Les étourneaux

les étourneauxLes étourneaux
Fanny Salmeron

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Devant mon écran de télévision, alors que je regarde les informations qui détaillent les attentats du  13 novembre, je me demande si les gens ont pressenti quelque chose juste avant. Puis juste après, dans la fraction qui suit l’horreur. Dans son roman, Fanny Salmeron traduit cet instant par un temps blanc. Je trouve que le blanc représente bien cet intervalle qui précède le chaos.

« La place de l’Opéra attendait l’orage. Surplombées d’un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d’eux, perdus pour la plupart ou dans l’attente d’un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire « n’entrez pas ». Mais personne n’a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d’une demi-seconde. Un silence d’un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. Le bruit de l’explosion s’est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n’a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée. »

Brune Farrago et ses amis Lodka Place et Ari Saint-Thomas, sans oublier le chien Ferdinand Griffon, ont décidé de quitter la capitale juste après l’attentat. Une petite maison en pierre dans la campagne, un jardin avec des tilleuls, des champs autour et du soleil. Leur frontière les protègera de la fin du monde, des bombes et de l’astéroïde Tarpeia qui file droit sur la Terre.

Brune nous présente son monde.
D’abord son portrait. Blonde, jeune, jolie, encore un peu enfantine, elle se donne à des liaisons d’un soir qu’elle harponne en un clic sur le net. Elle ne veut aucune attache et ne donne pas facilement sa confiance. Longtemps elle a souffert de l’absence de son père décédé alors qu’elle avait trois ans. Son premier amoureux ? Son chat, Olivier, mort lui aussi. Son deuxième amoureux ? Navel Senza, celui qu’elle n’a jamais vu, son correspondant inconnu. Ils se sont rencontrés sur un forum de musique et n’ont jamais osé se voir. Leurs contacts se font par l’écriture, mails, sms, lettres ; elle lui raconte tout. Elle lui racontait tout. Les nuages d’étourneaux, la couleur du ciel, le parfum des glaces… Doit-elle conjuguer Navel au passé ? Depuis quelques temps leur relation se délie, tristement, c’est implacable.
Lorsqu’elle a vu pour la première fois la comédienne Lodka Place sur scène, elle est tombée en amour. Elle a voulu être discrète et elle ne l’a pas du tout été … Lodka lui a présenté Ari, son ami, écrivain et metteur en scène. Les liens se sont soudés comme une fatalité et ils forment à présent un trio d’amis, une famille dit-elle. Un quatuor avec Ferdinand.

Après l’attentat, ils ont voulu faire leur Résistance à l’écart, et maintenant, ils se retrouvent
à l’abri dans se cocon champêtre. Ari écrit, Lodka écoute Bach, Brune fume, et ils arpentent la campagne en friche.
Chaleur, silence, soupirs. Brune pense à Moune sa mère, à son beau-père, à Navel.
Sa mère pense à Brune, sa Noune. Son beau-père pense au temps qui passe et qui le vieillit. Il aime toujours autant Line. Navel pense au message qu’il va envoyer à Brune. Peut-être son dernier. Oui, certainement sa dernière déclaration, « Le désir avant le verbe ».
Puis un jour, il faudra passer le portail et revenir…

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Des sentiments lourds, exacerbés, égratignés, émouvants et beaucoup de générosité. Une fille fleur qui se découvre et qui fait la paix. Une frontière qui partage deux univers, l’un chaotique comme un enfer, l’autre un véritable éden. Il y a de la musique, de l’écriture, de l’amitié et de l’amour. Des microcosmes qu’on se plaît à observer. Des mots qui nous rappellent des évènements, blessures, morts, Bataclan, métro, anarchie. C’est violent, brut, assourdissant, mais aussi poétique et doux. Fanny écrit « fin du monde », mais ce n’est pas encore l’heure. L’intrigue se tisse et se dévoile sur la fin ; une agression pour un outrage…
C’est un tout petit livre que je vous recommande.

Un autre billet chez Sabine

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Etourneaux-sansonnet

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Gargilesse

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Un di
manche avec du soleil et des amis, nous avons pris la route du Boischaut Sud, dans l’Indre, pour le charmant petit village de Gargilesse. Traversé par la rivière Gargilesse et nanti d’un château dont la construction fut commencée au Xè siècle, ce village pittoresque est connu pour ses activités culturelles offertes à la belle saison et pour l’une de ses petites maisons qui a appartenu à George Sand. Maison de campagne, « refuge » qu’elle partageait avec Alexandre Manceau, elle est sans prétention, nichée dans un coin. Agencée comme à l’époque de George, avec des souvenirs récoltés par sa petite-fille Aurore, elle est aujourd’hui un musée qu’on peut visiter.
Flânerie en photos…

Gargilesse 1.gargilesse1   banngar1 banngar2gargilesse5Église Saint-Laurent et Notre-Dame

IMGP6165banngar3Au sous-sol, une crypte décorée de fresques – XIIIe, XVe et XVIe siècle

banngar4Maison de George Sand

gargilesse7Le château

banngar5banngar6gargilesse11gargilesse12Maison du peintre Henri Jamet et et de son fils, le harpiste Pierre Jamet

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Hyacinthe et Rose

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redouteIl y a des livres qui se classent dans la catégorie « Je ne suis pas facile à ranger, mais je le vaux bien ! » et ce livre en est. Il m’a été offert par Somaja qui connaît si bien mon goût pour les belles illustrations et les fleurs.

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Hyacinthe et RoseHyacinthe et Rose
Texte de François Morel
Illustrations de Martin Jarrie

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C’est l’histoire d’un petit-fils devenu grand qui porte un regard attendri et nostalgique sur ses grands-parents. Rose et Hyacinthe, beaucoup de choses les séparent, on pourrait même dire « tout », mais, en dehors de leur famille, il est un sujet qui les passionne et qui les réunit… les fleurs.

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… à table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… « Tu n’es qu’un Traînard », lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer la vaisselle. « Madame Gonzales » l’avait surnommée Hyacinthe. En souvenir de Speedy.
Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps.
Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer… »

dahliaLe narrateur, sous la plume de François Morel, se revoit enfant lorsqu’il passait des séjours à la campagne. Ses images respirent notre vécu dans ses compositions, ses odeurs, ses goûts… toutes les perceptions qui se sont incrustées dans nos mémoires et qui rappellent un jadis bien heureux sous la tutelle des aïeux. Rien n’est altéré, ça sent peut-être un peu le fané mais l’odeur est délicieuse.
L’album est composé de trente-sept portraits de fleurs qui illustrent les textes.
La marguerite rappelle un cliché qui terrorisait le petit garçon. Au moment de la photo, le taquin Hyacinthe avait caché son visage derrière un bouquet de marguerites. Ainsi le grand-père semblait avoir été décapité.
Le dahlia fait résonance avec le prêche admiratif du jeune curé qui arpente les allées du jardin en le comparant à l’éden… suivi des mots que le grand-père agacé marmonne entre ses dents… « Si c’est des fleurs gratuites qu’il espère pour son église, il peut toujours courir… ».
La tulipe, l’œillet, la rose… elles fleurissent dans le livre d’Hippolyte Langlois auteur d’un livre régulièrement consulté, « Le Nouveau Jardinier fleuriste », dans les chansons, sur les blouses de la grand-mère, sur les étagères de la cuisine dans des verres à moutarde, elles sont à l’honneur dans le concours du plus beau bouquet organisé par le cousin Jean-Pierre, dans les deuils, les joyeux moments… elles sont partout, elles sont les vacances et la mémoire de tant d’histoires… et elles se mangent aussi, au plus grand désespoir de Mamie Rose qui crie à l’hérésie  !
« Des coquelicots, des pissenlits, des fleurs de rien, des fleurs de peu… »
 Chez les grands-parents, le petit garçon apprend le langage des fleurs, leur harmonie. Il les dessine, les compose, les imagine, les admire. Le jardin est un tableau, il est aussi le lieu de toutes les philosophies.

Sept ans, quatorze ans, dix-sept ans… l’enfant grandit et les fleurs sont un berceau pour les sentiments, un ornement à l’amour, un baume aux angoisses ; penser à l’amour sous un ciel d’épines en fleur…
Et vint un été où Rose s’en est allée… et, dans la même journée, où Hyacinthe l’a accompagnée…

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Par l’intermédiaire des fleurs, des petites anecdotes retracent avec humour et tendresse la vie des grands-parents. On ne sait si c’est l’enfance de François Morel, acteur, écrivain et chroniqueur sur France Inter, ou si c’est une enfance fictive.
Hyacinthe et Rose sont des personnages aux caractères bien affirmés, peut-être un peu rigides dans leurs convictions, mais foncièrement sympathiques, attachants et bons. L’amour ? ils se le disent à leur manière et dès le début du récit nous ne sommes pas dupes de leur indifférence. Après tant de vécu, ils pensent s’affranchir chacun à leur manière, mais continuent à se séduire. La meilleure façon de le faire ? Avec les fleurs.
J’ai découvert Martin Jarrie avec un autre album qui illustre les légumes avec gourmandise : « Une cuisine grande comme un jardin ». Ici, les peintures sont toutes aussi belles et rendent du velouté aux fleurs. Il contraste ses couleurs pour donner du relief à ses sujets qui sont présentés en gros plan.
Les mots et les illustrations se mêlent à merveille !

Je vous recommande ce livre pour l’histoire et la beauté des dessins. Vous découvrirez des variétés de tulipe, marguerite, dahlia, pavot, œillet, bégonia, anémone, rose, arum, lys, fritillaires, coquelicot, tournesol, iris, narcisse, jacinthe… et des fleurs imaginaires.

Un autre billet chez Louise

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iris

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La vie d’un potager, du jardin à la table

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redoutelogoSyl.2Un livrelogo région reçu par Babelio à l’occasion des Masses Critiques, avec les Editions Sud-Ouest
Challenges « Chlorophylle » , « Livres gourmands » et « Les régions » de Lystig – Midi-Pyrénées

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img166La vie d’un potager, Du jardin à la table
Carol Reid-Gaillard
Préface de JP. Géné
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Ainsi commence ce livre… « – Tu laves les légumes de mon jardin ? »
JP. Géné reste un peu surpris et penaud. Y-aurait-il crime de lèse majesté ?
« – Il suffit de les essuyer, mon jardin est propre. »
La jeune femme qui le surprend est Carol, une Irlandaise blonde aux yeux bleus. Elle vit sa passion, elle la crée, elle la cultive. Elle est une véritable artiste.
Elle conçoit son potager sur une terre vierge de toute trace chimique. Elle va le façonner, il sera généreux, élégant et souriant. A l’image de la jardinière.

Six années composent les chapitres. Ils sont intitulés suivant des sentiments et en fonction des légumes plantés.
La table des matières en début de cette autobiographie potagère, raconte les conseils sur le compost, le poulailler, la terre, les ruches, les semis… les marchés et les paysans qui produisent des mets régionaux de qualité… vin, fromage, canards, cochons pie noir…
En fin de livre, nous retrouvons les recettes qui nous sont proposées au court de notre lecture.

Tout commença en 2006, ou peut-être bien plus loin encore, lorsque Carol regardait son père biner son jardin.

img1672006 se titre : Naïveté.
On peut imaginer toutes les déconvenues qui ponctueront le récit, ainsi que l’innocence un peu secouée du néophyte…
Mailhos en mai, arrivée dans une nouvelle demeure. Si la maison est en sommeil, vieillie, abandonnée, la pelouse garde une certaine distinction. Les fenêtres s’ouvrent sur des hectares de prairies, de forêts, et dans le lointain, ce sont les Pyrénées qui s’offrent au contemplateur.
Les travaux de la maison ponctuent le silence du jardin. Carol profite de ce printemps pour planter des tomates, du basilic, des carottes, des oignons… et quelques légumes qui lui rappellent sa terre natale. La terre est retournée, des tonnes de livres sur le jardin ont été lues, les idées germent en même temps que les semis et les plants, puis arrivent les escargots et les limaces, gastronomes et friands de jeunes pousses.
Les pièges fonctionnent, mais toutes les menaces, ne peuvent pas être contrôlées ! Le vent, les orages et… le mildiou sont des plaies !
A l’automne, d’autres intrus s’installent et font bombance ; les sangliers et les cervidés se régalent. Un autochtone béarnais soumet alors une astuce qui aurait fait ses preuves… J’avoue que mon incrédulité se teinte de méfiance, mais il semblerait que cela réussisse.
« Il suffit de remplir de vieux bas de nylon, épais et bruns, de cheveux (si possible de femmes), et de les suspendre dans les arbres… »
Ce chapitre se clôt sur trois notes. La première observation est légèrement teintée d’ironie… L’image toute romantique de la jeune jardinière vêtue de blanc qui s’en va cueillir ses légumes, est à proscrire ! La seconde, nous inspire et nous encourage… Le jardin prend forme et fait honneur au dévouement qu’on lui accorde. Quant à la troisième… Il est essentiel d’écouter ses voisins qui ont accumulé certaines sagesses !
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Les
recettes du printemps, nous allons cuisiner poireaux, pommes de terre, courgettes, fleurs de sureau, radis. Carol nous convie à préparer du sirop ou des beignets de fleurs de sureau et de courgettes, un velouté,  un parmentier, une spécialité irlandaise, le colcannon aux poireaux, une frittata de poireaux et bourrache, un gratin de pommes de terre aux oignons rouges et des radis confits.
Certes, ces préparations culinaires sont rustiques mais c’est là le charme de les lire et de les faire. Elles s’adressent à notre quotidien.

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L’année 2007 fait place à : Incertitude.
J’ai lu un quart du livre. Carole a préparé ses semis. Ils dorment encore au chaud dans sa cuisine car c’est l’hiver. En février, elle commence à pointer son nez sur l’extérieur.
Il est une affaire importante ; le compost. Elle est tiraillée entre deux versions, la française et la britannique et elle tranchera à l’irlandaise… « Les Français, par exemple, ne mettent jamais de peaux de citron ou d’orange au compost, alors que les Britanniques le font tant qu’elles ne sont pas sèches… ». Sa règle sera donc de mettre tous les déchets organiques de nature végétale dans son enclos.
Les promesses vertes sont belles et elles ne capitulent pas aux frimas, ni devant les pucerons. Le purin d’orties et de prêle est bénéfique…
Au potager s’ajoute un verger, puis des poules. L’espace prend vie avec les gallinacés sous le regard craintif du chat de la maison, Spider.
Le jardinage est une activité sportive, tous les muscles sont sollicités, on les redécouvre, et conviviale, car elle génère des invitations, des échanges et de l’entraide.
Alors ? Incertitude ? Non, il y a une prise de conscience et Carol se permet de dire sans persifler « que les agriculteurs sont vraiment des héros ! ».

Les recettes, comme un goût d’été, à base de fraises, shrotbreads à la fraise et la crème fouettée, de bettes, sautées à l’ail et au piment, de concombre, gaspacho au concombre et à l’aneth, pickles de concombre, de fèves, salade de fèves aux radis rouges ou braisées avec du jambon, de topinambours, avec des Saint-Jacques ou en salade avec des tomates cerise et une sauce aux noix…

L’année 2008 est : Humilité.
Nous apprenons en jardinant et la nature, facétieuse, cruelle, nous fait rester humble. Les péripéties sont nombreuses et variées, elles pimentent l’existence !
Dans le pré, il y a des vaches et cette nouvelle cohabitation se passe en bonne harmonie.

Cassis, carotte, petits légumes nouveaux, chou frisé, courge, petits pois…

L’année 2009, quatrième année, est : Fertilité.
On pourrait penser que janvier est un mois propice aux vacances. Pourtant Carol constate que ce n’est pas le cas ! Et la construction d’une serre vient l’aider dans sa vocation.
Le journal raconte l’état des fruitiers et leur production prodigue, les poules et leur nouvelle génération, les abeilles, toujours vaillantes, la profusion de légumes, les pluies, la neige, et le paysage qui se transforme aux saisons.

Abricot, haricot, oignon, panais, piment…

Année 2010 : Efficacité.
La terre est meilleure d’année en année. Il y a maintenant 700 m2 cultivés. Les conserves s’alignent sur les étagères, les tomates se muent en ketchup et en chutneys, elles font aussi le bonheur des voisins… prodigalité. Les pommes s’emmagasinent, elles seront le jus de l’hiver que Carol passe dans une centrifugeuse. On retravaille le sol des prairies, il s’aère, il devient le logis d’une faune et une flore luxuriante.

Verveine, physalis, betterave, céleri-rave, chou de Bruxelles, tomate…

Année 2011 : Sérénité.
Le livre se termine et nous ressentons toute la joie et la satisfaction des années de labeur.
La météo, de par le fait qu’elle soit capricieuse, a un rôle important. Les récoltes sont affaire de cuisine ! Carol expérimente les recettes, la monotonie, même gustative, ne doit pas survenir à tant de richesse. Le rythme de la vie est bien ancré.
Son univers ne se limite pas au jardin. Elle se donne d’autres « objectifs » qu’elle va chercher en forêt. Le sauvage est aussi comestible et tout aussi intéressant que le cultivé.
Le bucolique est un éden. Carol en devient lyrique, on la sent amoureuse et la nature le lui rend bien.
Une sérénité bien méritée.

Coing, aubergine, chou-fleur, navet, herbes…

carol reid-gaillard.
Chronique d’un jardin annoncé, vous trouverez une multitude de conseils sur la gestion de votre jardin, sa conception, des recettes de cuisines, des anecdotes pleines d’humour, et un voyage dans le Béarn paysan. Ecrit dans un style vivant, énergique, entreprenant, l’apprentissage de Carol, ses observations et sa maturité vous insuffleront des envies de créer ou de retourner dans votre potager.
Elle raconte sa pratique, mais parle aussi de ses voisins et amis, et met à l’honneur des personnalités du cru. Portraits en noir et blanc, sans fioriture, elle vante les producteurs du pays. Authenticité, terroir, rareté qui fait l’excellence, on a envie de s’attabler et de goûter.
Le charme de ce livre est dû aussi aux photographies proposées. Elles sont colorées et alléchantes, témoignent d’une campagne saine et vivifiante, et apportent l’appétit.
Le seul bémol que je pourrais émettre, se porte sur la qualité rendue des photos, un peu terne… elles auraient mérité plus de brillance.

Sur la quatrième de couverture, on précise…
Carol Reid-Gaillard, écrivain et photographe, a gagné deux années de suite, le 1er prix de jardin potager bio de France de l’association SNHF.

Je remercie Babelio et les éditions Sud-Ouest pour ce beau cadeau. Il me motive à rejoindre ma minuscule parcelle jardinée…
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La femme du vampire

Voyage de Lou et Hilde, destination Halloween
Etape en Europe de l’Est et dans les pays nordiques
Un livre offert par Mia
Challenge ABC de Babelio

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La femme du vampire
Nina Blazon

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Quatrième de couverture :
« Il y a des instants dans la vie où le coeur s’arrête de battre et où le sang se glace. Aujourd’hui, je sais que c’est le baiser de la mort qui nous effleure pendant ces quelques secondes.

Au XVIIIème siècle, en Serbie, la jeune Jasna est vendue par son père à Jovan, un riche propriétaire, qui cherche une épouse pour son fils Danilo. Elle quitte alors ses soeurs et la maison paternelle pour s’installer dans les trois mystérieuses tours de la famille Vukovic.
Très vite, Jasna réalise que son mari cache un sombre secret. Une fois le mariage célébré, il ne l’approchera plus jamais. Des faits effrayants se produisent : morts suspectes de villageois, moutons égorgés, chevaux blessés… Danilo serait-il un vampire ? C’est avec Dusan, un bûcheron fantasque – le seul à lui avoir tendu la main -, que Jasna va découvrir toute la vérité. »
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Suite à un jeu chez Mia, pour le lot gagnant, j’avais à choisir un livre entre plusieurs. Mon choix s’est porté sur celui-ci car les critiques annonçaient une histoire différente…

Elle débute comme un conte… l’hiver, la neige, des bourrasques de vent, la nuit, une forêt, une masure éloignée du village, une famille pauvre, un père violent qui élève seul ses cinq filles, un criminel qui rode dans les parages avec sa bande, et… un homme égaré qui tape à la porte en demandant l’hospitalité ; ami, loup, démon ? il faut montrer patte blanche.
La quatrième de couverture annonce le prélude : une jeune fille de quinze ans vendue à un inconnu qui souhaite la marier à son fils. Le mot vampire est dans le titre et on l’associe aussi au futur marié.

Nous sommes dans un temps obscur, une Europe de l’Est meurtrie par les guerres et les invasions, une campagne imprégnée de folklore, de rites, de superstition, de religiosités et de barbaries.
Le personnage de Jasna a un beau tempérament. Guerrière dans l’âme, elle peut aussi se montrer respectueuse des traditions et de ses aînés. Dans une région hostile et étrangère, elle est une « apatride » qui recherche à s’implanter, avec courage et dignité.
Sur le domaine de sa riche belle-famille, il y a les tours dont une est délabrée, inspirant la peur, le danger. Un drame s’est produit et personne ne doit en effleurer la pensée. Il y a Néma, la domestique muette, dont les yeux sombres renvoient tour à tour de l’hostilité et de la prévenance, Siméon, l’homme de confiance de la famille, un être compatissant et de bons conseils, Jovan, son beau-père, un homme torturé, toujours en conflit avec son fils et Danilo, un jeune homme mystérieux, souvent absent, son mari.
Après ces terres, au-delà des bois et des routes réputés maléfiques, il y a le village dont le rejet invoque toutes les croyances envers la magie noire, le diable et les fables sanguinaires. Aucun chrétien n’adressera la parole aux maudits Vukovic et la terre ne sera pas souillée par leurs sépultures.

L’ambiance dès le début est donnée et s’enrichit d’arcanes surnaturelles dues aux histoires imaginées et d’énigmes plus terrestres avec les meurtres de villageois. Tiraillée entre deux mondes, Jasna est partagée et mène le lecteur dans sa quête de vérité.
Loups-garous, vampires, esprits possédés, pacte avec le diable, mêlent leurs légendes à des intrigues, une vengeance et une romance… l’auteur dévoilent dans cette histoire l’ascendance de Dracula, d’une manière plus édulcorée que les faits rapportés à cette époque, en 1731. Car, à la fin du roman, elle écrit que, comme elle, Bran Stoker et John Pilidori se sont inspirés de vieux rapports racontant des évènements qui se seraient passés au XVIIIème siècle, entre l’Empire Ottoman et les Habsbourg… « Des gens mouraient dans des circonstances inexplicables, comme dans la région de la Morava. Les villageois, persuadés qu’un vampire hantait les lieux, demandèrent au commandant autrichien la permission de détruire ce mort-vivant. Une délégation fit le voyage, examina le corps et exhuma aussi les autres morts. La destruction (enfoncement d’un pieu dans le coeur, décapitation, crémation) fut autorisées et l’on rédigea un rapport médical précis… Ce rapport du commandant Fluckinger suscita un intérêt proche de l’hystérie qui déclencha dans toute l’Europe une vague de traités et d’analyse. »
Ces anecdotes s’enracinent dans des croyances encore plus vieilles, confondant les esprits du Malin.

Un livre jeunesse qui se lit très facilement, intéressant pour les informations historiques distillées avec intelligence, pour les images qu’il apporte, sombres, romantiques, féodales,  et pour les mystères qui entraînent notre lecture à tourner les pages plus vite. Quant à la romance, elle est à mon goût beaucoup trop légère, pas assez soignée, pour mon coeur de Midinette. Je rejoins donc l’avis de Shelbylee.
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