Les orphelins Baudelaire, Tome XIII

Une semaine de romans pour la jeunesse – 1

 

T1 – Tout commence mal – T2 – Le laboratoire aux serpents – T3 – Ouragan sur le lac
T4 – Cauchemar à la scierie – T5 – Piège au collège – T6 – Ascenseur pour la peur

T7 – L’arbre aux corbeaux – T9 – La fête féroce – T10 – La pente glissante
T11 – La grotte Gorgone – T12 – Le pénultième péril

 

La fin, Tome XIII
Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire
Lemony Snicket

 

Je me suis enfin décidée à lire la fin de cette série très originale et la lecture de ce dernier épisode ne fut pas des plus simples ! On en ressort les méninges épuisées. Mais comment a fait l’auteur pour s’y retrouver ? Soit l’intérieur de sa tête est bien compartimenté, soit c’est complètement azimuté !

Dans le dernier opus, nous avions laissé les orphelins Baudelaire avec le Comte Olaf à bord d’un bateau ; toujours sous l’emprise de ce diable d’homme ! Le narrateur Lemony Snicket en est dépité et compare leur histoire à un oignon, avec plusieurs couches de pelures et des torrents de larmes. Donc… en pleine mer et ne pouvant fuir ailleurs, les enfants sont obligés de voir le Comte Olaf se gargariser d’avoir détruit le VDC, heureux et rêveur sur un petit nuage… Mais dans le ciel, des nuages bien moins confortables annoncent une tempête qui va les secouer et pousser le bateau vers une île en le faisant échouer.
Rescapés de leur naufrage, les Baudelaire encombrés d’Olaf, sont accueillis par une petite fille qui s’appelle Vendredi. Elle raconte alors qu’à chaque tempête, un membre de leur communauté part en repérage sur la plage pour voir les objets que les vagues ont ramenés. Dirigée par un ancien, Ishmael le Grand Falcificateur, la société vit en autarcie depuis des années sans pouvoir regagner le continent.
Après une énième « bêtise », le Comte Olaf est banni et laisse Klaus, Violette et Prunille découvrir seuls ce nouveau monde régi par des règles très strictes. Malgré les sourires et les politesses de bienvenue, Ishmael leur fait bien comprendre qu’aucun écart n’est permis, sous peine de représailles.
Contraints de suivre les us de la communauté, les enfants essaient de s’acclimater et de profiter pleinement de cette quiétude toute nouvelle car on peut dire que depuis la mort de leurs parents, les péripéties et les tragédies se sont enchaînées ! Mais… (il y a toujours un « mais » dans leurs aventures)… leur répit ne sera que temporaire ; le Comte Olaf est toujours là !

 

Ce dernier tome est comme une récompense, comme si l’auteur tapotait le lecteur sur le dessus de sa tête en disant : « C’est bien ! tu as tenu le coup jusqu’ici. ». Parce que ce ne fut pas toujours une sinécure avec des épisodes de qualité variable.
Donc, même si l’écriture est farfelue et qu’elle demande beaucoup d’attention, on comprend petit à petit l’origine du VDC et l’implication des parents Baudelaire au sein de cette organisation secrète. Qui sont les Baudelaire, les Snicket et le Comte Olaf. Quant à la dernière page, la fin de « La fin », elle clôt une saga hors norme tout en laissant à l’auteur la possibilité d’en continuer une autre avec nos jeunes héros.
« Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire » n’ont pas été toutes désastreuses… alors je pourrais les recommander à un petit lecteur, lectrice, qui a le goût de la fantaisie, de l’alambiqué, du grotesque, et qui curieux cherchera à poursuivre vaillamment la lecture de ces treize volumes.

 

 

 

Hell School – Orphelins, T II / Insoumis, TIII

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Dans le vaisseau fantôme d’Halloween avec Hilde et Lou

Les mercredis BD de Mango

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Hell School, Rituels – Tome 1

bannbdhellschool Hell School – Tome 2. Orphelins – Tome 3. Insoumis
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

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Orphelins, tome 2

On les surnomme les bâtards. Bastien, Hina et Boris n’ont pas voulu suivre le rituel initiatique à l’Excellence Institut. Complétement exclus de la communauté lycéenne, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent en dehors des heures de cours. Ça semble idyllique présenté ainsi, mais le trio a quand même du mal à « digérer » ce bannissement. Trois ans à rester sur cette île… c’est démoralisant ! De plus, Bastien est obsédé par les deux garçons décédés accidentellement sur l’île. Le premier, Thierry Pichet, tombé de la falaise, le second, Patrick Garnier, tombé du ferry qui le ramenait. Un lien conducteur entre les deux, ils étaient des bâtards. Le mystère à élucider mettra certainement en cause l’institution et sa direction. C’est sur cette idée que Bastien fait part de ses soupçons à ses deux comparses. L’enquête doit être discrète et l’aide de Valérie, une lycéenne étrange, solitaire, serait précieuse.
De son côté, Franck, un terminal élu président du rituel, a ordre de mettre bon ordre à l’insubordination des bâtards. Une punition radicale est attendue… Trois rebelles, un nom sort… c’est Bastien.
Que vont découvrir Bastien, Hina, Boris et Valérie ?
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Ce deuxième volume dévoile une petite partie de l’intrigue et montre les personnages qui sont à la tête de l’institution. On ne connaît pas encore leurs desseins mais on comprend que Bastien est celui qui les dérange le plus. Orphelin, sans véritable tutelle ou parenté, il doit subir le châtiment. Comme dans le premier tome, le scénario raconte le courage, la solidarité et l’amitié des « bâtards » face à une organisation tyrannique, criminelle, dystopique. L’ostracisme est plus prononcé, la violence est à fleur de peau, mais des traits d’humour allègent la lecture.
La fin de cet épisode est surprenante… elle incite à se précipiter sur la suite…

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Insoumis, tome 3

Ce sont les vacances de la Toussaint, nos amis sont séparés. Bastien est en contact avec eux avec le téléphone portable. Parti à Lyon pour retrouver la famille d’un lycéen décédé, il fait une découverte capitale qui le renvoie à son enfance… Il ne retournera pas sur l’île !
Pourchassé par les sbires de l’organisation qui veut l’éliminer, Bastien devient un fugitif et essaie de survivre dans une indigence totale.
De retour à l’Excellence, Hina, Valérie et Boris font profil bas, continuent l’enquête et parviennent à informer Bastien de leur progression. Toutefois, c’est Bastien qui découvre le réel instigateur et son abominable projet.
Sur le bureau du directeur, deux papiers portent les noms de Hina et Boris. Franck doit en tirer un pour retrouver son honneur de président du rituel mis à mal après son échec… Il tire et c’est Hina qui est désignée. Cela sera sans pardon, s’il échoue une deuxième fois.
Les « bâtards » arriveront-ils à dénoncer l’institut et à stopper le manipulateur dans sa folle ambition ?

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Ce troisième volume clôt la trilogie, mais j’espère qu’une suite sera donnée car cette fin me laisse sceptique… Ça ne peut se terminer ainsi !
Nous retrouvons les « bâtards » assistés d’une quatrième amie, Valérie (l’équipe s’équilibre, deux filles, deux garçons !). Dans le précédent tome, l’ébauche d’une explication se dessinait, elle se développe donc tout au long de cet album pour se révéler à la fin. Du rythme, du suspens, de l’angoisse, l’action est menée par Bastien qui est traqué, menacé de mort et très impliqué. Difficile de vous parler du scénario sans vous en révéler l’essence, je resterai donc sibylline, mais sachez que pour conclure, cette série est bien construite, bien dessinée avec de belles couleurs et qu’elle plaira aux ados.
Pour en revenir à cette fin assez décevante, pas dans le dénouement mais plus dans la moralité (honnêteté, valeurs…), je souhaite que les auteurs la reprennent et nous offrent une histoire plus accomplie, plus en harmonie avec la personnalité des « bâtards »…. la dernière page nous le laisse supposer…

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Hell School, Rituels – Tome I

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Octobre sur le vaisseau fantôme avec Hilde et Lou BD du mercredi chez Mango

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Rituels, tome I
Scénario de Dugomier
Dessin de Ers
Colorisation d’Angélique Césano

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Septembre, les élèves prennent un ferry pour se rendre à leur pensionnat car l’Institut de l’Excellence est un lycée bâti sur une petite île de la Méditerranée. Sur le pont, Bastien, un garçon avec des dreadlocks, rencontre Hina, une fille aux cheveux bleus. Tous deux, forcés par leurs parents de s’y rendre, sympathisent et se questionnent sur cette école si distinguée…
Aucun des nouveaux ne peut se douter de l’ambiance particulière qui règne dans cette école privée… Le directeur les reçoit par un discours vantant le mérite de leur éducation, un enseignement qui forme les personnalités du pays, un privilège (gratuité de la scolarité) accordé que l’on doit accepter avec reconnaissance. L’accueil se termine par une réflexion sur le bizutage, « un rituel d’initiation » indispensable à l’admission. Les nouveaux sont appelés « les bâtards » et doivent obéir aux directives de leurs aînés. Dans les nouveaux, il y a Bastien, Hina, Boris et une étrange fille, Valérie, qui souhaite intégrer la bande que les trois autres ont déjà formée.

Le règlement intérieur est strict… Enlever la teinture bleue et les dreadlocks sont un premier pas vers le conformisme demandé. Il semblerait qu’aucune originalité, aucune initiative soit bien considérée. Franck, un étudiant élu président, veille à la bonne marche… Mais très vite, par leur attitude réfractaire, le groupe se fait remarquer et les sanctions ne tardent pas. La milice des « aînés » opère de jour comme de nuit, agressive, violente, forçant les insubordonnés à courber l’échine. C’est en voulant les fuir, qu’une nuit Bastien découvre sur la falaise une plaque commémorative… « A la mémoire de Thierry Pichet, décédé en cet endroit… ». En trouvant une photo scolaire du jeune Thierry, Bastien et Hina constatent qu’il ne portait pas l’écusson de l’école. Alors, une question s’impose immédiatement. Sa mort, aurait-elle rapport avec le fait qu’il n’est pas été adoubé en recevant le rituel ? Sans vouloir broder une histoire farfelue sur ce décès, les deux amis ont tout de même conscience que l’institution recèle une part de mystères, mais ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que la réalité est pire que ce qu’ils pourraient imaginer…

« – Jamais je ne marcherai au pas, Hina !
– As-tu vu comme ce paysage est beau ? Quel dommage que ce soit celui d’une prison ! »

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. J’ai trouvé cet album par hasard et je l’ai choisi, tentée par son titre et la couverture qui distillent détresse et frayeur… C’est Hina qui est représentée en premier plan. Cet épisode immerge le lecteur dans une ambiance inquiétante, implante le décor et dessine les personnages. Les auteurs dévoilent dès la première page la densité de l’histoire en révélant un fait capital qui s’est déroulé dix ans auparavant. Ainsi le ton est donné ! et nous pénétrons dans l’île avec toute l’appréhension requise… On peut comparer les lieux à un bagne pour enfants dont les aînés seraient les matons. Le cadre est paradisiaque mais on sait aussi qu’il est effroyable. Suivre pour survivre. Le scénario est bien construit, à chaque page on attend la tragédie, la violence est latente, à peine montrée et les mystères sont des ombres encore opaques. Qui sont vraiment les dirigeants de l’Institut de l’Excellence ? Hina, Bastien et Boris, des caractères forts, constituent un trio de frondeurs. Valérie, solitaire, fragile et instable, voudrait bien les rejoindre, mais dans ce volume, elle ne séduit pas du tout ses camarades… J’ai aimé l’ensemble graphisme et colorisation. C’est expressif, généreux et dynamique. Je ne sais pas si je peux me permettre de comparer, mais ça me rappelle des mangas.

Avis aux lecteurs de BD… J’ai un renseignement à vous demander. J’ai lu le billet d’un lecteur de Planet BD qui traduit bien ce que je pense. Il a écrit : « Tout est limpide et mystérieux à la fois, servi par une mise en scène percutante, qui nous offre quelques scènes superbes, comme cette planche 23 aux couleurs bleutées sous la lumière de la lune. » J’aurais aimé vous montrer cette planche n° 23, mais je ne sais pas comment la trouver ! Faut-il compter les vignettes ou les pages ?

La semaine prochaine, je lirai la suite… « Orphelins ».

. D’autres billets chez Planet BD,

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