L’infortune de Kitty Grey

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Le mois Halloween avec Hilde et Lou
« A year in England » de Titine

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KittyPlat1.inddL’infortune de Kitty Grey
Mary Hooper

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1813, Le Devon… Londres,

Kitty Grey, une jeune fille courageuse et honnête, travaille à la laiterie du manoir de Bridgeford dans le Devon. La famille qui l’emploie l’estime, les demoiselles de la maison, Miss Alice et Miss Sophia se montrent toujours aimables et la gouvernante Mrs Bonny a pour elle de gentilles attentions.

Kitty est heureuse et elle se verrait bien vivre dans cette campagne avec Will, son amoureux secret… Depuis quelques années, ils se rencontrent en cachette une ou deux fois dans la semaine. Des instants brefs, des petites bulles hors du temps où ils se jurent un bel avenir et se disent de doux sentiments. Will, un pauvre orphelin, vit dans une cabane en bois qui n’a rien de confortable. A la mort de son père, il a hérité de sa barque et de son travail de batelier. Bon passeur et apprécié de tout le monde, il estime qu’il n’est pas encore prêt pour demander la permission de fréquenter Kitty. En charge de sa petite sœur Betsy qui habite chez leur aînée, il voudrait d’abord amasser des économies pour débuter sur de bonnes bases. Le mieux serait qu’il parte à Londres car là-bas les bateliers de la Tamise gagnent beaucoup plus. Cet avenir citadin, il voudrait le partager avec Kitty. A la capitale, il y a aussi des vaches, lui dit-il…

Mais un jour, tous les beaux rêves que Kitty échafaudait s’effondrent. Will a disparu sans laisser de message, laissant Betsy seule et sans famille pour la recueillir car leur sœur Kate ne peut plus la loger.
Partagée entre la colère et l’inquiétude, Kitty attend quelques mois pour réagir, quand l’opportunité d’aller à Londres à la recherche de Will, lui est offerte par Miss Lucie qui souhaite avoir le dernier livre de Jane Austen, « Orgueil et Préjugés », une parution en trois volumes qui va s’arracher ! Alors, avec une liste de bons conseils, une adresse respectable pour son hébergement, une bourse pour son séjour, son sac de voyage et accompagnée de Betsy, Kitty prend la diligence pour Londres.

A son arrivée, la belle aventure qu’elle envisageait se transforme vite en cauchemar. Malgré toutes les mises en garde sur les dangers de la ville dont elle a été instruite, Kitty se fait voler et se retrouve démunie, perdue dans une faune sauvage… Inconsciente, naïve, elle va vite déchanter. C’est Newgate et une déportation à la colonie de Botany Bay en Australie qui se profilent à l’horizon…

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Ayant lu et aimé « Waterloo Necropolis », j’ai fouillé les étagères de la bibliothèque municipale à la recherche de « La messagère de l’au-delà » de Mary Hooper, et je suis tombée sur « L’infortune de Kitty Grey ». Dans ce roman, rien de fantastique, à part peut-être la fin, un épilogue un peu trop invraisemblable, un peu trop féerique…

Avec Kitty, l’auteur retrace une époque victorienne bien sombre à la Dickens, et comme dans tous ses livres, les malheurs s’enchaînent et précipitent les héroïnes dans des histoires misérables. Courageuses et perspicaces, ces jeunes filles affrontent leurs déconvenues avec beaucoup de dignité et de résistance.

Le livre est scindé en deux parties, deux mondes différents ; Kitty vient d’une campagne où la vie semble plus paisible, plus heureuse malgré les déboires liés à la pauvreté et au servage, et part pour la ville, une vraie ratière où tout le monde se bouffe le nez. La structure de l’époque n’épargne pas les pauvres gens. Dans les notes de l’auteur, on apprend que la Metropolitan Police ne fut créée qu’en 1829.
Une histoire dramatique sur un fond historique… On lit, on vit… la prison de Newgate, les exécutions publiques et les spectacles qu’elles occasionnaient, les détenus incarcérés dans des conditions horribles, les jugements hâtifs et tronqués, la criminalité, les voleurs, les arnaqueurs… la déportation et les bateaux (le Lady Julian) de véritables mouroirs (Il fallait peupler Botany Bay et les femmes étaient demandées.)… les enrôlements forcés pour la Royal Navy… Le scénario est basé sur des faits réels.
Plume intelligente, une documentation riche sur le XIXe siècle, les romans de Mary Hooper sont toujours de bonnes factures. Cependant, je trouve que la construction des histoires se ressemblent un peu trop. J’aimerais un jour la lire dans une histoire moins mélodramatique, dans un genre nouveau mais toujours dans cette époque victorienne qu’elle semble bien connaître.
Un roman jeunesse à conseiller.

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Le mystère du Val Boscombe

logo XIXème 2logo british mysteriesUne lecture commune avec Caro, Shelbylee et Aymeline « Challenge XIXème siècle » de Fanny
« Challenge British Mysteries » de Lou et Titine

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le mystère du val boscombeLe mystère du Val Boscombe
Arthur Conan Doyle

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1888, dans le Herefordshire,

Watson accompagne Holmes pour une enquête dans la vallée de Boscombe. L’inspecteur Lestrade de Scotland Yard l’a appelé à l’aide pour démêler les incohérences d’un dossier trop facilement clos (ou plus certainement pour corroborer…). On accuse un fils d’avoir tué son père dans un bois, après qu’ils se soient méchamment disputés.

Dans le train, Holmes relate les faits en s’appuyant sur les écrits du coroner qui a pris la déposition de James McCarthy, le présumé meurtrier déjà incarcéré qui risque la pendaison. Comme le souligne Watson, il est bizarre que le jeune homme ne veuille pas se disculper et clarifier certains points nébuleux. Manque d’intelligence ou d’imagination ? C’en est désolant !
Au tour de ce drame, il y a deux familles, deux patriarches qui se connaissent bien ; John Turner et Charles McCarthy. Ces deux hommes se sont rencontrés il y a fort longtemps en Australie, dans la colonie de Victoria. Le premier a fait fortune dans les mines d’or et a acheté une propriété en Angleterre, le second est venu le rejoindre et s’est installé dans une des fermes du domaine. Tous deux veufs et pères, leur complicité s’est renforcée et devait se cristalliser par l’union de leurs enfants, James et Alice.

Alors, coupable ou pas coupable ? Le temps est compté, Holmes va démêler l’écheveau de l’histoire et extorquer des confidences.

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Cette nouvelle des Aventures de Sherlock Holmes est parue dans le Strand Magazine en 1891 (dixit Wiki).

De facture classique, sans originalité dans l’intrigue ou le dénouement, l’histoire arrive à captiver avec le récit du coroner qui esquisse scènes et personnages. Les décors boisés où Sherlock mène l’enquête, les témoignages des gens du domaine, les évidences élémentaires qu’il souligne comme à son habitude, sont aussi des atouts bien plaisants à notre lecture.
En conclusion… j’aime toujours même si le suspens n’est pas terrible. On lit les histoires de Sherlock Holmes aussi pour les ambiances et le voyage dans le temps.

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Vous trouverez d’autres billets chez Aymeline, Caro et Shelbylee
aussi chez Belette,

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Jeremy Brett dans son rôle de Sherlock Holmes

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