La princesse Élodie de Zébrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi…

Un livre offert par l’auteur, Pierre Thiry

 

princesse Elodie 1La princesse Elodie de Zébrazur et
Augustin le chien qui faisait n’importe quoi
Texte de Pierre Thiry
Illustrations de Samar (dessinatrice) et Hani Khzam (graphiste)

 

Dans le monde « Il était une fois » de Pierre Thiry, conteur et poète, vivent des lapins, Isidore Tiperanole, et une princesse qui se nomme Élodie de Zébrazur toujours accompagnée de son chien Augustin qui faisait n’importe quoi.
Augustin porte bien son nom car il n’arrête pas de faire des bêtises ! Au château, il fait le désespoir de la gouvernante Madame Brichard, la fée du logis qui astique et range en permanence. A la ville, il se comporte comme un malotru en prenant, ou volant, tout ce qu’il veut. A la plage, il court après les mouettes, ennuie les crabes et fait fuir la sirène Sapience de Pressiozitédémerode. Puis à la campagne, il perturbe les vaches qui pour se débarrasser de lui, le chargent comme des taureaux !
Non, mais vraiment, n’importe quoi !!!
Vous pensez bien alors, que la princesse Élodie ne sait plus quoi faire ! Mais Augustin, très mignon, reste un bon compagnon… et tout est bien qui finit bien car il apprendra que « dans la vie on ne peut pas faire n’importe quoi »

Cette histoire est à lire aux jeunes enfants qui s’amuseront des multiples mésaventures d’Augustin. Dans un effet à répétition, elles sont comme le refrain d’une comptine. Augustin est un petit chien affectueux et tout fou. Dès qu’il est réveillé, il part truffe au vent vers d’audacieuses et hasardeuses péripéties. Pas facile de le suivre, mais avec lui, on ne s’ennuie pas, et l’enfant, après avoir ri, s’endormira sur une note plus douce, plus apaisée, car l’auteur nous invite à écouter « le bruit des vagues et le chant des coquillages… infinité de merveilles. »
Petite surprise, l’enfant aura le plaisir de colorier les nombreux dessins qui illustrent le conte.
Je vous recommande ce petit livre, drôle, heureux et plein de poésie.

 

princesse Elodie 2

 

 

Le chien des Baskerville

3123380775Octobre en Halloween avec Hide et Lou
Des polars chez Sharon
Une lecture commune avec Belette qui a vu une adaptation télévisée et qui a lu le livre.

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le-chien-des-baskerville-699436Le chien des Baskerville
Arthur Conan Doyle

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Cette histoire est à lire par un après-midi pluvieux d’octobre, sous un plaid, dans le jour déclinant. Munissez-vous d’une tasse de thé ou d’un chocolat bien crémeux pour vous réconforter…

A Londres, le brouillard est épais et le vent d’octobre est froid. James Mortimer, un médecin de campagne, vient demander conseil à Sherlock Holmes qui se trouve en compagnie de son ami John Watson, au 21 Baker Street. Il introduit sa requête en louant les qualités du détective… « A un esprit féru de précision scientifique… Mais chacun reconnaît que vous êtes incomparable en tant qu’homme pratique ». Car l’affaire qui l’amène tient d’une chimère datant de 1742.

Installé dans le Devonshire depuis son mariage, Mortimer a eu pour patient et ami Sir Charles Baskerville, un baronnet qui a su rétablir la fortune de sa famille que des ancêtres avaient dilapidée. Propriétaire d’un manoir sis sur des hectares de landes, à sa mort, il laisse un bel héritage à un neveu Canadien. Les questions étant… Doit-il montrer à Henry les écrits qui narrent la légende des Baskerville et doit-il raconter l’étrange décès de son oncle Charles. Le vieil homme qui avait le cœur fragile est mort d’une crise cardiaque, la nuit, sur la lande boueuse. Il avait pour habitude le soir de se promener dans une allée d’ifs devant le manoir, mais Barrymore le majordome a retrouvé son corps dans une direction opposée. Un bohémien a témoigné qu’il avait entendu des cris et lorsque Mortimer a dû confirmer la mort, il a découvert sur le visage de son ami un rictus d’épouvante qui le défigurait ; à ses côtés, « des empreintes d’un chien gigantesque ».
La malédiction ! Sherlock Holmes convie Mortimer à lire le manuscrit relatant cette damnation qui se rattache aux Baskerville depuis des siècles… Hugo Baskerville était un être foncièrement méchant. Une nuit, après avoir enlevé une jeune paysanne pour lui faire subir des outrages, il a été retrouvé, égorgé par un chien monstrueux venu des enfers. Trois de ses amis qui l’accompagnaient avaient décrit la bête
et traumatisés, avaient perdu, l’un la vie, les deux autres leur raison ; « … immonde, une grosse bête noire, bâtie comme un chien, mais bien plus grande que n’importe quel chien… »

L’histoire est passionnante et inquiétante, un chien diabolique et une lande battue par les vents. Elle titille l’ardeur de Holmes qui commence à analyser les faits. Il propose à Mortimer de rencontrer Henry le lendemain et de ne rien lui dévoiler durant les vingt-quatre prochaines heures. Watson appelle cette phase indispensable à Holmes « l’intense concentration mentale ».
Ce ne sera alors que le lendemain dans la soirée que tous se retrouveront dans le salon du détective pour structurer l’enquête.
Holmes restera à Londres et Watson partira avec Henry Baskerville et James Mortimer dans le Dartmoor. Il lui écrira des rapports les plus détaillés possible.
« – L’endroit doit être sauvage.

– Oui. Si le diable désirait se mêler aux affaires humaines…
– Tiens ! Vous penchez maintenant pour une explication surnaturelle ?
– Les agents du diable peuvent être de chair et de sang, non ?… »

D’après les prémices de quelques petites investigations, Holmes peut déclarer que la nature du crime n’est pas si surnaturelle qu’on nous le laisse croire. Et il est à prévoir que le chien des Baskerville se manifestera encore…

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Cette enquête, de trame assez classique, est l’une de mes préférées. Même si Sherlock Holmes n’apparaît que vers la fin, on l’imagine tout au long de la lecture, dans l’ombre de Watson, prêt à intervenir. L’ambiance et les décors rendent l’histoire captivante. Les landes sauvages et rudes sous des cieux automnaux, des nuits funèbres, des cris perçants d’oiseaux de proie, et beaucoup de solitude. La nuit dans le manoir, Watson guette le moindre bruit, la moindre lueur, et nous de même ! Tout le monde semble suspect et on attend avec impatience de lire le moment où la bête sortira de son trou. Superstition, crédulité, vieille légende, monstre diabolique et être despotique inspirent les criminels. Je précise que même Holmes aura des frissons de peur…
Il me semble qu’Agatha Christie s’est inspirée de certaines scènes pour étoffer une des enquêtes de Poirot. Un tableau, une ressemblance, nous rapprochent  du dénouement.
Une très bonne histoire que je vous conseille !

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Adaptation cinématographique

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Kachtanka, un conte russe

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« Animaux du monde » de Sharon, « Des contes à rendre » de Coccinelle, « Il était une fois… » de Bianca et « Il était deux fois Noël » avec Chicky Poo, Samarian et Petit Spéculoos

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kachtankaKachtanka
Un conte russe
Une histoire d’Anton Tchekhov
Des illustrations de Gennadij Spirin

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Dans le froid et la neige de l’hiver, après son travail, le menuisier Louka Alexandritch a besoin d’un petit remontant, et à la nuit tombée, dans son monde éthylique, il oublie qu’il n’est pas venu seul…
Boule de poils, roux comme un renard, saisie par le froid, apeurée par une fanfare et son régiment militaire, sa petite chienne Kachtanka fait un écart et se retrouve perdue sur les trottoirs enneigés. Abandonnée dans les rues, craintive, elle se blottit contre une porte. Cette entrée est celle d’un homme rondouillard qui en rentrant chez lui, prend pitié de la petite forme grelotante.
Reconnaissante, Kachtanka suit l’inconnu et pénètre un intérieur bien différent de celui de la menuiserie. Alors qu’elle se repose sur un tapis confortable, elle repense à Louka et à son fils Fédotchka, celui qui aime tant l’embêter ! Finalement, elle est bien ici !
Après une belle nuit, au petit matin elle se décide à visiter ce nouvel univers. C’est en pointant le bout de sa truffe dans une pièce de l’appartement qu’elle fait la connaissance des autres hôtes de son logeur… Fiodor Tomoféitch, un chat blanc, et Ivan Ivanitch, un jars gris. Le tohubohu est tel qu’il réveille son nouveau maître.
Pour commencer la journée, celui-ci, ne connaissant pas le véritable nom de la petite chienne, la rebaptise Tiotka et lui présente ses nouveaux compagnons. Une truie fait alors son apparition, Madame Khavronia.
Kachtanka va découvrir une ambiance étrange et une animalerie prête à réaliser toutes les pirouettes qu’on lui demande ; sauter, faire la révérence, la pyramide égyptienne… une vraie école !

Sera-t-elle prête à intégrer la ménagerie savante et suivre les consignes de son nouveau propriétaire qui travaille dans un cirque ? Car dans ses rêves, Kachtanka a la nostalgie de ses anciens amis, des bruits de rabots et des odeurs de sciures.
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Cet album est à lire, à feuilleter, pour les illustrations de Gennadij Spirin.
Le conte de Tchekhov, datant de 1887, est une courte et belle histoire car on partage avec émotion l’aventure de Kachtanka, mais la fin laisse un curieux sentiment. Où veut nous mener l’auteur ? Il souligne dans le dénouement la fidélité de la petite chienne pour son ancien maître. Avec le menuisier, elle était plus libre, mais moins choyée, plus chahutée par le fils qui se conduisait comme un tyran… un gamin impétueux. Avec le cirque, la petite chienne est contrainte à un travail de performances, mais elle est câlinée, gâtée, et a été adoptée sans difficulté par toute l’équipe. Alors, pourquoi donner à son aventure l’impression d’avoir été « un long cauchemar confus »  ? J’aimerais bien connaître l’avis d’un enfant !
Côté illustrations, c’est un vrai plaisir de découvrir les dessins de Spirin. Ils sont toujours aussi beaux, expressifs, détaillés, empreints de couleurs douces, riches, chaudes, slaves.
Un album qu’on pourrait déposer au pied du sapin…

Vous découvrirez d’autres dessins de Spirin avec « La princesse Grenouille », « Philipok » et « La princesse qui ne riait jamais ».

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Prenez soin du chien

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« Animaux du monde » de Sharon

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Offert par Asphodèle pour notre SWAP

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Prenez soin du chienPrenez soin du chien
J.M. Erre

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Le 1er juillet, à Paris,
Dans la rue de la Doulce-Belette, dans le 9ème arrondissement de Paris, la concierge de l’immeuble, Mme Ladoux, appelle la police. On a assassiné Mlle Chiclet, une gentille dame de soixante et un ans…

Le 15 septembre, au même endroit…
Max Corneloup a aménagé dans l’appartement de la défunte Mlle Chiclet. Il serait bien si son voisin du bâtiment d’en face ne l’épiait pas à longueur de journée. Ce qu’il ne sait pas, c’est que cet indiscret, Eugène Fluche, dit la même chose de lui ! Ils se surveillent mutuellement, s’en agacent, et le notent. Leurs exaspérations tournent à l’obsession et bien vite, ils se livrent à une surenchère de mesquineries ; dans leur guerre, pas de pitié.
A travers leurs écrits, nous rencontrons leurs voisins, leurs concierges, leurs vies, leurs particularités. La fantaisie, une certaine exaltation un peu folle, un peu niaise, sont des caractéristiques communes à tous.
Entre les faits retranscrits par Corneloup, Fluche et les correspondances de Mme Ladoux à sa maman, une autre personne s’immisce dans le récit et relie les liens. Cet inconnu narrateur qui garde ses distances, s’amuse de l’ambiance et semble scénariser le tout.

D’une humeur de cour de récréation, gamineries, rancœurs, clabaudages et rivalités, tout change au second meurtre. Que se passe-t-il ? Qui est l’instigateur de l’histoire ?

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« Prenez soin du chien » est un roman manipulateur… Malgré un début inquiétant et morbide, l’auteur nous balade dans une comédie loufoque et amère, dont l’humour, même s’il est noir, est bien drôle. Les histoires qui se télescopent sont abracadabrantes, le bizarre est risible, et cependant, on perçoit une angoisse en sourdine qui nous tient vigilant… Vigilant ? Vraiment ?… Je peux vous certifier que vous tomberez des nues dans les pages finales ! Bouche bée, sourire en coin, partagé entre deux sentiments, indignation et ravissement, on se joue de nous et on applaudit. L’auteur a une plume intelligente, malicieuse et surtout, une belle imagination. Comme il le fait dire, un écrivain est maître de son livre et son évolution se fait selon son bon vouloir.
La trame est rouée, vicieuse, elle ficèle le lecteur dès la première page, sans qu’il le sache. C’est : machiavélique !!!

PS pour ceux qui l’ont lu… Pauvre Hector !

Je vous recommande ce livre ++

D »autres billets chez Miss Léo, Keisha, Liliba, Argali, Alex, Somaja,

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