Pâtes au pesto

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Et si nous partions en Italie ? a dit Asphodèle…

Il y a neuf ans pile, j’étais en Toscane et nous fêtions l’anniversaire de JB. Un patio, la campagne, des champs d’oliviers et Florence au loin ; le dôme de la cathédrale Santa Maria del Fiore qui se distinguait. Est-ce ce voyage qui lui a fait tant aimer les pâtes et les pizzas ?
Lorsque je lui ai demandé dans la semaine ce qu’il voulait pour son anniversaire, il m’a dit… « Des pâtes au pesto. Tu sais… comme là-bas… ».
Là-bas… je comprends ! Ce séjour est un souvenir fabuleux qui nous nourrit encore tous les quatre.

« Te voglio bene assai, ma tanto bene sai, e una catena ormai, che scioglie il sangue dint’e vene sai… »

Vous trouverez des billets chez
Marion – Muffins salés, tomate-basilic et ricotta
Sharon – Gâteau aux pommes à l’italienne

Asphodèle – Rôti de veau (Amaretto, jambon, mascarpone), conchiglie au parmesan et biscuits au citron
Sandrion – Pizza au jambon cru, mozzarella et roquette
Estellecalim – Pâtes au chorizo et…
Nahe – Tomate-mozarrella revisitée en œuf cocotte
Hilde – Pâte à la bolognaise
Louise – Livre sur les pâtes magiques
NathChoco – Pâtes bolognaises et gâteau aux fruits rouges (genre cheesecake)

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Florence bann..

Pâtes au pesto

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Ingrédients :
– Pâtes fraîches
– 3 petites courgettes bio
– Pignons de pin (50 g)
– Tomates cerises bio (un peu de sucre)
– Copeaux de parmesan

Pesto
– 1 pot de basilic frais
– 1 sachet de parmesan
– Pignons (50 g)
– Ail
– Huile d’olive, sel

Préparation :
– Coupez les courgettes finement et faites les revenir dans de l’huile d’olive avec une petite poignée de pignons. Salez un peu. La cuisson est rapide car il faut laisser les courgettes légèrement craquantes. Réservez.
– Dans une petite casserole, mettez une cuillère de sucre et quelques gouttes d’eau. Vous pouvez aromatiser ce sirop avec des épices. J’y ai mis du thym. Mettez vos tomates cerises et enrobez-les délicatement du sirop. Réservez.
– Pour le pesto… Mixez le basilic avec l’huile d’olive, le parmesan, 50 g de pignons et une gousse d’ail. Salez suivant le goût. Pensez que le parmesan l’est déjà.
– Cuisez les pâtes en une cuisson al dente. Mettes les pâtes fraîches dans une eau frémissante, salée, et laissez cuire 3 minutes environ. Égouttez et ajoutez un filet d’huile d’olive.
– Alors que vous commencez à préparer vos assiettes, vous faites réchauffer sur feu doux les courgettes. Et vous dressez ainsi : Pâtes + courgettes + pesto + tomates + copeaux de parmesan.

Verdict : Voyage assuré !

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pâtes au pesto

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Cogner le granit. Italiens tailleurs de pierre en Creuse

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Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques de Babelio
Avec Les Ardents Éditeurs

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cogner le granitCogner le granit
Italiens tailleurs de pierre en Creuse
Compagnie Le Chat Perplexe

Jean Métégnier, artiste musicien / auteur
Ernesto Timor, photographe / auteur
Estelle Coquin, montages sonores

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« La compagnie Le Chat Perplexe » est un collectif d’artistes qui a vu le jour en 2000 à Aubusson dans la Creuse. Sa vocation est la création de spectacles diffusés à travers toute la France. Mais le Chat Perplexe développe également des projets en lien avec le territoire plaçant la rencontre et l’humain au cœur de sa démarche artistique.
Cet ouvrage est une des réalisations d’un projet multiforme intitulé « Éclats de pierres, éclats de vies », qui a donné le jour à un spectacle « Le Bal des Casse-Cailloux », une exposition sonore et photographique « Le Fil de la Pierre » et un Sentier des Tailleurs de Pierre au départ de Sardent en cours de création… »

« S’émerveiller, c’est résister. »

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Pourquoi ai-je choisi ce livre lors des Masses Critiques de Babelio ? …
Alors que je parcourais la liste des titres proposés, un peu fébrile dans les nombreux choix, mon cœur a bondi à « Italiens tailleurs de pierre en Creuse ». Une veille photo en couverture évoquait déjà pour moi une histoire. Pas une de celles qui sont racontées dans ce beau livre, non… mon histoire, mes racines.

En 1920, mon arrière-grand-père Giuseppe Begani a quitté un jour la commune de Palanzano de la province de Parme en Italie, pour aller à Calenzana en Corse, rejoindre quelques cousins. Il devait avoir une quarantaine d’années. Veuf, sa femme avait succombé à la grippe espagnole, il était seul à élever ses cinq enfants ; Luigi, Anghu, Pino, Genia (ma grand-mère) et Nita.
Tailleur de pierre, il a participé avec ses trois fils, à faire des routes, des ponts, des villages et des clochers. Ils ont laissé leurs empreintes et leurs souvenirs restent encore dans la mémoire de certaines personnes. Petite, j’étais si fière lorsque j’entendais parler de lui ! On disait qu’il était d’un grand courage, qu’il avait transmis à ses enfants des valeurs de respect et de travail… La cousine Angèle me confiait « Ça filait droit, avec le grand-père Joseph ! et ses enfants l’écoutaient ! ».
J’ai bien connu ma grand-mère Genia que j’ai beaucoup aimée. Mais femme discrète, d’une autre génération, elle ne m’a jamais parlé de son père. J’imagine que tout ce que j’admirais en elle, sa droiture, sa bonté, sa générosité, c’était lui, aussi.

Dans l’introduction du livre, Thierry Gaillard, maire de Sardent, évoque ces migrants venus du nord de l’Italie qui se sont installés à Sardent. Ils ont modelé la Creuse dit-il. C’était « les faiseurs de bordures de trottoir ». Je retrouve des mots qui symbolisent ma famille… solidarité, fraternité, courage, valeurs, humanité, et je suis sûre que cette lecture, je ne la ferai pas seule car je me sens déjà en compagnie des miens…

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Ça ne parle pas de ma Balagne, mais des Italiens qui ont quitté leur pays pour s’installer dans le Limousin. C’était dans les années 20, pour la plupart, ils ont fui à cause de la montée du fascisme. Sur leur passeport la mention « Tendenza politica anarchica » signait un arrêt de mort, et sans carte du parti, ils ne pouvaient pas travailler. Les hommes, des tailleurs, des cogneurs de pierre et d’autres qui ne l’étaient pas, se sont réfugiés en France et ont trouvé de l’ouvrage dans les carrières et les chantiers. L’accueil ne fut pas toujours à bras ouverts car les « macaronis » parlaient une autre langue et prenaient la place des Français (rengaine connue). Mais leur courage et leur ardeur ne pouvaient que forcer l’admiration, et les portes closes se sont ouvertes…

Pour la plus part, ils venaient du nord de l’Italie, communes du Frioul et de la Vénétie.

Entre les pages, il y a l’écho des coups des masses et des coups des mines, il y a les petites histoires qui sont restées dans les annales, il y a la mémoire qui se transmet aux descendants, des photos, des anecdotes émouvantes, il y a Ettore, Marius, Angelo, Giovanni Batista…, les carrières du Maupuy près de Guéret, le chantier au Bois Chameau…, les accidents, le granit qui s’incruste dans la peau par des éclats, par des poussières, la silicose…, la musique, les bals, les chants qui cadencent le travail…, il y a… le mal du pays, cruel, que l’on tait… Dans « les petites histoires », on évoque aussi les marmites de pâtes, leur amidon qui serait bon pour les blessures, la sieste, le temps pluvieux en plein été, l’amour…

Amelia Del Din, la seule femme qui témoigne, dit :
« J’adore danser mais la valse commence à me tirer la langue ! J’étais gaie quand j’étais jeune, et puis la vie nous gifle un peu trop fort, on change, hein, c’est vrai ? »

Ainsi débute la deuxième partie du livre intitulée « Portraits ». Le photographe Ernesto Timor a pris le portrait des fils, les derniers cogneurs.
Pasquale Marchio et Marius Paties avaient à peine douze ans quand ils ont accompagné leurs pères pour apprendre le métier. Impliqués, ils l’étaient aussi dans la Résistance durant la guerre. Le fascisme ne passera pas en France !
Troisième génération, Roland Bravin, fils d’Augusto, Daniel Delprato, fils de Stefano, et Robert Marchio, fils de Pasquale, ont vu le déclin de l’exploitation du granit, dans les années 60. Le temps des tailleurs de pierre est fini et il faut se recycler. Quel plus bel hommage à leurs parents que de continuer autrement le métier ! C’est à l’École des Métiers du Bâtiment de Felletin qu’ils se perfectionnent. Daniel travaille pour les monuments historiques et Robert se spécialise dans la gravure, devenant Meilleur Ouvrier de France… Aujourd’hui, ils sont tous les deux professeurs de taille de pierre.

Les archives de la troisième partie sont celles des carrières du Maupuy. Les Italiens arrivaient d’abord en ces lieux mais n’y restaient pas toujours, car ils préféraient « partir dans les campagnes à la recherche des boules roulantes », plus au sud. Les « boules roulantes » sont des boules de granit dont les moitiés vont rouler à l’explosion de la mine. Le travail était dur et la paye n’était pas en rapport. Seuls les hommes forts et aguerris parvenaient à effectuer la tâche. Sur les vieilles photos, le décor paraît immense, les hommes si petits !
Les témoignages de Marius Paties racontent aussi les chantiers au Bois Chameau, ceux à Château-Merle, et ceux au Bois du Clou… chaque famille avait son coin. Il met aussi à la disposition des auteurs, d’autres photos où son père et son oncle posent en compagnie d’autres tailleurs. Ils sont plus d’une dizaine, la chemise blanche, les manches retroussées sur des bras massifs, le regard pétillant, fier et un peu narquois. Ils ressemblent à des maquisards. Sur une autre photo, ils sont les bras croisés, assez impératifs. Puis sur une autre, ils ont la masse au poing, aussi beaux qu’un Marlon Brando ! Les photos se succèdent… des hommes et des roches…

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Archive de Marius Paties (Vincenzo et Giovanni Paties, père et oncle de Marius)
Carrière dans les Alpes-Maritimes vers 1921-1922
Premières années d’immigration avant de venir cogner le granit en Creuse

Leur vie n’était pas que labeur ! il y avait aussi l’amour et les joies des bals. Banjo, mandoline, accordéon. Les photos sont belles avec ces familles qui s’agrandissent, ces unions qui réunissent deux cultures, deux pays.

Fais demi-tour… est une de ces « petites histoires » que je tiens à retenir. J’imagine le ravage que peut ressentir un homme qui a quitté son pays pour des raisons politiques.
« Fano Delprato n’est jamais retourné en Italie. Un jour, son fils Joël a réussi à décider son père de faire le voyage ensemble : les voilà partis en voiture. A l’approche de la frontière, il sent son père se crisper ; puis ça y est, ils sont en Italie. Moins de cinquante kilomètres après, Fano dit à son fils : « S’il te plaît, fais demi-tour… »
Joël a bien senti que ce n’était pas la peine d’insister, impossible de retourner là-bas. Ils sont revenus à Pontarion ; ils n’ont plus jamais reparlé de l’Italie. »

Ce très beau livre se suit avec un CD audio de « paroles collectées » par la Compagnie Le Chat Perplexe. La voix du Duce est un prélude aux témoignages des derniers cogneurs. Ainsi tout a commencé, ils ont fui le fascisme et sont venus en exil en France pour faire un travail de bagnard. La musique s’infiltre dans la mémoire, les noms défilent. On nous invite à leur table et on les écoute… respectueusement, captivés, charmés. « Chacun avait sa zone… et que des Italiens… Rien que sur Sardent, cent Italiens !… Voilà tout ce qui c’est passé dans notre vie… Ils travaillaient toute la semaine et le dimanche, ils se lavaient et allaient au bal jusqu’à 5 heures du matin. Les filles aimaient danser… Ils ont fait des bagarres, beaucoup, toujours pour des filles… Les Italiens venaient nous inviter. On ne pouvait pas les refuser, ils dansaient tellement bien ! ». L’accent encore intact, la musicalité de la langue, douce et pleine de vie, et des souvenirs, des souvenirs, des émotions qui étreignent le cœur.

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Archive de Marius Paties (il est à gauche tout en haut)
Mariage de Giacinto Moro à Sardent vers 1945

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Ce livre, ces paroles, sont à partager car c’est notre Histoire. Le CD audio se termine et je ne peux m’empêcher d’applaudir… Merci pour ce très beau livre.
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Bella ciao

Una mattina mi son svegliata
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Una mattina mi son svegliata
Eo ho trovato l’invasor

O partigiano porta mi via
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
O partigiano porta mi via
Che mi sento di morir

E se io muoio da partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E se io muoio da partigiano
Tu mi devi seppellir

Mi seppellirai lassu in montagna
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Mi seppellirai lassu in montagna
Sotto l’ombra di un bel fior

Cosi le genti che passeranno
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
Cosi le genti che passeranno
Mi diranno che bel fior

E questo é il fiore del partigiano
O bella ciao, o bella ciao, o bella ciao ciao ciao
E questo é il fiore del partigiano
Morto per la libertà

 

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Le premier Dieu

logo_babelioUn livre en partenariat avec Babelio et les Editions La Baconnière
avec mes remerciements…

Une lecture commune avec Nahe

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le premier dieuLe premier Dieu
Emanuel Carnevali

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« Le premier Dieu » est l’autobiographie de l’écrivain poète Emanuel Carnevali qui fut traduite et publiée en 1978, trente-six ans après sa mort, par Maria Pia Carnevali, sa demi-sœur. Comme l’éditeur le précise dans un mot à la fin du livre, la traduction n’était que partielle, omise ou édulcorée lorsque les écrits parlaient du père et de la religion. Les textes originaux ont refait surface avec la nouvelle version de Jacqueline Lavaud…
Carnevali n’a pas écrit dans sa langue maternelle. Sa plume acérée, violente, ironique, parfois sans pudeur et sans compromission, est en anglais, une langue qu’il ne connaissait pas et qu’il a découverte à l’âge de seize ans en Amérique.

Né en 1897 à Florence, Emanuel est un enfant chétif. Il nous raconte ses premiers souvenirs dans la campagne florentine avec sa mère, sa tante et ses cousins. De son frère, il me semble qu’il n’en parle pas, ou peu (C’est seulement en Amérique qu’une brève complicité s’établira). Il a deux ou trois ans et déjà il perçoit toute la misère qui l’entoure. Des cours chapitres parlent de ce séjour à la ferme et présentent sa famille. Sa mère, belle, altière, si grande dame, désenchantée et morphinomane, une martyre à l’image des Saints qu’elle vénère. Un père qui les a laissés, violent, jaloux, égoïste. Sa tante, comparée à une lionne, qui nourrit tout le monde, câline, maternelle, et qui dans sa rage frappe ses enfants jusqu’à la pâmoison. Ses cousins, des enfants un peu bêtas qui le torturent… Des images, des émois et une attente… Il se décrit comme un enfant observateur, calme et soumis.
Le temps de la ferme sera bref car le manque d’argent les pousse à partir à Biella dans le Piémont, une ville industrielle avec ses manufactures textiles. Cette enfance est bien souvent malheureuse. Sa mère décède, il a neuf ans, et il doit partir chez son père qui s’est remarié. Si au début son père consent à faire un effort affectif envers lui et son frère, bien vite la cohabitation dégénère et ils sont envoyés dans des internats.
Ces années, il va à la manière de Picasso leur donner des noms colorés. « Blanc » pour la première partie avec sa mère, « Rose » pour la seconde, celle au collège « douce et légère », et « Noir » pour la troisième, celle qui correspond à New-York.
Élève brillant, il obtient une bourse pour étudier et découvre les grands auteurs littéraires et la passion d’écrire. La passion, il la ressent aussi pour un étudiant, ce qui fâche le directeur de l’école et le mène à son renvoi. De cette époque, Venise est admirée… l’écriture est exacerbée, grandiloquente, romantique, juvénile, platonique, encore inhabile et vive de tout son amour pour ce jeune ami.  Mais comme les poètes maudits rien n’est simple chez lui. Carnevali est habité par une force tragique, une instabilité qui le pousse vers d’autres horizons. Il va tout quitter et partir en Amérique. En 1914, il n’a pas encore dix-sept ans, il arrive à New-York…

Il vit son exil dans le dénuement le plus total. Vagabond, il va de chambres miteuses en squats, vit de mendicité et de petits boulots. Il est comme on dit un traîne-misère, affamé, en équilibre, perdu dans un tourbillon. Il jette les mots rapidement, tout est effervescence dans cette Amérique d’immigrés, du bas de l’échelle. Le personnage est étrange avec un caractère brusque, entier, fuyant, insaisissable, presque fictif et je dois dire pas très sympathique. Grand amoureux, il admire les femmes, les belles, les moches, les innocentes, les putains, il les aime, il recherche l’attention et l’amour, ça le grandit, ça le rassure… Elles sont toutes « des reines ». En 1917, il se marie mais ne peut rester fidèle. Sa femme est simple, sans éducation. Un jour, alors qu’il cite Shakespeare, elle lui demande qui c’est. Il lui répond qu’il l’a rencontré dans la rue. Aimant et cruel… C’est cette année qu’il rencontre son ami Louis Grudin, un poète, et d’autres auteurs qui vont le propulser dans les cercles littéraires.

Il écrit… il est publié… l’ascension a été douloureuse, la côte fut raide, et tristement, en 1920, on peut dire qu’il est déjà au sommet, il a vingt-trois ans. Épuisé. Les médecins diagnostiquent une encéphalite léthargique. L’indigence est une saleté qui le colle… la maladie, la folie, comme du temps de son enfance avec sa mère et sa tante, le précipice est terrible. Il est aidé par ses amis qui lui offrent les soins et un retour en Italie dans une pension. Il va décrire sa résurrection si éphémère dans les dunes de l’Indiana à vivre comme un sauvage, et ses passages en cliniques et hôpitaux en Italie, cerné par une faune aliénée, viciée, et lui, drogué à la scopolamine. Le délire le rend fantasque. Serait-il Dieu ?
Hôpital, clinique, pension… Il est publié jusque dans les dernières années de sa vie, « porté » par ses amis dévoués, toujours attentifs et présents, qui impuissants devant la déchéance de Carnevali, continuent à le stimuler.
Il est mort en 1942 ; il avait quarante-cinq ans. Et il n’a pas eu la notoriété tant désirée.

« Le premier Dieu » mêle plusieurs récits aux styles différents qui témoignent de l’évolution d’un poète damné. Son identité prend racine dans son enfance et comme le dit  Baudelaire, « … le profane, au rire effronté, souffle gaiement des bulles rondes… »… il se joue de tant de misères. Confessions d’un enfant malheureux, rejeté, mots précieux d’un adolescents, chroniques égocentriques par la suite, puis paranoïaques sur la fin… l’autobiographie emporte le lecteur au-delà des pages. La verve est toujours luxuriante, fine et belle, elle fait mal aussi. La souffrance est sublimée.
C’est en lisant les trois témoignages de ses amis qu’on arrive un peu à cerner l’auteur. Il dit de lui… « Sur mon visage, il y a tout à la fois, la lutte des idées, des impressions, des sensations anciennes et dépassées. Qui a dit que le visage est le miroir de l’âme ? ».

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Extrait tiré du chapitre « Croquis »

« J’ai vu la nuit de petits animaux phosphorescents sur les flancs d’un bateau. J’ai vu bien des choses étranges. J’ai vu également des choses qui ne le sont pas du tout, mais qui concernent le cerveau humain.
La littérature est faite de choses semblables, mais alors l’ensemble est hybride. Il est facile d’en laisser échapper une. J’ai aussi entendu à bord d’un bateau le bruit que produit une corne de brume : il terrifie tout le monde. Ces notations n’ont pas grand-chose à voir avec la littérature. Essayons quand même : épouvantable, ce bruit, surtout la nuit… Non, non, il n’y a rien à en tirer. »


Je vous recommande ce livre.

D’autres billets chez Jérôme,
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New York, 1920
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Le protectorat de l’ombrelle, Sans honte – Tome III

logohalloween14logo Steampunklogo XIXème 2Octobre sur le vaisseau fantôme avec
Hilde et Lou
Steampunk, et XIXème de Fanny

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Sans âme, tome I
Sans forme, tome II
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sans honteSans honte
Le protectorat de l’ombrelle
Gail Garriger

(Attention ! billet avec spoilers)

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Londres sous l’ère de Victoria,

Lady Alexia Maccon a quitté son mari. L’Alpha de la meute des loups-garous et quatrième comte de Woolsey, lord Conall Maccon, l’en a pratiquement contrainte en refusant de reconnaître l’enfant qu’elle porte. Hélas… d’après les écritures, une paranaturel et un surnaturel ne peuvent pas enfanter.
Depuis deux semaines elle loge chez son beau-père, sous les feux des critiques hystériques de sa mère et des conversations stupides de ses demi-sœurs. « Le désagrément fœtal » comme elle le nomme est une véritable énigme qui fait jaser toute la bonne société sur une hypothétique inconvenance qu’elle aurait commise hors de la couche maritale. L’affaire prend de telles proportions, qu’Alexia se voit également démettre de ses fonctions du Cabinet Fantôme de la reine Victoria. Rejetée par Conall, et forcément de la meute, abandonnée par lord Akeldama qui a disparu on ne sait où, menacée de mort par les vampires de la ruche de la comtesse Nadasky, pourchassée par une horde de coccinelles mécanisées en bombes, elle réunit quelques uns de ses amis proches et fidèles pour leur dévoiler ses plans. Elle part en Italie… (pays des mâles Italiens, du café, du pesto… de tutti quanti… mais aussi fief des Templiers).
Approuvé par le professeur Lyall, Bêta de la meute, qui est de plus en plus inquiet pour son Alpha repu de formol (il n’y a que ce breuvage qui peut le saouler), par Floote, le mystérieux-ancien valet de feu son père, et par Geneviève Lefoux, inventrice Française au service de l’Ordre de la Pieuvre de Cuivre, le voyage est décidé à l’unanimité…

« – Lady Maccon, comment osez-vous montrer votre visage ici ? Prendre le thé d’une façon aussi voyante en compagnie d’un (elle fit une pause), d’un carton à chapeau agité… Dans un établissement respectable, fréquenté par des femmes honnêtes, convenable et d’excellente réputation.. Vous devriez avoir honte ! Honte de simplement marcher parmi nous (….) Vous devriez être en train de ramper aux pieds de votre mari et de le supplier de vous reprendre. »

Au manoir de Woolsey, juste avant d’être enfermé dans les geôles souterraines du château par le professeur Lyall qui ne sait plus comment faire pour le sortir de sa dépression, Conall demande à son Gama le commandant Channing Channing des Chesterfield Channing de surveiller Alexia et de la protéger de tout danger.

Accompagnée de Geneviève, toujours habillée en homme, et de Floote, Alexia va chercher les explications de sa grossesse auprès de l’Ordre du Temple. L’Italie lui préserve des surprises… mamma mia !

« L’Italie ?
– Le creuset des opinions antisurnaturelles, cracha le professeur Lyall.
– Le cloaque du fanatisme religieux, ajouta Tunstell.
– Les Templiers.
Ce dernier mot était de Floote et il le murmura. »

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Ce troisième tome est digne des précédents. L’écriture folle de l’auteur, humour et loufoqueries, me ravit chaque fois. Plus que l’histoire qui se développe, ce sont les extravagances des mots-fleurs. Gail Carriger jardine méticuleusement son scénario. Je me délecte alors des noms des personnages (Channing Channing des Chesterfield Channing, ou Emmet Wilberforce Bootbottle Fips, Fips pour les intimes, ou…), de leurs caractères extravagants, des situations absurdes,  de toutes les machineries bizarres qu’elle crée, des réparties, de l’ambiance victorienne aromatisée de so style et de fantaisie… C’est sûr, elle doit être apparentée à lord Akeldama !
Nous sommes embarqués sur le Continent et découvrons les mœurs des autochtones avec les coquineries des Français et les goûts sauvages des Italiens pour le café et l’ail ! Si les vampires craignent ce condiment, les loups-garous redoutent le basilic. L’entourage habituel d’Alexia se restreint un peu car elle laisse son imbécile de mari qui pédale dans sa tête, sa meilleure amie Ivy devenue Madame Tunstell, la meute… Lord Akeldama est absent, la présence de lord Ambrose, vampire au service de la comtesse Nadasdy, est juste esquissée… mais l’histoire dévoile un peu plus de la personnalité ambiguë de Geneviève Lefoux et celle impénétrable de Floot le valet.
Je ne suis pas déçue par ce volet et je lirai sans aucun doute le suivant… « Sans cœur ».

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D’autres billets chez AcrO,

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Peinture de James Tissot, « La Tamise »

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La dame qui tue

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« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I
L’assassin est au collège, Tome II

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la dame qui tueLa dame qui tue
Marie-Aude Murail

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Italie, Voltuci,

Nils Hazard, professeur en Étruscologie, reçoit une lettre de ses étudiants partis faire des fouilles en Italie. Ils auraient trouvé des tablettes d’argile près d’une tombe. Aussitôt, Nils souhaite les rejoindre avec sa secrétaire et assistante, Catherine Roque….

Il retrouve avec joie son ami le professeur Massimo Paleotti, mais ce plaisir se teinte de colère lorsqu’il apprend que leur découverte n’est en fait qu’une vilaine plaisanterie de potache ! La déception est amère, toutefois, puisqu’il est sur place, Nils décide d’approfondir les fouilles. La tombe a un atrium avec des salles dont une a un labyrinthe. Celui-ci pourrait les mener au trésor, la chambre funéraire du roi Porsenna.
L’endroit est peu sûr et il semble que l’on ait mis des pièges pour dissuader l’envahisseur ou les tombaroli, des pilleurs de tombes qui ont déjà essayé de se faufiler dans le dédale. Rien ne refroidit l’enthousiasme de Nils et rien ne freine son avancée, pas même la jambe cassée d’un de ses étudiants, ni les légendes sur la Dame qui tue, ni les jérémiades de Mateo, un pauvre fou… rien, sauf deux squelettes.
Police et médecin légiste se penchent sur les os. Pas besoin de carbone 14 pour voir que les cadavres ne datent pas du VIème siècle avant J.C. ! Un homme et une femme, jeunes, tués par balle, racontent une tragédie survenue il y a une trentaine d’années.

Nils, toujours avide de mystères à élucider, commence son enquête, en parallèle de celle menée par la police qui pense à un suicide passionnel. Dans la famille de feu Marcello Marzetto, l’archéologue qui a découvert la tombe, sa femme, Graziella Marzetto, est la seule à pouvoir apporter quelques informations susceptibles d’étayer l’investigation. Entourée de sa fille, son gendre et ses petites-filles, elle se rappelle trente ans auparavant de la disparition de sa sœur jumelle et de son mari.

Vieille histoire qui ne refait surface qu’avec la reprise des fouilles archéologiques et la découverte des squelettes ? Hélas, non ! Bientôt, un meurtre actualise la tragédie.
Quel est ce fantôme de la Dame en noir qui tue ? Légende ou alibi ?

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Le troisième tome des aventures de Nils Hazard confirme les traits de caractère dévoilés ou suggérés dans les épisodes précédents. Notre professeur est un enquêteur pointilleux et perspicace. Mais s’il est toujours soucieux d’établir la vérité, il est capable aussi d’adapter ses conclusions et de rendre une justice personnelle. 
Avec les fouilles qui livrent ses secrets et son lot d’aventures à la Indiana Jones, il y a une énigme à résoudre. Elle est sinueuse et diabolique, faite de faux-semblants.
En ce qui concerne ses rapports avec Catherine, ils sont toujours fantasques. Leurs réparties sont impertinentes, ils se vouvoient (même dans un lit), cachent leur tendresse et Nils, goujat, continue à reluquer la gente féminine. Il faudrait que Catherine lui rende la pareille… Si j’ai aimé les décors, l’histoire et le suspens, j’ai un regret sur la personnalité de Nils qui reste dans son univers et garde ses distances. Il se fait traité de « vieux beau » par un de ses étudiants et je partage entièrement ce sentiment !
Cette lecture est difficile à définir car elle a un côté désuet qui détonne. On ne sait exactement où la situer dans le temps, elle est actuelle et vintage ! Comme je le disais précédemment, elle me rappelle mes livres de la bibliothèque verte.

Je continuerai la série avec mon amie Nahe et « Tête à rap ».

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Peinture de Dirck Van Baburen – Mucius Scevola devant Porsenna

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Tarte aux asperges, façon XVIème siècle, et pralines…

logogourmandises2Les gourmandises de la semaine
Guimauve à la barbe à papa – Hilde et Louise
Guimauve à la menthe – Syl.
Tarte aux asperges – Nathalie
Lecture :
« Le cuisinier » de Martin Suter – NathChoco

 

Ce dimanche, nous sommes quatre à œuvrer en commun.
Avec Nahe, Louise et Hilde

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En compagnie de Nahe, j’ai cuisiné une recette de Nathalie. Je vous laisse le plaisir d’aller lire son billet « ici ». C’est une tarte que l’on faisait au XVIème siècle en Italie.

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Tarte aux asperges

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Ingrédients :IMGP2587
– Pâte brisée (maison ou non)
– 1,5 kg d’asperges
– 25g de beurre
– 40g de raisins secs
– 50g de parmesan
– 2 boules de mozzarella
– Menthe, persil, sel, poivre

Préparation :
– Cuisez les asperges et égouttez-les.
– Coupez-les en tronçons et faites-les revenir dans le beurre.
– Mélangez la mozzarella coupée en petits morceaux, les herbes, le parmesan, les raisins secs, sel, poivre, et les asperges.
– Mettez le tout sur la pâte étalée.
– Enfournez environ 30 minutes, four entre 180° et 200°

Verdict : Succulent ! la menthe apporte une fraîcheur agréable et quelque chose de méditerranéen. J’ai mis des copeaux de parmesan et un filet de crème semi-liquide.

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En compagnie de Louise et Hilde, j’ai fait des pralines. Ma recette m’a été confiée par une amie de patchwork, Angeline.

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Pralines

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Ingrédients :
– 1 bol d’amandes non émondées
– 1 bol d’eau
– 1 bol de sucre

Préparation :
– Mettez le tout dans une poêle sur un feu doux et touillez, touillez… jusqu’à ce que le sucre commence à envelopper les amandes. Attention, la difficulté est de ne pas faire noircir le caramel qui prend vite. Dès que la teinte s’assombrit, retirez la poêle du feu et continuez à touiller. Remettez la poêle doucement…
– Durée environ 20 minutes
– Sur une plaque, un marbre ou du papier sulfurisé, étalez les amandes enrobées et laissez refroidir…

Verdict : C’est horrrrible !!! On ne peut pas s’empêcher de piocher… La première se déguste délicatement, mais bien vite une deuxième se croque et une troisième et… Demandez à Louise… Elle a fermé sa cuisine et a jeté la clef par la fenêtre. Quant à Hilde

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