Alix Pix, du rififi au royaume des contes

Un livre offert dans le cadre des Masses Critiques Babelio par les éditions Le Gâteau sur la Cerise

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Alix Pix
Du rififi au royaume des contes, Tome 1
Texte de Camille Masson
Illustrations de Brice Magnier
Couleurs de Véronique Bonnet

 

Attention, chers lecteurs de contes de fées ! Je vous mets en garde sur ce que vous allez lire… Cette histoire va vous faire réfléchir et peut-être chambouler votre univers.

Dans le royaume des contes, la petite sorcière Alix vit avec ses grands-parents Pix, les propriétaires de la boutique des balais magiques. Un jour, alors qu’elle testait des potions, sa grand-mère lui apporte une lettre non signée, dans laquelle on met en cause l’intégrité des familles royales qui gouvernent le royaume. Intriguée, Alix décide alors de mener son enquête. Pourquoi lui a-t-on adressé ce courrier ? et surtout qui ose ainsi défier les « Gentilles Familles » qui descendent des plus célèbres princesses des contes de fées… Cendrillon, Blanche Neige, la Belle au Bois Dormant… ?

« Les Gentilles Familles mentent et cachent un secret. »

C’est Gladys, sa chouette de compagnie, qui avec son regard perçant voit dans le bas du feuillet le premier indice : un poil. Et c’est le grand magicien Merlin qui lui conseille d’aller se renseigner auprès des soigneurs de la Ménagerie des contes, car ils connaissent tous les animaux fantastiques.
A la Ménagerie, Alix est obligée de jeter un filtre de vérité pour avoir une réponse car il semblerait que le poil appartienne à une créature maléfique. Elle apprend alors que seuls quelques livres entreposés dans la partie secrète de la Grande Bibliothèque parlent de ce bestiaire. Mais pour pénétrer les lieux, il faut avoir une clef… et la clef se trouve dans les appartements royaux du palais !
Pendant que Merlin s’entretient avec Betty la bonne fée, directrice de l’université des fées, sur cette dénonciation d’envergure, Alix organise un plan pour récupérer la clef, car l’occasion lui est donnée avec le bal de Cendrillon, une véritable institution dans le royaume !

Une grande aventure commence pour la petite sorcière, et très vite, son ami d’enfance Peter Wood et Aurorabelle, la fille du roi, s’associent à elle pour continuer l’enquête dans la forêt interdite.

Découverte dans un couffin à l’orée de cette forêt, puis adoptée par les Pix, Alix a toujours enquêté sur le mystère de ses origines. Cette forêt l’appelle donc doublement. Petite sorcière intrépide et futée, elle plaira beaucoup aux jeunes lecteurs (à partir de 7 ans) qui riront des révélations qui sont faites. Et dans le second tome, Alix et ses amis devront démasquer les scélérats, instigateurs du complot sur les « Gentilles » Familles.
Je vous recommande cette histoire originale, pleine d’humour, (qui aurait certainement fait sourire Bruno Bettelheim), aux illustrations riches, très expressives et colorées. En supplément, une petite surprise détachable, sous forme de livret intitulée « Le carnet secret d’Alix », offre des jeux, des recettes, une leçon de dessin et d’autres ateliers qui amuseront les enfants.
Les auteurs invitent également les lecteurs à écrire à Alix, en leur donnant son adresse magique personnelle, et en leur certifiant qu’elle leur répondra…
Ce titre est donc… à noter !

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Le secret du quai 13


Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°23
Une lecture commune avec Nahe

 

Le secret du quai 13
Eva Ibbotson

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J.K. Rowling raconte que pour quitter le monde des Moldus et pénétrer dans le monde fantastique des Hautes-Terres en Écosse, il faut prendre le chemin de traverse de la plateforme 9 3/4 de la gare de King’s Cross. Dans son roman « Le secret du quai 13 », Eva Ibbotson reprend le même lieu pour nous transporter sur l’Île d’Avalon. Tous les neuf ans, durant neuf jours, sous l’un des quais de la gare, avec l’aide d’un faiseur de brume, le Chunnel s’ouvre pour le voyage.
Le faiseur de brume est un animal qui ressemble à une petite hermine.

L’Île d’Avalon, ou Terre de Saint-Martin, ou Pays des Brumes, est habitée par toutes les créatures imaginaires ; ogres, dragons, sorciers, fées, fantômes, sirènes, trolls… Et comme dans tous les mondes des contes, elle a sa famille royale, un roi, une reine et un petit prince.
L’histoire débute en 1983. Les nounous qui sont au service du petit prince, sont trois sœurs adorables et dévouées qui viennent du monde des humains. Très attachées au bébé, elles feraient tout pour lui ! Mais lorsque Violette, Lilas et Rose, voient arriver le grand jour de l’ouverture du Chunnel, elles ne songent qu’à faire un saut dans leur ancienne vie et ainsi mettre un baume sur leur nostalgie qui commence à poindre. C’est avec la permission de la reine, qu’elles embarquent sur le bateau en compagnie du petit prince alors âgé de 3 mois, pour une journée dans le Monde du Haut, la dernière de la période des neuf jours…
Le bébé est très sage, la journée passe vite, les trois sœurs sont ravies de leur excursion, et le retour se fait sous de bons hospices. Mais, alors que le passage se referme pour neuf ans, les sœurs découvrent que le couffin royal est vide. Le petit prince a été kidnappé…Tragédie suprême !
C’est par les fantômes qui sont les seuls à pouvoir franchir le Chunnel en dehors de la période, qu’ils apprennent que le petit prince a été pris par Mme Trottell, la femme du banquier et qu’il s’appelle désormais, Raymond.

Neuf ans plus tard : La petite sorcière Odge Gribbell veut faire partie de l’équipe de sauvetage. Peu expérimentée, mais très décidée, elle va tout faire pour participer au retour du prince Raymond.
Cornélius le sorcier, Cornichette la fée, Hans le géant et Odge vont faire une drôle de découverte… Raymond est un odieux gamin qui ne pense qu’à manger et à rabaisser le jeune Ben qui a été placé au service de sa famille pour faire les plus basses besognes…

Comment décider Raymond à les suivre ? « – Ça simple, dit Hans. Je tape lui sur tête, je jette lui dans sac, et on retourne dans le Chunnel. »… Mais ça ne sera pas aussi facile ! Il faudra demander de l’aide à toutes les créatures surnaturelles qui peuplent le Monde du Haut.

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Ce mois-ci dans le roman-fantastique-jeunesse, je découvre Eva Ibbotson et j’en suis ravie. Sa plume lie toujours humour et tendresse. Dans cette histoire, les mésaventures de nos sauveteurs vont faire sourire les jeunes lecteurs, car les rebondissements sont nombreux et désopilants. Si nous devinons la trame de l’aventure dès le début, ce n’est pas bien grave… la lecture se poursuit avec plaisir. Elle est aussi douce que le faiseur de brume.
Je vous recommande ce livre, ainsi que cette auteure.

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Illustration de Gianni de Conno

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Joyeux Noël ! Histoires à lire au pied du sapin

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Un chalet à Noël avec Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian

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Joyeux Noël histoires à lire

Joyeux Noël !
Histoires à lire au pied du sapin
Collectif
Clément Marot, Charles Dickens, Sylvain Tesson, Jules Laforgue, F.S. Fitzgerald,
Anton Tchekhov, Marvel Aymé, Guillaume Apollinaire, Guy de Maupassant,
Truman Capote, Blaise Cendrars

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Trois poèmes et huit histoires qui racontent la période de Noël. Si je ne m’attarde pas sur les poèmes, je tiens à vous parler de chaque nouvelle car elles sont toutes différentes… l’esprit, le style, l’époque, les lieux. Je les lis et je vous raconte en direct…

A la vue d’un arbre de Noël, Charles Dickens est fasciné par les décorations, des guirlandes d’objets scintillants, un vrai bric à broc. « Il y avait de tout, et même davantage. » Il sombre alors dans ses souvenirs et crée des délires fantastiques dignes des Contes des Mille et une nuits ou dignes d’une parade de cirque avec chanteurs, fanfare et acrobates. Les images s’enchaînent par association, toutes bizarres et hétéroclites. Nous sommes dans une réalité fantasmée, presque cauchemardesque. Il se rappelle les arbres de son enfance… et les redécore de tout ce passé qui s’y bouscule ; le culbuteur menaçant, la tabatière d’où jaillissait un diablotin, le pantin qui gesticulait quand on tirait la ficelle, tous des êtres inquiétants, effrayants…
Plus qu’une nouvelle sur Noël, c’est une sorte d’exorcisme !

Sylvain Tesson nous régale avec l’histoire d’un repas de Noël. Ils sont en Bretagne et ses mots sont beaux quand il la décrit tourmentée par le temps… « La Bretagne était un oursin mauve et blanc, hérissé de glace. La houle torturait l’océan. Le vent sifflait, coupé par les aiguilles des pins. Les rafales froissaient la lande, battaient au carreau. Le ciel ? En haillons. Des cavaleries de nuages chargeaient devant la lune… ». C’est un auteur que je lis et relis toujours avec beaucoup de bonheur, juste pour la musique de ses mots… « La ferme était bâtie au bord d’un talus surplombant la plage de Lostmac’h. Sur le côté du chemin, un menhir montait la garde depuis six mile ans. Le jour, la mer emplissait les fenêtres percées vers l’ouest. La nuit, il faisait bon écouter le ressac à l’abri des murs de granit. La satisfaction de contempler la tempête par la fenêtre, assis auprès d’un poêle, est le sentiment qui caractérise le mieux l’homme sédentaire, qui a renoncé à ses rêves. Au-dessus de la porte, l’aphorisme de Pétrarque gravé dans le linteau renseignait le visiteur sur notre idée du bonheur : Si quis tota die currens, pervenit ad vesperam, sais est. »
Autour de la table, ils sont dix, tous, sauf un, racontent des anecdotes sur le monde des fées. C’est un soir où la magie s’installe légitimement. Il y a l’histoire des ombres des fées, les histoires sur ces bateaux qui en pleine tempête sont guidés par des lumières qu’on appelle le « halo des fées », l’histoire de ce pauvre fou à Plouharnel qui le soir du réveillon va jouer du violon dans la lande pour elles, l’histoire du curé qui… une lampée d’armagnac, une deuxième… Et Pierre, l’ami, le voisin, qui crie pitié pour ne plus entendre ces idioties ! Le monde de Merlin c’est foutaises et contes pour enfants. Il n’y croit pas et ça l’énerve !…
La nouvelle de Sylvain Tesson continue sur le lendemain. Lorsqu’il se réveille chez lui, Pierre est très perturbé et téléphone à ses amis pour qu’ils viennent. Il sait maintenant qu’il y a des choses qu’on ne pourra jamais expliquer, il y a des choses qui remettent tout en question…
Une excellente nouvelle parfaite pour être lue le soir de Noël. J’ai beaucoup aimé.

Francis Scott Fitzgerald nous transporte à Hollywood, dans l’industrie cinématographique. Ce n’est pas vers le rêve qu’il nous mène, mais vers un océan peuplé de requins. Le soir de Noël, Pat Hobby reçoit l’ordre de réécrire un script. Il sait que ce travail est sa dernière chance pour être titularisé et que le siège sur lequel il est assis est du genre éjectable. Une secrétaire qu’il ne connait pas vient taper son texte… Bien qu’elle soit jeune, il apprend qu’elle travaille depuis dix-huit ans pour le studio. Et à bien la regarder, belle mais prématurément vieillie, il devine toute la rancœur qu’elle a accumulée. Ce soir là, les bureaux sont vides et leurs solitudes, leurs désillusions, se rencontrent. Sous le sceau de la confidence, elle lui raconte un secret terrible concernant un homme puissant, qui pourrait faire trembler les fondations du studio. Un secret qui pourrait aussi leur ouvrir les portes de leurs rêves.
Le rêve de Patt ? Devenir producteur. Alors, est-ce que le Père Noël, Harry Gooddorf en l’occurrence, va accomplir ce souhait ?
Monde cruel ! et quelle avarice ! cette nouvelle a une triste morale. Mr. Scrooge me semble plus sympathique que ces hommes…

Anton Tchekhov raconte l’histoire de Vassilissa, une petite mère qui n’a pas vu sa fille depuis des années. Les lettres se font rares. A Igor l’aubergiste qui rédige sa lettre sous sa dictée, elle raconte le pays, elle lui envoie sa bénédiction et ses prières au Seigneur roi des Cieux. Que devient Iéfimia ? Mariée, a-t-elle maintenant des enfants ? Est-elle toujours à la ville ?…
Malheureuse histoire ! Je me demande pourquoi Tchekhov l’a écrite pour un conte de Noël. Iéfimia n’a pas oublié ses parents, elle ne peut simplement pas les revoir. Mais en cachette de son mari, elle raconte à ses trois enfants, ses parents, sa terre, la neige… en priant la Reine des Cieux, Mère Protectrice, de les emmener un jour là-bas.

Marcel Aymé envoie l’ange de Noël dans une garnison d’infanterie pour qu’il laisse les bonnes pensées sur la couche des soldats. L’adjudant Constantin va l’aider le temps de sa ronde et lui confier un présent pour la douce amie d’un soldat qu’il a fait mettre en prison pour insubordination.
Une nouvelle teintée de mélancolie, de féérie et d’un peu de bonheur.
« L’enfant de Noël prit de la hauteur, mais avant de filer dans le grand huit, il plongea la main dans sa hotte et fit neiger des fleurs du paradis sur le képi de l’adjudant Constantin qui se mit à rire dans le mois de décembre. »

Guy de Maupassant fait parler le docteur Bonenfant pour un souvenir de Noël. Après réflexion, il a un souvenir à narrer, mais pas le genre de souvenir qu’on s’attendrait à écouter ! Médecin de campagne, il fuit tout ce qui est obscurantisme et superstition, pourtant, un jour, il a vu un miracle la nuit de Noël.
Sur la route enneigée, le père Vatinel découvre un œuf étrange. Il le ramène à sa femme qui décide de se le préparer pour le repas. A peine l’œuf englouti que la pauvre femme est prise de contractions et de vomissements. Et toute la nuit, elle se débat et hurle de douleur, sans que le médecin puisse la calmer. C’est alors que le curé du village fait son entrée avec ses prières d’exorcisme… Mais rien n’apaise ses souffrances.
Prêtre et médecin se posent la question… et si on amenait la mère Vatinel à la messe le soir de Noël ?
Une nouvelle qui se lirait bien le soir d’Halloween !

Truman Capote a écrit un joli conte pour ce souvenir de Noël. L’histoire d’un petit garçon de sept ans qui suit la fantaisie de son amie… Ils décident de faire une trentaine de cake aux raisins, imbibés au whisky, et de les offrir aux personnes qu’ils aiment. Même Mr Roosevelt aura son gâteau ! A travers le regard de ce petit garçon, les scènes les plus extravagantes paraissent normales.
C’est beau, c’est magique et heureux, lorsqu’on est ce petit garçon… Le bonheur et la beauté de notre monde, seulement pour les enfants et les faibles d’esprit ? J’espère que non !

Blaise Cendrars fête Noël à Rio. C’est l’exotisme !
Je n’ai pas aimé cette nouvelle. Elle vient juste après celle de Truman Capote, et j’étais encore imprégnée de douceur et de tristesse. Rio, je me le destine pour une autre fois !

Je vous recommande ce petit livre pour décembre. Comme je vous le dis précédemment, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Sylvain Tesson et celle de Truman Capote. Leurs histoires sont vraiment dans l’ambiance Noël !

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Les aventures d’un goubelin en pays de Broe

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Le mois Halloween avec Hilde et Lou

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les aventures d'un goubelinL’extraordinaire après-vie d’Alice Osmont ou…
Les aventures d’un goubelin en Pays de Broe
Texte et illustrations d’Hélène Larbaigt

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Il faut prendre une barque pour passer d’un monde à l’autre, celui des vivants à celui des morts. La brume est épaisse, la pleine lune et les feux follets sont les seules lumières. Une créature, laide, crochue, aux dents acérées, attend au portail et accueille les nouveaux. « Bonsoir. Rangez-vous dans la file et attendez qu’on vous appelle ! »
A treize ans, Alice Osmont n’est pas rassuré de découvrir ce monde d’outre-tombe. Paradis ou enfer ? Il ne sait pas où il est…
A la réception, un elfe barbu lui fait signer un registre et lui souhaite la bienvenue au pays des Blancs-goulés ; le jeune Alice est devenu un goubelin.

« – Hum ! Vous êtes bien M. Alice Osmont, désormais les deux pieds dans la tombe – constatez par vous même ?
– Pardon ? lui demandais-je en découvrant avec horreur que je me trouvais effectivement au-dessus d’un gouffre béant qui disparut en laissant place à une très désagréable sensation de vertige. »

goubelin 2On lui attribue une habitation en Pays de Broe qu’il doit partager avec des chats fantômes, une cousine éloignée, Bélissende, et Ercibald Abbot, un ancien libraire. « La Maison-du-chat-qui-chacoute-et-charmoie-en-se-léchant-la-queue » est une surprise car elle est identique à son ancienne demeure  ; même adresse à Rouen, même décoration, mais ailleurs…
Aidé dans son apprentissage goubelin par ces deux co-locataires, Alice découvre un univers inquiétant peuplé de
monstres. Il nous raconte sa nouvelle vie et nous fait partager les notes de ce cher Ercibald qui étudie l’origine des goubelins, les répertorie et les fiche.
Dans le premier livre, les chapitres retracent les différents genres des esprits de la nuit (les métamorphées, les fées domestiques, les gargouilles, les fées de Moremoflet, les vampires, les loups-garous, les létices, les fourolles…), ainsi que leurs particularités. On apprend  que l
e goubelin n’est pas méchant, qu’il est plutôt taquin et serviable et qu’il est souvent le gardien de fabuleux trésors.

Ce cher Alice a tant à découvrir ! et il nous invite à le suivre dans son extraordinaire après-vie…

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Le voyage en pays de Broe d’un jeune goubelin est un album graphique dont l’atmosphère fantasmagorique rappelle l’univers de l’étrange cabaret des fées désenchantées qui m’avait tant charmée. Là aussi, l’écriture et les illustrations abondent et dépassent toute ordonnance. Comme pour une potion magique, l’auteur aligne ses filtres d’imaginaire et distille… une goutte de légendes ancestrales, une goutte de féerie, de fantasmes, une autre pour l’humour, et… une pour le rock, une pour le punk, une pour le gothique, une pour l’extravagance, une pour la grâce, une pour la poésie, une pour l’obscur, une pour la mélancolie, une pour le rêve… Je ne sais pas exactement les quantités, ni les formules, mais elle le fait généreusement, passionnément.
Alice est un personnage fort sympathique qui nous embarque dans sa vie après la vie. On découvre que cette existence est pleine de vitalité, très dynamique. Les goubelins aiment les spectacles, la musique et les manifestations sportives. Tous se retrouvent dans le creux de la terre, un monde parallèle au notre, où nous côtoyons des goubelins chapeautés, des trolls, des Dames blanches, des damnés, des Milloraines… Grâce aux fiches d’Ercibald, on apprend à mieux les connaître.
Lorsque vous pénétrez ce livre, vous entendez des sons de cornemuses. Les nuits de fin d’automne, alors que l’hiver s’annonce, ils se retrouvent tous dans les tavernes à trinquer, à chanter et à dire de la poésie… Et il y a des soirs où on aimerait bien les rejoindre !
Je vous recommande cet album aux si belles illustrations… c’est magie !
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D’autres billets chez Zeb,

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Wilhelmina Bellhelm, la meilleure amie d’Alice, une Mille-groux

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L’étrange cabaret des fées désenchantées

Logo_BabelioMnemos_logo_NBUn livre offert dans le cadre des MC de Babelio
avec la participation des Editions Mnémos

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l'étrange cabaret des fées désenchantéesL’étrange cabaret des fées désenchantées
Textes et illustrations d’Hélène Larbaigt

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Ce superbe livre dense, précieux, aux illustrations fines, riches, étranges, parfois effrayantes, se découvre par petites lectures, car il y a des histoires dans une. La profusion des écrits et des dessins d’Hélène Larbaigt absorbent le lecteur et le mènent dans un monde fantastique. En douceur, il dévoile les secrets des fées, des créatures que de tout temps les hommes ont chassées, ont aimées, ont tuées. Elles étaient ogresses, sorcières, démones, spectres, sirènes… De 1884 à 1984, il a fallu un siècle pour collecter les informations sur leurs identités, leurs histoires. On peut penser qu’elles sont inaccessibles, et pourtant elles s’offrent généreusement avec des sourires… mais attention au venin, rien n’est gratuit, elles ont trop souffert. Belles, elles le sont, dangereuses, aussi. Drapées dans de luxueux atours, érotiques, gothiques, steampunk, certainement parfumées aux essences capiteuses de tubéreuses, musquées, animales, poudrées d’étoiles et de poussières de fleurs, elles paradent pour Morte Vanité, la blonde fée qui sent la violette et qui a des bottines ensorcelées. La connaissez-vous ?

« Morte Vanité, la Fée des Vanités, fée fatidique, gardienne de l’autre monde… d’origine du pays de Galles en Angleterre. Née au XVIIème siècle dans le monde des hommes, au VIIIème siècle dans l’autre monde. Fondatrice de l’Étrange Cabaret à l’automne 1884… »
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.morte_vaniteMorte Vanité

.Le livre est comme une scène dont les décors seraient XIXème. Donnez votre ticket d’entrée à Guinevra Applewood, fille de fée… Choisissez bien votre loge, votre décor ; manoir, vieux théâtre, petite boutique d’un souk égyptien… le cabaret est un cirque qui voyage dans les endroits les plus insolites. Commandez votre repas, votre philtre, un menu vous est proposé, ripaillez de magie et trinquez avec elles ! Des tentures pourpres, velours, soies, taffetas, des boiseries précieuses, des lumières tamisées, des senteurs de fleurs fanées, des ombres pour mieux se perdre et des rires de crécelles, des rires sans joie, des rires de mélancolie qui accompagnent la musique.
Les temps ont changé mais l’âme humaine est toujours la même. Elle est avide des choses qu’elle ne peut avoir, les légendes le racontent, ainsi que ce catalogue d’histoires qui commence par Morte Vanité. Le recensement se poursuit avec toutes les autres créatures déchues qui hantent et qui désespèrent de ne plus savoir où aller. Elles  viennent de tous les pays. Elles habitaient les bois, les lacs, les mers, les îles, les neiges, les monts, les campagnes, les villes. Elles sont vaniteuses, mortelles, naufrageuses, gorgones, fille de fée, prêtresse vaudou, dame blanche, veuve noire… elles sont tout cela et encore plus, tous nos rêves et nos cauchemars. Elles offrent à la demande les réjouissances toujours éphémères, et le tribut à payer est grave, souvent mortel. Elles sont conteuses… Il é
tait une fois Londres 1884, Prague 1909, Dartmoor 1488, Bulgarie 1926… New-York 1983, il était une fois, bien plus ancien encore, le temps des fées et des déesses.
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Retenez bien leurs légendes, leurs mythes antiques, sinon elles risquent de dépérir. Apprenez à les connaître, les apprivoiser, tout en retenant que pour certaines, leurs malheurs ont fait les nôtres. Comprenez ce cabaret, l’œuvre, sa structure, son espérance de vie. Appréciez le spectacle des illusions entre ces pages, partagez leur triste liesse des gloires anciennes, faites durer l’enchantement. Leur sécurité est aussi leur réclusion. Elles aspirent à la liberté. Rentrez dans leurs petits secrets, observez les coulisses. Comme je vous le disais au début de cette présentation, les histoires personnelles se mêlent à celles du cabaret. L’osmose est hasardeuse, on découvre dans les confidences les jalousies, les rivalités, des amitiés hésitantes, l’amour entre un dieu, Cham l’homme-lion, et une fée déesse, Bast la féline.

Je vous invite au music-hall ! Je vous invite à lire la poésie de L’étrange cabaret des fées désenchantées et à percer leurs mystères.

Morte Vanité, Lussi la Blanche-Dormante, Rosie la Veuve Noire, Ona Oknata, Baba Yaga, Bast Myeaou Mehenyt, Greta Lebkuchen, Moira d’Arkaig, Les soeurs du Tarot, Guinevra Applewood, Circé, Baronne Samedi.

(Ce livre n’est pas pour les jeunes enfants)


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Sorcelleries, Les jeux sont fées – Tome III

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Dans la maison hantée de Lou et Hilde, Halloween, 10ème billet
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.Le ballet des mémés, Tome IQue la lumière soit fête ! Tome II
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Sorcelleries3  Sorcelleries
Que la lumière soit fête ! Tome II
Scénario de Teresa Valero – Dessin et Couleur : Juanjo Guarnido

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« La lecture est la source du savoir, Paddock. » Ainsi commence cet épisode, sur une affirmation pleine de sagesse… Face à une impressionnante bibliothèque, le chat Malkin a le ventre qui gargouille. Paddock et lui se retrouvent seuls car…

Brygia, Sortiléga et Fébris sont parties à l’institut de beauté, invitées par Panacéa. Rondelles de kiwis, papillotes dans les cheveux… elles ont laissé Hazel et Hécate sous la surveillance de Mary Popotins, la Super Nenni.
TOUT-VA-BIEN. Il n’y a pas à s’inquiéter.
Mais à la maison, les « Pitch ! » et les « Zrap ! » fusent bon train entre les chères petites. Elles ont une imagination débordante, un lancer de sorts foudroyant et une antipathie partagée.

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Au royaume des fées, la reine Titania est malade et ne peut communiquer ses ordres que par écrit. Sur une ardoise, elle dessine tout un scénario à Puck : Il faudrait… 1. Qu’il se déguise en bébé – 2. Qu’il se fasse recueillir par les trois sorcières – 3. Qu’il approche Hazel – 4. Qu’il la kidnappe.

Et voilà que tout s’enchaîne ! Retenez votre souffle en lisant la suite et cela vous donnera la sensation ressentie lors de cette lecture.
– Puck emmailloté d’une couche se retrouve sur le palier de la maison des sorcières.
– Rex, le mari de Panacéa, trouve une idée de programme pour la télévision, le Gluh Anta. Des enfants sur une île piégée, des épreuves, il ne doit en rester qu’un.
– Malkin et Paddock sont enfermés dans l’atelier des sortilèges et font les pires bêtises.
– Hazel + Hécate + Puck = un trio infernal.
– Un petit Lupus, garou de son état, dit ne pas aimer Hazel. Il en fait les frais…
– Fébris trouve la légendaire Noix Dorée dans son paquet de céréales Corflask.
– Un personnage apparaît… Jonas le Digne… capitaine de l’Empoissé, réduit en squelette par un vilain mauvais sort. Et avec lui… l’histoire d’un trésor, l’or Zambatèque.
(petite confidence : Fébris s’en amourache).
– Et bien d’autres évènements toniques suivent dans une pagaille abracadabrante…

Au final, est-ce que Puck accomplira sa mission en ramenant Hazel près de ses parents ? et est-ce que Malkin mangera Paddock ???

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Feu d’artifice. Il semblerait que ce tohu-bohu, texte et graphisme, soit désorganisé et pourtant ! si on prend le temps de lire correctement ce dernier album, la confusion fait place au divertissement. Chaque page a son lot de jeux de mots, évidents ou entortillés. Entre les bulles et les dessins, l’attention est très sollicitée. C’est un peu « Où est Charly ? » avec des références littéraires, télévisuelles, publicitaires, mythologiques…
Cette série est peut-être difficile pour les enfants, embrouillée aussi pour les adultes, elle ne séduit pas tout le monde, mais pour ma part, je la trouve riche, généreuse et drôle.
La dernière page de ce troisième tome laisse supposer qu’une suite peut être envisagée et je le souhaite !
J’ai aimé, je conseillerai…

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Sorcelleries, Que la lumière soit fête ! – Tome II

logo hallbdB.D. du mercredi de Mango
Dans la maison hantée de Lou et Hilde
Halloween, 5ème billet.

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.Le ballet des mémés, Tome I

Sorcelleries2  Sorcelleries
Que la lumière soit fête ! Tome II
Scénario de Teresa Valero – Dessin et Couleur : Juanjo Guarnido

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Les soeurs-sorcières Brygia, Sortiléga et Fébris ont gardé Hazel, la petite fée. Elles sont charmées par l’angelot aux oreilles pointues. Mais…
A la maison, en plus des disputes coutumières, tout est sens dessus dessous et l’électricité défaille. Rex Spot, le mari de leur nièce Panacéa, a équipé la maison comme une base de la NASA. La technologie ménagère brille de ses mille chromes et la télévision est la nouvelle idole de ses dames !

Hazel va à l’école des apprentis sorciers et la petite coquine n’hésite pas à utiliser ses pouvoirs, terrorisant ainsi ses nouveaux compagnons. Quant à Hécate, la fille de Panacéa, elle se comporte de plus en plus étrangement et semble ne pas supporter Hazel.

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Du côté des fées, la reine décide de partir à la recherche de son bébé. Avec Puck, elle est prête à faire une incursion chez les sorciers. Sur sa route, elle croisera des créatures bien étranges… nains, elfes… et pour faire « couleurs locales » n’hésitera pas à se vêtir de noir et à transformer le pauvre Puck en chauve-souris.

Depuis l’arrivée du sémillant et opportuniste Rex Spot, beaucoup de choses ont changé. Du haut de sa tour, il comptabilise son chiffre d’affaires qui ne cesse de croître. A présent, que la télévision est dans toutes les maisons, il va concevoir des programmes… et faire passer des castings à des figurants pour ses émissions. La téléréalité, les jeux, sont de bonnes mannes.
Dans la file des postulantes, une pin-up attire son regard. Il ne le sait pas encore, mais c’est Titania, la reine des fées.

Magie de sorcières et magie de fées, le feu est mis au poudre… ça va barder !

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Deuxième tome des « Sorcelleries », le plaisir de retrouver les personnages est toujours là.
Les réflexions que j’avais faites pour le précédent album, sont les mêmes… les vignettes sont bavardes et paraissent brouillonnes, les caractères imprimés sont minuscules, on passe d’un univers à un autre sans trop de distinction… mais… il y a un joli « mais »… on s’amuse !!! C’est joyeux, animé, expansif, pétillant… L’humour se loge partout, dans chaque trait dessiné.
Mention spéciale à Hécate qui traîne son mal être d’adolescente. Elle pourrait jouer dans un film de Tarantino.
Une série à noter !
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