf, sa famille, un loup gris, un ours noir…

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Que faire ? Annie n’a presque plus de farine de maïs et tous réclament à manger ! Tous, voraces et toujours pas domestiqués. La neige commence à fondre, les bourgeons apparaissent, petit à petit les animaux commencent à se retirer dans la forêt…
Est-ce qu’Annie pourra un jour remplacer Youki ?

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J’aime beaucoup les illustrations de Jan Brett. Comme dans l’album « Qui frappe à la porte la nuit de Noël ? », elle anime son conte avec des animaux sauvages, une contrée recouverte de neige, un chalet perdu, une enfant solitaire et aucun adulte dans les deux livres. Il y a un sentiment de liberté et d’espace. L’histoire est très jolie et pas menaçante, ni triste, même si Youki la petite chatte rousse a disparu. La fin est rassurante et très heureuse !
Les belles illustrations aux couleurs vives, folkloriques, sont enluminées par des frises, et la variété des animaux apportent toute la richesse à l’histoire.
Un livre à recommander !

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Les aventures d’un goubelin en pays de Broe

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Le mois Halloween avec Hilde et Lou

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les aventures d'un goubelinL’extraordinaire après-vie d’Alice Osmont ou…
Les aventures d’un goubelin en Pays de Broe
Texte et illustrations d’Hélène Larbaigt

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Il faut prendre une barque pour passer d’un monde à l’autre, celui des vivants à celui des morts. La brume est épaisse, la pleine lune et les feux follets sont les seules lumières. Une créature, laide, crochue, aux dents acérées, attend au portail et accueille les nouveaux. « Bonsoir. Rangez-vous dans la file et attendez qu’on vous appelle ! »
A treize ans, Alice Osmont n’est pas rassuré de découvrir ce monde d’outre-tombe. Paradis ou enfer ? Il ne sait pas où il est…
A la réception, un elfe barbu lui fait signer un registre et lui souhaite la bienvenue au pays des Blancs-goulés ; le jeune Alice est devenu un goubelin.

« – Hum ! Vous êtes bien M. Alice Osmont, désormais les deux pieds dans la tombe – constatez par vous même ?
– Pardon ? lui demandais-je en découvrant avec horreur que je me trouvais effectivement au-dessus d’un gouffre béant qui disparut en laissant place à une très désagréable sensation de vertige. »

goubelin 2On lui attribue une habitation en Pays de Broe qu’il doit partager avec des chats fantômes, une cousine éloignée, Bélissende, et Ercibald Abbot, un ancien libraire. « La Maison-du-chat-qui-chacoute-et-charmoie-en-se-léchant-la-queue » est une surprise car elle est identique à son ancienne demeure  ; même adresse à Rouen, même décoration, mais ailleurs…
Aidé dans son apprentissage goubelin par ces deux co-locataires, Alice découvre un univers inquiétant peuplé de
monstres. Il nous raconte sa nouvelle vie et nous fait partager les notes de ce cher Ercibald qui étudie l’origine des goubelins, les répertorie et les fiche.
Dans le premier livre, les chapitres retracent les différents genres des esprits de la nuit (les métamorphées, les fées domestiques, les gargouilles, les fées de Moremoflet, les vampires, les loups-garous, les létices, les fourolles…), ainsi que leurs particularités. On apprend  que l
e goubelin n’est pas méchant, qu’il est plutôt taquin et serviable et qu’il est souvent le gardien de fabuleux trésors.

Ce cher Alice a tant à découvrir ! et il nous invite à le suivre dans son extraordinaire après-vie…

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Le voyage en pays de Broe d’un jeune goubelin est un album graphique dont l’atmosphère fantasmagorique rappelle l’univers de l’étrange cabaret des fées désenchantées qui m’avait tant charmée. Là aussi, l’écriture et les illustrations abondent et dépassent toute ordonnance. Comme pour une potion magique, l’auteur aligne ses filtres d’imaginaire et distille… une goutte de légendes ancestrales, une goutte de féerie, de fantasmes, une autre pour l’humour, et… une pour le rock, une pour le punk, une pour le gothique, une pour l’extravagance, une pour la grâce, une pour la poésie, une pour l’obscur, une pour la mélancolie, une pour le rêve… Je ne sais pas exactement les quantités, ni les formules, mais elle le fait généreusement, passionnément.
Alice est un personnage fort sympathique qui nous embarque dans sa vie après la vie. On découvre que cette existence est pleine de vitalité, très dynamique. Les goubelins aiment les spectacles, la musique et les manifestations sportives. Tous se retrouvent dans le creux de la terre, un monde parallèle au notre, où nous côtoyons des goubelins chapeautés, des trolls, des Dames blanches, des damnés, des Milloraines… Grâce aux fiches d’Ercibald, on apprend à mieux les connaître.
Lorsque vous pénétrez ce livre, vous entendez des sons de cornemuses. Les nuits de fin d’automne, alors que l’hiver s’annonce, ils se retrouvent tous dans les tavernes à trinquer, à chanter et à dire de la poésie… Et il y a des soirs où on aimerait bien les rejoindre !
Je vous recommande cet album aux si belles illustrations… c’est magie !
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D’autres billets chez Zeb,

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Wilhelmina Bellhelm, la meilleure amie d’Alice, une Mille-groux

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La box de Pandore

Notre copine Liyah, qui est aujourd’hui maman de trois adorables garçons, s’est lancée, début 2014, dans une belle aventure avec son mari…

La Box de Pandore !

Les box sont des boîtes qui recèlent des tas de surprises pour les enfants et surtout… des livres. Le tout étant adapté suivant les âges, de la petite enfance à l’adolescence. En fonction de l’abonnement, c’est tous les mois ou sur trois mois, ou… Je vous laisse découvrir les choix qui s’offrent à vous sur le site…



Découvrez également le site Facebook pour suivre leur actualité…

Mes enfants sont grands maintenant, mais je suis sûre qu’ils auraient aimé en recevoir ! C’est pour cela que je vous en parle…

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L’Epouvanteur, Le Pacte de Sliter – Tome XI

EpouvanteurT11
Une lecture commune avec Sharon
Challenge Loups-Garous

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l'apprentiépouvanteur11Le pacte de Sliter
L’Epouvanteur
Joseph Delaney

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Dans le pays de l’Epouvanteur, loin de son comté et dans les terres du grand nord, il y a un monde peuplé de créatures appelées les Kobalos, des loups qui se tiennent sur deux pattes. D’après l’extrait du bestiaire de John Gregory « Les Kobalos sont une race de féroces guerriers, établis à Walkarky, une ville située à la lisière du cercle arctique… On y trouve quantité d’abominations, créées par la magie noire.. Les Kobalos croient que leur ville ne cessera jamais de s’étendre, jusqu’à ce qu’elle recouvre le monde entier. »  Depuis plus de cinq cents ans, ils sont en conflit avec les humains et s’abreuvent de leur sang. Dotés de pouvoirs surnaturels, ils ont une supériorité sur les hommes et se servent des femmes comme esclaves. Elles sont des Purrai, prisonnières, parfaites pour engendrer la race des guerriers, les Dexturai.

Dans son repère, Sliter, un mage Kobalos, sort de son état de sommeil avec une faim qu’il ne peut assouvir qu’avec du sang. Comme à son habitude, il se rend à la ferme du vieux Rowler pour demander son tribut. Si d’autres Kobalos boivent aux gorges de leurs sujets, Sliter préfère épargner les gens de son domaine, sa haizda, et prendre le sang et la chair de leurs bêtes. Fidèle à son pacte, il respecte le paysan et ses trois filles. Mais parfois, sa soif est telle qu’il commet des écarts… ailleurs.
Lorsque Rowler se fait accidentellement encorner par un taureau, juste avant de mourir, il fait promettre à Sliter de conduire ses deux cadettes en sécurité auprès de son frère. Quant à l’aînée, Nessa, elle sera le paiement de cet arrangement.
Nessa est une jeune fille qui au décès de sa mère a endossé toutes les responsabilités de la maison. Courageuse et loyale, elle accepte ce sacrifice pour ses petites sœurs. Elle sera vendue comme esclave à la foire de Walkarky.

Sans tarder, l’étrange équipée s’engage sur un chemin semé d’embuches… Bien malgré elles, Nessa, Susan, et Bryony doivent faire confiance à Sliter, le monstre. Leur première étape se fait sur les terres du haut mage Nunc, un être vil et cruel qui leur réserve bien des tourments. Et pour ne pas avoir satisfait les souhaits de cet hôte, toute une horde d’assassins Kobalos et autres créatures sanguinaires seront à leurs trousses.

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Ce onzième tome de la série « L’Epouvanteur » nous fait découvrir les Kobalos. L’Epouvanteur, son apprenti Tom et Alice n’apparaissent pas dans l’histoire. Seule la sorcière Grimalkin a un rôle et fait le lien entre eux. Sliter et Nessa sont les héros de nouvelles aventures qui semblent toutes aussi passionnantes que la saga originelle.
Les chapitres racontent l’histoire vue par les deux personnages, une vision Kobalos, une vision humaine, qui alternent la force, la violence, avec la témérité, la peur. A l’image des autres volumes, les combats sont intenses, les créatures horribles et les scénarios toujours aussi délirants. S’il est difficile au début de retenir les identités surnaturelles, ainsi que « les us et coutumes » de cette nouvelle société (il y a un glossaire dans les dernières pages), très vite on devient familier de leur univers ; ainsi la physionomie de Sliter me paraissait moins menaçante, plus proche de l’homme que du loup, séduisante aussi. Avec Nessa, jeune fille qui attire immédiatement la sympathie, ils forment un duo dans le genre « La Belle et la Bête ».
J’ai beaucoup aimé ce livre et il me tarde de connaître la suite. L’auteur dévoile dans une mini-interview qu’on pourrait retrouver dans le prochain tome tous les héros réunis…
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D’autres billets chez Sharon,
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img526Un kobalos, dessin de David Wyatt
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Une preuve d’amour

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Une semaine Saint-Valentin

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une preuve d'amourUne preuve d’amour
Valentine Goby

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Sonia est la narratrice de l’histoire.
« Les Misérables » de Victor Hugo font débat dans une classe de collégiens. Afin de comprendre les personnages, le professeur pose des questions sur Fantine. « Est-ce que Fantine a été une bonne mère en abandonnant sa fille Cosette ? » Avant d’approfondir le sujet, les réponses fusent dans un charivari d’objections.
« – Moi je dis qu’abandonner son enfant, c’est dégueulasse.
– Sérieux, ça se fait pas, laisser sa fille comme ça…
– Fantine, les Thénardier elle les connaît même pas, sûr qu’elle abandonne sa fille. Si elle l’aimait vraiment, elle l’aurait gardée avec elle. Ma mère elle est comme Fantine, seule avec moi, elle travaille aussi mais elle m’a pas placé chez les Thénardier. »
Sonia regarde tous ses camarades prendre part de façon unanime et remarque que seul Abdou ne participe pas. Plongé dans un silence, absorbé par une feuille blanche, il est ailleurs. Ou peut-être pas… Nerveusement sous le bureau, ses jambes tressautent ; Abdou est une pelote de nerfs.
Le professeur continue sur cet abandon, en incitant les élèves à plus de réflexions…
« – Je disais donc, reprend le prof, on congédie Fantine. Que fait-elle alors pour gagner sa vie ?
Je lève la main :
– Elle vend ses cheveux.
– C’est tout ?
– Et ses dents.
– C’est tout ?
– Elle a fait la… comment vous dites…
Des rires au fond de la classe. Je rougis, et je murmure :
– … la prostituée. »
Mais lorsque Abdou explose en disant que l’acte de Fantine est une preuve d’amour, Sonia pressent que l’histoire de Fantine pourrait bien être celle de la mère d’Abdou.

Difficile de sonder ce camarade ! Abdou s’échappe de la classe et disparaît pour quelques jours. Malade ? C’est l’excuse qu’il donne.
Curieuse, déjà un peu amoureuse de ce mystérieux garçon, Sonia va essayer de l’apprivoiser et de l’aider. Abdou est une âme sœur.

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Lorsque je tourne la dernière page de ce livre, je me demande comment l’auteur a fait pour écrire autant d’émotions, d’images, de parfums, dans ce tout petit roman. La plume, la voix, elle l’a laisse à Sonia la conteuse, une jeune fille courageuse et réfléchie, qui, très tôt, a eu aussi sa part de peines. Moins meurtrie que le jeune Malien, élevée par un père aimant, elle va l’aider à se construire, se réconcilier avec son histoire de déraciné, d’orphelin, et lui offrir une belle amitié nuancée de sentiments amoureux.
Une mère qui abandonne son enfant n’est pas forcément une mauvaise mère. Abdou Traoré sait que cela peut être une preuve d’amour d’une abnégation absolue. Sans papier, sans famille, sans argent, Mariama a eu la force de laisser son fils aux services sociaux et de partir. Il aimerait tant le lui dire !
Abdou et Sonia ont identifié leur Fantine, Valjean et Javert…

L’amour décliné sur toutes ses facettes ; ce roman est très beau. Il est écrit avec finesse, générosité, et malgré le sujet dur, déchirant, j’ai ressenti de la douceur. Abdou charrie la violence de son pays, les miasmes de la rue, le désespoir et l’espérance de sa mère. Sonia paraît aussi légère qu’un char à voile qui s’enfuit dans le vent, elle a une odeur iodée, elle est la fille qui regarde l’océan, libre et heureuse. Ils forment un beau duo, fort et confiant.

Ce livre est à recommander, je vous souhaite une bonne lecture.

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D’autres billets chez Jérôme, Noukette, Pyrausta,

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Photo prise sur « Routard.com »

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Rouge tagada

logo stvalentinLogo BD Mango NoirMercredi BD avec Mango et ses amis

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Une semaine Saint-Valentin

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Rouge-TagadaRouge Tagada
Auteur Charlotte Bousquet
Illustratrice Stéphanie Rubini

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Elle a ressenti une émotion dès qu’elle l’a vue. La fille était assise sur un banc devant le collège, seule, intimidée. La rentrée scolaire, ce sont les retrouvailles avec les copains mais ce sont aussi des rencontres nouvelles.
Dans la classe 4ème D, elle n’était pas dans le groupe des pimbêches, ni dans celui des « débiles ». Elle semblait observer. Elle ? C’est Layla, une fille superbe.
« Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça chez nous. »
Celle qui raconte sa rencontre avec Layla, continue sur les débuts d’une amitié dont la relation devient vite fusionnelle. Une amitié intense comme l’ont les jeunes de cet âge. Complicités absolues, sorties, confidences, soirées chez l’une, chez l’autre… cela avait commencé par leur passion du théâtre… Layla et Alex.
Puis à Pâques, Layla est partie en vacances chez son père. Là-bas, elle a fait la connaissance d’un garçon. Il était « trop » tout… trop beau, trop chou, trop top. Un « trop » qui agaçait prodigieusement Alex. Pire que ça… et cette souffrance faisait très mal…

Sur un journal intime, parmi les cœurs crayonnés avec le prénom Layla, Alex déverse sa tristesse. Leur amitié s’émousse, Layla devient une autre personne et Alex se retrouve seule. Jusqu’au jour où Layla lui demande un service. Et ce service… Alex va le lui rendre avec toute la générosité de son cœur… amoureux… dans un élan parfumé aux fraises Tagada. Mais les sentiments ne sont pas les mêmes chez les deux amies…

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Ils sont doux les premiers émois amoureux, ils transportent… Entre la bande dessinée et l’album illustré en forme de journal, l’histoire est racontée par Alex, une jeune fille qui a l’air bien dans ses baskets. Avec franchise et innocence, elle écrit son attirance pour  Layla ; un degré d’amitié qu’elle ne peut ouvertement avouer.
« Rouge Tagada » est un beau titre qui évoque les fraises qu’elles mangent goulument. Il est sucré et acide, coloré et pétulant, sensible et sensuel. Il est l’histoire de deux adolescentes qui se découvrent et expérimentent l’amour, Layla avec un garçon et Alex avec Layla. Amitié, tendresse, amour non partagé et cruelle conclusion.
Je vous recommande ce récit. L’homosexualité féminine est traitée avec finesse. Le personnage d’Alex est plein de fraîcheur, de volonté, et son énergie positive donne de l’optimisme à la dernière page…
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D’autres billets chez Moka, Marion, Au milieu des livres, CaroCéline, Jérôme, Le Carré Jaune, Noukette, SophieStéphie, Yaneck, Bianca,

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Rouge Bala

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Une semaine d’illustrations du 26 janvier au 01 février

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Texte de Cécile Roumiguière
Illustrations de Justine Brax

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Bala est une petite fille qui s’ennuie de sa sœur aînée. Elle était heureuse lorsqu’ils étaient ensemble et qu’ils se retrouvaient près de la rivière pour jouer. Son frère Tarum bâtissait des palais de sable et Lali lui contait des histoires.

A présent Lali est mariée et Bala se rappelle de ce jour, un mercredi en l’honneur de Krishna. Une belle cérémonie, des danses, de la musique, un sari dans les meilleures étoffes, des mets raffinés avec des épices rares et des sirops de fruits à volonté, la fierté des parents, le voile de Lali, la pastille rouge sur son front… la soumission de Lali.
Mais Bala trouve juste qu’à treize ans, ça fait un peu jeune…

La mousson est finie, l’hiver se fait sentir. La rivière est triste. Alors que Bala se languit, elle voit une embarcation border la rive avec une jeune femme à son bord qui lui demande où elle est. Elle n’est pas là par hasard, elle voudrait rejoindre la ville la plus proche. Bala, surprise, s’interroge. Que fait cette femme, seule ici ? A la question muette de la petite fille, la jeune femme lui raconte… Elle fuit. Épouse d’un homme riche, mariée à l’âge qu’on marie les filles, elle a souffert de ne pas pouvoir donner un enfant à son mari. « Ventre vide », elle a été humiliée, battue et plus encore. Aujourd’hui, elle aspire à la liberté et à l’éducation qu’elle n’a jamais reçue.

Petite, et déjà consciente des choses de la vie, Bala sait ce qu’elle voudrait faire plus tard, et surtout, elle sait ce qu’elle ne voudrait pas faire… Si son père le permet, elle poursuivra ses études et retardera le plus possible son mariage. Il sera difficile de le convaincre et de contrer les traditions, mais elle essaiera… de toute sa persuasion… et peut-être que sa mère l’aidera…
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L’Inde dans toutes ses couleurs, l’Inde dans ses mœurs. Par l’histoire de Bala, de Lali, de cette femme mystérieuse portée par la rivière, d’Ashna… l’auteur raconte que là-bas les petites filles arrêtent de jouer et d’étudier
pour se marier. Dès onze-douze ans, la famille recherche le prétendant et à treize ans, le mariage se célèbre. Les filles doivent se soumettre à la décision et taire leurs rêves. Les histoires de princes charmants n’ont qu’un temps.
Bala a le courage d’affirmer ses choix et, avec tout le respect, d’en parler à son père. Amenés sur le ton de la sollicitation, plus que sur celui de la rébellion, Bala sait se montrer fine et convaincante. Elle a une fierté et une constance qui vont lui procurer un sursis.
L’album offre pour ce sujet délicat et impitoyable, de la dignité et de la douceur. Il s’adresse aux jeunes enfants. Les mots ne cachent pas l’intensité du message, ils disent que des femmes sont maltraitées, mortifiées corps et âme, mais ils sont dits sans trémolos. La colère est retenue et le bel épilogue montre que rien n’est inéluctable.
Les superbes illustrations ont des couleurs chaudes, vives, puissantes. Des patchworks de tissus sont appliqués sur les plantes, les maisons, la rivière. Il sont des étendards et attirent le regard. C’est un très bel album pour les enfants et les parents pourront accompagner cette lecture de quelques réflexions aussi légères et optimistes qu’est l’histoire de Bala.

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Des billets chez Martine,

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L’hiver de la famille Souris et La famille Souris prépare le nouvel an

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« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson

Une semaine d’illustrations, du 26 janvier au 01 février

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La famille Souris prépare le nouvel anl'hiver de la famille souris

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Kazuo Iwamura

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La famille Souris prépare le jour de l’an

Il fait très froid, il est encore tôt, le soleil tarde ! Alors que la famille Souris a bien du mal à se lever, grand-papa et papa Souris sont déjà dehors à travailler. Dans la maison, le reste de la famille prépare le riz pour les gâteaux du nouvel an. Cette recette demande l’assistance de tout le monde car elle semble bien difficile…
Du riz cuit, de la farine, un mortier… taper, taper fort pour que le riz ne colle pas… confectionner des boules de pâtes, ajouter du sucre et des noix… c’est prêt ! et c’est délicieux.
Il a fallu toute une journée pour les préparatifs du réveillon et dehors, il fait déjà nuit, la neige tombe et commence à tout recouvrir. C’est l’hiver, la famille Souris est heureuse dans leur petite maison…
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L’hiver de la famille Souris

… C’est l’hiver, la saison qui rapproche le plus la famille. Quatorze souris, parents, grands-parents et enfants, sont bien à l’abri dans leur maison, nichée dans le creux d’un arbre. Chacun s’active à rendre les journées agréables et à préparer les joies de l’hiver. Dehors, c’est tout blanc. Grand-papa aidé de ses petits-enfant bricole des skis dans des bambous pour les luges, le papa assisté du reste de la fratrie élabore un jeu de société, et en cuisine, cuisinières expérimentées et marmitons en culottes courtes préparent des gâteaux pour le goûter… des petits chaussons aux fraises. Il fait chaud, ça sent bon, ils vont tous se régaler.
Dehors, il y a la neige, du soleil, il faut en profiter ! et les voilà tous emmitouflés, prêts à essayer les luges de grand-papa…
C’est quand même super chouette, l’hiver !

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En fouillant les bacs de mon libraire, j’ai découvert la famille Souris (elle m’attendait). Attirée par les couvertures, j’ai commencé à les feuilleter et j’ai craqué !
Kazuo Iwamura est un auteur qui illustre ses histoires. Japonais, on retrouve dans quelques détails du graphisme une inspiration nippone.
Plus d’une vingtaine d’années séparent ces deux livrets (le premier est sorti en 2008 et le second en 1986), et c’est comme s’ils étaient liés dans un même album. Beaucoup de délicatesse, des rondeurs, de la générosité, du bonheur simple, pour les rêves des enfants. Les histoires sont courtes, faciles à lire, faciles à raconter, les illustrations évoquent des tableaux familiers, doux, et rassurants.
Je laisse la famille Souris pour l’hiver et je les retrouverai pour le printemps, saison des piques-niques et de l’éveil de la nature…

D’autres billets chez Lou,

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