Noir roman

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La couleur de l’archange, T1
Fauve, T2
Bleu sang, T4

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Tome III
Viviane Moore

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Septembre 1144,

La brume est aussi épaisse qu’un mur. Dans les marais, seul le diable peut s’y risquer. Exploitants d’une des tourbières du Yeûn, Rensulf et son fils partent braconner… et c’est en cherchant les pièges, que le jeune Maloù découvre le cadavre d’un enfant.

Le chevalier Galeran de Lesnevin revient sur ses terres, pays de Léon en Bretagne, après une absence de cinq ans. Avec Quolibet son hongre, il part en quête des souvenirs. Bien des choses ont changé sur le domaine mais c’est avec une nostalgie heureuse qu’il retrouve ses anciennes activités avec ses amis et la tendresse de ses parents.
De retour d’une promenade, il a la surprise de recevoir un message du seigneur de Huelgoat qui lui demande son aide. L’affaire doit être sérieuse car sinon Broérec ne l’aurait pas appelé. Compagnon d’armes au service du duc de Cornouailles lors de la guerre entre Conan III et Robert de Vitré, ce guerrier fougueux avait une approche du combat différente des autres, moins chevaleresque, plus « paysanne ».
C’est un peu contraint par une dette morale, Broérec lui a sauvé la vie lors d’une embuscade, que Galeran se rend en Basse Bretagne, dans les marais de l’enfer.

Une tour fortifiée, des passerelles de bois, un pont-levis, un vent glacial et des suppliciés forment un tableau d’accueil. Galeran apprend que le château est presque en état de siège à cause des menaces des gens du pays. Depuis quelques temps, des enfants sont retrouvés morts dans les eaux stagnantes du Yeûn et Broérec, colosse blond, aux traits taillés à la serpe, au caractère sauvage et martial, son fils Drogon, cruel et grossier, sont les coupables désignés.
Sur l’honneur, Broérec jure à Galeran qu’il n’est pas le coupable et le chevalier enquêteur le croit. Les enfants portent des marques de flagellation, d’entraves et une couleur bleue teinte leurs gencives.

« – Écoute bien ceci, Broérec, j’accepte de t’aider, mais sache que si je découvre que c’est toi qui a tué ces gosses… alors je n’aurai de repos avant que de t’avoir passé par le fil de mon épée. »

Une atmosphère malsaine règne sur ce pays taiseux et sur le château. La violence impose son joug, la folie n’est pas loin. Il est temps de lever les secrets et de chercher le pardon pour les fautes du passé.

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Cette enquête se passe au XIIème siècle, dans les Monts d’Arez. Troisième tome de la série, Galeran a vingt-sept ans. Il a acquis une sagesse que tout le monde honore et est devenu l’un des plus brillants enquêteurs du royaume, apprécié par les grands seigneurs et Aliénor d’Aquitaine.
L’intrigue donne plusieurs personnages à suspecter, au château comme au village. Tous ont des comportements étranges. Les fils de Broérec ont des caractères différents. Jestin est doux, Drogon est sanguinaire. Thustan, le valet de Drogon, est fourbe et tout aussi violent que son maître. A Lannedern, le moine clunisien Withénoc, silhouette sombre et étrange, est accompagné d’un jeune berger Kaourintin qui embrigade des enfants pour partir à Jérusalem, en Terre Sainte. Dans les bois, Hoël, le bâtard de Broérec, crie vengeance pour sa mère et ne cache pas sa colère contre le seigneur de Huelgoat… Sans oublier d’autres figures que l’histoire fait apparaître petit à petit, élargissant le cadre de l’enquête jusqu’à retrouver et réveiller des âmes du passé.
Comme dans les autres livres, une carte du paysage est dessinée permettant une meilleure visualisation du territoire, et en pages finales, nous retrouvons les recettes de dame Hermine ainsi qu’un lexique médiéval.
J’ai aimé reprendre les aventures de Galeran et n’ai rencontré aucune déconvenue. Le jeune homme évolue d’une façon fort séduisante. Quant à l’enquête, elle est sans ennui, du genre à captiver le lecteur qui ne peut interrompre sa lecture.
Viviane Moore raconte bien cette époque, le voyage dans le temps est garanti ! En lisant ce livre, j’ai parfois songé à « La princesse noire » de Serge Brussolo qui est un maître dans le polar historique et fantastique et ça m’a donné envie de le relire.

Une série et un auteur à recommander !

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Photo prise sur un site breton

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La louve et la croix


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La louve et la croix
S.A. Swann

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En l’an 1221, dans la forêt du Burzenland, au sud des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l’ordre de l’Hôpital Sainte-Marie-des-Allemands de Jérusalem, traque une bête. Sur le chemin, les cadavres démembrés de ses frères d’armes sont  comme des petits cailloux semés jusqu’à sa tanière. Sous sa cotte de maille, son sang pulse avec vindicte et sa rage est sans limite. « Pater Noster », il fera tout pour la retrouver, « qui es in caelis » et il la châtiera, « Sanctificetur nomen tuum »… Sondant l’obscurité et les abysses de la grotte, il perçoit une respiration ; la créature démoniaque est là, elle l’attend, « sed libera nos a malo. » Délivre-nous du mal, Amen.
Le combat s’engage avec le fruit de Satan. Un loup gigantesque monté sur un corps d’homme se jette sur lui et s’empale sur la dague d’argent, l’éclaboussant de tripes et de sang.

An 1239, dix-huit ans plus tard, le jeune soldat Manfried, au service de Dieu et de l’Ordre, est de garde. Sa conscience le tourmente. Derrière la porte du cachot, il entend les gémissements de douleur de la prisonnière et ses suppliques pour avoir un peu d’eau. Il ne voudrait pas passer outre les consignes et désobéir à Erhard le Landkomtur, mais la charité chrétienne ne peut être sourde à ces plaintes. Il a bien essayé d’étouffer le son de cette douce voix légèrement voilée, rester inflexible à la pureté de son chant, mais cette insensibilité le dévaste. Faisant fi des recommandations, il ouvre la porte et voit une forme recroquevillée au sol, nue, vautrée dans ses immondices et attachée à une lourde chaîne.
« – Par le Christ ! Notre ordre n’est-il pas celui de l’Hôpital Sainte-Marie ? Pas même un païen impénitent ne devrait être laissé sans soins, avec des blessures purulentes. »
Günter Sejod, le sergent de la garnison, se réveille en sursaut au son de la cloche qui donne l’alarme. Quelqu’un a ouvert la porte de la cellule perdue au fin fond de la terre. « Quelqu’un avait brisé les scellés d’argent. » La surprise créant un désordre, tous se retrouvèrent courant le long des couloirs, descendant les marches abruptes et glissantes du donjon, les conduisant aux oubliettes.
« – Manfried ! Sors de là ! »
L’avertissement est donné trop tard. La créature tenait Manfried.
« Il ressentit alors une atroce douleur qui lui coupa le souffle. Il porta la main à son épaule et tomba à genoux… La seule chose qu’il sentit sous ses doigts était la manche vide de sa cotte de maille. La femme qui se dressait devant lui jeta négligemment sur les dalles le bras droit de Manfried. Il sentit la vie l’abandonner tandis que son sang coulait à flots de son épaule mutilée. C’est à peine s’il entendit les ordres criés par Günter, puis les grognements des hommes et le cliquetis des armures… »
L’enfer était pour eux.

Sur les terres du château de Johannisburg, imparties aux allemands, le jeune Udolf braconne pour aider sa famille. Son agileté s’honore car il est manchot . Orphelin, il a été adopté par son oncle et sa tante, des êtres généreux et aimants. S’enfonçant dans la forêt, il se dirige vers un étang lorsqu’il distingue près d’un rocher une jeune fille nue, sale, noire de sang séché, lovée en foetus, blessée grièvement à la tempe et à l’épaule. Aussitôt, il essaie de lui prêter assistance et lui pose une série de questions. Qui est-elle ? Que lui est-il arrivé ? Ne comprenait-elle pas sa langue ? Est-elle gravement atteinte ? D’où vient-elle ? A toutes ses demandes, seul un regard perdu et innocent lui répond ; des yeux verts d’une beauté, d’une douceur et d’une puissance incomparables. Sans pudeur, telle une sirène ou un enfant, elle expose son corps dénudé dans toute sa jeune perfection. La couvrant de sa cape de fourrure, il décide alors de la ramener chez lui, vers sa mère Burthe, sage femme et guérisseuse. La jeune fille, dont l’étrange attitude rappelle celle d’un petit chiot, niche son nez dans le cou d’Udolf et lui accorde une confiance absolue.
Dans cette région christianisée par les Chevaliers de l’Ordre Teutonique, les temps sont durs pour la paysannerie. Le souvenir du massacre de leur clan neuf ans plus tôt est encore lourd dans leur mémoire et leur servilité est presque honteuse.

Ce livre, je l’ai lu avec beaucoup de plaisir. Il relate dix-huit années ; présent et passé se mêlent, nous révélant la trame de l’histoire. Les scènes se succèdent dans une cadence presque oppressante et je l’ai lu en une soirée. J’ai succombé au charme des personnages. Udolf avec sa fragilité, ses doutes, son courage et sa mémoire défaillante. Hilde, la petite soeur délicate et affectueuse. Les parents, miséricordieux, sensibles et fiers de leurs enfants. Et Lilly… cette jeune fille engendrée par un être surnaturel et élevée par des hommes au mysticisme irrationnel. Ils l’ont dressée comme un animal, en une arme redoutable pour vaincre les païens. Malgré sa sauvagerie et sa cruauté, Lilly peut être candide et dévouée à  Udolf. Petite fille sage et obéissante, elle s’assoit sur un muret pour apprendre les travaux des champs, (la docilité, la discipline et la soumission lui ont été inculquées dès la naissance), elle cherche l’affection d’Udolf, sa chaleur et, ingénument, son amour… Quand elle lui dit d’un ton suppliant et faible « Ulfie, il ne faut pas que tu te souviennes. Je t’en prie, il ne faut pas. » on ne peut lui résister.

Voici deux passages du livre qui tirent réflexion sur ce que font parfois les hommes de leur foi religieuse.
Lilly, vers l’âge de neuf ans, ose poser une question…
« – Maître ? Est-ce que vous avez un maître ?
– Mon maître est Jésus-Christ, il est mon Seigneur et mon Sauveur.
Elle l’avait regardé un moment avec une expression étrange avant de lui demander :
– Est-ce que votre Seigneur Jésus vous fouette quand vous lui désobéissez ?
Erhard avait examiné son visage enfantin, mais y avait décelé les traces de la bête en elle.
– Mon Seigneur fait une chose bien plus terrible encore. Il se détourne de moi et m’abandonne. »
Quelques neuf ans plus tard…Lilly le re-questionne…
« – Un dieu juste, vous accorderait-il le pardon ?… Un dieu juste vous accorderait-il le droit de vivre ? … Nous servons tous les deux des maîtres cruels… mais moi, au moins, je peux punir le mien.
Et d’un coup sec, elle lui brisa la nuque. »

Me risquerais-je à me montrer directive et vous dire : Lisez-le ! Oui, je m’enhardis !!!
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La bataille de Tannenberg

Billets chez Sandrine, La Fée Bourbonnaise, Latite, Stéphie,
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