Empanadas aux épinards-morue-anchois et aux poivrons-tomates…

51+tPPDIc8L._UX250_La semaine dernière c’était tarte au riz avec Jérôme Attal, ce dimanche, pour débuter le mois espagnol de Sharon, nous avons demandé à l’auteur Cristina Rodriguez, originaire de Galice, le plat qu’elle affectionne le plus. Elle a aussitôt répondu, les empanadas !

Cristina Rodriguez a écrit plusieurs romans, dont les Enquêtes de Kaeso le prétorien chroniquées sur ce blog.

Ce jour, me rejoignent…
Sandrion – Empanadas à la viande (olives, tomates…)
Nahe Empanadas aux haricots rouges
Asphodèle
Hilde – Empanadas au thon
Louise – Empanadas à la salsa de légumes

D’autres marmitonnes ont fait…
Patacaisse – Gâteau au chocolat « La mort qui tue » et Gâteau au chocolat « Rapide, facile »
LylouAnne – Boulettes de veau printanières
L’Irrégulière – Avocat garni
Soène – Glace à la rose

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Les empanadas sont des petits chaussons farcis que l’on mange en Espagne mais aussi en Amérique du Sud. Pour un pique-nique ou dans la journée, ils se mangent froids, par faim ou par gourmandise. On les farcit aux légumes, au thon, à la morue, à la viande…, à ce qu’on peut trouver dans notre frigidaire.
J’ai fait deux sortes d’empanadas. J’aurais aimé en faire aux blettes, mais ce n’est pas encore la saison et je n’en ai pas trouvé.

Pour la pâte et pour 6 parts individuelles : 280 g de farine, sel, huile d’olive (3 tours de saladier), eau, 1 œuf, origan et un peu de 5 baies moulues.

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Empanadas
aux épinards-morue-anchois

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 Ingrédients :
– 1 sachet d’épinards surgelés
– 1 morue à dessaler
– 10 anchois
– 1 oignon
– 3 gousses d’ail
– 1 tasse de fromage blanc épais, genre brousse.

Préparation :
– Dans un wok, mettez les épinards encore surgelés, les anchois coupés, la morue dessalée et coupée en petits morceaux, l’oignon et l’ail finement coupés et faites cuire.
– A la fin de la cuisson, ajoutez le fromage, brousse ou autre, pour aérer et rendre la farce plus légère.
– Préparez votre pâte et étalez-la. Formez des cercle à l’aide d’un bol.
– Au centre, mettez 2 grosses cuillères à soupe de farce et rabattez les côtés pour former le chausson. Bien souder à l’aide d’une fourchette.
– Disposez les empanadas sur une feuille de papier sulfurisé mise dans un plat. Farinez légèrement le dessus des empanadas.
– Mettez au four, environ 15 minutes ou plus peut-être, suivant les fours.
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Empanadas au thon épinards 1

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Empanadas
aux poivrons et tomates

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Ingrédients :
– 5 gros poivrons rouges
– 10 tomates cerises
– 1 petit piment
– 3 gousses d’ail
– Huile d’olive, sel

Préparation :
– Passez les poivrons au four pour enlever la peau.
– Coupez les poivrons en lanières et mettez les dans un wok avec les tomates cerises, l’ail coupé finement, le petit piment émietté, de l’huile d’olive et du sel.
– Faites cuire sur feu doux environ 45 minutes. Touillez fréquemment… surveillez… il faut confire.
– Comme précédemment, préparez votre pâte, étalez-la, faites des petits disques de pâte et garnissez-les.
– Disposez sur une feuille de papier sulfurisé… four… (voir ci-dessus).

.Empanadas au poivrons 1
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Verdict : C’est très très bon ! Ceux aux poivrons me rappellent mes vacances à Dénia. Nous les prenions chez le boulanger et nous les mangions l’après-midi pour le goûter au retour de la plage.
Je remercie Cristina pour cette proposition de recette. C’est parfait pour entamer notre mois espagnol. Gracias señorita !

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Le baiser du banni

logo polars
Challenge Thriller de Liliba

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le baiser du banniLe baiser du banni
Cristina Rodriguez

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Résumé de l’éditeur :

« Dalach Cuevas Matamoros, alias « la murena » est un phénomène… Non content d’être un pur hermaphrodite, il est héritier d’une anomalie génétique qui lui permet de contrôler à loisir son émission de phéromones et d’en sélectionner le type (mâle ou femelle). Ce don de séduction fait de « la Murena » un redoutable négociateur souvent mis à contribution par de puissants industriels lorsqu’il s’agit d’influencer un acheteur potentiel. Alors qu’il/elle s’apprête à se rendre à un rendez-vous d’affaires, Dalach découvre à la télévision les images des restes fossilisés d’un humain paré d’une paire d’ailes datant de plusieurs millions d’années. La nouvelle paraît absolument incroyable et pourrait bouleverser l’ordre du monde ainsi que la vie trop paisible de Dalach. »

Quatrième de couverture :

« Dalach Matamoros, hermaphrodite aux grands yeux violets, est à Washington pour un rendez-vous d’affaires quand la nouvelle tombe sur tous les écrans : des « anges fossiles » ont été découverts en Chine ! Pour les Matamoros et les Di Dante, deux clans qui s’affrontent depuis la nuit des temps, la guerre céleste est ouverte… Et Dalach se retrouve confrontée de plein fouet à l’histoire de sa famille en même temps qu’à un combat sans merci pour la résurrection des archanges. Un attentat sanglant à Washington, un faux rabbin à Jérusalem, un manoir ancestral au cœur d’une réserve naturelle de Leon en Espagne, un navire transportant des « antiquités » en provenance de Chine et sur lequel se succèdent d’étranges accidents mortels, la mythique Bible Noire que recèle le Vatican : autant de mystères auxquels Dalach et les siens sont confrontés. Une intrigue sulfureuse sur fond de guerre de religion ultime, des rebondissements en cascade à couper le souffle, une écriture maîtrisée, Le Baiser du banni va vous entraîner très loin, du côté des anges bannis… »
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Pas de résumé personnel pour ce roman. L’histoire que je viens de terminer est trop complexe pour que je m’amuse à balbutier quelques mots.
J’ai découvert l’auteur avec son enquêteur Kaeso, chef de la garde prétorienne sous l’empire de Tibère. Alors que je me renseignais sur une hypothétique suite (qui tarde trop… message subliminal à Cristina), j’ai eu le plaisir de voir qu’elle avait écrit un thriller, édité en octobre 2012.
Aussitôt commandé, reçu, lu dans un après-midi.

Je ferme le livre, le souffle un peu oppressé, avec une sensation mitigée qui me dérange, car j’ai apprécié ma lecture. Je ne cataloguerai pas ce livre de thriller. Je n’ai pas ressenti un frisson d’horreur, j’étais seulement speedée par le rythme haletant de la deuxième partie du roman, le suspense de l’histoire, et légèrement « dégoûtée » par certaines scènes bien détaillées (pour les lecteurs : Marina, le cuistot du cargo et le père Santiago).
L’auteur a une plume alerte et son imagination est fertile ! Elle tisse l’intrigue sur l’histoire des origines que nous livre la Genèse, mettant en scène les archanges Lucifer, Michaël et la rébellion des anges
contée par le livre d’Hénoch. Une trame très intéressante, intelligente, prolixe, ébouriffante dans l’action, avec une dose d’humour et de sarcasmes, irrévérencieuse envers le Vatican (plus précisément le pape), surprenante avec Dalach (le fait qu’elle soit hermaphrodite ajoute à l’histoire, une originalité. Je l’imaginais plus femme que homme), ce livre se lit sans ennui même si on se perd un peu dans les noms des personnages qui foisonnent. Autres que les clans des Matamoros et des Di Dante qui s’opposent et se défient depuis des lustres, beaucoup de personnages interviennent, chacun dans leur quête, leur ordre, leur mystère, leur avidité, leur croyance. Ainsi notre lecture nous emmène en Espagne, en Italie, en Israël, dans les airs, sur les mers… et ce désordre, qui apporte une dynamique au roman, peut entraîner une certaine confusion au début.
J’aurais souhaité ressentir un peu plus de sympathie pour Dalach et Angel, les deux personnages principaux de l’histoire. Leurs sentiments sont discrets et trop sages pour leurs tempéraments pétulants.
L’épilogue du livre nous laisse supposer une suite… je la lirai avec plaisir.
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Des billets chez Lilly,
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archangeraphael 1

L’Archange Raphaël du peintre Hossein Naqqâsh

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L’Aphrodite profanée – Tome III

Challenge de Soukee, « Rome l’Antique »
Retour avec Kaeso-Wotan, le beau centurion… Souvenez-vous… Pompéi, Palantin, Subure, Rome…

Les mystères de Pompéi, tome I
Meurtres sur le Palatin, tome II

« Kaeso Wotan Concordianus Licinus, 1m92, 90 kg, cheveux blonds, yeux bleus clairs, très beau. Né à Rome, dans la noble famille des Concordiani, d’un père officier du prétoire et d’une mère Germaine, esclave affranchie puis épousée par son ravisseur. Il a grandi au milieu des soldats avec les enfants de la famille impériale (plus particulièrement avec le frère aîné de Caligula, Néro, qui était son meilleur ami) et sous la tendre férule de Hilds, qui le berça des légendes barbares et de récits guerriers. Comme son défunt père, il s’engage très tôt dans les cohortes d’élite des prétoriens, où il ne tarde pas à se faire une réputation. »
site de Kaezoleprétorien

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arton11696L’Aphrodire profanée
Cristina Rodriguez

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Rome l’Antique, sous le règne de Tibère, An 32 ou 33 (Caligula a 20 ans)

Venue pour consulter l’oracle grec Apollonius sur Kaeso, Concordia voit son ami faire une crise d’épilepsie et après des convulsions, tomber évanoui. Sa vision parle d’eau croupie et l’odeur nauséabonde et fétide s’accroche à son esprit.

La nuit est brûlante. Kaeso, chef de la garde prétorienne, est posté en embuscade dans une ruelle de la ville avec Io, son léopard, Matticus, Mustella et d’autres prétoriens. En trois mois, huit garçons de grandes familles romaines ont été enlevés. Après le rapt et la demande de rançon, l’enfant est toujours restitué sain et sauf. Alerté seulement au sixième enlèvement, Kaeso a tenté vainement de piéger les kidnappeurs. Les résultats sont sans triomphe, voire pitoyables. A chaque traquenard, les piégeurs sont feintés et la garde prétorienne tournée en dérision, gaussée, par le peuple. Cette huitième fois aura la malchance des précédentes ; elle se terminera dans un bain de… (je vous laisse la surprise de le lire !).

Le préfet du prétoire, Macro, est chargé par l’Empereur Tibère de servir de conseiller et de guide à Caligula. L’homme est rigide, prétentieux, et s’immisce jusque dans la caserne de Kaeso. Imbu de lui-même, il donne ses recommandations avec arrogance et blessant, balance ses remontrances avec mépris, destituant de l’enquête le jeune homme. Il semblerait qu’humilier et rabaisser Kaezo soit une de ses activités préférées.
« – La prochaine fois qu’il me parle comme il vient de le faire, je le tue ! tempêta Kaeso.
– On croirait entendre Donar ! Vous vous ressemblez décidément comme deux gouttes d’eau. Caractère de cochon inclus…
– Que vient faire Donar, là-dedans ?
– Macro lui en fait voir autant qu’à toi.
Kaeso grimaça.
– Une façon polie de me dire que ce fils de pute a un problème avec « les gens comme nous » ? Ferait-il partie de ceux qui estiment que les sauvages de Germains que nous sommes sont indignes d’être considérés comme des citoyens romains à part entière ?
– Pas exactement. En fait, Macro a un problème avec tout ce qui n’est pas « dans les normes », Wotan. Ses normes à lui, s’entend. Pas vrai, Hélicon ?
L’Egyptien acquiesça avec un sourire entendu.
– Mon maître et moi-même soupçonnons ce bon préfet de vouloir jeter aux gémonies tout ce qui ne répond pas à ses exigences de normalité.
Kaeso fronça les sourcils et se tourna vers Caligula.
– De quoi parle-t-il ?
Son ami lui tapa sur l’épaule, railleur.
– Tu es trop beau, Kaeso ! Trop parfait ! C’est louche. A ses yeux, du moins. »

Dans la soirée, l’oncle de Caligula, Claude, souhaiterait présenter à sa famille et à ses amis sa dernière acquisition. Une statuette représentant la déesse Aphrodite sculptée par le célèbre Praxitèle. Une fête est donnée en cet honneur, sous la bonne surveillance des centurions et de Kaeso. Mais lors de la réception, un esclave intervient et hurle que la sculpture a été dérobée. Ce forfait sème aussi trois cadavres, le secrétaire de Claude et deux inconnus.

Entre l’insupportable Macro, les enlèvements des enfants, la disparition de la statue et les trois morts, Kaeso ne sait plus où donner tête ! Aidé de ses amis Caligula, Donar, Apollonius, de ses seconds Io, Matticus, Mustella et de sa cousine Concordia, il affrontera des assassins Egyptiens de la guilde des Frères d’Anubatos et rencontrera la plus célèbre des courtisanes, Pyralis, une collectionneuse d’art, obnubilée par les oeuvres de Praxitèle.

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Voyage dans la Rome antique à travers les enquêtes de Kaeso le prétorien, nous déambulons des maisons palatines les plus riches aux rues les plus obscures et sordides, avec le Tibre pour dépotoir. Dans cet épisode, nous retrouvons les personnages du livre précédent… En plus des noms cités ci-avant, il y a Ludius et son bel amant Mnester, Hildr la mère qui continue à autopsier les cadavres, Malah l’esclave d’Apollonius qui peut aussi se transformer en boucher et en porcher pour faire disparaître quelques indélicatesses de son maître… Tous évoluent dans l’histoire et l’auteur nous les rend encore plus intéressants et fascinants. Je pense que ce dernier opus raconte avant tout leur passé, leurs secrets, leurs désirs et leurs « démons ». Le style est toujours très vif, plein d’humour, de soties, d’esprit, sans ennui, avec des chapelets de jurons fleuris et des scènes coquines. Comme pour les deux autres tomes, j’aurais souhaité encore plus de mots, plus de pages… Alors Madame Rodriguez, à quand le prochain ? Je me languis déjà de… Io !!!
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Billet chez Somaja,
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praxitele-louvre

Tête d’Aphrodite du sculpteur Praxièle
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Meurtres sur le Palatin – Tome II

Challenge de Soukee, « Rome Antique »

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Tome I – Les mystères de Pompéi

meurtressurlepalatinMeurtres sur le Palatin
Cristina Rodriguez

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Après avoir élucidé les meurtres de Pompéi et déjoué un complot politique qui menaçait la vie de Caligula, son ami, le centurion Kaeso-Wotan Concordianus Licinus est retourné à Rome. L’empereur Tibère lui a rendu ses biens et donné une place dans la garde impériale avec un haut grade.

« – Poignardé à douze reprises au moins, soupira Kaeso d’une voix lugubre en passant une grande main élégante dans ses courts cheveux blonds.
– Et pas proprement, ajouta Matticus avec une grimace en tâtant la bouillie de chair sanglante que laissait apparaître la tunique lacérée. C’est pas des gars du métier qui ont fait ça, centurion… »

Kaeso, secondé de ses lieutenants Io, Matticus et Mustella, enquête sur un nouveau crime. Un gladiateur a été retrouvé, saigné sauvagement, dans la villa du mystérieux Apollonius, un oracle d’Apollon. Jeune éphèbe d’origine incertaine, tout le Palatin chuchote qu’il serait grec, sorcier, devin et « Beau comme le soleil ».
« – Il n’a pas de grec que le nez, c’est moi qui te le dis… » marmonne Matticus.
Le lendemain, Hildr, la mère de Kaeso, procède à l’autopsie et découvre sous la langue du macchabée un denier en argent. Dans la mythologie grecque, les défunts devaient s’acquitter d’une obole pour leur passage dans l’au-delà, la traversée du Styx.
Ses investigations le conduisent, du mont Palatin, où des palais fastueux de sénateurs et de dignitaires fortunés s’alignent, à Subure, le quartier le plus misérable et sordide de Rome. Dans ce bas-fond, la lie de l’humanité s’amuse et fréquente des hommes de tout âge, de toute situation et de tout vice. Et comme dans tous les royaumes, il y a un roi. Cet homme se nomme Marcus Gallus. Chassé de la garde prétorienne et fils cadet d’une riche famille qui avait soutenu Séjan, il a vu son père et son frère, faibles face au déshonneur, se suicider. Rongé de haine, il bâtit un empire et forme une armée dans le ghetto.
Les meurtres s’alternent ; gladiateur, sénateur, gladiateur… tous exécutés au couteau, mais de manières différentes. Jusqu’au jour où Subure est mis à feu et à sang.

Kaeso et Io vont sonder la moindre petite rue, secouer les pêcheurs de la taverne du Loup gris et pister le ou les tueurs, sans se douter que le fil conducteur se perd dans deux intrigues, « Par les couillons d’Arès ! » dixit Matticus.
La justice est parfois rendue d’une façon étrange, expéditive et sans moralité.
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J’ai été une nouvelle fois séduite par l’histoire, l’écriture, les personnages, notre centurion et Io. Je ne peux donc, que vous conseiller ce roman. La fluidité du ton est telle que nous arrivons vers les dernières pages du livre, beaucoup trop rapidement. J’aurais aimé prolonger ma lecture, m’attarder avec cette fine équipe. Dans ce second épisode, nous retrouvons nos comparses du premier volume « Les mystères de Pompéi » ; Caligula, Concordia, Ludius, Hildr… et dans celui-ci, nous faisons connaissance avec le truculent Matticus, Mustella, Mnester le jeune amant de Ludius, Apollonius et son esclave nubien Malah.
Je pense, j’espère, que l’auteure Cristina Rodriguez ne tardera pas à écrire une suite à cette série. Ce livre et son épilogue appellent une autre histoire.  

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Billet chroniqué chez Caro, Soukee, Somaja, Sharon,
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levioldetamarlesueur.
Peinture d’Eustache Le Sueur – Le viol de Tamar
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Un auteur et ses mots, 16

« Sur le bord de la route, les lauriers-rose offraient leurs corolles au soleil du début de l’après-midi. Entre les ronces, les mûres juteuses n’attendaient que ma main pour les cueillir et, au loin, le sommet du Vésuve pointait vers le ciel comme un hommage aux dieux, ses flancs généreux disparaissant sous les ceps noueux et les bosquets. Le parfum des treilles et des cyprès, auquel se mêlaient les légers effluves iodés de la mer toute proche, m’enveloppa. J’inspirai l’air vivifiant à pleins poumons tout en engloutissant les mûres grappillées sans descendre de ma monture.
La Campanie semblait plus soucieuse de m’apparaître sous son meilleur jour que moi de m’y installer et, pourtant, les dieux savaient qu’en cet instant je lui étais reconnaissant pour ces parfums et cette débauche d’espace. »

Les mystères de Pompéi
Cristina Rodriguez

Dessin des studios Gothika
Site Kaeso le prétorien 

Les mystères de Pompéi

Dans le cadre du challenge de Soukee, « Rome Antique »
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lesmystères de pompéi Les mystères de Pompéi
Cristina Rodriguez

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An 31 – Pompéi

Aux portes de Pompéi, le centurion Kaeso-Wotan Concordianus Licinus présente à un garde en faction ses papiers. Il est attendu par le préfet Septimus et l’influent Nerva, un vieil ami de sa famille, qui lui offrent la charge de la milice de la ville et l’opportunité de quitter Rome.
Prétorien, héritier d’un nom illustre, Kaeso a passé les onze derniers mois en prison. L’époque est instable, l’Empire Romain de Tibère, retiré sur l’île de Capri, est près du chaos. Des divisions s’opèrent au sein des praticiens, des trahisons, des complots, et Séjan, le préfet du prétoire, tisse une trame pour s’emparer du pouvoir. Kaeso, homme intègre et fidèle à la famille de Germanicus, père de Néro et Caligula, ses grands amis, se fait confisquer sa maison, ses terres et déchoir de son titre, le ravalant à un simple chef de la police.
Il arrive à Pompéi, escorté de sa mère, Hildr la guérisseuse et grande prophétesse, d’un esclave, Acarius, et de Io, son animal de compagnie, un léopard.

« – Wotan… Je crois que ton léopard se prend pour un chien.
J’acquiesçai, mortifié.
Io n’avait jamais fréquenté ses semblables. Élevée parmi les chiens de combat de garde prétorienne, elle était persuadée de faire partie de la meute et ne comprenait pas ce qu’il pouvait y avoir de terrifiant ou de bizarre pour un inconnu à voir un fauve sauter sur ses genoux, donner des coups de pattes pour réclamer des papouilles ou en administrer avec une langue qui vous donnait l’impression d’un rasage à vif avec une lame ébréchée. »

Son physique germanique, grand, blond, yeux bleus, hérité de sa mère, une Bructère, lui porte préjudice et l’assigne dans le rôle de l’étranger barbare. C’est avec ce regard que la plèbe l’accueille ; méfiante, craintive et sceptique. Dès le premier contact avec les soldats de sa caserne, Kaeso donne la cadence. Il faudra remédier à la paresse, l’indiscipline, la crasse, le désordre et l’inaptitude qui dominent ces hommes. Ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien d’intéressant dans cette ville, qu’il faut laisser installer l’incurie et la désinvolture. Dans la soirée, auprès du préfet Septimus et de Nerva qui le reçoivent chaleureusement, il se remémore avec eux des temps glorieux de batailles, d’expéditions, des amis communs… lorsqu’un esclave arrive bredouillant et effrayé…
« – Le centurion est demandé de toute urgence au Neptune, maître.
– Qui me réclame ?
 – Tes hommes, centurion… Il y a eu un… il s’est produit un… Enfin un…
– Parle, voyons !
– Un… meurtre. »
Un ivrogne est mort dans la cave d’une taverne. Accident ? Meurtre ? Kaseo ne tarde pas à tirer sa conclusion. C’est un crime.
La nuit s’installe. Après avoir ordonné ses injonctions, Kaeso, usé de sa journée, rentre à la garnison et s’endort aussitôt…
« – Centurion ! Centurion !
 Je tressaillis et ouvris les yeux. Un Marcus affolé me secouait comme un tapis poussiéreux sur le rebord d’une fenêtre.
 – Centurion !
– Mais enfin du calme ! Qu’est-ce qui te prend ? Le soleil est déjà levé ?
– Vite, centurion ! Il faut te rendre au petit forum !… Quelque chose de terrible… un temple a été profané !

 – Et que lui a-t-on fait de si terrible, à ce temple ?
– On y a tué un homme… »
En une nuit, la paisible ville de Pompéi s’attribue deux morts. Et si ce n’était qu’un début ?

Aidé de sa mère, une femme qui connaît le corps humain et qu’une autopsie ne répugne pas, assisté de Io, féroce et séductrice quand il le faut, secondé par ses soldats, des hommes volontaires, Kaeso se fera aussi épauler par Caligula, son ami, et Concordia, sa très belle et intelligente cousine venue de Rome.
De la fausse monnaie fait surface, des rumeurs de discrédit concernant Kaeso circulent, les cadavres vont s’amonceler, des empoisonnements, des suicides… et les questions vont fuser. Auraient-elles une seule réponse ou plusieurs ? Et si tout n’était qu’affaires de politique ?
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J’ai beaucoup aimé ce livre. L’auteur nous fait voyager dans l’Antiquité, au règne déclinant de Tibère, aux temps des persécutions, des procès politiques et des crimes sanglants perpétrés par Séjan. Nous visitons, avec Kaeso et Io, Pompéi, une ville à facettes, avec d’innombrables rues, quartiers défavorisés, des maisons riches aux fresques et mosaïques murales somptueuses. La ville subit quelques tremblements de terre, mais c’est quarante-huit ans plus tard qu’elle disparaîtra sous les cendres du Vésuve.
 Kaeso est le narrateur. Son ton est pertinent, moderne, avec un humour très ironique. Je me suis impliquée dès les premières pages. Je n’étais pas seulement spectatrice, j’étais le temps d’une lecture, un centurion. Cristina Rodriguez séduit le lecteur avec son écriture vive, érudite, agréable. L’histoire est captivante, les personnages principaux surprenants, historiques, beaux, plein de charme et certains seconds rôles également. Nous sympathisons avec beaucoup d’entre eux. Il me tarde de les retrouver dans le second volume des enquêtes de Kaeso. Quant à Caligula, encore jeune, l’amorce de sa folie se devine.
J’avouerai une seule déception, mêlée de jalousie… Je ne pourrai jamais avoir un léopard comme Io !
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Billets chez Somaja, Sharon, Asphodèle,
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