Chine 365 us et coutumes

Chine 365 us et coutumesChine, 365 us et coutumes
Sophie Francoeur et Anne-Marie Cattelain Le Dû

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Ce petit livre aux « 365 us et coutumes » mêle deux civilisations, la Chine d’hier de Confucius à celle d’aujourd’hui si trépidante. Enluminé par de belles illustrations colorées, dragons, fleurs, rosaces géométriques, il avive nos sens et notre spiritualité.

Pays secret, Empire Céleste, le voyage nous convie à lire cinq parties…

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Vie en société
« 35. Oups !
Si dorénavant la bienséance veut qu’on mange sans déglutir bruyamment et sans roter, les Chinois, même éduqués, continuent d’affirmer qu’il est impossible de manger sans émettre des bruits naturels. »

Histoire de famille
« 85. Le bon moment pour le mariage
Aujourd’hui encore, beaucoup de jeunes Chinois, sous la pression de leur famille, consultent un astrologue pour qu’il fixe la date de leur union. Un calcul qui prend en compte le signe astrologique de chacun des fiancés. »

Culture et loisirs
« 161. Parfum d’ambiance
Un calligraphe peut utiliser de l’encre en bouteille mais il préfère la délayer lui-même à partir d’un bâton à encre. Cet exercice prend du temps mais permet de se concentrer, de se couper du monde. Et le parfum particulier du noir de fumée de sapin servant à fabriquer le bâton crée une atmosphère propice à la calligraphie. »

Croyances et fêtes
« 196. Slogans à tout-va
Des slogans officiels ou de sociétés privées sont affichés partout. En général ils se composent de deux parties, chacune répondant à l’autre en termes de grammaire
et de caractères, tels que : « Ne pas oublier le peuple quand on administre les affaires politiques ; ne pas oublier la probité quand on est au pouvoir » ; ou encore « L’ensemble du Parti participe au mouvement de construction et de conquête ; l’ensemble du peuple construit une ville civilisée. »

Vie privée
« 294. Le Tigre téméraire et sensible
Déterminé, courageux, séduisant, charismatique, le Tigre est aussi versatile, sujet aux sautes d’humeur, au stress, ultrasensible, ce qui lui vaut des inimitiés. Il est le roi terrestre. »

Un art de vivre, une philosophie, de la sagesse… Chaque jour, on peut s‘amuser à méditer ce qu’il nous révèle.
Dans la même édition, vous trouverez le Japon, le Maroc et l’Inde. Ça peut faire un sympathique cadeau en début d’année.

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Le maître des estampes

logo illustrations« Animaux du monde » de Sharon
« Je lis des albums » d’Hérisson


Une semaine d’illustrations, du 26 janvier au 01 février

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Le maître des estampesLe maître des estampes
Dedieu

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« Un riche mandarin de la prospère province du Siam » admire chez un ami une estampe. Saisi par la beauté du dessin, il propose de la lui acheter ! La réponse est négative, mais il s’en retourne chez lui avec le nom et l’adresse de l’artiste.
Ne perdant pas de temps, le mandarin se rend chez le maître des estampes pour lui commander un dessin. La tractation se fait moyennent un délai de six mois et la somme de cinq mille yens, la moitié payable d’avance.
Pour l’artiste et celui qui a passé commande, la notion de temps n’est pas la même. L’un s’impatiente, l’autre puise son art dans la contemplation et la méditation.
Le jour venu, après tous ces mois, le maître amène un rouleau de papier vierge qu’il déroule devant le regard surpris du mandarin très agacé. En quelques coups de pinceau, l’œuvre prend vie et subjugue. C’est un petit écureuil qui descend d’une branche de bambou… magnifique !

Le conte aurait pu s’arrêter à la satisfaction des deux parties, mais l’histoire prend une autre tournure lorsque le mandarin refuse de s’acquitter du restant de la somme demandée ; le maître n’ayant mis que quelques minutes pour tracer l’estampe. Que pensez-vous que le maître fit ?

La fable a sa morale, belle, sensible, spirituelle et d’une honnêteté très digne. La vraie valeur de l’art ne se trouve pas que dans le dessin, elle est aussi dans l’étude et l’inspiration. Pour reproduire la vie, la beauté, il faut d’abord l’approcher, l’analyser et l’apprendre. Pour le maître d’estampes, l’imagination ne suffit pas pour rendre la perfection.
(Cette philosophie peut-être discutée… mais ça serait s’éloigner du message.) 
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Si je devais décrire en deux mots ce conte illustré, je dirais élégante sobriété. L’auteur a su traduire son histoire avec des dessins rappelant la pureté des estampes et en ne colorisant que les tissus des kimonos. Il se rapproche des maîtres qui ont avant lui tracé à l’encre des histoires dessinées. Douceurs, harmonie, grâce, réflexions, intériorisations…
Les personnages sont des animaux. Le mandarin est un cochon bien gras, cupide et fat. Le maître est un renard, dont la posture est droite, altière.
Dans la dernière partie du livre, Dedieu nous offre des esquisses de son cahier d’études. Crayon, encre, un écureuil est saisi sur le naturel. Il montre la dynamique de ses observations, le détaille, l’apprivoise, et finit par rendre au pinceau la moelle essentielle de sa morphologie et de sa quintessence.

Je vous recommande ce beau conte illustré…

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L’Esprit du Temps – I

La BD du mercredi chez Mango

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L’Esprit du Temps
Tome I
Benjamin Lacombe

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Au Japon, la princesse Setsuko, seize ans, est en âge de se marier. Son père, aimant et généreux, lui accorde le droit de choisir son promis.
En ce jour d’attente, où elle espère voir son ami d’enfance Xao Ping, futur empereur de Chine, qui revient d’une absence de trois ans, elle reçoit la visite de l’un de ses plus fervents admirateurs, le prince Daïo. Refusant ses cadeaux somptueux et sa présence, Setsuko se montre impatiente et guère prévenante, en abrégeant la visite et en se réfugiant auprès de son père l’empereur, à qui elle dévoile ses sentiments pour un autre.

Xao Ping revient pour une très belle raison. Il demande la main de la princesse de son coeur, Setsuko. Cette union est bénie et fait le bonheur des deux jeunes gens.

L’histoire de cette hyménée s’arrêterait certainement à « ils vécurent heureux… », si le prince Daïo ne voulut pas se venger… Sous les traits d’un séduisant personnage se cache le dieu de la mort Daïtoku qui ne supporte pas l’affront.
Le soir même, alors que Setsuko essaie son kimono de mariée, elle subit les représailles en devenant invisible et en disparaissant dans une prison-palais.

Le temps n’a plus la même valeur et c’est en s’échappant de la forteresse que Setsuko s’aperçoit que deux siècles ont passé. Pour retrouver la matérialité de son corps, elle devra accomplir un acte qui semble impossible.
Seul l’Esprit du Temps peut l’aider…

« Ma chère et tendre Setsuko,
Tu as eu l’insigne honneur que je te choisisse pour femme. Ce temple m’est dédié à moi, Daïtoku, dieu de la mort. Il est dorénavant ton abri pour l’éternité. Tu ne peux en sortir qu’en prenant possession d’un corps qui rentrerait dans le temple. Afin que ton absence ne soit pas trop longue, tu as le temps que la lune soit pleine pour revenir. Dans le cas contraire, le corps me reviendra de droit, tu es désormais un esprit éternel et immatériel. Dès que tu rentres en contact avec un humain. Le seul moyen pour toi de te rematérialiser définitivement est de donner à l’être que tu aimes un baiser d’amour.
Tu dois donc m’aimer !
Daïtoku »
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Ce conte est paru en 2003. Benjamin Lacombe s’est essayé à la bande dessinée et a oeuvré en tant que scénariste et illustrateur. Il raconte à la fin de son album que ce premier tome est un prologue. Son esprit du temps, dans une première époque, narre l’innocence, la candeur de Setsuko, et le châtiment de Daïtoku. A travers les siècles, il entrainera le lecteur dans des thèmes plus ancrés dans l’Histoire et « les problématiques du Japon » : racisme, l’arrivée des Portugais au XIVème siècle, les croyances, jusqu’à « la seconde guerre mondiale avec le fanatisme et les propagandes ».
On retrouve l’univers de l’auteur dans sa poésie, sa mélancolie et les thématiques de l’amour, la mort et l’éternité. Aux saveurs de l’Asie, du folklore, des fables mythologiques, on est dans le rêve et le fantastique.
De son dessin, après différentes études, il en a saisi « l’essentiel ». Sa facture graphique épurée se pare de rondeurs. Si ses extérieurs sont des estampes, il marie le reste à des formes plus modernes qui rappellent certaines animations. Ainsi, je trouve que Daïtoku et son génie ressemble à des personnages de Dragon Ball Z !
Les traits sont expressifs, harmonieux et diligentent des mouvements gracieux, aériens.

Un peu surprise au début par cette imagerie qui ne me rappelle pas les autres illustrations de l’artiste, j’ai pris plaisir à lire cette histoire et à dévorer des yeux les vignettes. J’ai hâte de lire la suite.


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