La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis


Un livre envoyé par Christelle des Editions Robert LaffontMerci…

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La véritable vie amoureuse de mes amies
en ce moment précis
Francis Dannemark

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Bruxelles,

Max, psychologue, habite depuis quatre ans une vieille demeure des années 1920. Cette bâtisse, grande, sans style particulier, se caractérise par le nombre de ses pièces et de ses dépendances ; quatre étages, une remise, un atelier, un jardin, des grilles forgées pour délimiter la propriété. Sa singularité ? son âme.
La maison, n
ommée La Maison aux Bons Soins, a abrité pendant une dizaine d’années, des cabinets de médecins, généralistes et spécialistes. Mais à ce jour, seul Max reste, tel un vaillant capitaine, assisté par sa secrétaire, la fidèle et efficace Judith. D’autres, une endocrinologue, une diététicienne et une neurologue, « fantômes domestiques », viennent pour un ou deux jours par semaine. Le navire commence à prendre l’eau et des réparations sont impératives.
A la fenêtre de son bureau, il contemple décembre qui sèment ses flocons. Inquiet et las sur l’avenir de la maison,  il attend une nouvelle patiente… Felisa.

« – … il trouvait  que je ne riais plus comme avant, que j’avais l’air triste.
– C’est vrai ?
– Vous ne seriez pas un peu triste si vous perdiez votre don ? »

Envoyée par son ancien employeur, Felisa se raconte d’une voix douce, attristée de perdre son don. Il semblerait qu’elle ait le pouvoir de soigner les gens, leur apporter la fortune et rendre le bonheur…
Les rendez-vous se transforment en visites amicales et très vite, Max lui propose de venir au ciné-club du mercredi soir ; un repas – un film.

« – Aimez-vous le cinéma ? demanda-t-il.
– Oui.
– Il y a un petit ciné-club ici chaque mercredi soir, animé par mon plus vieil ami. Il a beaucoup de talent pour choisir des films qui, si je reprends sa formule, rendent plus léger le cours des jours. Y viendrez-vous ?
Felisa avait quitté son fauteuil. Elle tendit la main à Max.
– Je viendrai, dit-elle. »

Max et ses amis visionnent des films que son copain d’enfance, Jean-François, propose. Ceux d’un autre âge, ceux d’aujourd’hui, les films sont des mets qu’ils dévorent avec gourmandise. Ils retiennent les répliques, ils les citent, ils débattent, ils rêvent…
De la vallée de Shangri-La à Love Actually, l’histoire du cinéma déroule sa pellicule tous les mercredis soirs, entre les murs protecteurs et chaleureux de la Maison aux Bons Soins.
Il y a…
Annick, professeur d’histoire, cinquante-deux ans, divorcée, mère
Catherine, interprète, photographe, quarante-quatre ans, célibataire
Judith, secrétaire de la Maison, quarante-deux ans, mariée, mère
Kate, agent immobilier, quarante-huit ans, divorcée, mère, anglaise
Marie-Louise, soixante-quatorze ans, veuve, mère, grand-mère
Muriel, endocrinologue, cinquante-six ans, mariée, mère
Sarah, restauratrice, trente-huit ans, célibataire, mère, libanaise
Felisa, cinquante-trois ans, originaire d’Amérique du Sud
Jean-François, professeur d’anglais, passionné de cinéma, cinquante-quatre ans, marié, divorcé, remarié, re-divorcé, père
Max, psychologue, cinquante-quatre ans, veuf, père
et MC2, le chien, berger des Pyrénées.

Ainsi, la vie de la maison, celle des résidents et de ses visiteurs, vont se dévoiler le temps de trois saisons au rythme du ciné-club. Max se donne un délai de six mois après l’hiver pour décider de son devenir. Refuge pour les âmes en peine, les solitaires, les déçus, ceux qui espèrent, cet ilot apporte la beauté, la sérénité et le bonheur, qu’ils ne trouvent pas dans le quotidien. Terre neutre, ils se défont de toute lourdeur, de toute carapace, s’abandonnent et se révèlent. Que recherche la « tribu » de Max ? Certainement ces trois petits mots… partage, félicité, amour… et être aussi léger que Fred Astair.

« – J’ai envie de vous poser une question mais je sais que c’est une drôle de question, dit Max en se frottant le menton.
– Laquelle ?
– Est-ce que vous croyez que la magie existe ?
– C’est effectivement une drôle de question puisque vous en connaissez déjà la réponse.
Max la regarda dans les yeux sans rien dire.
– Bien sûr que la magie existe, dit Felisa très sérieusement. Elle existe comme la pluie existe. Comme le vent et comme les rayons de soleil.
Un sourire éclaira son visage.
– Mais elle n’appartient à personne, pas même aux magiciens, ajouta-t-elle. »

Les films sont des baumes et d’innombrables titres défilent. L’euphorie de la jeunesse les anime, la convivialité, la complicité… Un breuvage qui réchauffe, un repas, une douceur et le voyage commence.
La petite dernière de la famille, Felisa, est très attentive à ce qui est dit et à ce qui est tu. Elle sait que le bonheur ne se trouve pas derrière l’écran… il est juste là.
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Cette maison et ces rencontres, nous en rêvons tous. Il m’arrive de temps en temps de regrouper quelques amis autour d’un repas et de les convier à voir un film. Hélas, nous n’avons pas de constance dans nos réunions et le temps s’étire misérablement entre les séances. Je dédie donc cette lecture à mes amis… les passionnés de westerns, de Hitchcock, de Chaplin, des versions originales, de ceux qui se plongent dans le XIXème siècle avec préciosité, de celles… et ceux… qui adorent les adaptations des livres de Jane Austen, d’Oscar Wilde, de Kazuo Ishiguro, des images de James Ivory, des romances avec Hugh Grant et Colin Firth, des films des années 50… Qu’elles sont agréables ces heures passées avec vous, à écouter vos soupirs, vos ricanements et vos… Chuuut !!!
Ce livre est un concentré d’idées cinématographiques pour nos futures soirées.

Le livre, le style, l’histoire…

L’histoire, comme j’ai pu la résumer, raconte un groupe d’amis, une maison et le cinéma. J’ai aimé l’atmosphère, les personnages et la chronique douce-amère de leur vie. On perçoit une magie latente, une synergie et l’affection qui les unit, dès les premières pages. Ce n’est pas un huis-clos, la société extérieure a sa part, apportant du dynamisme et de la fraîcheur.
Cependant, je tiens à vous confier en toute honnêteté, que si j’ai trouvé l’écriture belle, de qualité, l’histoire agréable à lire et beaucoup de charme aux personnages, je me suis ennuyée dans certains passages. Étant ignorante du monde cinéphile, je n’ai pas été réceptive aux nombreuses références sur le cinéma.

Je sais que ce roman sera classé dans les livres « doudous », les livres heureux.
A conseiller…

Vous pouvez lire le billet de L’Irrégulière qui a eu un « gros coup de cœur » et chez d’autres… Cachou, Nahe,
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Carole Lombard, Shirley Temple et Gary Cooper
Paramount Studios
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Voyage en France

Un livre envoyé par Christelle des Editions Robert Laffont
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Voyage en France
Henry James
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En introduction, Léon Edel s’étonne de « l’impression d’aisance, de confort même, se dégageant d’une expédition que l’on trouverait aujourd’hui épuisante et fastidieuse… »

Henry James, né en 1843, décédé en 1916, était un écrivain américain du XIXème siècle. Grand voyageur, il aimait contempler la vieille Europe dans son architecture, ses terres, son histoire et son humanité.

Dans « Voyage en France », visions et sentiments extraits de ses notes, souvenirs parfois fugaces et incertains, il peint notre pays de manière réaliste et non caricaturale. Sa toile, il la prépare en racontant une vie, une histoire, avant de détailler le paysage. Ainsi, l’Histoire de France, celle de nos souverains, de nos auteurs, de nos artistes… se mêle à nos pierres et à notre terre.

Pour l’étranger qui s’aventure dans nos régions, Henry James dit que la France est plus qu’une capitale agrémentée de ses monuments et de sa Tour Eiffel. Elle est avant tout un pays morcelé de terroirs riches, nuancés et complexes. Plusieurs fois dans son récit, il rend hommage à Balzac, Sand, Rabelais… qui honorent la province dans leurs romans.
La littérature est un merveilleux support pour le tourisme !

1882,
Son périple débute à Tours. C’est en octobre, l’automne, avec des journées ensoleillées, pluvieuses, venteuses. La Touraine a une terre généreuse pour ses vignes, ses vergers… ses châteaux… et son « pedigree royal ». La Loire, capricieuse et superbe, est un ornement, un bijoux qui scintille sous les couleurs du temps. L’auteur déploie sa fougue avec des mots qui chantent sa majesté. Ce n’est pas une écriture pompeuse, grandiloquente, mais simple, aisée, stylée, qui nous aimante.
Dans la ville, il recherche l’héritage historique et se montre très curieux pour la cathédrale.
 De Tours, il arrive à Blois. La Renaissance domine les terres de la Loire.

Très scrupuleux, il prévient le lecteur-voyageur de quelques déceptions ou de certaines importances sur des constructions, une place, une petite rue, un escalier… une porte. Artistiquement, il met en scène le décor, les éléments, et devient le soupirant qui conte fleurette à sa demoiselle.
En une vingtaine de pages, il croque les villes. Il est bon de conseiller au lecteur de souligner les passages accrocheurs car Henry James a la précision d’un peintre, d’un architecte ou d’un paysagiste. Il ne complimente pas toujours ce qu’il regarde. Il ose traiter de « grotesque » et de « vulgaire » certaines choses sacrées par l’Église Catholique. Ses anecdotes abondent et rendent un recueil vivant et passionnant.

Chenonceau… En ces lieux, il expérimente un adage… Que le monde est petit ! Il retrouve son gondolier vénitien attitré ! Henry James est aussi un amoureux de l’Italie, qu’il visite régulièrement.
Il compare le Château des Dames a une villa. L’intimité qui se dégage, apporte à l’édifice un statut familier et non cérémonieux. Il est vrai que lorsqu’on voit pour la première fois le château de Chenonceau, on se sent en villégiature et on ne retient de son histoire que les fastes du temps de Diane de Poitiers et non la rigueur de Catherine de Médicis.

Azay-le-Rideau… Langeais… Chambord… Il trouve du charme à la pluie et au froid. Il est de bonne composition !
De Chambord, il dit que ses terres sont potagères. La terre sablonneuse est fertile. Il décrit la traversée du petit village qui s’épanouit à l’entrée du château, la taverne, la place, l’allée qui mène vers un palais enchanteur. La cour, l’escalier à double révolution, le vide intérieur… « sa séduction mystique »… C’est dans cette description que je me suis le plus projetée. Je lisais ses évocations et je revivais ma visite, une journée de bonheur en famille.

Il traverse des forêts pour aller à Cheverny, Chaumont, Amboise… il raconte des cocasseries avec les gens du cru, il rend une atmosphère, s’attarde volontiers sur le portrait d’un représentant de commerce, une hôtelière, une grand-mère… et dénigre les idées préconçues sur les Français ; ils ne sont pas tous bavards et bruyants !
A pied, à cheval, en train, en omnibus, en diligence, accompagné, solitaire, il semble avide de découvrir la moindre petite pierre, d’admirer toutes les voûtes des cathédrales et le secret des petites églises.
Ce n’est pas toujours sous la lumière qu’il accoste dans les ports. Ses arrivées se font aussi la nuit et elles prennent alors une autre dimension.

Loches, Bourges, Le Mans… A cette époque, les rentrées scolaires se faisaient en octobre. Sur le quai de la gare, l’effervescence est estudiantine.
Angers, Nantes, La Rochelle, Poitiers… Les villes ne se confondent pas, mais l’enchaînement rend des similitudes entre elles. L’œil du connaisseur cherchera dans sa lecture le plaisir des descriptions et celui qui projette son voyage notera avec délice les « petits trucs » de l’éclaireur parti en reconnaissance.
Angoulême, Bordeaux… Vision d’un autre siècle sur les quais bordelais. Ville marchande, ruche rugissante, on y côtoie des hommes rudes, les Basques.

Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Montpelliers, Le Pont du Gard… Le sud est éclatant, même sous la pluie et le vent automnal. Il rappelle les écrits de Stendhal sur « Ses mémoires d’un touriste » et souhaite percevoir l’antique nation de Rome dans l’architecture de ces villes. Mais à son grand désespoir, les monuments sont bien souvent délaissés à leur état de ruine.

Aigues-Mortes, Nîmes, Tarascon, Arles, Les Baux, Avignon, Villeneuve-lès-Avignon, Vaucluse, Orange… La boucle va bientôt se refermer… Mâcon, Bourg-en-Bresse, Beaune… et Dijon.

 « Sur la berge la plus proche, je trouvai un banc sur lequel je m’attardai un moment : c’est exactement ce genre d’endroit que j’aime. C’était le terme ultime de mon petit tour de France. Comme j’étais assis là, j’y repensai, avant de prendre le lendemain l’express pour Paris ; et tandis que la lumière baissait sur le parc, certaines des choses que j’avais vues m’apparaissaient avec plus de clarté. »

S’asseoir un petit moment et retrouver les images, les impressions figées dans notre mémoire. Des détails ont fuit, mais ils reviennent à l’évocation d’un ressenti ou à l’imbrication d’éléments que l’on énumère. Henry James le reconnaît dans sa dernière strophe. C’est ce que j’ai fait… Lire ce carnet de voyage et revivre mes visites. La magie a opéré. Entre les pages, j’ai revu des châteaux, la cathédrale de Bourges et ses vitraux, Nîmes et son arène, sa maison carrée, les murs de la citadelle de Carcassonne et ceux de la Cité des Pâpes à Avignon… L’espace du temps qui nous sépare est aboli, on voit les mêmes choses, on respire le même air.
Pour les lieux que je n’ai pas explorés, j’ai pris des notes. Depuis longtemps, je voudrais aller à Beaune. J’aurais alors le privilège d’admirer le polyptyque du Jugement dernier, le retable peint par Roger Van Der Weyden qu’Henry James n’a pas eu le plaisir de voir ! A l’heure où il était, les sœurs hospitalières des Hospices déjeunaient dans leur réfectoire face à la peinture flamande et il n’était pas possible de les déranger… Nous en garderons une leçon, comme quoi en voyage, il est judicieux de tout programmer !

Pour ceux et celles qui désirent prendre les routes de France, baguenauder dans nos campagnes, s’imprégner de l’Histoire à travers nos pierres et notre art, laissez Henry James vous accompagner… il paraît être un homme charmant et de bonne compagnie.
Ce carnet de voyage amène aussi le rêve… au fond d’un canapé ou à l’ombre d’un arbre dans son jardin.

Merci Christelle pour ces balades ! Elles ont été mon repos durant quelques jours frénétiques occasionnés par des travaux à la maison !

 

Retable du Jugement dernier
de Roger Van Der Weyden
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