Les maisons romantiques d’Angleterre


Challenge Petit Bac d’Enna, catégorie adjectif

 

 

Les maisons romantiques d’Angleterre
Barbara et René Stoeltie

 

Lorsque nous évoquons la campagne anglaise, magnifique écrin pour des maisons romantiques, nous voyons aussitôt des tableaux de Gainsborough, de Turner et de Constable. Nous avons aussi des titres de romans et des auteurs. Jane Austen l’a très bien décrite dans ses livres en nous rapportant un décor et une atmosphère. Mais également les sœurs Brontë, Agatha Christie, Thomas Hardi, Wilkie Collins, Arthur Conan Doyle… et bien d’autres encore !

Nichées au creux de vallons, derrière un bois, face à la mer, sur une lande, dans un cadre verdoyant à l’abri ou sur une terre rude tourmentée par les vents, ces demeures sont des manoirs géorgiens, des maisons palladiennes, des presbytères gothiques et des petits cottages rustiques en pierre garnis de vieux rosiers.
Rénovées, entretenues, nouvellement acquises ou héritées, elles sont décorées en fonction de l’âme des lieux mais aussi en fonction des goûts des propriétaires. Certains vont rendre une authenticité dans la recherche des objets, des meubles et des tissus, puis d’autres vont être plus fantaisistes en apportant une touche personnelle et moderne.
Dans ce livre, on peut admirer de très belles maisons et des petits pavillons aux toits de chaume.

On débute dans le Hampshire avec Chawton Cottage, la modeste maison de Jane Austen qui est habillée d’une sobriété presque austère. D’un intérieur de style néo-classique pour la salle à manger, avec un papier peint fleuri où sont accrochés des petits cadres et une belle cheminée, nous voyons que le seul luxe qui est resté sont un service Wedgwood et un portrait immense, qui tient tout un mur, du troisième frère de Jane, Edward Austen Knight.

Nous poursuivons avec une maison géorgienne du XIXe siècle, dans le Sussex. Près de la mer, les propriétaires ont donné un style élégant et baroque en lustrant les beaux planchers, en patinant les peintures, en les écaillant, et en l’agrémentant de meubles du XVIIIe. Le charme réside dans les trésors amassés sur les plages et la patine ancienne.

Dans le Wiltshire, une demeure de style jacobéen du XVIIe siècle nous ouvre ses portes. L’agencement a été fait par une décoratrice suédoise installée à Londres qui créée pour ses clients des intérieurs chaleureux. Les bois sombres se marient très bien à des teintes chaudes, des velours damassés, des plats en étain et des tapis dits « somptueux ». A cette Haute époque, elle mêle des tableaux contemporains qui dans cet univers ne dépareillent pas du tout.

Toujours dans le Wiltshire, on nous propose d’entrer à Keeper’s Lodge, le vieux pavillon du XIXe siècle d’un garde chasse. Antony Little, un créateur de tissus, a fait revivre cette petite maison digne d’un conte de fées, très pittoresque, en la restaurant et en lui donnant un style cosy et victorien. Les motifs des tissus, coussins, plaids, fauteuils, tentures, courtepointes, se confondent dans des écossais, des cachemires et des fleurs, le tout  s’organisant dans un hétéroclisme assez chargé, mais structuré.

Ces quatre  premières maisons ne sont que les premières pages de ce beau livre. Par la suite, nous traversons d’autres régions pour visiter d’autres demeures, imposantes ou pas, avec de vieilles pierres et d’antiques parcs pour nous faire rêver.

Il y a des univers chargés de faïences venues des manufactures anglaises avec leurs vaisseliers bien remplis, et des pièces qui se mettent en scène, pleines de curiosités, de livres et de collections. Les murs couverts de chaux, des alcôves accueillantes, de grands tapis aux trames usées, des fauteuils en cuir, des tables dressées, des cheminées allumées, des vitraux, des boiseries, des trompes l’œil, des fers forgés, des marbres, des statues, des gargouilles, des paniers en osier suspendus… des bouquets champêtres, un géranium tourné vers la lumière derrière le châssis d’une fenêtre… Et certains ont voulu rendre un effet en laissant des pièces vides, seules entités avec leurs sols boursoufflés et leurs murs décrépis. « Il faut de tout pour faire un monde », « Les goûts et les couleurs ne se discutent pas »… les expressions sont nombreuses !

« Les maisons romantiques d’Angleterre » a été édité en 1999 par les Éditions Taschen et les décorations n’ont pas trop vieilli. Les photographies qui l’illustrent sont de belle qualité. Alors si vous désirez l’acquérir, il faudra passer par des sites marchands qui font des ventes d’occasion. A s’offrir !

 

 

 

Christmas pudding


Des lectures de Noël
Littérature anglaise avec Titine

 

 

Christmas pudding
Nancy Mitford

1930, Londres et le Gloucestershire,

En cette fin de décembre, pour les fêtes, la campagne du Gloucestershire va être le théâtre de nombreuses farces satiriques qui se joueront entre deux imposantes demeures, celles de Lady Bobbyn et de Madame Amabelle Fortescue.
Pour nous aider à situer les seize personnages principaux, Nancy Mitford nous dresse leurs portraits dès les premières pages qui décrivent avec finesse et piquant une société bourgeoise nantie d’un snobisme déconcertant et d’une ringardise déprimante. Deux, voire même trois générations vont se confronter ; les aînés qui sont bien imprégnés des heures glorieuses du passé et qui s’enlisent dans les conventions de leur milieu et les jeunes qui sont avides de plus de liberté, de bêtises, d’anticonformisme et de modernité.

Paul Fotheringay, ancien disciple d’Eton, a décidé de devenir écrivain. Son premier roman voudrait être une tragédie qui raconte les déconvenues romanesques d’un jeune homme, mais, à son grand désespoir, les critiques littéraires et les premiers lecteurs en ont fait le livre le plus divertissant de l’année, saluant la drôlerie de ses écrits en pensant à tort qu’ils sont une bouffonnerie des jeux amoureux. Incompris, déshonoré, Paul aurait aimé être réconforté par la demoiselle qu’il courtise, Marcella, seulement la jeune bécasse, superficielle et égocentrique, n’est d’aucun soutien. C’est donc vers une amie et confidente, Amabelle Fortescue, qu’il épanche sa peine. Cette femme intelligente, pétillante et très estimée, lui conseille de rebondir sur ce semi échec et d’écrire un nouveau livre. Alors, après réflexions et avec un certain entrain, Paul jette son dévolu sur une poétesse du siècle dernier, Lady Maria Bobbin.
Afin d’être au plus juste dans ses écrits, il fait des démarches auprès de ses descendants installés dans le Gloucestershire, pour avoir le droit de consulter son journal intime, mais sa demande reste vaine car la Lady Bobbin actuelle voit en Paul un auteur comique qui ne servirait pas le souvenir de l’ancêtre… Toujours bien aiguillé par Amabelle qui connaît la famille Bobbin, Paul décide de taire sa réelle identité et de se présenter à Lady Bobbin en tant que précepteur pour son fils Bobby, un jeune homme de dix-sept ans qui suit ses études à Eton et qui, durant les vacances de Noël, a grandement besoin d’une remise à niveau.

Ainsi commence le roman. D’une part, nous avons la maison de Lady Bobbin et d’autre part à quelques distances, nous avons la maison qu’Amabelle loue pour les fêtes. De l’une à l’autre, nous participons à l’arrivée des invités venus passer Noël et à un chassé-croisé de leurs visites, ainsi qu’à un chassé-croisé des sentiments.
Il serait bien trop long de vous expliquer qui est qui, qui fait quoi, mais sachez que le lecteur n’éprouve aucun ennui à lire l’ennui des personnages qui se donnent de l’importance jusqu’au ridicule. C’est riche et théâtral, ironique, ça brille de quiproquos, de goujateries, de bêtises et de suffisance. Lady Bobbin est une terrienne qui gère son patrimoine et sa famille à la baguette. En invitant la famille elle accomplit son devoir de chef, mais il ne faut point y mettre de plaisir.

Fille de cette aristocratie trop élitiste, hédoniste, chancelante et gâtée, Nancy Mitford raconte si bien ce qu’elle a vécu ! Sans indulgence, elle peint au vitriol le portrait de son époque et dénonce la condition de la femme dans cette société. Une femme se devait de faire un bon mariage et en oublier l’amour.
Je vous conseille grandement ce livre, à lire juste avant Noël pour le vivre pleinement. La demeure de Lady Bobbin est pleine de houx, on joue et on boit du champagne. Son Noël réunit le faste païen et la rigueur religieuse.

A recommander !

D’autres billets chez Belette,

Tableau peint par Joseph Kleitsch en 1928

 

 

La chorale des dames de Chilbury


Challenge « Une année in England » de Titine
Un livre offert par Babelio et les Éditions Albin Michel

 

 

La chorale des dames de Chilbury
Jennifer Ryan

 

Mars 1940, des maris et des fils sont partis à la guerre depuis six mois, et d’autres s’apprêtent à le faire. L’Angleterre s’engage avec la France à ne pas signer d’armistice et Churchill, qui n’est pas encore Premier ministre, essaie de galvaniser le gouvernement et le peuple britannique ; la « guerre totale » ne fait que commencer.

Dans le petit village de Chilbury, dans le Kent, tout le monde se réunit pour l’enterrement du fils et héritier du général Winthrop. Edmund Winthrop, jeune homme de vingt ans, mort dans un sous-marin en mer du Nord, avait le tempérament violent de son père, alors les bonnes âmes qui se sont rassemblées autour de son cercueil n’ont que peu de peine et pensent plus à ce que le pasteur leur a annoncé : Les hommes n’étant plus, la chorale de la paroisse est dissoute.


Dans son journal intime, Mrs. Tilling raconte la chorale, la guerre, son fils David qui part en France, son emploi d’infirmière qui va beaucoup l’occuper, et passe en revue certains habitants de Chilbury, dont la pauvre Mrs Winthrop qui pleure son fils, entourée de ses deux filles, Venetia, Kitty, et de son mari le général, toujours aussi rigide, insensible et rageur.
Nous apprenons à les connaître un peu plus avec les lettres de Miss Edwina Paltry, la sage-femme de Chibury, qu’elle adresse à sa sœur, les lettres de Venetia à sa meilleure amie qui a quitté le village pour Londres et les écrits dans leurs journaux intimes de Kitty et Silvie. A chacune son ton, des confidences sur leurs situations, leurs amours, leurs attentes, leurs visions de la guerre, des commérages avec les petits secrets honteux des uns et des autres et les problèmes de la chorale. Elles ne peuvent vivre que l’instant présent, sans trop oser se projeter vers l’avenir. Et lorsque Miss Primrose Trent arrive pour enseigner la musique à l’université de Litchfield, c’est comme si Mary Poppins venait pour tout régler… Une Mary Poppins fantasque et pleine d’entrain qui se désole de voir qu’il n’y a plus de chorale : « Ah, mais c’est très dommage, enfin ! Dissoudre une chorale ! Dans un instant pareil ! »… Une chorale insufflerait de la joie et unirait les femmes dans…

un instant pareil.

Le 15 avril, une note affichée à la mairie annonce que la chorale reprend du service sous la direction de Miss Trent et toutes répondent présentes. Même Mrs. B., pompeuse et condescendante, qui reste scandalisée de voir que le pasteur a cédé trop facilement à tant d’enthousiasme ! L’épicière Mrs. Gibbs, Hattie la jeune institutrice qui va bientôt accoucher, l’organiste Mrs. Quail, des dames du SVF, le Service Volontaire Féminin, Mrs. Tilling, Miss Paltry, Venetia, Silvie et Kitty. Toutes là, à chanter et à faire vibrer la voute de l’église dans un même élan.

Avec des personnalités si complexes et affirmées, et des priorités différentes, il y a beaucoup à dire !
Mrs. Tilling est une veuve que tout le monde apprécie, honnête et bienveillante, à la fois forte et fragile, qui se partage entre le dispensaire de la paroisse et l’hôpital. Son fils David vient de partir, la laissant seule et angoissée. Pour loger le personnel militaire, une chambre de sa maison a été réquisitionnée et elle loue une petite chambre au colonel Mallard, le nouveau responsable du centre de Litchfield. Dans son journal, elle narre leur cohabitation qui débute bien froidement. Elle le trouve glaçant, il la trouve petite souris grise.
Miss Paltry est la sage-femme du village, une femme aigrie et de peu de foi. Dans la correspondance qu’elle entretient avec sa sœur, pour qui elle a une grande affection, elle parle d’un pacte qu’elle a passé avec le général Winthrop, qui pourrait leur assurer un meilleur avenir et une revanche sur leur passé.
Venetia Winthrop est une jeune fille de dix-neuf ans. Elle profite de sa beauté en jouant les séductrices auprès de la gente masculine et charme tous ses amis d’enfance. Égocentrique, elle narre surtout à son amie Angela les efforts qu’elle fait pour capter l’attention de Mr. Alastair Slater qui semble insensible à ses appâts. Plus qu’un simple badinage venant d’une gamine effrontée, c’est le jeu d’une tigresse qui a fait le pari de le conquérir. Artiste peintre, poète et philosophe, venu en villégiature à Chilbury, Mr. Slater est un homme étrange qu’on pourrait considérer de lâche et peut-être même de malhonnête. Alors que tous les jeunes gens se montrent patriotes en partant combattre les Allemands, lui se contente d’arpenter la campagne et de jouir des mondanités. Mais comme Venetia le précise à plusieurs reprises, Mr. Slater est un être obscur, à multiples facettes.
Kitty est la benjamine de la fratrie Winthrop, une fille franche, un peu frondeuse, qui se voudrait être un esprit libre. Assez mûre pour son âge, elle aime dire à tout le monde qu’elle a déjà quatorze ans, alors qu’elle n’en a que treize. Amoureuse depuis longtemps d’Henry, un ami de sa sœur, elle s’imagine que ses sentiments sont partagés et se voit déjà mariée à lui. Rêveuse et romanesque, Kitty désire aussi devenir chanteuse. Dans son journal, elle découpe ses écrits par chapitres. La guerre, son horrible sœur Venetia, la chorale, sa famille et Chilbury. Intelligente, elle a assez de pertinence et d’intuition pour définir la nature humaine. Elle donne aux gens des couleurs qui vont des tons les plus doux aux tons les plus sombres avec des nuances ; « noir comme la suie, et noir comme un ciel sans étoiles ».
Silvie est une petite réfugiée de dix ans, d’origine juive, qui a fui son pays, la Tchécoslovaquie. Confiée aux bons soins de la famille Winthrop, elle est dans un premier temps, une enfant craintive et très malheureuse qui doit apprendre une nouvelle langue et faire confiance à des étrangers. C’est Kitty qui lui a conseillé de tenir un journal dans lequel elle pourrait s’épancher et libérer un peu du chagrin qui l’étreint. Moins bavarde que sa nouvelle amie, peu assurée, elle va petit à petit s’épanouir, rapporter son quotidien et parler de la guerre. Si elle sait déjà qu’elle ne reverra plus ses parents internés dans un camp, elle garde l’espoir de retrouver son petit frère.

De la première page à la dernière, nous passons sept mois à Chilbury. Tout est rationné, la nourriture, les vêtements, l’électricité. Les femmes se dévouent et souffrent des pertes qu’elles subissent. Et puis fin juillet, suivant les aspirations d’Hitler qui se voit envahir le Royaume-Uni, ce sont les opérations aériennes ennemies qui détruisent une partie de Chilbury… A compter de ce jour, pour certaines personnes, la solidarité ne sera plus un vain mot. C’est le moment de donner, de faire confiance et de pardonner.
« Ouvrez votre cœur et chantez ! » disait Prim…

C’est sur les souvenirs que lui racontait sa grand-mère, que l’auteur a travaillé. Elle a gardé sa jovialité et sa force pour décrire le plus dur de son histoire. Ce roman, un bel hommage, n’est donc pas un livre triste car il est fait de toutes les espérances, les convictions et le dynamisme des femmes de cette époque qui ont soutenu comme elles le pouvaient, leurs héros. Livre de plusieurs voix, beaucoup de sujets sont abordés qui rendent l’histoire passionnante et le fil conducteur de la chorale donne une belle vivacité. Romantique, intrigante, mâtinée d’humour anglais, tragique, j’espère que vous apprécierez cette lecture que je vous recommande.

 


Photo prise « ici »

 

 

L’océan au bout du chemin


Halloween en octobre avec
Hilde et Lou
Une lecture commune avec Nahe
Billet n°3

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L’océan au bout du chemin
Neil Gaiman

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Le Sussex,

Revenu dans le pays de son enfance pour un enterrement, le narrateur s’évade et évoque les champs, les fermes, son ancienne maison et les gens. Il était arrivé dans cette campagne à l’âge de sept ans et il en était reparti pour ses douze ans. A travers le regard innocent et méfiant du petit garçon, il nous raconte l’histoire de ces années dont on ne sait si elles sont fantasmées ou réelles car nous basculons très rapidement dans un monde obscur, chimérique et invisible. Lorsqu’il dépasse la frontière de l’ancienne maison et qu’il remonte le petit chemin creux, il arrive chez les Hempstock.
Famille de trois femmes, une grand-mère, la mère et la fille, les Hempstock avaient été pour lui plus qu’un soutien et une protection.
Tout commence par le suicide ou le meurtre d’un chercheur d’opales venu passer quelques jours dans le bed and breakfast de ses parents. Sur les lieux du drame, pour qu’il ne dérange pas la police, on l’avait confié à Lettie Hempstock, une gamine de onze ans, qui l’avait amené chez elle. Bien accueilli et réconforté, elle lui avait servi un bol de porridge qu’elle avait nappé de façon gourmande de crème et de confiture. Ce moment « parfait », il le range dans les souvenirs les plus heureux de sa vie.

A compter de ce jour, il devient l’hôte privilégié de ses voisines mystérieuses. Avec Lettie, qui s’arme d’une badine de coudrier, il s’aventure, découvre les esprits de la nature et apprend que la marre du bois est un passage secret qui peut se transformer en un océan. Avec la grand-mère, ce sont des contes qui parlent des vieux temps païens, de la première lune et d’un monde parallèle proche du notre. C’est alors qu’en tant qu’initié, sorcières, fantômes et autres créatures mystiques se manifestent à lui.
Lettie veille sur lui, mais jusqu’à quand ?

Dès les premières pages, c’est au lecteur de donner à ce roman le sens qu’il désire. Est-ce que le petit garçon qui délaissé par des parents trop occupés et à l’imagination débordante, invente un univers fantasmagorique ou est-ce une réalité ? Combinaison des deux, née de nos peurs enfantines, de l’inconscience, l’ambiance peut se montrer angoissante, voire cauchemardesque. Le narrateur adulte semble avoir oublié les caractères enchanteurs et tragiques du passé, n’ayant gardé que des bribes fugaces, des défiances, et laisse donc à l’enfant le droit de s’épancher et de nous raconter cet éveil.
Le surréalisme de l’histoire ne facilite pas la lecture, alors je vous conseille de vous laisser mener sans trop réfléchir et de vous laisser porter par le style onirique. Gardons en chacun de nous une part de magie et de rêves !

D’autres billets chez Fondant,

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Peinture de William Turner

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Le parfum des fraises sauvages


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine

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Le parfum des fraises sauvages
Angela Thirkell

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Les fraises sauvages ont un parfum de liberté à Rushwater House. Cette demeure imposante de style néo-gothique, construite par le grand-père du propriétaire actuel Lord Leslie, est pleine d’enfants de de petits-enfants en ce début d’été.
Nous faisons la connaissance de cette famille par l’entremise du révérend de l’église St. Mary’s qui les attend pour célébrer l’office du matin. Il nous confie que leurs personnalités sont peu classiques et que Lady Emily, tête de proue, est assurément la plus fantasque.
Nous sommes dans la deuxième période de l’Entre-deux-guerres et le roman ne va raconter que l’insouciance des beaux jours.

Un anniversaire à fêter et un bal à organiser, c’est dans cette ambiance qu’arrive Mary Preston, une nièce du colonel Graham qui est l’époux d’Agnès, la fille cadette des Leslie. A vingt-trois ans, Mary a essayé de s’affranchir de sa mère autoritaire en travaillant dans une bibliothèque, mais une modeste rente et une éducation stricte ont fait qu’elle n’a pas pu aller bien loin. Au contact des Leslie, Mary sort de sa chrysalide et se prend d’affection pour tous les membres de la famille. Ils sont charmants, intelligents, taquins et unis. Lady Emily et son mari ont la générosité du cœur. Après avoir perdu leur fils aîné à la guerre, ils ont surmonté leur douloureuse peine pour le bonheur des autres. De leurs enfants, John est le deuxième de la fratrie. Responsable, sérieux, doux et attentionné, il a connu le malheur de perdre sa femme un an après leur mariage. Le deuil est difficile à vivre, il ne recherche l’apaisement que dans le travail et le bien-être des siens. Après lui, vient Agnès, une mère de famille comblée. De son caractère on retient qu’elle est une sotte gentille et c’est dit avec beaucoup de tendresse. Elle est, elle aussi à sa manière, une originale. Le quatrième, le benjamin, est David. La première fois qu’elle le voit, Mary ne peut s’empêcher de tomber sous le charme de ce diablotin égocentrique qui rêve de faire du cinéma, de travailler à la radio ou d’écrire un livre. Artiste, il insuffle à Rushwater House le dynamisme de sa jeunesse, sa désinvolture et un esprit jazzy. David est aussi le modèle de son neveu Martin qui a dix ans de moins que lui. Martin, fils du fils aîné disparu, est l’héritier du domaine et celui qui va fêter ses dix-sept ans…
Que du monde à tous les étages de la maison !

De la superficialité, de l’extravagance mais aussi beaucoup d’humanité, il semble que le temps ait été suspendu et qu’une sphère protège ce coin de campagne des désolations de l’époque. L’été, c’est aussi la saison des amours. Les roucoulades sont innocentes, les élans timides et seules les pensées vagabondent vers la romance. Mary se met à rêver au parfum des fraises sauvages… et ainsi, permettre à Lady Emily et sa fille Agnès de jouer les Cupidon.
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Ne prenez pas ce livre au premier degré, ni au deuxième, et retenez plutôt le comique de cette satire qui nous est contée. Il est difficile de suivre le fil du scénario car nous avons parfois l’impression que l’auteur nous plonge dans une dimension surréaliste tant les personnages nous paraissent stupides. L’histoire en elle même n’est pas transcendante. De la nurserie, nous passons à table, puis sur les chaises longues du jardin, et les bavardages sont des banalités désopilantes. Mais ce qui élève l’intérêt du roman, c’est la peinture de cette société de la campagne anglaise. La bizarrerie étant dans un mélange de conservatisme et d’anticonformisme fantaisiste de la famille Leslie, des domestiques qui sont à leurs services et des voisins.
Ce livre édité en 1934 est… intéressant !

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Peinture de John Collier représentant Angela Thirkell

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Givre de décembre

logonoel4foisIl était quatre fois Noël avec Chicky Poo et Samarian
La photo du lundi, Thème « Gourmande chaleur »
La beauté de cette campagne me procure de la chaleur. Des tons chauds pour un hiver froid.

Vous trouverez d’autres photos chez…
Les Sorcières, Sorbet-Kiwi, Mademoiselle Jo, Chicky Poo, Didine, Momiji, Lydiane,

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Sophie Canétang et Le tailleur de Gloucester

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Mois anglais avec Lou, Cryssilda et Titine

Journée livres pour enfants

J’ai choisi l’illustratrice et conteuse Beatrix Potter. Je vous recommande tous ses contes ; ils font la joie des enfants comme des grands.

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le-conte-de-sophie-canetangSophie Canétang

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A la ferme, Sophie Canétang ne peut pas couver ses œufs car on les lui retire à chaque fois. On dit d’elle qu’elle est incapable de le faire ! Triste, elle décide alors d’aller pondre clandestinement dans les bois afin de mener à terme sa ponte.
Dans les digitales, elle rencontre un charmant personnage qui lui fait bon accueil. Sensible à sa détresse, il lui propose l’hospitalité de sa demeure où elle pourra pondre au calme. Il lui assure aussi, que durant son absence, il prendra soin des œufs.
La cabane paraît miséreuse et guère en harmonie avec l’inconnu très distingué, mais Sophie s’en accommode et commence à faire son nid dans la paille.

Pauvre Sophie ! Naïve, elle n’a pas vu que sous les habits élégants se cachait un renard rusé et gourmand qui verrait bien à sa table, une cane rôtie aux petits légumes.
De plus en plus impatient et brutal, le renard commence à se dévoiler. Mais le pire dans l’ignominie, c’est quand il demande à Sophie de ramener de la ferme des oignons et des herbes pour son repas. Et Sophie, obligeante et généreuse, s’accomplit…

Oui… pauvre Sophie ! Mais heureusement que le colley de la ferme veille sur elle et qu’il interviendra avec ses amis pour la secourir…
Ouf ! Mais les œufs ? me direz-vous. Aille, les œufs… c’est une autre affaire !

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Le conte présente une morale évidente. Il ne faut jamais faire confiance à un inconnu, même s’il est courtois et affublé de beaux vêtements. L’ingénue Sophie, sympathique mais crétine, se fait bernée par le rusé renard qui sait l’amadouer avec ses bonnes attentions. Beatrix Potter illustre cette fable animalière avec de beaux dessins qui fleurent bon la campagne et la ferme.


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Le tailleur de GloucesterLe tailleur de Gloucester

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le tailleur de gloucester5Dans la ville de Gloucester, un vieux tailleur désargenté doit confectionner pour le maire, un habit de mariage pour Noël ; « De soie couleur cerise, brodé de pensées et de roses avec gilet assorti de satin crème orné de gaze et de chenilles vertes… ».
Ce costume de soie et de broderies serait pour lui l’occasion de montrer son adresse et de trouver une belle clientèle. Sans tarder, il trace et coupe toute la journée, jusqu’à la nuit.

Lorsqu’il rentre chez lui, il est tellement fatigué, qu’il ne peut plus faire un pas. Il demande alors à son chat Simon d’aller lui faire quelques achats, de quoi manger, boire, et de quoi coudre car il lui manque du fil de soie rouge. Durant l’absence de son compagnon, il découvre sous des tasses des petites souris piégées. Aussitôt libérées, les petites souris s’en retournent dans leur trou, et le gentil tailleur part se coucher, de plus en plus fiévreux. Mais à son retour, Simon a la surprise de voir son repas envolé et, mécontent, décide de punir le vieil homme en lui confisquant la bobine de soie rouge…

le tailleur de gloucester4 La nuit est longue, le pauvre tailleur est bien malade et il ne pourra pas terminer le travail commandé !
Dans leur repère, les petites souris pleine de reconnaissance pour leur hôte, décident alors de l’aider. Elles savent bien tirer l’aiguille et profitent tous les jours des largesses du tailleur qui abandonne avec générosité des bouts d’étoffes, de fils, de dentelles et de rubans. Ainsi, elles peuvent réaliser leurs habits et se montrer coquettes.

Durant trois jours, elles vont coudre et broder. Mais vont-elles pouvoir donner à l’ouvrage toute la préciosité et la rareté que le tailleur voulait donner au costume ? Et la bobine de fil de soie rouge ? Et  Simon le chat ?…

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De la campagne, nous passons à la ville.  Beatrix Potter conte une belle histoire, douce, pleine de dévouement et de magie, à l’heureuse conclusion. Les illustrations sont riches, plus détaillées, encore plus belles. Le costume couleur cerise rappelle un peu la robe couleur du temps de Peau d’Âne, un habit chargé d’espoir.

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le tailleur de gloucester6

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Les étourneaux

les étourneauxLes étourneaux
Fanny Salmeron

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Devant mon écran de télévision, alors que je regarde les informations qui détaillent les attentats du  13 novembre, je me demande si les gens ont pressenti quelque chose juste avant. Puis juste après, dans la fraction qui suit l’horreur. Dans son roman, Fanny Salmeron traduit cet instant par un temps blanc. Je trouve que le blanc représente bien cet intervalle qui précède le chaos.

« La place de l’Opéra attendait l’orage. Surplombées d’un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d’eux, perdus pour la plupart ou dans l’attente d’un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire « n’entrez pas ». Mais personne n’a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d’une demi-seconde. Un silence d’un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. Le bruit de l’explosion s’est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n’a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée. »

Brune Farrago et ses amis Lodka Place et Ari Saint-Thomas, sans oublier le chien Ferdinand Griffon, ont décidé de quitter la capitale juste après l’attentat. Une petite maison en pierre dans la campagne, un jardin avec des tilleuls, des champs autour et du soleil. Leur frontière les protègera de la fin du monde, des bombes et de l’astéroïde Tarpeia qui file droit sur la Terre.

Brune nous présente son monde.
D’abord son portrait. Blonde, jeune, jolie, encore un peu enfantine, elle se donne à des liaisons d’un soir qu’elle harponne en un clic sur le net. Elle ne veut aucune attache et ne donne pas facilement sa confiance. Longtemps elle a souffert de l’absence de son père décédé alors qu’elle avait trois ans. Son premier amoureux ? Son chat, Olivier, mort lui aussi. Son deuxième amoureux ? Navel Senza, celui qu’elle n’a jamais vu, son correspondant inconnu. Ils se sont rencontrés sur un forum de musique et n’ont jamais osé se voir. Leurs contacts se font par l’écriture, mails, sms, lettres ; elle lui raconte tout. Elle lui racontait tout. Les nuages d’étourneaux, la couleur du ciel, le parfum des glaces… Doit-elle conjuguer Navel au passé ? Depuis quelques temps leur relation se délie, tristement, c’est implacable.
Lorsqu’elle a vu pour la première fois la comédienne Lodka Place sur scène, elle est tombée en amour. Elle a voulu être discrète et elle ne l’a pas du tout été … Lodka lui a présenté Ari, son ami, écrivain et metteur en scène. Les liens se sont soudés comme une fatalité et ils forment à présent un trio d’amis, une famille dit-elle. Un quatuor avec Ferdinand.

Après l’attentat, ils ont voulu faire leur Résistance à l’écart, et maintenant, ils se retrouvent
à l’abri dans se cocon champêtre. Ari écrit, Lodka écoute Bach, Brune fume, et ils arpentent la campagne en friche.
Chaleur, silence, soupirs. Brune pense à Moune sa mère, à son beau-père, à Navel.
Sa mère pense à Brune, sa Noune. Son beau-père pense au temps qui passe et qui le vieillit. Il aime toujours autant Line. Navel pense au message qu’il va envoyer à Brune. Peut-être son dernier. Oui, certainement sa dernière déclaration, « Le désir avant le verbe ».
Puis un jour, il faudra passer le portail et revenir…

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Des sentiments lourds, exacerbés, égratignés, émouvants et beaucoup de générosité. Une fille fleur qui se découvre et qui fait la paix. Une frontière qui partage deux univers, l’un chaotique comme un enfer, l’autre un véritable éden. Il y a de la musique, de l’écriture, de l’amitié et de l’amour. Des microcosmes qu’on se plaît à observer. Des mots qui nous rappellent des évènements, blessures, morts, Bataclan, métro, anarchie. C’est violent, brut, assourdissant, mais aussi poétique et doux. Fanny écrit « fin du monde », mais ce n’est pas encore l’heure. L’intrigue se tisse et se dévoile sur la fin ; une agression pour un outrage…
C’est un tout petit livre que je vous recommande.

Un autre billet chez Sabine

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éterneau
Etourneaux-sansonnet

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Gargilesse

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Un di
manche avec du soleil et des amis, nous avons pris la route du Boischaut Sud, dans l’Indre, pour le charmant petit village de Gargilesse. Traversé par la rivière Gargilesse et nanti d’un château dont la construction fut commencée au Xè siècle, ce village pittoresque est connu pour ses activités culturelles offertes à la belle saison et pour l’une de ses petites maisons qui a appartenu à George Sand. Maison de campagne, « refuge » qu’elle partageait avec Alexandre Manceau, elle est sans prétention, nichée dans un coin. Agencée comme à l’époque de George, avec des souvenirs récoltés par sa petite-fille Aurore, elle est aujourd’hui un musée qu’on peut visiter.
Flânerie en photos…

Gargilesse 1.gargilesse1   banngar1 banngar2gargilesse5Église Saint-Laurent et Notre-Dame

IMGP6165banngar3Au sous-sol, une crypte décorée de fresques – XIIIe, XVe et XVIe siècle

banngar4Maison de George Sand

gargilesse7Le château

banngar5banngar6gargilesse11gargilesse12Maison du peintre Henri Jamet et et de son fils, le harpiste Pierre Jamet

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                           gargilesse13

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Hyacinthe et Rose

logo un_bouquet_des_pivoines_par_pierre_joseph_redouteIl y a des livres qui se classent dans la catégorie « Je ne suis pas facile à ranger, mais je le vaux bien ! » et ce livre en est. Il m’a été offert par Somaja qui connaît si bien mon goût pour les belles illustrations et les fleurs.

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Hyacinthe et RoseHyacinthe et Rose
Texte de François Morel
Illustrations de Martin Jarrie

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C’est l’histoire d’un petit-fils devenu grand qui porte un regard attendri et nostalgique sur ses grands-parents. Rose et Hyacinthe, beaucoup de choses les séparent, on pourrait même dire « tout », mais, en dehors de leur famille, il est un sujet qui les passionne et qui les réunit… les fleurs.

« C’est bien simple : Rose et Hyacinthe, mariés depuis quarante-cinq ans, ensemble depuis toujours, ne s’entendaient sur rien. Hyacinthe était coco, Rose était catho. Hyacinthe aimait boire, Rose aimait manger. Hyacinthe aimait la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires. Rose préférait les mots croisés, le tricot, l’eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Hyacinthe aimait traîner… à table, au lit, au bistrot, avec les copains, sur un banc, dans un champ, sur les talus, à observer les nuages… « Tu n’es qu’un Traînard », lui disait Rose qui était toujours la première debout, la première couchée, la première assise à table, la première levée de table, le repas à peine terminé déjà devant l’évier à nettoyer la vaisselle. « Madame Gonzales » l’avait surnommée Hyacinthe. En souvenir de Speedy.
Ils avaient dû s’aimer mais c’était il y a longtemps.
Il est même probable qu’ils aient pu faire l’amour. L’existence d’une descendance de douze enfants, de neuf petits-enfants le laisserait fortement supposer… »

dahliaLe narrateur, sous la plume de François Morel, se revoit enfant lorsqu’il passait des séjours à la campagne. Ses images respirent notre vécu dans ses compositions, ses odeurs, ses goûts… toutes les perceptions qui se sont incrustées dans nos mémoires et qui rappellent un jadis bien heureux sous la tutelle des aïeux. Rien n’est altéré, ça sent peut-être un peu le fané mais l’odeur est délicieuse.
L’album est composé de trente-sept portraits de fleurs qui illustrent les textes.
La marguerite rappelle un cliché qui terrorisait le petit garçon. Au moment de la photo, le taquin Hyacinthe avait caché son visage derrière un bouquet de marguerites. Ainsi le grand-père semblait avoir été décapité.
Le dahlia fait résonance avec le prêche admiratif du jeune curé qui arpente les allées du jardin en le comparant à l’éden… suivi des mots que le grand-père agacé marmonne entre ses dents… « Si c’est des fleurs gratuites qu’il espère pour son église, il peut toujours courir… ».
La tulipe, l’œillet, la rose… elles fleurissent dans le livre d’Hippolyte Langlois auteur d’un livre régulièrement consulté, « Le Nouveau Jardinier fleuriste », dans les chansons, sur les blouses de la grand-mère, sur les étagères de la cuisine dans des verres à moutarde, elles sont à l’honneur dans le concours du plus beau bouquet organisé par le cousin Jean-Pierre, dans les deuils, les joyeux moments… elles sont partout, elles sont les vacances et la mémoire de tant d’histoires… et elles se mangent aussi, au plus grand désespoir de Mamie Rose qui crie à l’hérésie  !
« Des coquelicots, des pissenlits, des fleurs de rien, des fleurs de peu… »
 Chez les grands-parents, le petit garçon apprend le langage des fleurs, leur harmonie. Il les dessine, les compose, les imagine, les admire. Le jardin est un tableau, il est aussi le lieu de toutes les philosophies.

Sept ans, quatorze ans, dix-sept ans… l’enfant grandit et les fleurs sont un berceau pour les sentiments, un ornement à l’amour, un baume aux angoisses ; penser à l’amour sous un ciel d’épines en fleur…
Et vint un été où Rose s’en est allée… et, dans la même journée, où Hyacinthe l’a accompagnée…

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Par l’intermédiaire des fleurs, des petites anecdotes retracent avec humour et tendresse la vie des grands-parents. On ne sait si c’est l’enfance de François Morel, acteur, écrivain et chroniqueur sur France Inter, ou si c’est une enfance fictive.
Hyacinthe et Rose sont des personnages aux caractères bien affirmés, peut-être un peu rigides dans leurs convictions, mais foncièrement sympathiques, attachants et bons. L’amour ? ils se le disent à leur manière et dès le début du récit nous ne sommes pas dupes de leur indifférence. Après tant de vécu, ils pensent s’affranchir chacun à leur manière, mais continuent à se séduire. La meilleure façon de le faire ? Avec les fleurs.
J’ai découvert Martin Jarrie avec un autre album qui illustre les légumes avec gourmandise : « Une cuisine grande comme un jardin ». Ici, les peintures sont toutes aussi belles et rendent du velouté aux fleurs. Il contraste ses couleurs pour donner du relief à ses sujets qui sont présentés en gros plan.
Les mots et les illustrations se mêlent à merveille !

Je vous recommande ce livre pour l’histoire et la beauté des dessins. Vous découvrirez des variétés de tulipe, marguerite, dahlia, pavot, œillet, bégonia, anémone, rose, arum, lys, fritillaires, coquelicot, tournesol, iris, narcisse, jacinthe… et des fleurs imaginaires.

Un autre billet chez Louise

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iris

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