Sophie Canétang et Le tailleur de Gloucester

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Mois anglais avec Lou, Cryssilda et Titine

Journée livres pour enfants

J’ai choisi l’illustratrice et conteuse Beatrix Potter. Je vous recommande tous ses contes ; ils font la joie des enfants comme des grands.

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le-conte-de-sophie-canetangSophie Canétang

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A la ferme, Sophie Canétang ne peut pas couver ses œufs car on les lui retire à chaque fois. On dit d’elle qu’elle est incapable de le faire ! Triste, elle décide alors d’aller pondre clandestinement dans les bois afin de mener à terme sa ponte.
Dans les digitales, elle rencontre un charmant personnage qui lui fait bon accueil. Sensible à sa détresse, il lui propose l’hospitalité de sa demeure où elle pourra pondre au calme. Il lui assure aussi, que durant son absence, il prendra soin des œufs.
La cabane paraît miséreuse et guère en harmonie avec l’inconnu très distingué, mais Sophie s’en accommode et commence à faire son nid dans la paille.

Pauvre Sophie ! Naïve, elle n’a pas vu que sous les habits élégants se cachait un renard rusé et gourmand qui verrait bien à sa table, une cane rôtie aux petits légumes.
De plus en plus impatient et brutal, le renard commence à se dévoiler. Mais le pire dans l’ignominie, c’est quand il demande à Sophie de ramener de la ferme des oignons et des herbes pour son repas. Et Sophie, obligeante et généreuse, s’accomplit…

Oui… pauvre Sophie ! Mais heureusement que le colley de la ferme veille sur elle et qu’il interviendra avec ses amis pour la secourir…
Ouf ! Mais les œufs ? me direz-vous. Aille, les œufs… c’est une autre affaire !

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Le conte présente une morale évidente. Il ne faut jamais faire confiance à un inconnu, même s’il est courtois et affublé de beaux vêtements. L’ingénue Sophie, sympathique mais crétine, se fait bernée par le rusé renard qui sait l’amadouer avec ses bonnes attentions. Beatrix Potter illustre cette fable animalière avec de beaux dessins qui fleurent bon la campagne et la ferme.


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Le tailleur de GloucesterLe tailleur de Gloucester

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le tailleur de gloucester5Dans la ville de Gloucester, un vieux tailleur désargenté doit confectionner pour le maire, un habit de mariage pour Noël ; « De soie couleur cerise, brodé de pensées et de roses avec gilet assorti de satin crème orné de gaze et de chenilles vertes… ».
Ce costume de soie et de broderies serait pour lui l’occasion de montrer son adresse et de trouver une belle clientèle. Sans tarder, il trace et coupe toute la journée, jusqu’à la nuit.

Lorsqu’il rentre chez lui, il est tellement fatigué, qu’il ne peut plus faire un pas. Il demande alors à son chat Simon d’aller lui faire quelques achats, de quoi manger, boire, et de quoi coudre car il lui manque du fil de soie rouge. Durant l’absence de son compagnon, il découvre sous des tasses des petites souris piégées. Aussitôt libérées, les petites souris s’en retournent dans leur trou, et le gentil tailleur part se coucher, de plus en plus fiévreux. Mais à son retour, Simon a la surprise de voir son repas envolé et, mécontent, décide de punir le vieil homme en lui confisquant la bobine de soie rouge…

le tailleur de gloucester4 La nuit est longue, le pauvre tailleur est bien malade et il ne pourra pas terminer le travail commandé !
Dans leur repère, les petites souris pleine de reconnaissance pour leur hôte, décident alors de l’aider. Elles savent bien tirer l’aiguille et profitent tous les jours des largesses du tailleur qui abandonne avec générosité des bouts d’étoffes, de fils, de dentelles et de rubans. Ainsi, elles peuvent réaliser leurs habits et se montrer coquettes.

Durant trois jours, elles vont coudre et broder. Mais vont-elles pouvoir donner à l’ouvrage toute la préciosité et la rareté que le tailleur voulait donner au costume ? Et la bobine de fil de soie rouge ? Et  Simon le chat ?…

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De la campagne, nous passons à la ville.  Beatrix Potter conte une belle histoire, douce, pleine de dévouement et de magie, à l’heureuse conclusion. Les illustrations sont riches, plus détaillées, encore plus belles. Le costume couleur cerise rappelle un peu la robe couleur du temps de Peau d’Âne, un habit chargé d’espoir.

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L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Un livre voyageur de Philisine Cave
« Oh my ! cette couverture… » de Cécile, « Rentrée littéraire » d’Hérisson
Une lecture commune avec Hilde

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l-extraordinaire-voyage-du-fakir-qui-etait-reste-coince-dans-une-armoire-ikeaL’extraordinaire voyage du fakir
qui était resté coincé dans une armoire Ikéa
Romain Puértolas

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Terminal 2C de L’aéroport Charles de Gaulle, un Indien rentre dans un taxi et lâche le nom « Ikéa ».
Dans le rétroviseur de sa vieille Mercedes rouge, Gustave Palourde, le conducteur, examine son client… costume satiné, cravate rouge ornée d’une épingle à nourrice, turban sur la tête, piercing, visage émacié, peau grêlée, regard intense.
Ikéa ? Mais lequel ? Le haussement des épaules est une réponse qui signifie… n’importe lequel… à la grande satisfaction du chauffeur de taxi qui voit là une belle aubaine.

L’Indien paie avec un faux billet de 100 euros la course. Prestidigitation à la Houdini (fort malhonnête), le billet relié à un élastique invisible repasse aussitôt du porte-feuille de Gustave à la poche de l’Indien. Attendez que Gustave s’en aperçoive, gitan au sang chaud, il voudra se venger !

Enfin ! L’Indien est Ajatashatru Lavash Patel, grand fakir du Rajasthan venu acheter un lit à clous, vu sur une revue. L’annonce publicitaire à 99,99 euros était trop tentante… Le coût du voyage a été l’élan solidaire de tout un village pour le bien-être de leur fakir. Juste deux jours pour l’acquisition et retour à la maison nanti d’un lit très spécial.
Petit… grand parcours du magasin en suivant la ligne jaune au sol… surtout ne pas dévier… passer d’univers en univers… émerveillements devant tant de richesse… se retrouver au rayon literie, apprendre que la promotion n’est plus actuelle et qu’il faudra un supplément. Ajatashatru garde son impassibilité, il a la nuit pour réfléchir, et commande. Sa nuit ? N’ayant que son faux billet, il ne peut s’offrir qu’un squatte dans le grand magasin.

Roublard, maître illusionniste, le fakir arrive à se faire inviter au restaurant par une belle femme d’une quarantaine d’années, contrite d’avoir cassé ses lunettes. Et le temps passe en son agréable compagnie, jusqu’au soir où il doit se trouver un endroit…
Tout serait bien trop accommodant et l’histoire courte si rien ne devait arriver !
Durant la nuit, Ajatashatru se cache dans une armoire pour ne pas être surpris par des employés qui se dirigent vers lui. Mais comble de malchance, l’armoire est embarquée dans un camion pour être livrée en… Angleterre.

Ainsi commence le périple du fakir qui n’en demandait pas tant !

« … L’Indien venait de comprendre qu’il avait devant lui les vrais aventuriers du XXIème siècle. Ce n’étaient pas les navigateurs, dans leurs bateaux à cent mille euros, leurs courses à la voile, leurs tours du monde en solitaire dont tout le monde se foutait sauf leurs sponsors publicitaires. Eux n’avaient plus rien à découvrir.
Ajatashatru sourit dans la nuit. Il voulut lui aussi, au moins une fois dans sa vie, faire quelque chose pour quelqu’un d’autre et non plus seulement pour lui-même. »
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Ce livre au titre incroyable et à la couverture « éblouissante » est le premier roman de Romain Puértolas. Dans cette fable, l’auteur modernise les récits d’aventure de Jules Verne et y additionne des péripéties kafkaïennes. Il balade son fakir, bien malgré lui, dans des conditions très particulières (armoire, valise), en lui faisant faire un tour d’Europe et d’ailleurs… France, Angleterre, Espagne, Italie, Libye… On dit que les voyages forment la jeunesse. Pour le cas, ils font évoluer Ajatashatru de belle manière. Des pays qu’il foule, il n’en voit rien, ni leurs paysages, ni leurs architectures, mais il rencontre des personnages curieux et attachants… gitans bouillonnants, jeune femme de quarante ans esseulée, clandestins soudanais en quête d’une terre d’exil, actrice philanthrope, éditeur en mal de best-seller…
Avec humour, entre deux apesanteurs décalées, mélange de naïveté, de fourberie et d’humanité, l’histoire se construit sur une base altérée par le désespoir de certains.
Ajatashatru arrive de son Rajasthan, le cœur bien lourd de ses tromperies. Depuis tout petit, tricher, mentir, escroquer, c’était avant tout une question de survie. Et il est un des meilleurs pour emberlificoter son monde ; il a de très beaux yeux couleur coca-cola, aussi pétillants que la boisson. Donc, il est conscient, mais il ne fait pas grand chose pour y remédier, ainsi va la vie… jusqu’au jour où il ne peut rien faire qu’à part écouter d’autres histoires, jusqu’au jour où il est un simple paquet que l’on mène d’une frontière à une autre, jusqu’au jour où il découvre l’amitié, la compassion et la générosité, jusqu’au jour où il découvre l’amour qu’il veut rendre au centuple.

Un roman sympathique, une belle histoire, c’est à recommander !

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Des billets chez Hilde, Philisine, Anne Souris, Strawberry, Argali, PassionCulture,

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Cactus… Un lit ?
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