Les orphelins Baudelaire, Tome XIII

Une semaine de romans pour la jeunesse – 1

 

T1 – Tout commence mal – T2 – Le laboratoire aux serpents – T3 – Ouragan sur le lac
T4 – Cauchemar à la scierie – T5 – Piège au collège – T6 – Ascenseur pour la peur

T7 – L’arbre aux corbeaux – T9 – La fête féroce – T10 – La pente glissante
T11 – La grotte Gorgone – T12 – Le pénultième péril

 

La fin, Tome XIII
Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire
Lemony Snicket

 

Je me suis enfin décidée à lire la fin de cette série très originale et la lecture de ce dernier épisode ne fut pas des plus simples ! On en ressort les méninges épuisées. Mais comment a fait l’auteur pour s’y retrouver ? Soit l’intérieur de sa tête est bien compartimenté, soit c’est complètement azimuté !

Dans le dernier opus, nous avions laissé les orphelins Baudelaire avec le Comte Olaf à bord d’un bateau ; toujours sous l’emprise de ce diable d’homme ! Le narrateur Lemony Snicket en est dépité et compare leur histoire à un oignon, avec plusieurs couches de pelures et des torrents de larmes. Donc… en pleine mer et ne pouvant fuir ailleurs, les enfants sont obligés de voir le Comte Olaf se gargariser d’avoir détruit le VDC, heureux et rêveur sur un petit nuage… Mais dans le ciel, des nuages bien moins confortables annoncent une tempête qui va les secouer et pousser le bateau vers une île en le faisant échouer.
Rescapés de leur naufrage, les Baudelaire encombrés d’Olaf, sont accueillis par une petite fille qui s’appelle Vendredi. Elle raconte alors qu’à chaque tempête, un membre de leur communauté part en repérage sur la plage pour voir les objets que les vagues ont ramenés. Dirigée par un ancien, Ishmael le Grand Falcificateur, la société vit en autarcie depuis des années sans pouvoir regagner le continent.
Après une énième « bêtise », le Comte Olaf est banni et laisse Klaus, Violette et Prunille découvrir seuls ce nouveau monde régi par des règles très strictes. Malgré les sourires et les politesses de bienvenue, Ishmael leur fait bien comprendre qu’aucun écart n’est permis, sous peine de représailles.
Contraints de suivre les us de la communauté, les enfants essaient de s’acclimater et de profiter pleinement de cette quiétude toute nouvelle car on peut dire que depuis la mort de leurs parents, les péripéties et les tragédies se sont enchaînées ! Mais… (il y a toujours un « mais » dans leurs aventures)… leur répit ne sera que temporaire ; le Comte Olaf est toujours là !

 

Ce dernier tome est comme une récompense, comme si l’auteur tapotait le lecteur sur le dessus de sa tête en disant : « C’est bien ! tu as tenu le coup jusqu’ici. ». Parce que ce ne fut pas toujours une sinécure avec des épisodes de qualité variable.
Donc, même si l’écriture est farfelue et qu’elle demande beaucoup d’attention, on comprend petit à petit l’origine du VDC et l’implication des parents Baudelaire au sein de cette organisation secrète. Qui sont les Baudelaire, les Snicket et le Comte Olaf. Quant à la dernière page, la fin de « La fin », elle clôt une saga hors norme tout en laissant à l’auteur la possibilité d’en continuer une autre avec nos jeunes héros.
« Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire » n’ont pas été toutes désastreuses… alors je pourrais les recommander à un petit lecteur, lectrice, qui a le goût de la fantaisie, de l’alambiqué, du grotesque, et qui curieux cherchera à poursuivre vaillamment la lecture de ces treize volumes.

 

 

 

L’Île du Crâne


Halloween en octobre avec Hilde et Lou
Billet n° 30

 

 

L’Île du Crâne
Anthony Horowitz

« Cher M Eliot,

Vous êtes-vous jamais demandé où trouver un collège qui dresserait votre fils ? Pas un de ces endroits ramollis d’aujourd’hui, mais un établissement qui croit encore à la discipline ? Et vous est-il jamais venue à l’idée que, de nos jours, la plupart des enfants ne savent même pas épeler le mot discipline… ?
Permettez-nous de vous présenter Groosham Grange. Comme l’indique la brochure ci-jointe, nous sommes un pensionnat et nous offrons un environnement unique à des enfants âgés de douze à seize ans, qui se sont montrés réfractaires aux méthodes modernes d’enseignement.
Groosham Grange est situé sur une île privée, au large de la côté du Norfolk. Aucun service régulier de ferry ne dessert l’île, il n’y a donc pas de congés fixes. En réalité, les élèves n’ont droit qu’à un seul jour de vacances par an. Les parents ne sont jamais invités à l’école, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, et seulement s’ils savent nager.
Je suis certain que votre fils profitera pleinement des excellentes méthodes de Groosham Grange et du niveau élevé d’études. J’attends avec impatience de vos nouvelles dans la prochaine demi-heure.

Sincèrement vôtre,
John Kilgraw, directeur adjoint. »

Les mots de la lettre font mouche ! Discipline, dresser, pensionnat, île, un jour de congés, pas de parents… Lorsque M. Eliot lit la brochure publicitaire, il envisage sans plus tarder à inscrire son fils dans ce collège. David qui est un cancre et qui s’est fait renvoyé de son école, trouvera en cet établissement sa nouvelle demeure !
Une heure pour faire les bagages et prendre le train à la gare de Liverpool, David a juste le temps de mettre quelques affaires dans une petite valise et d’embrasser sa mère avant de partir. Dans le train, il fait la connaissance de deux autres élèves de son âge qui sont envoyés à Groosham Grange. Jeffrey est un garçon un peu balourd qui bégaie. On a assuré à ses parents que l’enseignement qu’il recevra là-bas, lui apportera beaucoup plus d’assurance. Quant à Jill, qui est un vrai garçon manqué et qui ne reste jamais longtemps dans une même école, elle apprendra les bonnes manières.
Avant de descendre du train où ils seront a
ccueillis par Grégor le chauffeur, un homme bossu et borgne, les trois nouveaux amis concluent un pacte de solidarité.
Solidaires, il faudra qu’ils le soient, car sur l’Île du Crâne, l’école est plus qu’étrange !

L’intendante Mme Windergast souhaite la bienvenue aux nouveaux arrivés. Si vous désirez y aller pour bénéficier de leur singulière pédagogie, il faut que vous soyez le 7ème fils d’un 7ème fils. Cela vous rappelle quelque chose ?

David commence un journal où il confie ses premières impressions. Ses peurs, le décor lugubre orné de trophées de chasse empaillés, les cours, les élèves et les professeurs tous très bizarres, l’isolement, le froid, la neige, les hurlements d’un loup la nuit…  et le regard perçant du directeur adjoint, M. Kilgraw.
Si les jours sont d’une morne platitude, sans vie, les soirs après le coucher, tout le monde semble s’éveiller pour disparaître derrière une porte secrète de la bibliothèque.
Où vont-ils ? que font-ils ? et pourquoi tous les élèves portent-ils une bague noire dès leurs treize ans ?
Ce ne sera que le jour de son anniversaire, pour ses treize ans, que David aura les réponses à ses questions. Mais avant ça… avec son amie Jill, il connaîtra bien des mésaventures !

« – Nous avons une vieille coutume à Groosham Grange. Nous demandons à nos élèves d’inscrire leur nom dans le registre de l’école. Toi et tes deux amis porterez le total de nos pensionnaires actuels à soixante-cinq. Soit cinq fois treize, David, Un très bon chiffre.
… Quand David avança la main, M. Kilgraw se pencha d’un mouvement brusque. La pointe aiguisée de la plume se planta dans le pouce de David qui poussa un petit cri…
– Tu auras la bonté d’inscrire ton nom, poursuivit M. Kilgraw. (Il lui tendit la plume qui maintenant était rouge du sang de David.) Nous n’aurons pas besoin d’encre. »

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Anthony Horowitz nous dévoile dans ce premier livre les prémices de son histoire en deux tomes, peuplée de sorciers, de fantômes, de vampires et de loups-garous. Son univers fantastique rappelle quelques romans de la littérature jeunesse. Poudlard pour l’école des sorciers, et L’apprenti épouvanteur pour le 7ème fils du 7ème fils. J’ai parfois eu aussi une pensée pour  Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire et Matilda lorsque les parents de David rentraient en scène. Si M. Kilgraw est un personnage effrayant, les parents de David le sont tout autant dans un autre registre.
L’histoire, qui ne manque pas d’humour, se lit bien et les enfants (- de 10 ans) aimeront découvrir les mystères de ce collège en compagnie de nos héros, des adolescents très téméraires.

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L'île au crâne 1

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Fantômette et l’île de la Sorcière

logowalpurgisCette nuit, c’est Walpurgis !

Hilde, Lou, Marjorie et bien d’autres, célèbrent la fin de l’hiver et le retour du printemps… Les sorcières sortent et festoient…
FondantochocolatAymelineNahePurple

Je participe pour cette nuit, avec

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Fantomette et l'ile de la sorciereFantômette et l’île de la Sorcière
Georges Chaulet

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Ficelle et Françoise :
« – Je me demande à quoi elle s’occupe quand elle ne pourchasse pas les bandits. Elle va peut-être à l’école ?
– C’est probable.
– Et quand elle a de mauvaises notes, comme moi, elle reste en retenue pour copier des lignes et des verbes ?
– Il ne t’est pas venu à l’idée que c’est peut-être une bonne élève que l’on ne punit jamais ?
– Heu… Non, je n’y avais pas pensé… Mais quand elle n’est pas en classe et qu’elle ne court pas après les voleurs, que fait-elle ?
– Beaucoup de choses. Elle lit des livres et des revues, elle écoute des disques, elle regarde la télévision, elle pilote un kart le dimanche, fait du ski en hiver, de la plongée sous-marine en été, du tir à l’arc ou au pistolet en toute saison…
– Oh ! Tu crois qu’elle fait tout ça ? C’est curieux, mais on a l’impression que tu la connais ? »

Pour les vacances, l’oncle de Ficelle invite les filles, Françoise, Boulotte et Ficelle, à venir faire un petit séjour dans sa ferme à Goujon-sur-Epuisette. La campagne dans ce petit coin est bien jolie et on ne s’ennuie jamais à la ferme. De plus, comme l’institutrice Mademoiselle Bigoudi le conseille, il y a des monuments historiques et des curiosités typiques de la région qu’il serait bon de découvrir pour leur éveil intellectuel.

Arrivées à Goujon-sur-Epuisette, les trois amies font la connaissance des gens du village et apprennent qu’une île, appelée l’île de la Sorcière, se niche dans le milieu du fleuve l’Épuisette. Personne ne va sur l’île car elle a une mauvaise réputation. Les eaux sont noires, agitées et les bords ne sont pas facilement accessibles car des barrières de roseaux l’entourent. Mystérieuse et inhospitalière… l’endroit idéal pour des jeunes aventurières intrépides et rêveuses. Puis, Ficelle n’en démord pas, il y a certainement un trésor à déterrer.

Une barque un peu pourrie et des provisions, Françoise, Boulotte et Ficelle partent à la découverte de cette nouvelle terre. Mais bien vite leur insouciante virée va rencontrer quelques périls… et Fantômette devra réapparaître ! Des voleurs cambriolent les bijouteries du canton.

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Cette histoire est le cinquième tome des aventures de Fantômette. Écrit en 1964, il a le charme désuet de la bibliothèque rose de l’époque, du vintage qu’on aime parfois retrouver. Rien d’effrayant, rien de bien captivant, je l’ai relu avec une pincée de nostalgie et le sourire un peu niais de la fillette d’autrefois. Plairait-il aux enfants d’aujourd’hui ? Je ne sais pas… et pourtant j’aimerais le croire !

A redécouvrir pour un voyage dans le temps, dans la vieille édition, papier jauni et rugueux, avec les illustrations de Jeanne Hives.
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Le marquis d’Anaon, L’île de Brac – Tome 1

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Les mercredis BD avec Mango and Co

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Le marquis d’Anaon
L’île de Brac – Tome 1
Scénario de Fabien Wehlmann
Dessin de Matthieu Bonhomme

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Une île, au large des côtes bretonnes, au XVIIIe siècle,

Précepteur, Jean-Baptiste Poulain arrive sur l’île de Brac pour s’occuper du fils du baron de Brac, mais à peine débarqué, il prend conscience de l’hostilité des villageois pour cet homme qui semble régner en despote… « l’Ogre ».
Conduit au manoir par Yvon l’intendant et bras droit du baron, le jeune homme reçoit un bon accueil par le maître qui se révèle être un personnage fort aimable, proche des gens qui l’entourent. Mais un drame survient le soir même… On vient de découvrir le corps de Nolwen, le fils du baron ; le jeune garçon aurait été piétiné par son cheval.
Le bateau qui l’avait amené étant déjà parti, Jean-Baptiste ne peut retourner sur le continent et se voit obliger d’accepter l’hospitalité du baron pour un mois.

img550bRetrouvant le conteur qu’il avait rencontré lors de son voyage, Jean-Baptiste s’entretient des mystères de l’île, du décès du pauvre enfant et des soupçons qui l’obsèdent.
Il y a des légendes qui puisent leurs origines dans la vérité. Quinze ans auparavant, on a retrouvé dans la forêt des restes de corps d’enfants. Même si le meurtrier a été arrêté, des rumeurs continuent à se répandre et à alimenter le mythe du gardien  de l’autre monde.

« – Alors peut-être croirez-vous la légende qui prétend que l’île cache une porte… une porte donnant sur l’autre monde.
– Vous voulez dire de l’au-delà ?
– Ce n’est ni tout à fait la mort, ni tout à fait la vie : l’autre monde est partout autour de nous, mais sans qu’on puisse le voir. C’est le royaume des êtres féériques et des esprits errants, le domaine secret où se cachent les créatures qui hantent nos rêves et assaillent les fous. On dit que quelques hommes courageux ont franchi cette porte guidés par un lièvre ou un cerf blanc, et qu’ils en sont revenus chargés d’or… mais vieillis de mille ans. On dit aussi que cette porte a un gardien… un monstre sans pitié… »

Jean-Baptiste, l’étranger qu’ils appellent marquis d’Anaon, le Seigneur des âmes en peine, va être confronté à la hargne des villageois et à de diaboliques manigances.

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On découvre dans ce premier album, le personnage de Jean-Baptiste, un jeune homme intelligent et curieux, ancien étudiant en médecine, pris dans le fantastique des contes et légendes des terres de Bretagne. Histoires de naufrageurs, de mondes parallèles, de fantômes, d’un ogre qui tuerait des enfants, et bien d’autres intrigues qui racontent l’obscurantisme, face sombre du siècle des lumières.
J’ai aimé le scénario et le graphisme. L’ambiance est noire, un peu dépouillée, violente et inquiétante. La peur est omniprésente… tout pour me plaire !
Jean-Baptiste, enquêteur de l’obscur, va voyager. Dans le prochain tome, nous le trouverons en Auvergne, avec « La vierge noire ».

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Les filles de Cuchulainn

les filles de cuchulainn Les filles de Cuchulainn
Jean François Chabas

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Dans les années 1920, en mer d’Irlande,

Sur l’île de Greene, la vie est rude, belle et libre. Mary s’est mariée avec Conrad McConnally son ami d’enfance. Ils étaient inséparables, l’un tout à l’autre. Elle aurait pu être heureuse, mais un jour la mer a gardé Conrad, laissant Mary seule avec Cuchulainn et le bonheur de se savoir enceinte.
Cuchulainn ? C’est un Shire, un cheval de trait anglais qu’ils avaient acheté à la foire, en Irlande. Il était jeune, magnifique et borgne. C’est justement à cause de cet handicap qu’ils avaient pu l’acquérir. Mary avait eu un coup de foudre !

Lorsque Mary se retrouve seule, elle songe juste un instant à se séparer de Cuchulainn qui refuse tout labeur, mais c’est impossible, le Shire si beau, si fier, lui rappelle Conrad. Elle le garde donc, continue à être institutrice et accouche de jumelles, Esther et Rebecca, de très belles petites filles qui sont sa fierté.
C’est seulement vers leurs deux ans qu’elle s’aperçoit qu’elles sont « spéciales ». Ses filles ne parlent pas et ne recherchent aucune relation avec le monde extérieur. Elles communiquent entre elles dans un langage particulier.
« Simplettes », les gens les étiquettent ainsi, « étranges », lorsqu’ils les voient passer sur le dos du géant Cuchulainn, indépendantes et sauvages. Mary qui se trouve un peu démunie, jalouse aussi, lorsqu’elle constate l’étonnante complicité qu’elles ont avec le cheval, leur offre très tôt une autonomie et la liberté d’arpenter les landes de l’île avec lui.

L’île semble être une terre protégée, sécurisée, où le temps n’a pas la même dimension qu’ailleurs… Et pourtant un jour, une menace venant de la mer, vient perturber les habitants de Greene. Le cheval se transforme alors en un véritable justicier… « un cheval de guerre » comme le diront plus tard les petites, « Les filles de Cuchulainn »…

C’est Mary qui nous conte son histoire, une féérie celtique, entre légende et mythologie.

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On voit le tableau chuchoté, une île battue par les vents et la mer, des personnages pittoresques, sensibles, authentiques, et Cuchulainn, le cheval protecteur, la « sentinelle de l’île », qui apparaît comme la figure patriarcale guidant les jumelles depuis leurs naissances. Malgré la rudesse des éléments, le deuil, le ton est doux et plein d’amour.
C’est une belle lecture à recommander…

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D’autres billets chez Clarabel,

 

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Un shire, cheval anglais

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Hell School – Orphelins, T II / Insoumis, TIII

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Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

Les mercredis BD de Mango

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Hell School, Rituels – Tome 1

bannbdhellschool Hell School – Tome 2. Orphelins – Tome 3. Insoumis
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

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Orphelins, tome 2

On les surnomme les bâtards. Bastien, Hina et Boris n’ont pas voulu suivre le rituel initiatique à l’Excellence Institut. Complétement exclus de la communauté lycéenne, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent en dehors des heures de cours. Ça semble idyllique présenté ainsi, mais le trio a quand même du mal à « digérer » ce bannissement. Trois ans à rester sur cette île… c’est démoralisant ! De plus, Bastien est obsédé par les deux garçons décédés accidentellement sur l’île. Le premier, Thierry Pichet, tombé de la falaise, le second, Patrick Garnier, tombé du ferry qui le ramenait. Un lien conducteur entre les deux, ils étaient des bâtards. Le mystère à élucider mettra certainement en cause l’institution et sa direction. C’est sur cette idée que Bastien fait part de ses soupçons à ses deux comparses. L’enquête doit être discrète et l’aide de Valérie, une lycéenne étrange, solitaire, serait précieuse.
De son côté, Franck, un terminal élu président du rituel, a ordre de mettre bon ordre à l’insubordination des bâtards. Une punition radicale est attendue… Trois rebelles, un nom sort… c’est Bastien.
Que vont découvrir Bastien, Hina, Boris et Valérie ?
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Ce deuxième volume dévoile une petite partie de l’intrigue et montre les personnages qui sont à la tête de l’institution. On ne connaît pas encore leurs desseins mais on comprend que Bastien est celui qui les dérange le plus. Orphelin, sans véritable tutelle ou parenté, il doit subir le châtiment. Comme dans le premier tome, le scénario raconte le courage, la solidarité et l’amitié des « bâtards » face à une organisation tyrannique, criminelle, dystopique. L’ostracisme est plus prononcé, la violence est à fleur de peau, mais des traits d’humour allègent la lecture.
La fin de cet épisode est surprenante… elle incite à se précipiter sur la suite…

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Insoumis, tome 3

Ce sont les vacances de la Toussaint, nos amis sont séparés. Bastien est en contact avec eux avec le téléphone portable. Parti à Lyon pour retrouver la famille d’un lycéen décédé, il fait une découverte capitale qui le renvoie à son enfance… Il ne retournera pas sur l’île !
Pourchassé par les sbires de l’organisation qui veut l’éliminer, Bastien devient un fugitif et essaie de survivre dans une indigence totale.
De retour à l’Excellence, Hina, Valérie et Boris font profil bas, continuent l’enquête et parviennent à informer Bastien de leur progression. Toutefois, c’est Bastien qui découvre le réel instigateur et son abominable projet.
Sur le bureau du directeur, deux papiers portent les noms de Hina et Boris. Franck doit en tirer un pour retrouver son honneur de président du rituel mis à mal après son échec… Il tire et c’est Hina qui est désignée. Cela sera sans pardon, s’il échoue une deuxième fois.
Les « bâtards » arriveront-ils à dénoncer l’institut et à stopper le manipulateur dans sa folle ambition ?

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Ce troisième volume clôt la trilogie, mais j’espère qu’une suite sera donnée car cette fin me laisse sceptique… Ça ne peut se terminer ainsi !
Nous retrouvons les « bâtards » assistés d’une quatrième amie, Valérie (l’équipe s’équilibre, deux filles, deux garçons !). Dans le précédent tome, l’ébauche d’une explication se dessinait, elle se développe donc tout au long de cet album pour se révéler à la fin. Du rythme, du suspens, de l’angoisse, l’action est menée par Bastien qui est traqué, menacé de mort et très impliqué. Difficile de vous parler du scénario sans vous en révéler l’essence, je resterai donc sibylline, mais sachez que pour conclure, cette série est bien construite, bien dessinée avec de belles couleurs et qu’elle plaira aux ados.
Pour en revenir à cette fin assez décevante, pas dans le dénouement mais plus dans la moralité (honnêteté, valeurs…), je souhaite que les auteurs la reprennent et nous offrent une histoire plus accomplie, plus en harmonie avec la personnalité des « bâtards »…. la dernière page nous le laisse supposer…

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Hell School, Rituels – Tome I

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Octobre sur le vaisseau fantôme avec Hilde et Lou BD du mercredi chez Mango

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Rituels, tome I
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

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Septembre, les élèves prennent un ferry pour se rendre à leur pensionnat car l’Institut de l’Excellence est un lycée bâti sur une petite île de la Méditerranée. Sur le pont, Bastien, un garçon avec des dreadlocks, rencontre Hina, une fille aux cheveux bleus. Tous deux, forcés par leurs parents de s’y rendre, sympathisent et se questionnent sur cette école si distinguée…
Aucun des nouveaux ne peut se douter de l’ambiance particulière qui règne dans cette école privée… Le directeur les reçoit par un discours vantant le mérite de leur éducation, un enseignement qui forme les personnalités du pays, un privilège (gratuité de la scolarité) accordé que l’on doit accepter avec reconnaissance. L’accueil se termine par une réflexion sur le bizutage, « un rituel d’initiation » indispensable à l’admission. Les nouveaux sont appelés « les bâtards » et doivent obéir aux directives de leurs aînés. Dans les nouveaux, il y a Bastien, Hina, Boris et une étrange fille, Valérie, qui souhaite intégrer la bande que les trois autres ont déjà formée.

Le règlement intérieur est strict… Enlever la teinture bleue et les dreadlocks sont un premier pas vers le conformisme demandé. Il semblerait qu’aucune originalité, aucune initiative soit bien considérée. Franck, un étudiant élu président, veille à la bonne marche… Mais très vite, par leur attitude réfractaire, le groupe se fait remarquer et les sanctions ne tardent pas. La milice des « aînés » opère de jour comme de nuit, agressive, violente, forçant les insubordonnés à courber l’échine. C’est en voulant les fuir, qu’une nuit Bastien découvre sur la falaise une plaque commémorative… « A la mémoire de Thierry Pichet, décédé en cet endroit… ». En trouvant une photo scolaire du jeune Thierry, Bastien et Hina constatent qu’il ne portait pas l’écusson de l’école. Alors, une question s’impose immédiatement. Sa mort, aurait-elle rapport avec le fait qu’il n’est pas été adoubé en recevant le rituel ? Sans vouloir broder une histoire farfelue sur ce décès, les deux amis ont tout de même conscience que l’institution recèle une part de mystères, mais ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que la réalité est pire que ce qu’ils pourraient imaginer…

« – Jamais je ne marcherai au pas, Hina !
– As-tu vu comme ce paysage est beau ? Quel dommage que ce soit celui d’une prison ! »

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. J’ai trouvé cet album par hasard et je l’ai choisi, tentée par son titre et la couverture qui distillent détresse et frayeur… C’est Hina qui est représentée en premier plan. Cet épisode immerge le lecteur dans une ambiance inquiétante, implante le décor et dessine les personnages. Les auteurs dévoilent dès la première page la densité de l’histoire en révélant un fait capital qui s’est déroulé dix ans auparavant. Ainsi le ton est donné ! et nous pénétrons dans l’île avec toute l’appréhension requise… On peut comparer les lieux à un bagne pour enfants dont les aînés seraient les matons. Le cadre est paradisiaque mais on sait aussi qu’il est effroyable. Suivre pour survivre. Le scénario est bien construit, à chaque page on attend la tragédie, la violence est latente, à peine montrée et les mystères sont des ombres encore opaques. Qui sont vraiment les dirigeants de l’Institut de l’Excellence ? Hina, Bastien et Boris, des caractères forts, constituent un trio de frondeurs. Valérie, solitaire, fragile et instable, voudrait bien les rejoindre, mais dans ce volume, elle ne séduit pas du tout ses camarades… J’ai aimé l’ensemble graphisme et colorisation. C’est expressif, généreux et dynamique. Je ne sais pas si je peux me permettre de comparer, mais ça me rappelle des mangas.

Avis aux lecteurs de BD… J’ai un renseignement à vous demander. J’ai lu le billet d’un lecteur de Planet BD qui traduit bien ce que je pense. Il a écrit : « Tout est limpide et mystérieux à la fois, servi par une mise en scène percutante, qui nous offre quelques scènes superbes, comme cette planche 23 aux couleurs bleutées sous la lumière de la lune. » J’aurais aimé vous montrer cette planche n° 23, mais je ne sais pas comment la trouver ! Faut-il compter les vignettes ou les pages ?

La semaine prochaine, je lirai la suite… « Orphelins ».

. D’autres billets chez Planet BD,

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