Cyanure

Challenge Petit BAC d’Enna
Catégorie Végétal
Dixit Wikipedia :
Les cyanures peuvent être produits par des bactéries, des moisissures et des algues et sont contenus dans de nombreux aliments et des plantes.


.
.
Cyanure
Camilla Läckberg

.
.
Pointe de Valo, juste avant Noël,

L’île se distingue avec plus de netteté à son approche. Décembre est glacial. Sur le pont du bateau, Martin Molin reconnaît les impressions de sa jeunesse lorsqu’il venait sur l’île pour les vacances. Jeune policier et ami de l’inspecteur Patrik Hedström, il a été invité par sa petite amie Lisette qui tient à le présenter à sa famille. Dans une immense maison louée, tous sont réunis pour célébrer Noël.
Réceptionné par Borje, le propriétaire de la maison qui pour l’occasion est reconverti en homme à tout faire, Martin est émerveillé par les travaux de rénovation. La vielle bâtisse hébergeait autrefois des colonies d’enfants. Ses dortoirs se sont métamorphosés en salons, bibliothèque et autres petits coins douillets…

L’introduction au sein de la famille Liljecrona se fait de façon cordiale tout en conservant une distance légitime pour cette première rencontre et une pointe de snobisme. Lisette amène Martin devant
Harald, son père
Britten, sa mère
Gustav, son oncle
Vivi, sa tante
Bernard, son cousin
Miranda, sa cousine
Mattias, son frère
et Ruben, son grand-père.
Ce dernier est un milliardaire qui a eu une enfance miséreuse et qui a sué pour bâtir son empire, faisant l’admiration de la Suède. Fatigué, il a transmis les commandes de ses entreprises à ses fils et aspire à les voir gérer le patrimoine avec autant d’efficacité et de force que lui.

Lors du repas, l’ambiance est plombée par les questions inquisitrices du grand-père. Tous passent aux rayons scrutateurs de ses yeux et sous les coups des paroles assassines. Il y a celui qui n’atteint pas le chiffre d’affaire escompté, celle qui végète dans sa huitième année d’études, une autre qui va faire faillite, les actions en bourse qui stagnent…
Martin est le témoin d’un conseil de classe où le patriarche sermonne les enfants pour leurs mauvais résultats. Au début, tous avaient la prunelle pimpante de l’héritier, des manières doucereuses envers grand-papa, l’affection sur le bout des lèvres, mais quand la sentence tombe, les visages se figent. L’intention qui statufie l’assemblée va au-delà de toute imagination…
« J’ai l’intention de vous déshériter, sachez-le ! Tous ! Le testament est rédigé et signé, la signature est authentifiée, vous n’obtiendrez que ce que la loi m’oblige à vous donner. Un certain nombre d’organisations de bienfaisance triées sur le volet vont pouvoir remercier leur bonne étoile le jour où je casserai ma pipe, car c’est elles qui vont hériter du reste ! »
Pour saluer sa tirade, Ruben lève son verre d’eau et boit d’un trait son contenu. C’est alors que sous les yeux encore vitreux de sa descendance, son corps décharné est pris de soubresauts et s’effondre quelques secondes après, mort.

Martin, aux premières loges, donne un verdict immédiatement. Ruben est mort par empoisonnement ; arsenic, odeur d’amandes amères.

En pleine tempête, sans aucun moyen de communication avec le continent, le huis clos va livrer quelques secrets et rendre une justice bien funeste.
Martin doit mener son enquête sans son mentor et ami Patrik, et récolter les témoignages qui sont de lourds contentieux et non l’expression d’un deuil éploré.

Offert pour Noël par Somaja, je regrette de ne pas l’avoir lu à cette période de l’année. Il est un petit livre qui, par son épaisseur, ressemble à une nouvelle pouvant se lire entre deux préparatifs. Sa brièveté, sa concision, est agréable en ce sens.
En commençant ce roman, j’avais en mémoire les billets chroniqués sur les blogs (voir ci-après les liens) et je partais avec un a priori et une conclusion surprenante. J’aurais pu me gâcher la lecture, mais le résultat a été l’inverse. Sans attendre une intrigue palpitante, avertie, je me suis laissée bercer par l’ambiance toute simple, presque naïve, et j’ai bien aimé ce moment, visualisant les acteurs de ce drame comme je le fais pour les livres d’Agatha Christie, tout en atténuant la ressemblance ; le contraire aurait été néfaste au roman.
L’auteur décrit ses personnages avec des mots froids : imposteur, jaloux, joueur, incapables, névrosé… Il nous est donc impossible d’avoir de l’empathie pour eux, nous éloigne de toute compassion et nous permet alors de soupçonner tous les membres de cette famille désunie. En ce qui concerne Martin, il a l’ignorance et la simplicité de l’apprenti, un jeune homme un peu pataud qui trouve en cette implication, la compétence, la maturité, qui lui manque.
En conclusion, entre Sherlok Holmes et Hercule Poirot, mon cœur balance. Ce livre rend un petit hommage à nos deux célèbres et irremplaçables détectives. Un lieu isolé, une belle maison, une riche famille, une nuit de tonnerre et d’éclairs, poison, détonation, les protagonistes rassemblés, un secret, de la fourberie, de la folie, de la cupidité… Tous les composants pour une heure de lecture plaisante.
Ce livre est aussi une parenthèse aux autres romans de l’auteur que je me suis empressée de noter et qui j’espère sauront me séduire.

Merci So. !

.
Carl Larsson

Des billets chez Sharon, Sandrine, Nathalie,
.
.
.
.