« Champagne » de Jacques Higelin

logohalloween13Dans la maison hantée de Lou et Hilde,
Halloween, 11ème billet
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Parce qu’elle va bien à notre mois et qu’elle est spéciale à ma nostalgie… En cette époque de l’année, tous les mercredis soir en revenant du judo avec mes garçons, je la mettais dans la voiture.
« – Maman ! Maman !!! mets-nous les sorcières et les vampires… »

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La nuit promet d’être belle
Car voici qu’au fond du ciel
Apparaît la lune rousse.
Saisi d’une sainte frousse
Tout le commun des mortels croit voir le diable à ses trousses.

Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage,
Et vous pages pervers courrez au cimetière,
Prévenez de ma part mes amis nécrophage,
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages.

Voici mon message :
Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire.

Lutins, lucioles, feux-follets, elfes, faunes et farfadets
Effraient mes grands carnassiers.
Une muse un peu dodue me dit d’un air entendu vous auriez pu vous raser…
Comme je lui fais remarquer deux trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate.
Elle me lance un oeil hagard et vomit sans crier gare quelques vipères écarlates.

Vampires éblouis par de lubriques vestales,
Égéries insatiables chevauchant des Walkyries,
Infernal appétit de frénésie bacchanale
Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie.
Satyres joufflus, boucs émissaires, gargouilles émues, fières gorgones
Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères à la licorne.

Soudain les arbres frissonnent car Lucifer en personne
Fait une courte apparition. L’air tellement accablé
Qu’on lui donnerait volontiers le bon Dieu sans confession.
S’il ne laissait malicieux, courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques et ne se dressait d’un bond
Dans un concert de jurons, disant d’un ton pathétique :
Que les damnés obscènes cyniques et corrompus
Fassent griefs de leur peine à ceux qu’ils ont élus
Car devant tant de problèmes et de malentendus
Les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes…
Dédain suprême !

Mais déjà le ciel blanchit, esprits je vous remercie
De m’avoir si bien reçu.
Cocher lugubre et bossu déposez-moi au manoir
Et lâchez ce crucifix.
Décrochez moi ces gousses d’ail qui déshonorent mon portail
Et me chercher sans retard.
L’ami qui soigne et guérit la folie qui m’accompagne,
Et jamais ne me trahit, champagne !.

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