Séjour à Paris (1), L’orient des peintres et la collection Courtauld

Comme tous les ans au début du printemps, je vais à la capitale pour voir des expositions. Deux jours d’une intense cadence, où je n’ai pas ménagé mes pieds.
Un rythme soutenu pour des émotions fortes, voici quelques photos souvenirs…

 Au musée Marmottan-Monet,
« L’orient des peintres, du rêve à la lumière »

du 07 mars au 21 juillet 2019

Voyages, fantasmes, les femmes orientales, une lumière, une architecture, une sensualité, un abandon, des mystères, d’éclatantes couleurs… Ingres, Delacroix, Gérôme, Landelle, Valloton, Matisse, Kandinsky… plus de soixante peintures.

Déambulation dans les salles du musée avant de découvrir l’orient…
Sans flash, les photos ne rendent pas la beauté des œuvres et altèrent les couleurs.

  Berthe Morisot, « Au bal », 1875

  Jean-Auguste-Dominique Ingres, « La Petite Baigneuse », 1828
Huile sur toile, 35 x 27 cm, Musée du Louvre

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Tête de la grande odalisque

Théodore Chassériau, « Intérieur de harem », 1854
Huile sur toile, 66 x 53,5 cm, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

Jean-Léon Gérôme, « Le marché d’esclaves », vers 1866
Huile sur toile, 84,8 × 63,5 cm, Clark Art Institute, Williamstown (États-Unis)

Charles Zacharie Landelle, « La Juive de Tanger », après 1866
Huile sur toile, 61,4 x 50,6 cm, musée des Beaux-arts de Reims

Jean-Léon Gérôme, « Le marchand de couleurs », vers 1890-1891
Huile sur toile, 65 × 54,9 cm, musée des Beaux-Arts de Boston

Paul-Alexandre Leroy, « Joueuses d’osselets », 1898

Maurice Bompard, « Une rue de l’Oasis de Chetma »,1890
Huile sur toile, 140 x 160 cm, musée des Beaux-Arts de Marseille

Henri Matisse, « Odalisque à la culotte rouge », vers 1924-1925
H
uile sur toile, 50 x
61 cm, musée national d’Art moderne de Paris

Vassily Kandinsky,

Auguste Renoir, « Paysage algérien, Le ravin de la femme sauvage », 1881
Huile sur toile, 65,5 X 81 cm, musée d’Orsay


« La collection Courtauld, le parti de l’impressionnisme »
du 20 février au 17 juin 2019

Après un sublime voyage en orient, nous sommes allés à la Fondation Vuitton pour l’exposition de la collection Samuel Courtauld, un industriel et mécène Anglais qui a collectionné tous les plus grands peintres impressionnistes ; Manet, Pissarro, Morisot, Monet, Degas, Sisley, Seurat, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Le Douanier Rousseau, Toulouse-Lautrec, Boudin, Modigliani… Turner… Une visite exceptionnelle pour une centaine de chefs-d’œuvre !

Édouard Manet, « Coin de café-concert », vers 1878-1880
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

 
Tableau vedette de l’affiche, impossibilité de l’approcher et de prendre une photo. Juste un instant dans un intervalle pour faire un gros plan…
Édouard Manet, « Un bar aux Folies Bergères », 1881-1882
Huile sur toile, 96 x 130 cm, Institut Courtauld à Londres


Édouard Manet, « Déjeuner sur l’herbe » (version réduite), 1867
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Pierre-Auguste Renoir, « La Loge », 1874
Huile sur toile, 80 x 63,5 cm, Institut Courtauld à Londres

Claude Monet, « La gare Saint-Lazare », 1877
Huile sur toile, 53 x 72 cm, National Gallery de Londres

Eugène Boudin, « Deauville », 1893
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Claude Monet, « Effets d’Automne à Argenteuil », 1873
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Pierre-Auguste Renoir, « Le printemps Chatou », 1873
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Henri de Toulouse-Lautrec, « Le Salon privé au Rat Mort », 1899
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Pommes, bouteilles et dossier de chaise », 1904-1906
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne,  » L’Homme à la pipe », 1895 
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres
Paul Cézanne,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Les joueurs de cartes« , 1892
Huile sur toile, 60 × 73 cm, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « Nature morte avec l’Amour en plâtre », 1894
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Cézanne, « La Montagne Sainte-Victoire au grand pin », 1887
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh, « Autoportrait à l’oreille bandée », 1889
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Vincent Van Gogh, « La Crau à Arles : pêchers en fleurs ou Les Haies », 1889
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Amedeo Modigliani, « Nu assis », 1916
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin, « Portrait de Mette », 1877
Sculpture marbre, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin,
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Paul Gauguin, « Paysage de la Martinique », 1890
Huile sur toile, Institut Courtauld à Londres

Joseph Mallord William Turner,
Aquarelles, Institut Courtauld à Londres

 

Retour à l’hôtel en passant par Notre Dame. Une cathédrale toujours aussi belle, aussi altière, malgré le ravage et l’amputation. L’émotion est forte lorsqu’on s’approche à petits pas vers elle…

Suivi du séjour dans le billet 2…

 

 

 

Nymphéas noirs

Challenge polars de Sharon
Challenge Petit Bac d’Enna – Catégorie couleur

 

 

Nymphéas noirs
D’après le roman de Michel Bussi
Adaptation de Frédéric Duval
Dessins de Didier Cassegrain

 

Cet album est une adaptation du livre policier de Michel Bussi, « Nymphéas noirs ». Ne l’ayant pas lu, je ne pourrai pas vous dire si c’est fidèle au roman, mais d’après les avis que j’ai pu voir, cette réécriture graphique est très bien réalisée.

 Nous pénétrons dans l’histoire par le récit d’une vieille dame de quatre-vingts ans, toute ratatinée et vêtue de noir, qui habite le petit village de Giverny rendu célèbre par le peintre impressionniste Claude Monet. Narratrice, elle commence par nous présenter trois femmes qui seront le fil conducteur de l’enquête. Elle dit de la première qu’elle est méchante, une sorcière, c’est d’elle dont elle parle, de la deuxième, elle la catalogue de menteuse, c’est Stéphanie Dupain l’institutrice du village qui a trente-six ans, et la troisième, une petite fille de onze ans Fanette Morelle, elle lui attribue l’égoïsme. Trois femmes, trois générations différentes, qui ont le même rêve, celui de partir vers d’autres horizons. En toutes saisons, assailli par les touristes qui viennent visiter la maison et le jardin de Monet, Giverny est devenu bien trop petit pour elles.

Dans la première partie intitulée « Tableau 1 : Impressions », la vieille dame nous annonce sans préambule qu’un meurtre va être commis et en effet, lors de sa promenade matinale dans la campagne, elle découvre un cadavre dans le lit d’un cours d’eau, L’Epte. Sans états d’âme, elle continue son chemin en compagnie de son chien Neptune et n’avertit pas les autorités, laissant à un joggeur le soin de le faire.
Jérôme Morval, crâne fracassé, poignardé, était un chirurgien ophtalmologue de Rouen, qui avait acheté avec sa femme l’une des plus belles maisons de Giverny dont il était natif. Passionné et collectionneur de peinture, mari infidèle, les inspecteurs de Vernon qui sont mandatés vont étudier ces deux pistes, surtout l’une lorsqu’ils reçoivent des photos compromettantes du défunt avec ses conquêtes. Giverny devient alors le tableau d’une incroyable investigation qui tourne essentiellement autour de l’institutrice soupçonnée d’avoir entretenu une liaison avec lui.
D’un côté nous avons l’inspecteur Laurenç Sérénac qui reste sur place pour interroger l’entourage de Morval et de l’autre côté, c’est son adjoint, Sylvio Bénavides, qui oriente ses recherches vers les collectionneurs d’art, un monde pas toujours honnête.
Silhouette presque fantomatique qui narre la trame des évènements, la vieille dame voit tout et partage avec nous ce qu’elle surveille. La jeune institutrice qui aspire à l’amour, en mal de maternité et mariée à un rustre,  et la petite fille très douée en peinture qui rêve de gagner le concours Théodore Robinson.

Sur une dizaine de jours, de nombreux incidents vont intervenir et faire basculer l’histoire vers des mystères insondables. Deux enterrements sont célébrés, celui du notable et celui du mari de la vieille dame. Apparemment, ce ne seront pas les seuls car tel un oiseau de mauvais augures, elle prédit une autre mort.
D’anciennes affaires vont ressurgir et faire apparaître un nouveau personnage, l’inspecteur Laurentin, un policier proche de la retraite qui a bien connu la région et qui avait enquêté sur des toiles de Monet qui avaient été volées. Mais le dossier qui refait surface est celui d’un petit garçon qui avait été retrouvé mort dans la même petite rivière de Giverny en 1937.

La deuxième partie « Tableau 2 : Exposition » reprend en très peu de pages toutes les pièces du puzzle pour les assembler. Le lecteur assimile alors, pas sans mal, toute la tortuosité de l’intrigue et salue l’imagination de Michel Bussi, un maître dans les simulacres, le trompe l’œil. Les secrets de chacun sont noirs, bien gardés, enfouis dans les mémoires ; jalousie, passion, désillusions… et vengeance.

Je vous recommande ce très bel album qui nous entraine rapidement dans une dimension « impressionniste ». Les auteurs ont su rendre toute la complexité de ce policier et ce ne fut certainement une petite affaire… car j’ai rarement lu une histoire aussi enchevêtrée ! Bravo Messieurs ++

 

 

Édouard Manet et Berthe Morisot, une passion impressionniste

Les BD sont chez Noukette ce mercredi !
Challenge Petit Bac d’Enna
Un album offert pour Noël, par Do.

 

Edouard Manet et Berthe Morisot
Une passion impressionniste
Scénario de Michaël Le Galli
Dessins de Marie Jaffredo

 

Le récit débute en 1884, un an après la mort d’Édouard Manet, quand  Edma jette au feu les lettres de Berthe dans lesquelles elle confiait l’histoire d’amour qu’elle avait vécue avec le peintre. A travers ses écrits, on replonge quelques années en arrière…

Les sœurs Morisot, Edma et Berthe, peignent dans une des salles du Louvre lorsqu’elles sont présentées à Édouard Manet par l’entremise d’Henri Fantin-Latour. Invitées dans son atelier de la rue Guyot, les échanges – sur la peinture en général et les tableaux de Manet en particulier – établissent des liens qui ne feront que se consolider au fil des ans.
A cette époque en 1868, Manet a déjà une grande renommée même si certains de ses tableaux, Le déjeuner sur l’herbe et L’Olympia, ont suscité de vives polémiques lors de leurs expositions au Salon officiel de Paris. Arrogant et un peu dédaigneux, il snobe gentiment les jeunes filles et propose à Berthe de poser pour lui. Pour commencer, elle sera son modèle et le troisième élément de son tableau Le Balcon.
Un lien s’établit et les rencontres chapeautée par les mères Morisot et Manet se font régulièrement dans les familles.
Un jour, chez les Morisot rue de Passy, il surprend Berthe en retouchant au pinceau une toile qu’elle était entrain de peindre. Par ce geste suffisant, il outrage la jeune artiste et renforce sa position de dominant. Ce geste ne sera pas le seul et tout au long de leur relation, le tempérament du maître se confrontera au sien car Berthe voudra très rapidement s’affranchir de cette servitude.

Dans le Paris éclaté et transformé par le Baron Haussmann, un nouveau style de peinture naît ; c’est l’impressionnisme. La lumière, les couleurs, le mouvement, les thèmes abordés, les touches du pinceau, tout devient plus vivant et plus réaliste. Les auteurs de l’album nous montrent un Manet bavard, un peu caractériel, égocentrique, très charmeur et infidèle. Il est sous le charme de l’intelligence de la jeune fille et son admiration pour sa peinture ne cesse de grandir. Sa personnalité n’est pas sympathique, mais Berthe est séduite par l’aura de l’artiste. Influencée dans les premiers temps par sa peinture, elle souhaite elle aussi trouver sa voie et ne pas être qu’une simple copiste.
Des morceaux de correspondance léchés par les flammes, Edma brûle l’admiration et l’amour de Berthe, une passion qui a généré de l’amitié mais aussi beaucoup de jalousie et de colère. Tous deux se sont aimés intensément et secrètement.
L’album s’arrête sur cette reconnaissance. Manet trouve « magnifique » une marine que Berthe lui offre pour clore leur amour impossible.

« Une passion impressionniste » aborde leur histoire romancée sur deux ou trois ans (Berthe épouse en 1874 Eugène Manet, le frère cadet) et met en scène toute une époque avec des personnalités proches des deux artistes. L’album, aux douces teintes, peut-être un élément déclencheur qui incitera le lecteur à aller visiter le superbe musée Marmottan à Paris, qui possède  plus de quatre-vingts œuvres de Berthe Morisot et une centaine d’Édouard Manet, tableaux et dessins. Pour cela, je salue le travail des deux auteurs…