L’Île du Crâne


Halloween en octobre avec Hilde et Lou
Billet n° 30

 

 

L’Île du Crâne
Anthony Horowitz

« Cher M Eliot,

Vous êtes-vous jamais demandé où trouver un collège qui dresserait votre fils ? Pas un de ces endroits ramollis d’aujourd’hui, mais un établissement qui croit encore à la discipline ? Et vous est-il jamais venue à l’idée que, de nos jours, la plupart des enfants ne savent même pas épeler le mot discipline… ?
Permettez-nous de vous présenter Groosham Grange. Comme l’indique la brochure ci-jointe, nous sommes un pensionnat et nous offrons un environnement unique à des enfants âgés de douze à seize ans, qui se sont montrés réfractaires aux méthodes modernes d’enseignement.
Groosham Grange est situé sur une île privée, au large de la côté du Norfolk. Aucun service régulier de ferry ne dessert l’île, il n’y a donc pas de congés fixes. En réalité, les élèves n’ont droit qu’à un seul jour de vacances par an. Les parents ne sont jamais invités à l’école, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, et seulement s’ils savent nager.
Je suis certain que votre fils profitera pleinement des excellentes méthodes de Groosham Grange et du niveau élevé d’études. J’attends avec impatience de vos nouvelles dans la prochaine demi-heure.

Sincèrement vôtre,
John Kilgraw, directeur adjoint. »

Les mots de la lettre font mouche ! Discipline, dresser, pensionnat, île, un jour de congés, pas de parents… Lorsque M. Eliot lit la brochure publicitaire, il envisage sans plus tarder à inscrire son fils dans ce collège. David qui est un cancre et qui s’est fait renvoyé de son école, trouvera en cet établissement sa nouvelle demeure !
Une heure pour faire les bagages et prendre le train à la gare de Liverpool, David a juste le temps de mettre quelques affaires dans une petite valise et d’embrasser sa mère avant de partir. Dans le train, il fait la connaissance de deux autres élèves de son âge qui sont envoyés à Groosham Grange. Jeffrey est un garçon un peu balourd qui bégaie. On a assuré à ses parents que l’enseignement qu’il recevra là-bas, lui apportera beaucoup plus d’assurance. Quant à Jill, qui est un vrai garçon manqué et qui ne reste jamais longtemps dans une même école, elle apprendra les bonnes manières.
Avant de descendre du train où ils seront a
ccueillis par Grégor le chauffeur, un homme bossu et borgne, les trois nouveaux amis concluent un pacte de solidarité.
Solidaires, il faudra qu’ils le soient, car sur l’Île du Crâne, l’école est plus qu’étrange !

L’intendante Mme Windergast souhaite la bienvenue aux nouveaux arrivés. Si vous désirez y aller pour bénéficier de leur singulière pédagogie, il faut que vous soyez le 7ème fils d’un 7ème fils. Cela vous rappelle quelque chose ?

David commence un journal où il confie ses premières impressions. Ses peurs, le décor lugubre orné de trophées de chasse empaillés, les cours, les élèves et les professeurs tous très bizarres, l’isolement, le froid, la neige, les hurlements d’un loup la nuit…  et le regard perçant du directeur adjoint, M. Kilgraw.
Si les jours sont d’une morne platitude, sans vie, les soirs après le coucher, tout le monde semble s’éveiller pour disparaître derrière une porte secrète de la bibliothèque.
Où vont-ils ? que font-ils ? et pourquoi tous les élèves portent-ils une bague noire dès leurs treize ans ?
Ce ne sera que le jour de son anniversaire, pour ses treize ans, que David aura les réponses à ses questions. Mais avant ça… avec son amie Jill, il connaîtra bien des mésaventures !

« – Nous avons une vieille coutume à Groosham Grange. Nous demandons à nos élèves d’inscrire leur nom dans le registre de l’école. Toi et tes deux amis porterez le total de nos pensionnaires actuels à soixante-cinq. Soit cinq fois treize, David, Un très bon chiffre.
… Quand David avança la main, M. Kilgraw se pencha d’un mouvement brusque. La pointe aiguisée de la plume se planta dans le pouce de David qui poussa un petit cri…
– Tu auras la bonté d’inscrire ton nom, poursuivit M. Kilgraw. (Il lui tendit la plume qui maintenant était rouge du sang de David.) Nous n’aurons pas besoin d’encre. »

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Anthony Horowitz nous dévoile dans ce premier livre les prémices de son histoire en deux tomes, peuplée de sorciers, de fantômes, de vampires et de loups-garous. Son univers fantastique rappelle quelques romans de la littérature jeunesse. Poudlard pour l’école des sorciers, et L’apprenti épouvanteur pour le 7ème fils du 7ème fils. J’ai parfois eu aussi une pensée pour  Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire et Matilda lorsque les parents de David rentraient en scène. Si M. Kilgraw est un personnage effrayant, les parents de David le sont tout autant dans un autre registre.
L’histoire, qui ne manque pas d’humour, se lit bien et les enfants (- de 10 ans) aimeront découvrir les mystères de ce collège en compagnie de nos héros, des adolescents très téméraires.

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L'île au crâne 1

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La pâtisserie Bliss

Halloween à Poudlard avec Hilde et  Lou
Les lundis sont romans jeunesse
Billet n°16
Une lecture commune avec Nahe qui a lu le 2ème tome.

 

 

La pâtisserie Bliss
Kathryn Littlewood

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C’est à l’âge de dix ans que Rosemary Bliss apprend que ses parents mettent de la magie dans leurs pâtisseries.
Tout prend un sens quand elle surprend sa mère entrain de capturer un éclair pour l’intégrer dans la pâte d’un gâteau qu’elle destine à un petit garçon qui, suite à une électrocution, se retrouve dans le coma. A l’hôpital, Kenny est plus proche de la mort que de la vie, lorsque Céleste, la mère de Rosemary, lui met entre les lèvres une miette du gâteau. Le miracle se produit aussitôt… Kenny se réveille en réclamant un verre de lait !

Dans la petite ville de Calamity Falls, les gens ne sont pas à plaindre, ils ont la pâtisserie Bliss dont la réputation n’est plus à faire ! Leurs bienfaits et leur générosité sont tellement encensés que même les gens des villes mitoyennes viennent leur demander conseils. C’est ainsi que le maire de Humbleton vient demander de l’aide pour guérir ses concitoyens d’une méchante grippe qui fait des ravages. Un remède ? des croissants aux amandes et peut-être des cheesecakes à la citrouille…
Les parents de Rosemary devant partir une semaine, ils confient la pâtisserie à leurs enfants et à leur assistant pâtissier, Chip, un grand gaillard qui ressemble plus à un mercenaire qu’à un marmiton !

Rosemary se retrouve avec ses frères, Olivier et Origan, et sa sœur, Nini, aux commandes de la boutique. Vendre les gâteaux, c’est bien, mais les faire ça serait mieux. C’est alors qu’arrive de New-York, une petite-petite-cousine de la branche sulfureuse de la famille Bliss. Lily, très belle et très gentille, souhaite se rapprocher de sa famille qui lui manque. En l’absence de Céleste, elle se propose d’assister les enfants dans leur travail et devient très vite une aide précieuse.
C’est dans la chambre froide que Rosemary trouve le grimoire de sa mère. Avec ce livre, ils pourront garnir les étagères de pâtisseries et les paniers de viennoiseries… en commençant par confectionner des muffins de l’amour et des cookies de la vérité…

Calamity Falls va se régaler ! mais surtout Calamity Falls va connaître un vent de folie !
La semaine va paraître longue… et que trame réellement la petite-petite-cousine, Lily ?

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Premier tome de la série, ce livre installe le décor et les personnages dans une ambiance champêtre, exubérante et magique, quelque part dans un lieu préservé. Humour, taquineries, douceur, aventures et gourmandises sont au rendez-vous, ce qui ravira les jeunes lecteurs qui apprécieront la fratrie Bliss. La cuisine n’est pas à la portée de tout le monde, même avec un livre de recettes ! Les déboires ne tardent pas à arriver et donnent de bonnes saveurs à l’histoire. Et comme vous pouvez vous en douter, la cousine Lily n’est pas aussi sympathique…
Je recommande cette charmante lecture aux jeunes enfants, de 7 à 10 ans. Plus vieux… c’est à vos risques et périls !!! Il y a un cabinet de curiosités tout à fait incroyable ; nain en sommeil, œil de sorcier, lumière d’éclipse lunaire…

Vous trouverez des billets de ce 1er tome chez Nahe, Hilde,

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Le rituel des Musgrave


Le mois anglais avec Cryssilda et Lou

Littérature anglaise avec Titine
Challenge Polars de Sharon

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Le rituel des Musgrave
Arthur Conan Doyle

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John Watson n’a guère de miséricorde envers Sherlock Holmes lorsqu’il nous confie ses petits défauts. Dans sa vie privée, le grand détective est  brouillon, négligent et complètement incohérent. On peut découvrir n’importe quoi dans le beurrier ou dans une soupière… et il est incapable de ranger correctement ses papiers. On le savait déjà souffrant de mélancolies, mais dans l’introduction de cette nouvelle, nous le découvrons très désordonné.

C’est dans le chaos des archives à classer, où Watson harangue son ami en le priant de de ranger les documents de ses affaires dans des cartons, que le rituel des Musgrave refait surface. L’histoire des Musgrave, la troisième enquête de ses débuts, est chroniquée dans les Mémoires, juste après « Le Gloria Scott ». Toutes deux font référence à des camarades de classe qui avaient sollicité Holmes pour résoudre des énigmes concernant leurs familles.
Sorti de son abattement, Holmes ouvre une petite boîte en bois dans laquelle se trouve des objets variés : un vieux papier, une clé en cuivre, une cheville de bois, une pelote de ficelle et trois sous en métal rouillé. De ces pièces, souvenirs de ce qu’il nomme « Le rituel des Musgrave », le mystère s’établit avec ce vieux papier du XVIIè siècle que l’on transmet aux générations successives :

« – À qui appartenait-elle? – À celui qui est parti.
– Qui doit l’avoir? – Celui qui viendra.
– Quel était le mois? – Le sixième en parlant du premier.

– Où était le soleil? – Au-dessus du chêne.
– Où était l’ombre? – Sous l’orme.
– Comment y avancer? – Au nord par dix et par dix, à l’est par cinq et par cinq, au sud par deux et par deux, à l’ouest par un et par un et ainsi dessous.
– Que donnerons-nous en échange? – Tout ce qui est nôtre.
– Pourquoi devons-nous le donner? – À cause de la confiance. »

Holmes raconte…

Décidé à gagner sa vie en tant que détective, le jeune Holmes reçoit la visite de Reginal Musgrave, un ancien camarade qui est l’héritier d’une vieille lignée d’aristocrates. A la mort de son père il a hérité du domaine de Hurlstone, des terres et une vieille bâtisse immense « pleine de coins et de recoins » qui nécessite une importante domesticité. Parmi les serviteurs, le majordome Brunton est un personnage étrange qui ne semble pas être à sa place. Homme très intelligent, beau, séducteur, il aurait pu prétendre à d’autres fonctions que celles qu’il occupe. Le cas qui amène Reginal à consulter Holmes concerne justement Brunton qui a disparu sans laisser de message, après avoir commis un impair impardonnable en prenant ses aises dans la bibliothèque. Lorsque Reginal l’avait surpris, il compulsait comme envouté, les vieux papiers de la famille, dont le rituel des Musgrave. Renvoyé avec un sursis de huit jours, Brunton avait perdu sa morgue et s’était montré obséquieux comme jamais. Mais deux jours plus tard, sa fiancée Rachel Howells, une femme de chambre, avait annoncé son brusque départ dans une crise d’hystérie ; Brunton ayant tout laissé dans sa chambre, vêtements et argent.
Ce que rapporte Reginal ne se limite pas à ce seul évènement. Quelques jours après la disparition de Brunton, Rachel qui était tombée malade disparaissait à son tour.

Pour Holmes, les prémices de l’enquête débutent dans l’énigme du rituel… à l’ombre d’un vieil orme de dix-neuf mètres de haut, de sept mètre de circonférence et datant de l’époque de Guillaume le Conquérant.

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A travers les souvenirs de Holmes, cette nouvelle si courte est une des plus denses. L’histoire nous mène dans une chasse au trésor et les disparitions de Brunton et Rachel passent au second plan jusqu’à la chute finale. L’aventure est captivante le trésor vous surprendra !
Des enquêtes à recommander…

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Dans un autre genre, l’épisode de la série télévisée avec Jéremy Brett, chez Belette

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La famille Souris et la mare aux libellules

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde
Challenge Animaux du monde avec Sharon

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La famille Souris et la mare aux libellules
Kazuo Iwamura

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C’est l’été, les enfants de la famille Souris vont s’amuser à la mare aux libellules.

En chemin, dans les herbes hautes, ils rencontrent une cigale et une grenouille. Une libellule leur montre le chemin.
A leur arrivée, sans perdre de temps, ils construisent des petits radeaux qui les mèneront au cœur de la mare, entre roseaux et nénuphars, entre libellules et autres habitants des lieux.
La journée s’annonce belle et insouciante !

Cette fois-ci, les enfants se retrouvent seuls, sous la tutelle du grand frère. L’aventure est comme un périple au bout du monde pour des petites souris. La mare devient une arène de jeux et de rires, perturbant la quiétude de la grenouille, du triton, des dytiques et des libellules qui viennent tous voir la joyeuse bande. L’histoire est toujours une ode à la famille et l’atmosphère toujours empreinte de poésie et de douceur. Chaleur, transparence de l’eau, chant des cigales, c’est comme si on y était !

La journée se termine au soleil couchant, lorsque les grands-parents viennent chercher les enfants… C’est l’heure de rentrer ! Et comme pour tous les albums de la série, la famille Souris se retrouve autour de la table pour le repas du soir où chacun raconte…

Une série à recommander ++

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L’étrange boutique de Miss Potimary, La boîte à secrets

Un mois d’albums avec Pilalire
La BD du mercredi chez Moka
Un livre offert par Babelio et Jungle, dans le cadre des Masses Critiques

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L’étrange boutique de Miss Potimary
La boîte à secrets
Scénario d’Ingrid Chabbert
Dessins et couleurs de Séverine Lefèvre

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L’adorable Betty reçoit pour ses neuf ans un appareil photo de ses parents et un peu d’argent de sa grand-mère. C’est donc avec sa petite cagnotte et Dare-Dare sa souris qu’elle se dirige vers le magasin de Miss Potimary. Elle découvre une boutique remplie de bibelots et de vieux livres qui attisent sa curiosité et son envie. Avec émerveillement, elle jette son dévolu sur une très belle boîte japonaise datant du XIXe siècle. Mais lorsqu’elle fait part à Miss Potimary de son désir de l’acheter, cette dernière émet des réticences avant d’accepter. Si Betty la prend, elle devra faire très attention car il se pourrait qu’elle soit enchantée. Quiconque arrivera à l’ouvrir, sera emporté dans un autre temps…
Une fois dans sa chambre, Betty manipule la boîte sans jamais trouver le mécanisme du casse-tête. Mais en pleine nuit, alors qu’elle n’arrive pas à dormir et qu’elle essaie encore une fois, elle a la surprise de voir la boîte s’ouvrir…
Qu’avait dit Miss Potimary ? « Il y a des choses qui dépassent ce qui est visible à l’œil nu. »

Trouver dans un capharnaüm de vieilleries un petit trésor, et comme la lampe d’Aladin, découvrir qu’il est magique ! La belle boîte transporte Betty trente ans en arrière. La maison où elle habite avec ses parents est différente, avec une décoration plus vieillotte, sa grand-mère a rajeuni, et Betty se voit dans le miroir sous les traits de sa maman. Seule, Dare-Dare, toujours présente à ses côtés, la relie à sa vraie vie.
Des fantômes qu’elle seule peut voir, Dare-Dare qui est dotée du langage humain, et un mystérieux personnage du nom de Kariptor qui vole les spectres pour les emmener du côté obscur… tout est angoissant ! Mais pour la courageuse Betty qui se voit confier une mission bien dangereuse, rien n’est impossible…

Cet album est une sympathique histoire que les enfants de 6 ans apprécieront. L’héroïne est une délicieuse petite fille énergique, décidée et lumineuse, quant à Kariptor, il a la physionomie ténébreuse d’un méchant sorcier. Si le texte est mince, le charmant scénario dynamique, dosé de fantastique, satisfera les jeunes qui débutent en lecture. Quant au graphisme, il est beau, riche, expressif, avec de douces rondeurs. Les couleurs aux dominantes orangées sont chaleureuses. L’ensemble donne à ce premier tome bien des promesses et juste le suspense et les frissons qu’il sied.
« L’étrange boutique de Miss Potimary » est une série que je ne manquerai pas de suivre… Le dernier dessin montre un grimoire que Miss Potimary a laissé à Betty. Une note l’accompagne et précise : « A parcourir avec prudence »… Dare-Dare a un sale pressentiment !

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La revanche de l’Epouvanteur, Tome XIII

La revanche de l’Epouvanteur
L’Epouvanteur, Tome XIII
Joseph Delaney

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Il va falloir en finir définitivement avec le Malin. Si l’avantage est en ce moment dans le clan de l’Epouvanteur, bientôt pour Halloween, les mages et les sorcières viendront chercher sa tête, que la tueuse Grimalkin détient toujours (voir épisode précédent).
Tom Ward, septième fils d’un septième fils, a bientôt terminé son apprentissage auprès de John Gregory, mais sa lutte continue, plus impitoyable et déterminée que jamais.
Toutes les nuits, des cauchemars le réveillent. Pour conclure le combat, son amie Alice, fille de l’obscur, doit être tuée lors d’une cérémonie de sabbat dans le cercle de la pierre des Ward. Lui couper les pouces et lui arracher le cœur étant au dessus de ses forces, c’est vers un autre dénouement qu’il se tourne, car avec les trois épées, Lame du Destin, Tranche Os et Lame du Chagrin, il peut vaincre sans la sacrifier. A elle et à Grimalkin de trouver un sortilège dans le Codex du Destin… même si pour cela elles seront obligées de faire de la magie noire.
A Chipenden, la maison a été rebâtie sur les cendres de la précédente et la nouvelle bibliothèque commence à accueillir ses premiers ouvrages. Un gobelin, sous l’apparence d’un chat, en est toujours le gardien. Entre Tom et lui, un pacte a été conclu, mais la confiance entre eux n’est pas évidente surtout lorsque Tom voit le chat se lécher les babines, pleines de sang humain. De son côté, John Gregory, plus las que jamais, prend des dispositions et désigne Tom pour héritier. Plus expérimenté que son élève, il a une vision très pessimiste de leur avenir.
Lorsqu’une nuit, Tom perçoit qu’il est arrivé un malheur. Convaincu que son sentiment est bien réel, il force l’Epouvanteur à l’accompagner. Tous deux se dirigent vers l’ancienne maison de Lizzie l’Osseuse et découvrent parmi des cadavres de sorcières, Grimalkin grièvement blessée. Elle est seule, car Alice a été kidnappée par le puissant mage Lukraste.
Contre l’avis de son maître, très déçu d’apprendre que son fils spirituel continuait à correspondre avec Alice, Tom doit partir à la recherche de la jeune fille pour la délivrer. Au bout de sa quête, il découvrira une horrible surprise.

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Ce treizième tome clôt la série par un épilogue bien triste mais l’auteur a écrit une trilogie (pas encore traduite) qui impulse d’autres aventures à la saga. Heureusement pour nous, car beaucoup de questions restent en suspens.
L’épisode est comme les précédentes histoires, plein de magie, de monstres, de combats cruels et de frissons. Dernière de sa lignée, la lecture se pare de nostalgie. Le premier livre traduit est paru chez Bayard Jeunesse en 2005, et il a immédiatement séduit mon jeune fils qui avait neuf ans à l’époque. J’ai attendu quelques années avant d’aller fureter dans sa bibliothèque et d’en tirer un volume. Au début, j’achetais les tomes pour lui, par la suite, c’était pour moi.
Je vous recommande cette grande épopée fantastique qui compte dans son bestiaire une multitude de créatures horribles et maléfiques…
Attention ! ces histoires peuvent effrayer les jeunes lecteurs.

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Un skelt

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Vampirates, Les démons de l’océan, Tome 1

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Octobre en Halloween avec Hide et Lou

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Les démons de l’océan, Tome 1
Justin Somper

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« Voici une histoire de Vampirates,
Une histoire très ancienne et très vraie.
Oui, voici la chanson d’un vieux voilier
Et de son équipage qui tous effraie.
Oui, voici la chanson d’un vieux voilier,
Qui parcourt l’océan bleu…
Qui hante l’océan bleu.… »

2505,

Dexter Tempête, le gardien du phare de la Baie-du-Croissant-de-Lune, chantait cette histoire à ses enfants, et étrangement, au lieu de les effrayer, il les réconfortait. Les paroles content un voilier fantôme avec un équipage de pirates vampires. Les océans ont depuis longtemps commencé à éroder les terres, et le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui a disparu ; les temps sont incertains, moins futuristes que nous aurions pu le penser, ils sont une mixtion de différentes époques et une ère propice à la piraterie.
Dexter Tempête est mort en laissant des dettes à ses enfants, Connor et Grace. Le phare a été attribué à une autre famille, son bateau hypothéqué est saisi, et il ne reste alors aux jumeaux de quatorze ans que deux options, aller à l’orphelinat ou accepter l’hospitalité du riche banquier Busby, qui désespérè de ne pas avoir eu d’enfant, souhaite leur offrir une vie de rêve.
Quatorze ans, un goût de la liberté très affirmé, un besoin d’aventures, Connor et Grace décident de fuir la Baie-du-Croissant-de-Lune avec le bateau de leur père amarré au port, mais rien ne se passera comme ils auraient pu le souhaiter. En pleine mer, la houle est forte et bientôt un ouragan va fracasser le navire, le faisant sombrer dans les fonds abyssaux.
De l’aventure ?
Le frère et la sœur se retrouvent séparés, chacun imaginant la mort de l’autre.
Connor est recueilli par Cheng Li, une jeune fille diplômée de l’école de piraterie et descendante d’une lignée de pirates illustres, qui est le second du capitaine Molucco Rage, pirate du vaisseau El Diablo. A bord, il se retrouve parmi des forbans bien sympathiques, prêts à l’intégrer dans leur joyeuse équipe de pilleurs des mers. Bart Para, un jeune garçon un peu plus âgé, l’initie aux us du bateau. S’il veut rester avec eux, il devra faire preuve de courage et apprendre à manier le sabre. Il fait la connaissance de Boule Puante, Jack l’Édenté et Cathy Couteau qui sera un bon professeur dans le maniement des armes. Molucco Rage voit en lui un valeureux guerrier… et Cheng Li, si au début elle semble sur la défensive, très vite, elle prend conscience qu’il n’est pas qu’un garçon vaillant au combat, il semble aussi être honnête.
Quant à Grace, elle est sauvée par Lorcan Furey, aspirant et homme de confiance du capitaine d’un navire mystérieux et silencieux. Confinée dans une cabine aux rideaux fermés avec interdiction d’en franchir la porte verrouillée, elle passe son temps à sommeiller et à se nourrir goulument. Elle en arrive à penser que les plats délicieux qu’on lui sert sont drogués pour annihiler sa pensée. Lorcan a beau lui seriner que cet emprisonnement la protège de l’extérieur, elle n’a qu’une envie c’est de sortir sur le pont respirer l’air pur et vivifiant. Les questions se bousculent… La protéger de quoi, de qui ? Qui est ce capitaine qu’elle n’a pas vu et qui lui parle par télépathie ? qui lui dit de ne pas s’inquiéter pour Connor, qu’il est vivant et qu’il vogue non loin d’elle… Comment font les bougies pour s’allumer et s’éteindre toutes seules ? Pourquoi Lorcan craint la lumière du soleil ? Et… quel est ce festin servit une fois par semaine que l’équipage invisible attend avec impatience ?

La chanson parle du bateau des Vampirates, d’un capitaine au visage voilé, au regard vide, « sans vie », aux dents acérées. Les Vampirates sont pire que les pirates et ils hantent les mers depuis des siècles… Certain qu’elle est toujours vivante, Connor n’aspire qu’à retrouver sa jumelle pour la sauver…
L’aventure ne fait que commencer et l’épopée sera intense !

« … Oui, si avec les pirates vient le danger
Et avec les vampires, la mort assurée,
Je prierai aussi pour toi –
Que tes yeux jamais un Vampirate ne voient…
… Et que jamais ils ne posent la main sur toi. »

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L’histoire se déroule sur sept tomes mais seulement les trois premiers ont été traduits en français. « Les démons de l’océan » dévoile un univers fantastique très divertissant, avec des chapitres qui relatent deux visions et expériences différentes. Pirates et Vampirates se partagent les océans mais si les premiers sont reconnus, les seconds restent de l’ordre des contes et légendes. Lorsque Connor dit avoir vu un bateau noir aux voiles déchirées fendre les flots, l’équipage d’El Diablo pense à un mirage dû à son naufrage. Du mystère, des épisodes épiques, du suspens, l’auteur nous présente ses personnages, des âmes bonnes, mauvaises, et plante un décor très nuancé et exotique. L’exubérance, la lumière, pour les uns, le brouillard, la nuit, pour les autres. La quête sacrée qui sera la trame du scénario n’est pas encore abordée dans ces prémices. La séparation des jumeaux et leurs retrouvailles sont les liens de ce premier opus.
Une lecture fluide, des personnages attachants et héroïques, d’autres très inquiétants et fourbes, j’ai apprécié ma lecture et ne manquerai pas de continuer la saga.
L’auteur mêle au roman quelques bribes historiques assez intéressantes. On apprend que le vampire renégat qui vient de Cilicie, le cruel Quintus Antonius Sidorio aurait capturé Jules César et réclamé une rançon pour sa liberté. D’après Wikipédia… c’est « Lors d’un voyage vers l’Orient entre les années 75 av. J.-C. et 74 av. J.-C., que Jules César fut capturé à hauteur de l’île de Pharmacuse, à proximité de la ville de Milet en Asie Mineure. Dès sa libération contre rançon, il entreprit de se venger. Après avoir réuni en toute hâte une flottille, il surprit et captura les pirates qu’il fit exécuter et, en partie, crucifier. »
Un roman pour les jeunes adolescents, à partir de 9-10 ans.

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Illustration de Lorcan Furey

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Les Hêtres Rouges

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Mois anglais avec Cryssilda et Lou

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Les Hêtres Rouges

Arthur Conan Doyle

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Les avis de Sherlock Holmes s’accordent avec les nôtres lorsqu’il dit que certaines de ses enquêtes sont moins captivantes que d’autres et que c’est la plume de Watson qui les pare de sensationnel et de romance. Cette petite réflexion a de quoi égratigner la susceptibilité du narrateur qui ne se prive pas de terminer sa nouvelle en disant que son ami Holmes l’a déçu dans le dénouement de son enquête. Ce ne sont pas les brillantes déductions du détective qui sont mises en cause, mais plus sa compassion et sa bienveillance…

La dernière nouvelle du recueil « Les aventures de Sherlock Holmes » raconte l’histoire d’une jeune gouvernante, Violet Hunter, à qui on propose un poste très bien rémunéré si elle se faisait couper les cheveux. L’offre est irrésistible mais elle n’en est pas moins très étrange. Décidée à l’accepter, malgré les réticences du détective, elle promet de donner de ses nouvelles.
Quinze jours après, un télégramme de la demoiselle parvient à Holmes, dans lequel elle demande son aide…
« Veuillez être à Hôtel Cygne-Noir à Winchester demain à midi. Je suis à bout. »

Une campagne dans le Hampshire, une maison « Les Hêtres Rouges », un jeune garçon de six ans et ses parents, les Rucastle, des gens très intrigants, l’histoire s’enveloppe d’une aura mystérieuse digne des romans gothiques lorsque la jeune gouvernante qui doit s’occuper du fils est invitée à jouer un rôle pour distraire sa patronne. Pas de crime, pas de violence physique, le forfait a une autre densité immorale.
Cette douzième affaire devait être la dernière de Sherlock Holmes, mais encouragé par ses groupies, Conan Doyle poursuivra les aventures avec les mémoires. « Flamme d’argent » étant le prochain tome à lire…
A suivre !

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Sherlock lecteur

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Trollhunters

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Un livre offert par Babelio et les Éditions Bayard

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Guillermo Del Toro
Daniel Kraus

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San Bernardino, une petite ville de Californie,

Depuis que sa mère les a laissés quand il était petit, James Sturges Junior, dit Jim, vit seul avec son père dans une maison qui ressemble à un bunker. Des alarmes, des capteurs de présence, des dizaines de verrous aux portes et des caméras, ont été installés pour assurer leur protection. Jim a beaucoup de peine pour ce père névrosé, négligé, vieux avant l’âge, qui n’a jamais pu se remettre de la disparition de son frère Jack, quarante cinq ans plus tôt. Depuis ce drame, il a essayé de maintenir un semblant de vie normale, mais sévèrement traumatisé, il n’y arrive pas et fait subir à son fils toutes les psychoses qu’il a en lui.

Trollhunters-Artwork-1En 1969 dans la région de San Bernardino, près de deux cents enfants ont disparu sans laisser de trace. Jim Sénior avait à l’époque huit ans et Jack treize ans. Une milice de parents avait été créée, les enceintes des écoles avaient été renforcées et le soir, un couvre-feu avait été instauré. Mais pour l’anniversaire de Jack, on leur avait accordé un peu de liberté et ils étaient partis essayer le nouveau vélo reçu en cadeau. Ils avaient emprunté la route qui mène au canal et au pont Holland. C’est à cet endroit, sombre et encombré de rebuts, que Jim Sénior a vu pour la dernière fois Jack. Il n’a jamais pu raconter le cauchemar qu’il avait vécu, entre rêve et réalité. Qui aurait pu le croire s’il avait dit qu’il avait vu un monstre poilu, immense, plein de griffes ?

Les monstres… Jim Junior en voit un tous les jours au lycée. Steve, le capitaine de l’équipe de basket, est le caïd qui fait subir aux plus faibles les pires tourments. Avec son copain Toby, ils ne font pas le poids et se retrouvent souvent la cible de ses perversions. Mais ce n’est pas en se comportant comme une mauviette qu’il séduira Claire Fontaine, une Écossaise qui vient d’arriver… Claire est différente des autres filles ; belle, intelligente et curieuse. Son non-conformisme est une singularité qui détonne dans l’univers du lycée. Et quand elle joue le rôle de Juliette au théâtre, elle est simplement magnifique !

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Une nuit, Jim est surpris par des bruits. Il avait déjà entendu de tels chuintements dans les canalisations des sanitaires du lycée, et pour rire, il avait imaginé des créatures surnaturelles qui ne demandaient qu’à sortir. Mais seul dans sa chambre, c’est une autre histoire. N’osant pas s’aventurer dans la maison, il reste dans son lit, à l’affut des grognements. Serait-il devenu fou ? Sur son ordinateur portable, il cherche des vidéos qui témoignent des étrangetés qui se seraient passées à San Bernardino et tombe sur des trucs incroyables. C’est alors que la porte de sa chambre s’ouvre sur le pire de ses cauchemars. Une odeur fétide, des tentacules, plusieurs yeux, et voilà qu’un monstre l’entraîne sous son lit, à l’intérieur des lattes du plancher.

Toby lui avait bien dit qu’il fallait toujours regarder sous son lit ! Tétanisé par la peur, Jim est contraint par le monstre et se retrouve dans une sorte de caverne remplie d’ordures. Quel est cet endroit ?

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C’est un homme en armure qui va répondre à ses questions. Les monstres sont des trolls qui habitent une cité souterraine. Grâce à un médaillon traducteur, il peut comprendre leur langage et communiquer avec eux. Ils sont horribles mais pas forcément cruels. Enfin, pas tous ! L’homme de fer lui présente ARRRGH et Blinky, des compagnons d’armes qui l’aident à combattre Gunmar le Noir, le troll mangeur de chair humaine et kidnappeur d’enfants.
S’il a choisi Jim pour l’avoir à ses côtés, c’est qu’il est le descendant d’une lignée de guerriers. Son patronyme signifie « lance ». Il est le paladin de sa génération.

Jim découvre un univers parallèle grouillant fait de poubelles et de trolls en tout genre qui aiment guerroyer, manger, chanter et parler en prose. S’il comprend bien, cette visite impromptue n’est pas une simple sollicitation courtoise… La menace est claire et impérative. Il doit prendre les armes pour lutter contre Gunmar.  L’homme de fer insiste en lui donnant le médaillon…
« – Si tu ne le prends pas maintenant, s’emporta-t-il, nous reviendrons te chercher demain dans la nuit. Et la nuit d’après. Et celle d’après encore. Et ce sera tout ce à quoi se résumera ta vie, Jim Sturges, jusqu’à ce que tu nous obéisses. »

Le soleil commence à se lever, c’est l’heure de regagner pour chacun leur monde. Jim se retrouve dans sa chambre, le médaillon près de lui. Ce n’était pas un rêve. Pfff… il va falloir qu’il raconte sa nuit à Toby !

Élève médiocre, adolescent gringalet, pas trop héroïque, comment Jim pourrait se transformer en un valeureux guerrier chasseur de trolls ? Là, est toute l’histoire qu’on nous invite à lire…
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Guillermo del Toro avoue aimer les créatures monstrueuses. Dans ce livre, avec l’auteur Daniel Kraus, il nous en présente tout un panel. Au plus elles sont horribles, au mieux c’est. Quel est le lecteur qui ne frissonne pas d’effroi quand il lit qu’elles se cachent sous le lit ou qu’elles profitent des coins les plus obscurs pour surprendre l’enfant ? Ça nous renvoie aux fantasmes terrifiants de notre enfance.
L’histoire embarque deux adolescents, Jim et Toby, guère confiants en leurs capacités, pour cette quête initiatique ! L’un est petit pour son âge, l’autre est obèse. Ils ne sont pas préparés à affronter de gigantesques bestioles aux dents acérées, pourtant ils vont s’en donner à cœur joie ! Tremble Gunmar !
Sur un tempo échevelé qui va en crescendo, les aventures de notre héros et comparses ne manquent pas d’humour, ce qui allège un peu la tension du début…
Le fantastique permet des intrigues les plus farfelues.
Pénétrer dans un autre monde m’a fait penser à l’expérience d’Alice de Lewis Carroll, quant aux trolls, ce fut une pensée à la série « A comme Association » d’Erik L’Homme et Pierre Bottero.

Je recommande ce livre qui est destiné aux jeunes adolescents. J’ai pris plaisir à le lire et je prendrai plaisir à le voir, car on découvrira Trollhunters dans le courant de l’année avec une adaptation en film d’animation. Alors… à suivre !

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Images du film d’animation « Trollhunters »

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Il faut sauver la reine !

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Un livre offert, dans le cadre des Masses Critiques de Babelio

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Il faut sauver la reine !Il faut sauver la reine !
Carl Aderhold et Michèle Lancina

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1792, La Bretagne – Paris

Fuyant la Révolution qui menace tout aristocrate, Héloïse de Saint-Phalle attend avec ses parents et sa gouvernante, le bateau qui les mènera en Angleterre. Mais rien ne se passe comme prévu… Alors que deux chaloupes s’approchent du rivage pour les embarquer clandestinement, une troupe de Bleus, des soldats de la Révolution, arrive, les met en joue et fait feu. Dans l’action et la violence d’une houle déchaînée, Héloïse se retrouve seule dans une barque avec sa gouvernante, Mme de Boisgobey. Séparée des siens et prise au piège par des canonnades, elle voit s’éloigner la deuxième barque où sont montés ses parents. Sa mère est blessée par un tir et son père est maîtrisé par les marins paniqués qui le contraignent à ne pas lui venir en aide car au loin, une frégate française se dirige vers eux.

Fille de marquis, élevée pour être un jour dame d’honneur de la reine Marie-Antoinette, rien ne prédisposait Héloïse à vivre une telle mésaventure. Pourtant, la jeune fille  ne reste pas longtemps désemparée. Assumant seule leur sauvegarde, elle décide de retourner à Janzé pour prendre la diligence qui les mènera à Paris où réside sa tante, la comtesse de Vauséjour.
Avec une Mme de Boisgobey très craintive, Héloïse se crée une nouvelle identité. Elle sera la fille de sa gouvernante, une bonne citoyenne qui s’en va travailler à la capitale.
Lors de ce voyage, elle fait la connaissance d’un jeune sans-culotte. Fils d’un épicier, Brutus ne parle que de cette Révolution qui offre au peuple justice et égalité. Intarissable, enflammé, il informe ainsi Héloïse des us de ce nouveau régime. Elle comprend donc que tout est dans l’attitude et le parler. D’ailleurs, pour ne pas être repérée par les Comités de surveillance, il faudra qu’elle apprenne à tutoyer tout le monde… c’est une question de survie ! Et pour survivre, il leur faut quitter ce Brutus si inquisiteur qui se passionne également pour les énigmes. Dommage… il aurait fait un charmant ami.

Après un périple très mouvementé, Héloïse arrive enfin chez sa tante. On la présente à tous comme la fille de la nouvelle dame de compagnie de Madame la comtesse et on lui attribue le poste d’aide cuisinière. A l’office, novice en tout, l’intégration n’est pas facile car on la traite de « prétentieuse méprisante », mais cette existence lui procure une liberté qu’elle n’avait jamais expérimentée, et c’est grisant ! Elle peut aussi passer du temps à l’écurie à soigner les chevaux. Avec Jean le palefrenier, elle s’entend bien. Homme discret, peu bavard, il semblerait que sa tante lui ait donné pour mission de la protéger. Les temps sont dangereux, il en faut peu pour être suspecté et arrêté.
Un jour en cuisine, on leur livre des commissions et à la grande surprise d’Héloïse, elle revoit Brutus.

Le hasard, espiègle, fait que l’épicerie du père de Brutus se trouve dans la même rue que l’hôtel particulier de sa tante ! Et ce n’est pas pour lui déplaire. Entre eux, commence alors un jeu fait d’une séduction toute innocente, mais basé sur de nombreuses faussetés.
Héloïse invente des histoires pour justifier ses agissements bizarres et Brutus tait à cette nouvelle amie le fait qu’il surveille la maison de la comtesse avec Pierre, son frère. Un de ses rêves, en dehors de partir au Québec vivre d’extraordinaires aventures, c’est de devenir un fin limier comme son parrain, le commissaire Périgord. Chez la comtesse, il se passe d’étranges choses la nuit. Elle reçoit régulièrement un homme mystérieux, armé, au comportement suspect. Pour Brutus, il n’y a point de doute, c’est un espion qui complote contre le nouveau régime. Et sur ce point, il n’a pas tort ! C’est ce que découvrira Héloïse, un soir.

Cet homme est Lord Englewood, un espion anglais envoyé par George III, roi d’Angleterre, pour faire évader la famille royale maintenue prisonnière aux Tuileries. Alors, lorsque Héloïse apprend la conspiration, elle n’a qu’une idée en tête, c’est de prendre part au projet.
Impétueuse, courageuse et profondément dévouée à leur cause, Héloïse de Saint-Phalle va tout faire pour sauver la reine Marie-Antoinette… quitte à perdre son jeune et gentil ami, le sans-culotte. Quant à Brutus, il est prêt à tout… pour faire échouer les desseins des ennemis de la République…

« Les deux héros vont-ils devoir renoncer à leurs sentiments pour rester fidèles à leurs idées ? »
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Roman d’aventure pour les jeunes adolescents, cette histoire passionnante est aussi une belle reconstitution historique. Carl Aderhold, écrivain-historien, et Michèle Lancina, auteur pour la jeunesse, mêlent plusieurs ambiances à leur récit, donnant au tempo beaucoup de vivacité. Des équipées périlleuses en Bretagne jusqu’à l’atmosphère oppressante de Paris, l’attention du lecteur est maintenue en haleine. Nous avons le récit d’une jeune aristocrate qui raconte son désir de faire évader la reine Marie-Antoinette, et le récit d’un jeune sans-culotte qui veut servir un nouveau monde. Ces narrations épiques se mâtinent de sentiments amoureux. Héloïse et Brutus sont jeunes, treize ans, mais ils éprouvent l’un pour l’autre de tendres penchants. C’est raconté avec beaucoup de fraîcheur et d’humour. Elle dit de lui qu’il est assommant et « donneur de leçons de la pire espèce », il dit d’elle qu’elle est « une demoiselle sans cervelle et frivole ». Il faut dire qu’au début la demoiselle Héloïse se targue d’appartenir à une élite et qu’elle peut paraître bien bêcheuse. Ce qui fait son charme… car parfois hautaine et réservée, elle est aussi adorable, bonne et pleine d’ardeur (c’est ce qui séduit son ami). Quant à Brutus, il est un enfant qui croit en la République, aux valeurs de liberté et d’égalité. Ses mots sur les monarques sont durs, ils sont empreints de violence, ils sont ceux des révoltés.
Le contexte historique est cruel. On ressent bien cette frénésie délirante qui va emporter dans le sang de nombreuses personnes. L’intrigue est très bien écrite, le suspens tient jusqu’à la dernière page. Mais ce livre est un premier tome, nous sommes en 1792, il y a encore tant à raconter… Les auteurs nous préparent donc une suite.
De cette suite, je voudrais lire le mystère qui entoure la naissance de Brutus et je voudrais retrouver certains personnages, Mme de Boisgobey, mais aussi Lord Englewood, un homme à l’ambiguïté très intéressante…

Vous l’aurez compris, je vous recommande ce livre !