Les jeux de l’amour et de la mort

Challenge amoureux de L’Irrégulière Catégorie « Amour dans le titre »
Un livre offert par Edith ! que je remercie.


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vargasLes jeux de l’amour et de la mort
Fred Vargas

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Près de vingt-cinq galeries ont refusé les peintures de Tom. Artiste peintre, il est découragé par le non recevoir de ses oeuvres. C’est dans un état d’indignation mêlé d’affliction qu’il voit un jour le grand R.S. Gaylor sortir d’un café en compagnie de sa femme et de quelques amis. Cet homme est la coqueluche du monde de l’art, une idole, une figure de la réussite, un maître.
Figé, Tom se se ratatine et se sent minuscule.
Lorsqu’il rejoint son ami Jeremy, il lui relate la rencontre et celui-ci lui narre alors, quelques brides de la vie mouvementée du peintre « Le magnifique »… A la mort de sa première femme, Gaylor, dépressif et suicidaire, s’était réfugié dans l’alcool, les drogues et les mauvaises fréquentations des bouges de San-Francisco. Au grand désespoir des marchands d’art, il ne peignait plus et s’autodétruisait. Mais dans les années 63, réveillé par sa conscience ou menacé par ses relations, il avait fui ce monde interlope et était venu s’exiler à Paris. Depuis, il avait retrouvé la gloire et la fortune de ses débuts.

Par l’intermédiaire de Robert Henri Saldon, Tom arrive à avoir une invitation pour une réception donnée par Gaylor. Saldon n’a pas revu Gaylor depuis une vingtaine d’années et de passage à Paris pour affaires, a pris l’initiative de ré-contacter son vieil ami.
A la soirée, trop de monde entoure l’artiste, Tom ne peut l’approcher, et, lorsque celui-ci le frôle, il reste paralysé de timidité et de tension accumulée. C’est en voulant laisser son dossier dans le bureau, que tout s’enraye. Il découvre un cadavre entortillé dans une cape…

L’inspecteur Galtier forme son équipe pour le meurtre de Robert Henri Saldon. L’enquête commence avec trois cent douze suspects dont le principal est Thomas Soler.
L’interrogatoire sans fin se conclut par une garde à vue de quarante huit heures, laissant Tom désemparé et hébété.
Qui a tué Saldon ? Pourquoi ? Etait-ce bien lui la cible ?
Les questions tournicotent, s’entremêlent et n’aboutissent qu’à un désordre d’actes et de pensées, chacun s’essayant à résoudre ce crime, de Paris à Frisco.

Ce roman est le premier de Fred Vargas. Il a reçu le prix Cognac en 1986.
Fan des écrits de l’auteur, pour son style et ses personnages, je suis au regret de dire que celui-ci m’a déçue. Je n’ai pas retrouvé la fantaisie, la sensibilité et le côté humain que j’apprécie dans ses autres livres. Alors, sans sympathie pour l’un ou pour l’autre, sans enthousiasme pour l’intrigue, j’ai trouvé cette histoire un peu fade et ennuyeuse.
Ce sentiment, je l’ai ressenti aussi pour le premier livre de Ken Follett « Le scandale Modigliani » ; trop de personnages, manque d’empathie, des pistes à chaque chapitre…
Je tiens à souligner que ce livre a été primé… il a certainement une valeur que je n’ai pas su déceler, c’est bien dommage, mais certains ont vu la promesse de son grand succès.

Un auteur à lire pour la série avecJean-Baptiste Adamsberg et celle des Evangélistes…

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Léonard de Vinci – Dessin
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L’armée furieuse

l-armee-furieuse-fred-vargas-coverL’armée furieuse
Fred Vargas

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Remplaçant un ami sur les lieux d’un décès, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg de la Brigade criminelle de Paris constate en quelques minutes que la mort de la vieille dame n’est ni naturelle, ni accidentelle. C’est le mari qui après cinquante-neuf ans de mariage, n’a plus supporter la vie commune…

De retour à la brigade, on lui annonce que son ami (et ancien lieutenant) Louis Veyrenc l’attend dans le café de la même rue. Adamsberg le sollicite à nouveau pour qu’il réintègre ses fonctions (voir « Un lieu incertain »). C’est alors que son attention est attirée par une étrange femme d’une soixantaine d’années. Fleur des champs sur le bitume, d’allure campagnarde, indécise et craintive, elle semble attendre une personne. Elle piétine sur le trottoir et sa présence est curieuse, ce qui titille l’intérêt du commissaire. S’approchant d’elle, il lui demande courtoisement si elle a besoin d’aide, tout en ayant l’étrange certitude qu’elle est là pour lui.
« – Vous ne vouliez pas entrer là-dedans ? dit Adamsberg en désignant le vieux bâtiment de la Brigade criminelle. Pour parler à un policier ou quelque chose ? Parce que dans cette rue, à part eux, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire.
– Mais si les policiers ne vous écoutent pas, ça ne sert à rien d’y aller, dit-elle en reculant de quelques pas. Ils ne vous croient pas, vous savez, les policiers.
– Car c’est bien là que vous alliez ? A la Brigade ?
La femme abaissa ses sourcils presque transparents.
– C’est la première fois que vous venez à Paris ?
– Mon Dieu oui. Il faut que je rentre ce soir, ils ne doivent pas s’apercevoir.
– Vous êtes venue voir un policier ?
– Oui. Enfin peut-être.
– Je suis policier. Je travaille là-dedans.
La femme jeta un regard à la tenue négligée d’Adamsberg et parut déçue ou sceptique.
– Vous devez bien les connaître alors ?
– Oui.
– Tous ?
– Oui.
La femme ouvrit son gros sac brun, râpé sur les flancs, et en sortit un papier qu’elle déplia avec soins.
– Monsieur le commissaire Adamsberg, lut-elle avec application. Vous le connaissez ?
– Oui. Vous venez de loin pour le voir ?
– D’Ordebec, dit-elle… »

Valentine Vendermot d’Ordebec en Normandie, vient signaler la disparition d’un homme de son village, Michel Herbier. Ce n’est pas par sollicitude, ni par inquiétude qu’elle informe la police de Paris, mais par frayeur. Si Herbier a disparu, c’est qu’il était mauvais, cruel, peut-être même un criminel. L’Armée furieuse est venue le chercher, elle l’a saisi. C’est Lina, sa fille, qui l’a vu. Et Madame Vendermot a peur pour sa fille.
Adamsberg pense aussitôt à une confrérie de chasseurs, rien de bien transcendant ! et lui propose de revenir un autre jour lorsqu’elle aura les idées plus claires et surtout, d’en parler aux autorités locales…

Le soir, quand Adamsberg rentre chez lui, il voit le lieutenant Violette Retancourt donner quelques consignes à son fils Zerk. Le pigeon découvert dans la journée près de la Brigade, les pattes ligotées avec un fil en nylon, est en sursis et Zerk est chargé des soins.
L’Armée furieuse… Adamsberg repense à la femme… qu’est-ce que l’Armée furieuse ?
C’est son ami Danglard qui répondra à la question.

La légende prend ses racines au XIème siècle. Sur les chemins boisés d’Europe du Nord, le Grimweld, « dans les pays scandinaves, les Flandres, le nord de la France et l’Agleterre », la Mesnie Hellequin, l’Armée furieuse ou la Grande Chasse, passe et fait justice en saisissant les êtres violents et mauvais.
« – Cette vieille armée qui répand son fracas n’est pas intacte. Les chevaux et leurs cavaliers sont décharnés, et il leur manque des bras et des jambes. C’est une armée morte, à moitié putréfiée, hurlante et féroce, qui ne trouve pas le ciel. »
Le seigneur Hellequin commande cette troupe fantomatique et embarque les âmes cruelles, désignant, quelques jours avant, la mort des damnés. Une seule personne par génération a la faculté de les voir ; c’est un passeur.
Lina, la fille de Madame Vandermot, a vu quatre silhouettes, dont trois sont identifiées, Herbier, Glayeux et Mortembot. Les gens d’Ordebec voient d’un mauvais oeil cette prédiction et les détenteurs de cet héritage maudit.

Adamsberg ne peut être indifférent à une telle histoire. Il décide de partir seul, dans le Calvados. Mais avant de se présenter au capitaine de gendarmerie Emeri, il veut s’imprégner de l’atmosphère et part arpenter le chemin de Bonneval dans la forêt d’Alance.  Il y rencontrera Léo, une vielle dame de quatre-vingt-huit ans qui détient tous les secrets de la région. Son séjour ne sera pas bref car un crime et une tentative de meurtre seront commis, le capitaine Emeri sera destitué de l’enquête et Adamsberg, mandaté pour la mener, demandera à son équipe de venir le rejoindre. Les visions de Lina annoncent des jours mouvementés.

Entre-temps, Momo-mèche-courte, un jeune délinquant connu de la police, spécialisé dans la combustion des voitures, est soupçonné d’en avoir brûlé une avec, à l’intérieur, son propriétaire, un homme d’affaire important. Adamsberg partagé entre les deux investigations, confie cette dernière au lieutenant Retancourt, persuadé dès le début de l’innocence de ce petit voyou qu’il apprécie… Les voix du Seigneurs sont impénétrables !… il fera tout pour le disculper, voire même jusqu’à outrepasser ses droits.

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Dernier livre de Fred Vargas, j’ai été harponnée dès les premières pages. Elle a une belle plume et une grande imagination. J’aime l’esprit fantaisiste de l’équipe d’Adamsberg, des personnages usés, chimériques, aux tempéraments extravagants et très attachants. Dans cette histoire, une série de portraits atypiques nous est présentée… chacun essaie de garder l’équilibre sur le fil d’une lame, et rien ne les effraie. Il y a les gens mauvais d’un côté, que l’Armée furieuse guette, et des gens « gentils » de l’autre, naïfs, innocents et valeureux.
L’histoire est un peu azimutée car le livre recèle trois intrigues ; les deux premières racontées précédemment et la troisième, celle du pigeon torturé… Adamsberg espère bien retrouver le coupable de cette vilénie. La légende de la Horde errante, est un support fascinant. On lit ce policier d’une traite, on est à Ordebec, on cherche les confidences, les liens occultes, on s’attend à voir derrière les arbres le seigneur Hellequin… On est de tout coeur avec Adamsberg, on le soutient… car sa vie n’est pas de tout repos et ses méninges sont un labyrinthe !
Un livre à conseiller, sans oublier « Un lieu incertain » et les autres de la série.

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Fresque de Simone Martini
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Un auteur et ses mots, 29

 

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Dernier livre lu, « L’armée furieuse » de Fred Vargas. Le commissaire Adamsberg a découvert dans le tome précédent qu’il avait un fils. Tardivement, car celui-ci a vingt-huit ans. Afin de faire connaissance et lier des liens, Zerk est venu habiter chez lui. Adamsberg lui confie trois noms. Ils sont ses adjoints, ses lieutenants, mais avant tout, ils sont sa famille.

« – Ce que je t’aurais enseigné si je t’avais connu à cet âge. Il y a trois chose à retenir, Zerk, et avec cela tu es sauvé : quand on ne peut pas aller au bout de quelque chose, il faut demander à Veyrenc. Quand on ne parvient pas à faire quelque chose, il faut demander à Retancourt. Et quand on ne connaît pas quelque chose, il faut demander à Danglard. Assimile bien cette trilogie. »

 

Fresque murale, Condottier
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