Un monde après l’autre

Un livre offert par Babelio et HC Editions

 

Un monde après l’autre
Les chroniques de St Mary
Jodi Taylor

 

Le docteur Madeleine Maxwell qui vient de terminer ses études d’Histoire à l’université de Thirsk, est embauchée à l’institut de recherches archéologiques St Mary. Mais ce centre classé top secret, comme elle le constate très vite, n’est pas un lieu de recherches comme les autres. Imaginez qu’on puisse enfin voyager dans le temps à bord de capsules aménagées pour les séjours et qu’on puisse ainsi enquêter sur notre Histoire ; assister à la guerre de Troie, à la construction des pyramides, au couronnement d’Elizabeth Ire, aller jusqu’à  la période du Crétacé et voir des dinosaures… vérifier les évènements et revenir les rapporter le plus fidèlement possible, tout en essayant de ne pas bousculer l’ordre des choses.

Roman d’aventure, roman fantastique, cette histoire, premier tome d’une longue série, revisite le livre « La machine à explorer le temps » de H.G. Wells, dans un rythme beaucoup plus trépident et rocambolesque. C’est Madeleine qui nous relate les péripéties à multiples rebondissements, entre une formation physique et théorique très difficile, où seulement trois historiens sur sept seront sélectionnés, et ses sauts dans le passé qui parfois auront des dénouements tragiques, car les incidents nombreux occasionneront des pertes humaines.

Divisé en trois parties, le livre nous fait passer de l’apprentissage, aux premiers voyages, et des missions à un épilogue explosif qui dénoue certaines intrigues (vengeances, trahisons, conspirations) et qui en amène d’autres. Un cruel adversaire, pire que les plus vilains raptors, menace St Mary et son directeur, le Dr Edward Bairstow.
Dans une ambiance excentrique et légère, qui n’est qu’une façade car les employés tentent d’oublier les aspects dangereux de leurs tâches, Madeleine, que tout le monde nomme Max, apprend vite à reconnaître les caractères de ses collègues, accordant ainsi sa confiance à certains et à d’autres sa défiance. Elle trouve un allié en la personne du directeur technique Léon Farrell qui va souvent l’orienter dans ses actes et l’influencer dans ses jugements, sympathise avec un historien Tim Peterson qui sera par la suite un binôme sur qui elle pourra compter, et découvre des adversaires sans vergogne au sein même de l’entreprise qui lui réserveront de terribles surprises.

Avec pour narratrice son héroïne charmante, courageuse, résolue et fougueuse, l’auteur donne à notre lecture un ton à l’humour mordant et un tempo frénétique, en action comme en émotion. Les intermèdes où Madeleine s’accorde du répit sont peu fréquents… A tout cela, se greffe une romance qui ajoute du peps au scénario.

Je vous recommande cette sympathique lecture qui vous divertira. Oubliez le rationnel et embarquez-vous à bord d’une de ces capsules !

 

Photo du film Jurassic Park

 

 

 

 

 

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Beta… civilisations – Volume I

T0xYY8YPAaqOhIkNItneF3SkQCE@375x135La BD fait son festival avec PriceMinister
un partenariat avec les éditions Actes Sud – L’An 2

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9782330028183Beta… civilisations
Volume I
Jens Harder

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Une introduction personnelle s’impose ! Lorsqu’il a fallu choisir une BD de la sélection, j’ai été attirée par la couverture de « Beta… civilisation ». Je fabulais sur le titre et je me voyais déjà paléontologue ou paléoanthropologue en herbe. Sottement, j’imaginais retrouver les frises murales qu’il y avait dans mes classes primaires et qui représentaient l’évolution de la vie sur la Terre. Des schémas simples, colorés, et de belles illustrations.
L’aventure est autre ! certes, ce livre est illustré, mais il n’est rien de ce que je pouvais concevoir…

L’album fait suite au titre « Alpha… directions » qui a eu le Prix de l’audace au festival d’Angoulême en 2010 et qui retrace quatorze milliards d’années, du Big Bang à l’apparition des hominidés. Beta relate la continuité avec l’évolution des hommes sur quatre millions d’années.
(« Audace » dans l’originalité, la singularité, le travail… le tout est très surprenant.)
Ce livre, 1kg750, 367 pages, est divisé en deux grandes parties, Tertiaire et Protohistoire, qui ont plusieurs chapitres…

Paléolithique inférieur
Paléolithique moyen
Paléolithique supérieur
Mésolithique
Néolithique – Age de pierre
Antiquité – Premières grandes civilisations – Age de cuivre et Age de bronze
Haute Antiquité – Époque des premiers empires – Age de fer

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L’auteur commence par présenter la disparition des dinosaures et l’extinction de toute vie sur la Terre. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact car certains mammifères survivent et engendrent d’autres espèces qui se développent… La transformation est importante et donne « un être d’un genre nouveau disposé à conquérir un continent entier  : l’australopithèque… ».

On retient notre souffle et on repart en arrière pour détailler le graphisme très riche en planches anatomiques, enluminures médiévales et iconographies bibliques. Car ce livre, ou cette « bible », est ainsi construit… Jens Harder mêle à ces mutations et à la progression des civilisations, tout un patchwork d’images puisées dans le vivier de la littérature, le cinéma, les sports, l’industrialisation, les religions… les mondes fusionnent. Sont côte à côte, des primates, Elvis Presley et Superman. Il ne faut point chercher l’erreur, mais plutôt un fil conducteur, et ça rend le parcours ludique. Lorsque l’homme préhistorique taille la pierre, Harder l’associe à Obélix taillant son menhir.
La chronologie nous fait avancer vers des postures et des traits plus humains. Il y a dans les regards des émotions troublantes et les gestes sont les nôtres. La chasse, le combat, les jeux, les mouvements ont une même origine. Aussitôt une analogie est esquissée.
Tout est dense, trop peut-être…, mais les illustrations sont superbes et on ne peut que saluer l’incroyable travail, même si on se perd dans ce labyrinthe.
Les âges défilent, pierre, cuivre, bronze, fer, la nature progresse jusqu’à l’Antiquité, jusqu’au règne de Caligula, jusqu’en Palestine où la naissance d’un petit garçon annonce une autre ère, celle qui sera racontée dans le deuxième volume.

L’humanité ainsi symbolisée, synthétisée, nous offre quelque chose de fabuleux, d’abondant, et surtout une approche atypique. Dorée, mordorée, bronze, argentée, métallique, la couleur change en fonction des chapitres et amène du minéral, du faste.
Vous ne resterez pas insensible…

Je vous recommande ce livre, mais avant je vous conseille de le feuilleter car il peut surprendre. Il n’est pas facile à aborder.

Dans le cadre du jeu PriceMinister, il faut que j’attribue une note. Je donne un 18 tout en pensant qu’il dépasse largement le plafond réducteur des notations dans son cadre « hors normes ».

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La dame qui tue

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« Polars » de Liliba

Lecture commune avec Nahe
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.Dinky rouge sang, Tome I
L’assassin est au collège, Tome II

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la dame qui tueLa dame qui tue
Marie-Aude Murail

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Italie, Voltuci,

Nils Hazard, professeur en Étruscologie, reçoit une lettre de ses étudiants partis faire des fouilles en Italie. Ils auraient trouvé des tablettes d’argile près d’une tombe. Aussitôt, Nils souhaite les rejoindre avec sa secrétaire et assistante, Catherine Roque….

Il retrouve avec joie son ami le professeur Massimo Paleotti, mais ce plaisir se teinte de colère lorsqu’il apprend que leur découverte n’est en fait qu’une vilaine plaisanterie de potache ! La déception est amère, toutefois, puisqu’il est sur place, Nils décide d’approfondir les fouilles. La tombe a un atrium avec des salles dont une a un labyrinthe. Celui-ci pourrait les mener au trésor, la chambre funéraire du roi Porsenna.
L’endroit est peu sûr et il semble que l’on ait mis des pièges pour dissuader l’envahisseur ou les tombaroli, des pilleurs de tombes qui ont déjà essayé de se faufiler dans le dédale. Rien ne refroidit l’enthousiasme de Nils et rien ne freine son avancée, pas même la jambe cassée d’un de ses étudiants, ni les légendes sur la Dame qui tue, ni les jérémiades de Mateo, un pauvre fou… rien, sauf deux squelettes.
Police et médecin légiste se penchent sur les os. Pas besoin de carbone 14 pour voir que les cadavres ne datent pas du VIème siècle avant J.C. ! Un homme et une femme, jeunes, tués par balle, racontent une tragédie survenue il y a une trentaine d’années.

Nils, toujours avide de mystères à élucider, commence son enquête, en parallèle de celle menée par la police qui pense à un suicide passionnel. Dans la famille de feu Marcello Marzetto, l’archéologue qui a découvert la tombe, sa femme, Graziella Marzetto, est la seule à pouvoir apporter quelques informations susceptibles d’étayer l’investigation. Entourée de sa fille, son gendre et ses petites-filles, elle se rappelle trente ans auparavant de la disparition de sa sœur jumelle et de son mari.

Vieille histoire qui ne refait surface qu’avec la reprise des fouilles archéologiques et la découverte des squelettes ? Hélas, non ! Bientôt, un meurtre actualise la tragédie.
Quel est ce fantôme de la Dame en noir qui tue ? Légende ou alibi ?

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Le troisième tome des aventures de Nils Hazard confirme les traits de caractère dévoilés ou suggérés dans les épisodes précédents. Notre professeur est un enquêteur pointilleux et perspicace. Mais s’il est toujours soucieux d’établir la vérité, il est capable aussi d’adapter ses conclusions et de rendre une justice personnelle. 
Avec les fouilles qui livrent ses secrets et son lot d’aventures à la Indiana Jones, il y a une énigme à résoudre. Elle est sinueuse et diabolique, faite de faux-semblants.
En ce qui concerne ses rapports avec Catherine, ils sont toujours fantasques. Leurs réparties sont impertinentes, ils se vouvoient (même dans un lit), cachent leur tendresse et Nils, goujat, continue à reluquer la gente féminine. Il faudrait que Catherine lui rende la pareille… Si j’ai aimé les décors, l’histoire et le suspens, j’ai un regret sur la personnalité de Nils qui reste dans son univers et garde ses distances. Il se fait traité de « vieux beau » par un de ses étudiants et je partage entièrement ce sentiment !
Cette lecture est difficile à définir car elle a un côté désuet qui détonne. On ne sait exactement où la situer dans le temps, elle est actuelle et vintage ! Comme je le disais précédemment, elle me rappelle mes livres de la bibliothèque verte.

Je continuerai la série avec mon amie Nahe et « Tête à rap ».

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Peinture de Dirck Van Baburen – Mucius Scevola devant Porsenna

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