Mon voisin

Un livre offert par Edith…

Mon voisin
Milena Agus


Un printemps à Cagliari,

Une jeune femme surveille son voisin discrètement. Elle essaie de le voir sans être vue.

Elle a un fils qui à deux ans n’émet aucun son et ne peut se tenir debout. Seul son beau sourire le relie à sa mère. Par désespoir, souvent elle s’imagine se donner la mort. Elle envisage des scénarios, organise ses suicides pour qu’ils paraissent accidentels. Elle pourrait attraper le tétanos avec de vieilles épingles à linge, ou boire de l’eau sale pour avoir le typhus… et même glisser dans la baignoire en voulant arranger la tringle du rideau… autant de situations banales et fatales.

Un jour, son regard est attiré par le muret mitoyen à sa maison. Son voisin est charmant. Lorsqu’elle promène son fils en poussette, elle cherche en vain un prétexte pour l’aborder. Il l’ignore, elle est transparente… jusqu’au moment où un argument se présente…Son balcon s’écroule dans le jardin du voisin.

« – Allô ? répondit une voix d’homme.
– Je ne sais pas si vous me connaissez, je suis votre voisine, j’ai trouvé votre numéro dans l’annuaire. J’emmène mon fils se promener tous les après-midi et nous passons le long du mur, et nous vous voyons, mais pas vous. Mon balcon s’écroule… »

Une relation s’instaure petit à petit, une amitié, du réconfort pour chacun. Lui offrirait-il aussi un sursis ?

Je remercie Edith pour cette délicate attention… J’ai aimé ce livre qui est une nouvelle de vingt-deux pages.
C’est le printemps, une saison fleurie, douce, chaude et optimiste. On savoure son velouté, ses essences, ses couleurs. Les images sont méditerranéennes, plus que racontées, on se les invente. L’histoire débute ainsi, dans un cocon de quiétude et de lourdeur. La jeune femme que nous appellerons « Elle », se bat dans un quotidien pesant. Elle se raccroche à une silhouette que nous nommerons « Lui », son voisin. Elle fantasme… elle le trouve beau. Ces divagations sur « Lui » comblent les quelques vides laissés par ses hantises. Que ce temps là est agréable et motivant ! Elle ne s’avoue pas folle, seulement misérable et infortunée. Cette courte parenthèse est pour elle une temporisation, juste l’espace d’un rêve, d’un répit. Et Lui répond…
Des solitudes, des phobies, des discussions nocturnes, deux personnes qui se confessent, qui se touchent. Entre elles, leurs deux enfants. Le petit enfermé dans une bulle, observateur du monde, attentif à sa mère, le second en quête d’amour et d’attention, à la recherche d’une famille.
Peu de pages pour un beau conte d’amour, mais elles sont intenses et pleines de vie, avec une sensibilité à fleur de peau.

Un texte à conseiller, une belle émotion.
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Van Ghog

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