Esprit, es-tu là ?


Octobre, challenge Halloween avec Lou et Hilde

 

Esprit es-tu là ?
Le fantôme de la bibliothèque

Elizabeth Cody Kimmel

 

Kate découvre pour ses treize ans qu’elle a le même pouvoir que sa mère médium ; elle arrive à voir les fantômes et à communiquer avec eux.
Dans leur nouvelle maison, elle n’ose plus inviter des copines depuis le jour où Vanessa, la fille la plus populaire du collège, a fui, poussée par les cris et les gémissements d’esprits en dérive.
Se sentant plus que jamais seule, inquiète de ce que pourrait raconter Vanessa auprès des filles satellites qui gravitent autour d’elle, Kate se rapproche d’une nouvelle élève qui transporte partout avec elle un violoncelle, plus grand et plus gros qu’elle !
Jac est une petite rouquine bien sympa, qui sous une allure classique de fille sage est moins timide et plus frondeuse que Kate. Très vite, toutes deux tissent des liens d’amitié, se confient leurs secrets et se rebaptisent Maestra et Mama Vaudou, suite à une manifestation surnaturelle dans la bibliothèque du collège.
Alors que toutes deux sont entrain de potasser des livres pour un devoir en commun, elles ont la surprise de voir un livre tomber au sol, comme expulser des rayonnages. Pas une, mais deux fois, car aussitôt rangé à sa place, le livre s’extrait à nouveau.
Ce livre est un album photos des anciennes classes de 1960. Autre génération, le vintage avec les coiffures « choucroute », « coupe en brosse » et les lunettes « papillon » les amusent sur l’instant, mais très vite l’atmosphère change en devenant plus solennelle. Les pages se tournent pour s’ouvrir sur le portrait d’une fille de dix-sept ans, Suzanne Bennis, décédée cette même année. Elle pose figée avec une flûte traversière ; deux tresses qui encadrent son visage translucide et un regard fixe. En mémoire de Suzanne Bennis… elle n’a même pas terminée son année scolaire.
Après le livre, c’est l’apparition de Suzanne qui se matérialise devant Kate. Son fantôme, triste et silencieux a besoin d’elle…
Maestra et Mama Vaudou vont faire des recherches sur cette fille étrange et tout faire pour l’aider à retrouver la sérénité.
Que c’est-il passé au collège en 1960 ?

« Esprit, es-tu là ? » est le premier tome d’une série qui raconte les aventures surnaturelles des deux amies, Kate et Jac. Dans un style simple et imagé adapté pour les jeunes enfants du primaire, l’auteur donne la plume à son héroïne qui nous raconte une histoire divertissante et attendrissante. Aux problèmes de l’adolescence, des amitiés au collège et de l’intégration, il y a ceux des fantômes.
Je recommande donc ce livre bien sympathique…

 

Une photo prise sur le site de l’artiste, Delfine Ferré

 

 

Rouge tagada

logo stvalentinLogo BD Mango NoirMercredi BD avec Mango et ses amis

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Une semaine Saint-Valentin

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Rouge-TagadaRouge Tagada
Auteur Charlotte Bousquet
Illustratrice Stéphanie Rubini

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Elle a ressenti une émotion dès qu’elle l’a vue. La fille était assise sur un banc devant le collège, seule, intimidée. La rentrée scolaire, ce sont les retrouvailles avec les copains mais ce sont aussi des rencontres nouvelles.
Dans la classe 4ème D, elle n’était pas dans le groupe des pimbêches, ni dans celui des « débiles ». Elle semblait observer. Elle ? C’est Layla, une fille superbe.
« Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça chez nous. »
Celle qui raconte sa rencontre avec Layla, continue sur les débuts d’une amitié dont la relation devient vite fusionnelle. Une amitié intense comme l’ont les jeunes de cet âge. Complicités absolues, sorties, confidences, soirées chez l’une, chez l’autre… cela avait commencé par leur passion du théâtre… Layla et Alex.
Puis à Pâques, Layla est partie en vacances chez son père. Là-bas, elle a fait la connaissance d’un garçon. Il était « trop » tout… trop beau, trop chou, trop top. Un « trop » qui agaçait prodigieusement Alex. Pire que ça… et cette souffrance faisait très mal…

Sur un journal intime, parmi les cœurs crayonnés avec le prénom Layla, Alex déverse sa tristesse. Leur amitié s’émousse, Layla devient une autre personne et Alex se retrouve seule. Jusqu’au jour où Layla lui demande un service. Et ce service… Alex va le lui rendre avec toute la générosité de son cœur… amoureux… dans un élan parfumé aux fraises Tagada. Mais les sentiments ne sont pas les mêmes chez les deux amies…

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Ils sont doux les premiers émois amoureux, ils transportent… Entre la bande dessinée et l’album illustré en forme de journal, l’histoire est racontée par Alex, une jeune fille qui a l’air bien dans ses baskets. Avec franchise et innocence, elle écrit son attirance pour  Layla ; un degré d’amitié qu’elle ne peut ouvertement avouer.
« Rouge Tagada » est un beau titre qui évoque les fraises qu’elles mangent goulument. Il est sucré et acide, coloré et pétulant, sensible et sensuel. Il est l’histoire de deux adolescentes qui se découvrent et expérimentent l’amour, Layla avec un garçon et Alex avec Layla. Amitié, tendresse, amour non partagé et cruelle conclusion.
Je vous recommande ce récit. L’homosexualité féminine est traitée avec finesse. Le personnage d’Alex est plein de fraîcheur, de volonté, et son énergie positive donne de l’optimisme à la dernière page…
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D’autres billets chez Moka, Marion, Au milieu des livres, CaroCéline, Jérôme, Le Carré Jaune, Noukette, SophieStéphie, Yaneck, Bianca,

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L’assassin est au collège

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« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I

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l'assassin est au collègeL’assassin est au collège
Marie-Aude Murail

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L’inspecteur Berthier vient chercher le professeur Nils Hazard pour une investigation discrète au collège Saint-Prix à Queutilly-sous-Doué. Depuis ses dernières énigmes élucidées avec succès, Nils peut être considérer comme un enquêteur perspicace. Il a la faculté de pénétrer les histoires et de les disséquer avec finesse et clairvoyance. Cette aptitude, il la partage de façon plus active avec la belle Catherine Roque, son élève, qui, désormais, reste à ses côtés en tant que secrétaire et… douce amie ! Dans ce duo, on peut dire qu’il y a « la tête » et « les jambes »…

Au collège, des mystères inquiétants perturbent l’ambiance et annoncent des incidents alarmants.On a retrouvé dans le casier du professeur d’histoire un paquet de copies corrigées avec du sang humain, le directeur Mr Agnelle reçoit des menaces, il en devient fou, et la petite Claire Delmas rédige des rédactions très étranges, où elle met en scène des meurtres à répétition.

Chargé de clarifier et de trouver l’origine de cette atmosphère morbide, Nils prend la place du professeur d’histoire en arrêt de travail pour dépression. Mais à peine arrivé, alors qu’il lit les messages anonymes reçu par Mr Agnelle, voilà qu’on annonce une défenestration ! C’est Claire, la petite sixième, qui a sauté par la fenêtre. Heureusement, elle n’a qu’une entorse, mais que s’est-il passé ? Les explications sont incohérentes, elle raconte une présence qui lui voulait du mal. Quelle est la part de l’imaginaire et celle bien réelle qui inquiète Nils ? Sans perdre de temps, il est propulsé au devant d’une classe de jeunes enfants perturbés, fantasques, indisciplinés, trop habitués à chicaner leur professeur. Face à eux, Nils a bien du mal à garder son calme, mais le soleil lui vient en aide… un rayon et le cours commence, captant l’attention des jeunes zouaves… « Du temps qu’il vivait sur la Terre, dans son château d’Héliopolis, le Seigneur Râ, chaque matin, ouvrait les yeux et c’était l’aube… ».

Du côté des professeurs, toutes les personnalités sont rassemblées, la walkyrie, le névrosé, le maladroit, le sympa, et font bon accueil à Nils qui reste vigilant. Le « perturbateur » est peut-être dans la salle des profs !
Faire connaissance avec tout ce monde, repérer les lieux, entrées-sorties, des salles de classe, au réfectoire, en passant par les chambres des pensionnaires au deuxième étage, s’imprégner de l’environnement mais aussi de l’ambiance et des petits secrets des uns et des autres, Nils s’implique totalement dans l’enquête. Rien est fait encore, mais il sait qu’un assassin rôde. Ce pressentiment se concrétise lorsqu’il découvre une petite bouteille portant une étiquette « curare » ; poison ou simulacre ?
Vite… il va falloir surveiller de jour comme de nuit l’établissement et dépêtrer cet embrouillamini d’ombres.

Sur les lieux, arrive Catherine Roque, charmante cantinière au service des ventres affamés et de son mentor Nils Hazard…

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Dans ce deuxième tome, je retrouve les héros de Marie-Aude Murail avec plus de plaisir que je n’aurais cru. L’histoire conductrice du premier volume était surprenante dans sa construction et ses personnages, je ne m’attendais pas à cela et je me suis montrée critique. Pour cette suite, je le suis beaucoup moins car j’ai aimé. Le style, sans parler de l’écriture intelligente de l’auteur, est très accrocheur car l’intrigue mêle une palette de sentiments et d’allants ; angoisse, fébrilité, émotion, humour, action. Il a également un petit air vintage des romans de la bibliothèque verte qui se combine à une opacité qui n’a rien de puérile.
Nils Hazard, professeur en étruscologie, a un charme particulier, entre le pataud et le désuet. Dans les situations périlleuses et dans les moments de tendresse, c’est là qu’il est le plus comique et le plus attendrissant. Catherine Roque, bien qu’amoureuse, ne le ménage pas. Il en sort des scènes cocasses et enflammées… ils ont la répartie mordante facile, c’est un jeu entre eux.
Conclusion… je recommande ce début de série. Le premier est indispensable pour comprendre la double personnalité de Nils dont l’indifférence et l’ironie affichées ne sont que façades et ce second tome qui donne le ton des épisodes à venir, ni enfantins, ni trop tragiques, et vraiment déconcertants.

Je compte poursuivre avec mon amie de lectures communes Nahe, avec « La dame qui tue ».
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Des billets chez Nahe, Sharon,

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râAtum Râ

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