L’assassin du roi, Tome II

Lecture commune avec Eiluned en parallèle de celle d’AcrO,
et Mondes imaginaires d’Aymeline

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Tome 1 – L’apprenti assassin

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ar2L’assassin royal
L’assassin du roi – Tome 2
Robin Hobb
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Introduction du billet précédent :
La famille régnante est les Loinvoyant et leurs ancêtres étaient des Outrîliens venus de la mer. Le premier roi était Preneur ; « c’est avec ce patronyme qu’est née la tradition d’octroyer aux filles et aux fils de sa lignée des noms qui devaient modeler leur vie et leur être. » L’histoire de cette mémoire se passe au temps du roi Subtil dont la forteresse se nomme Castlecerf. En premières noces, le roi Subtil a eu deux garçons, Chevalerie et Vérité. Après le décès de sa première épouse, il a pris en deuxième noce, Désir, et a eu un troisième fils, Royal.

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Après avoir failli succomber à un empoisonnement, Fitz reste très affaibli. Au Royaume des Montagnes, il se remémore son allégeance au roi Subtil, son grand-père et son enfance en tant que bâtard. Il bénéficiait du gîte, du couvert, d’une éducation et des apprêts d’un prince tout en étant considéré comme un importun, un illégitime. A Castelcerf, il eut les plus grands maîtres… Hod, pour les armes, Geairepu, le scribe, Umbre, pour la « diplomatie », Galen, pour l’Art, la magie royale, et Burrich, maître d’écurie et substitut de père. Il a des pensées aussi pour Molly, son amie de coeur, celle qu’il veut protéger des mystères et magies qui l’habitent.
« Elle était à l’écart de ces choses, elle n’en était pas souillée, et je la préservais soigneusement de leur contact. Je n’essayai jamais de l’attirer dans mon univers ; au contraire, c’est moi qui allais le retrouver dans le sien… ».
Fréquemment aux portes des ténébres, Fitz entre en transes dans une conscience vacillante et voit des images, visions de combats, d’horreurs, d’invasions, de feu et de sang. Burrich, à son chevet, essaie de le soigner et l’encourage à conserver sa lucidité.

Après de longs mois d’absence, le retour à Castelcerf se fait presque dans l’incognito. Fitz, toujours très épuisé perçoit les critiques des villageois sur la famille royale. Ils louent le prince Royal de son tempérament, sa faconde, et pensent que le bâtard du prince Chevalerie est mort.
Si pour la plupart, Fitz est considéré comme un laquais, auprès de son oncle Vérité, le roi-servant, il est un être cher, valeureux et inestimable. La confiance qu’il lui accorde est une charge bien lourde pour ce neveu, formé à être un espion et un assassin.
Durant leur entretien, Fitz apprend les arcanes de la politique. Aucune vengeance envers le prince Royal ne peut être exercée. Il faudra apprendre la patience et jouer une stratégie de longue haleine. Vérité, tout en sagesse, lui annonce qu’il va partager ses pouvoirs en donnant à son frère la gestion du Royaume pendant que lui se consacrera à la défense. Il faut savoir ménager le chien aux dents acérées et lui accorder une certaine considération.

La réapparition de Fitz anime le château. Dame Patience, la femme de son père, ancienne reine-servante, qui l’avait pris comme écuyer, s’impatiente de le voir. Elle lui apprend que Molly, après avoir subi les attaques des Pirates Rouges à Vasebaie, était venue demander de l’aide, en pensant retrouver « Le Nouveau », petit surnom qu’elle donnait à ce jeune apprenti scribe qui la suivait partout. Molly, désargentée, est à présent au service de Dame Patience qu’elle a prise sous sa protection.

Fitz retrouve ses marques au château et dans la ville. L’hiver laisse la neige recouvrir le sol gelé. Le vent soulève des bourrasques et annonce des temps rigoureux. Lors d’une virée en solitaire, il découvre un louveteau maltraité par un marchand. Affamé, battu, incarcéré dans une cage, le loup fait jaillir le Vif. Si l’Art est un moyen de communiquer par l’esprit, cette télépathie s’adresse aux hommes, quant au Vif, il est une transmission entre l’humain et l’animal. Cette capacité n’est pas tolérée au Royaume des Six-Duchés, elle est même considérée comme une force maligne qu’il faut exterminer. Fitz en est possédé et l’a toujours tenu secret. Après un marchandage de maquignon, Fitz repart avec le loup. Il l’appellera Loupiot…

Sur les conseils de Umbre, Fitz devient un confident pour la reine-servante Kettricken, épouse de Vérité. Le roi Subtil a une santé qui décline, les Pirates Rouges sont de farouches combattants qui ont des visées sur leurs terres, le prince Royal ourdit des manigances, l’hiver s’étire… et Fitz se partage pour le Royaume, prêt pour la lutte, la hache à la main.
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Deuxième épisode d’une saga qui en comporte six. J’ai retrouvé la magie de l’histoire et un Fitz bien plus grand. Dans ce tome, il a quinze ans, un adulte ! Elevé pour qu’il soit un assassin et un espion, il est forcé de se vouer au roi Subtil et aux Loinvoyant. Il n’y a pas de place à la tendresse, l’amour et la compassion, mais si elle se manifeste, elle se donne avec retenue et discrétion. Dame Patience, le prince Vérité, Burrich, parfois Le Fou du roi, ont des attentions envers Fitz, modérées, éclipsées, voilées. L’intrigue est moins puissante que dans le premier livre. On dirait que l’hiver paralyse l’action. Elle est en sourdine. Le prince Royal agit avec duplicité, distillant du poison dans ses mots… charmant ses proies comme un serpent.
Les écrits de l’auteur sont riches, ainsi que les paysages qu’elle nous fait imaginer. Je pense que le personnage de Fitz commence à prendre ses racines dans ce roman, lui et son loup.

Je ne connais pas encore le programme de nos lectures avec Eiluned, mais je vais tacher de ne pas trop tarder à lire la suite. Nous sommes dans l’attente des Pirates Rouges…
Alors nous vous disons à bientôt !

Billet d’Eiluned : Tome 2
D’autres billets : AcrO,

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Matejko_StanczykMatejko – Le fou du roi
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